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Ardennes françaises mystérieuses (27/61) : HAYBES-SUR-MEUSE : Le mari violent et le saint pleureur

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

Le nom de Haybes apparut pour la première fois dans un document officiel le 9 juin 919 et, depuis lors, que d’événements dans cette cité qui est devenue, au fil des siècles, Haybes-sur-Meuse, Haybes-la-Rose, Haybes-la-Jolie !

Au Xe siècle, un immense château avec tours fut construit sur une île face au village, en 1311, le seigneur Gilles, sire de Haybes, accorda aux habitants le droit de faucher et de pacage (lieu où l’on emmène paître le bétail), les ardoisières furent exploitées dès le XVIIe siècle et firent la gloire de l’endroit…

Deux légendes restent taillées dans la pierre au sujet de cette très pittoresque cité.

 

La Roche de Madame de Cormont

 

Personnalité locale, Madame de Cormont vécut aux XVIIe et XVIIIe siècles et demeurait dans un château, disparu, sur les hauteurs du village.

Un jour, son époux lui proposa une chevauchée commune ce qui, dans son chef, était inhabituel.

Que se tramait-il dans l’esprit du sire de Cormont ?

Au moment de franchir la porte du château, il éperonna violemment le cheval, qui bondit, et Madame de Cormont fut projetée contre une poutre et tomba. Alors que le châtelain déguerpissait à toute allure, la victime fut soignée avec grande attention par les habitants.

Elle décéda en 1729 et légua tout son or aux pauvres de l’entité et ses terres aux moines de Fumay.

Ceux-ci lui élevèrent une chapelle en forêt le long du Sentier de Cormont.

Elle fut brûlée à la Révolution mais il se dit qu’au moment du brasier, la figure de Madame de Cormont, protestant contre ce saccage, se grava sur un rocher.

 

Pour accéder à « La Roche de Madame Cormont », il faut emprunter le sentier « Ardoises et légendes » au départ de la Maison des Randonnées de Haybes (rue Dromart). Outre cette pierre légendaire, le point de vue est splendide.

 

La Pierre Saint-Martin

 

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Saint Martin.

Saint Martin (315/316-397), ancien militaire devenu artisan de l’apostolat rural en Gaule (plus de 4 000 lieux sacrés portent son vocable !), qui se rendait à Charleville, passa à Haybes où des villageois lui demandèrent de bien vouloir leur ramener des bouteilles et des noix.

Sur le chemin du retour, un orage pareil à une tempête se leva et, dans un fracas assourdissant, brisa l’attelage et toute la marchandise du futur canonisé. Il y vit un signe de Dieu, tomba à genoux sur un roc, pleura sept années d’affilée !

 

Cette pierre porterait encore l’empreinte du saint et une cavité formée par ses centaines de milliers de larmes !

Le roc est toujours visible sur le Chemin de la Pierre Saint-Martin non loin du Moulin Labotte, mais il a été retourné lors de travaux forestiers…

Signalons encore le carnage opéré en 1914 par les Prussiens : des dizaines de personnes massacrées, dont des enfants et des gens âgés, six cents demeures détruites…

 

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Droit à l’eau : première étape capitale

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C’est une première étape capitale dans la reconnaissance du droit à l’eau pour tous. La proposition de loi sur la mise en œuvre du droit de l’Homme à l’eau potable et à l’assainissement a été adoptée en première lecture à l’Assemblée Nationale.

Un premier pas qui donne espoir notamment aux ménages les plus démunis. Le vote des députés le 14 juin dernier est un signe positif par rapport au combat que mène France Libertés avec d’autres associations depuis des années.

« C’est un vrai signe positif. D’abord, parce que c’est la concrétisation d’un travail en commun avec le Parlement et notamment avec les députés. C’est un texte qui a été co-construit continuellement avec les parlementaires et la société civile. Sur un sujet aussi fondamental qui touche au droit à la vie, il est essentiel de pouvoir travailler conjointement avec nos élus sur un texte législatif qui aille de l’avant.

Dans la période actuelle, où il y a beaucoup de reculs, où il y a une prédominance des choix économiques qui sont faits aux dépends de choix en lien avec des droits fondamentaux, il  est possible d’avancer sur un droit aussi important que celui du droit à l’eau pour tous. La présentation orale de la ministre Barbara Pompili et des différents députés montrent combien le droit à l’eau pour tous est symboliquement très fort. Ils ont rappelé le combat qu’a mené Danielle Mitterrand sur ce sujet là, à une époque où personne ne parlait du droit à l’eau pour tous. C’est bien que la France s’engage sur ce chemin là. »

Quelles sont les avancées majeures de ce texte ?

« La première avancée c’est de valider ce droit à l’eau pour tous. C’est l’article 1. On était jusqu’alors sur une approche très économique du droit à l’eau. C’est ce qui avait fait que, dans notre combat sur les coupures d’eau, les avocats de Véolia et de la Saur disaient que le droit à l’eau n’existait pas. Le Conseil Constitutionnel a dit l’inverse. Il a dit que le droit à l’eau était un droit fondamental même s’il n’était pas totalement clair dans la loi. Avec cette proposition de loi, cet élément devient clair. Il peut être mis au regard du droit au logement, de l’approche au droit à l’énergie… C’est une évolution globale sur l’accès aux éléments fondamentaux : se loger, se chauffer, se nourrir, boire.

Le deuxième point très important, c’est l’accès aux fontaines, aux toilettes publiques gratuites et aux bains douches gratuites pour les plus démunis partout en France. C’est « remettre l’eau au cœur de la cité » pour que les Français se rendent compte de la place de l’eau dans la société. L’enjeu est que partout sur la planète on puisse vivre dignement avec à la fois, un accès à l’eau, un accès à l’assainissement et un accès à la capacité de se laver pour pouvoir vivre dignement. Et pour pouvoir envoyer ses enfants à l’école, travailler… »

© France Libertés
© France Libertés

A l’inverse, la question du financement d’un fond d’aide a été repoussée. Quel était le but de ces aides et pourquoi cette question a posé problème ?

« Ce fond d’aide devait permettre de réunir 50 millions d’euros pour apporter une aide préventive sur l’accès à l’eau pour toutes les familles dont la facture représente plus de 3% des revenus. C’est le seuil reconnu de manière internationale pour l’accès à l’eau. Il y a à peu près 1 million de ménages en France qui sont en très grande précarité et qui ont du mal à payer leur facture d’eau. Il y avait la volonté de leur apporter une aide pour que leur facture repasse sous le seuil des 3% du revenu. Cela a posé un problème à l’Assemblée Nationale. Nous avions proposé un financement alternatif innovant en mettant une contribution solidaire sur les bouteilles d’eau. Mais les lobbys sur les bouteilles d’eau sont très puissants et ont fait un gros travail auprès des députés. Ils ont fait en sorte que des députés viennent spécifiquement pour voter contre cet article. Pendant la discussion, il y avait une dizaine de députés. Et au moment du vote de l’article, une vingtaine de députés sont venus spécialement. Cela montre bien que notre démocratie fonctionne de façon bizarre parfois.

On espérait basculer sur un financement de l’Etat. C’est l’élément qui est en discussion actuellement. On a pu en parler de vive voix avec le Président de la République. On espère un geste du Président et du gouvernement pour faire que ce fond de 50 millions d’euros soit mis en place dans le cadre de la loi de finance du mois de septembre. Il faut mettre cela en comparaison avec le fond d’aide de 650 millions d’euros qui est mis en place pour l’énergie. Donc 50 millions, ce n’est pas énorme. Cela mériterait que l’Etat français mette cet argent sur la table. On pourra dire alors que l’on a mis le droit à l’eau pour tous en France, que l’on a permis de remettre l’eau au cœur de la cité, et que l’on aide le million de familles qui sont en grande précarité. Elles méritent qu’on leur donne un coup de pouce pour payer leur facture d’eau. »

Aux Nations Unies, la France a reconnu ce droit de l’Homme à l’eau et à l’assainissement. Il faut donc encore se mobiliser pour qu’elle l’inscrive réellement dans le droit français.

« On est dans une période où c’est difficile. Ce que l’on propose, c’est simplement de permettre à chacun de vivre dignement chez lui. Cela ne semble pas irrationnel ou impossible à mettre en œuvre. Malgré tout, sur des sujets comme cela, on a beaucoup de difficultés à avancer. Mais on n’est pas loin. On fait confiance aux parlementaires pour faire que ce travail débouche d’ici la fin de l’année. La France pourra alors s’enorgueillir à d’être le premier pays occidental à valider dans ces textes le droit à l’eau et à l’assainissement pour tous. »

 

Pour aller plus loin :

[youtube]https://youtu.be/VFYtT4IUUek[/youtube]

 

Cultiver le corail pour l’aimer et le protéger !

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(c) Coral Guardian
(c) Coral Guardian

Martin COLOGNOLI, Président et co-fondateur de CORAL GUARDIAN, nous parle des méthodes de culture du corail, des atouts indéniables de la mise en culture . Même quand c’est raté, c’est quand même réussi! En savoir plus ? dans cette chronique où vous découvrirez également comment aider CORAL GUARDIAN.

http://www.longitude181.org   http://www.coralguardian.org

Ardennes françaises mystérieuses (26/61) : HARGNIES : De l’autre côté, les hommes

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3Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Le titre de ce chapitre, « De l’autre côté, les hommes », consacré à Hargnies, a été directement emprunté au panneau communal « officiel » ! Que se cache-t-il derrière lui ?

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Il s’agit d’un village fleuri situé dans une clairière de la forêt ardennaise, village dont l’origine remonte au IXe siècle.

L’église Saint-Lambert a un aspect défensif avec sa tour carrée, ses meurtrières et ses remparts. De là part le chemin menant au cimetière et à la chapelle Saint-Roch.

Mais, Hargnies est aussi une commune réputée pour sa charcuterie (boudin, pâté, jambon…) au point que le JT de 13 heures de TF1 lui consacra un reportage spécifique : « C’est le village où la charcuterie est reine ! Quatre charcuteries pour 500 habitants ! »

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Un passage entre deux mondes…

Il y a aussi la fête estivale dévolue au cheval ardennais et un environnement fort agréable composé de fontaines.

À l’une d’elles, j’ai lu ce texte signé par des « Elfes de l’eau » :

 

« Les fontaines, un passage entre deux mondes

Sois prudent, comme les gens d’ici…

Quand les loups des ténèbres rôdaient,

Ils ont vénéré saint Hubert

Quand les armées de l’Ombre pillaient

Ils ont attendu le Cheval Bayard,

Un espoir de féérie dans le cœur

Quand les bergers étaient pétrifiés,

Ils ont évité les Roches du Diable

Alors, éloigne le gouffre du Démon,

Chasse les Croqueurs d’Os

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Ouverture sur l’univers des elfes de l’eau…

Repousse la nuit

Choisis la lumière de notre monde

Franchis la transparence de l’eau

Plonge dans ton propre reflet

Enfile les lettres patiemment :

le mot magique est la clef

de l’une des quinze portes-fontaines

qui s’ouvrent sur notre univers

Nous t’attendons… »

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Intolérances alimentaires, sensibilités, allergies, Comprendre et vivre avec

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Intolérances alimentaires, sensibilités, allergies

Florence Arnaud présente un ouvrage très accessible pour faire le point sur les intolérances alimentaires
et apporter des solutions concrètes pour bien vivre avec. Elle propose d’abord de distinguer « allergie »,
« intolérance » et « sensibilité » pour mieux en identifier les causes, invitant chacun à modifier bien plus que son alimentation. Puis, un guide détaillé liste les aliments de substitution pour remplacer les céréales, les produits laitiers, les œufs, etc. L’auteur donne ensuite de nombreux conseils très pratiques pour organiser la vie quotidienne, en particulier celle des enfants (éviter la contamination entre ingrédients, planifier les menus, lire les étiquettes, aller au restaurant, déjeuner à la cantine, expliquer son allergie à des tiers…).
Enfin elle propose avec Véronique Chazot 80 recettes sans lait, ni œuf, ni gluten.
Le livre est illustré par des dessins de Marie Crayon. Florence Arnaud est chercheuse en droit. Membre d’une famille poly-intolérante, elle a appliqué des méthodes rigoureuses de recherche pour réunir des informations et trouver des réponses.
Elle anime également le blog makanaibio.com.
Véronique Chazot est enseignante. Pour répondre aux intolérances alimentaires de sa famille,
elle a créé des recettes adaptées aux régimes « sans ».
Disponible le 8 avril 2016 – 224 pages – 19 € – Collection Conseils d’expert – Éditions Terre vivante
En librairies et magasins bio et sur boutique.terrevivante.org

Préserver l’eau est vital… même en vacances

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© Philippe Boury

En vacances aussi, la préservation de l’eau est vital.

Cela faisait longtemps qu’on l’attendait, mais, mine de rien, l’été pointe son nez. Pas sûr que la clémence du temps perdure, mais une chose est vraie : les vacances sont là. Et pour ceux qui en ont la possibilité, ces congés seront synonymes de changement d’air. Partir, s’évader du quotidien, découvrir d’autres horizons.
Et comme à chaque fois que l’on s’échappe de la routine habituelle, certaines habitudes ont tendance à être mises de côté. Comme celles qui, tout au long de l’année, nous ont fait prendre soin de notre environnement. Alors, même loin de notre domicile, conservons les mêmes réflexes qu’à la maison. Des gestes responsables pour préserver la nature en général, et notre ressource en eau en particulier.

Petit rappel : nous consommons en moyenne 137 litres d’eau par jour, soit l’équivalent d’une baignoire entière ! Mais seulement 7% de cette consommation passent dans notre alimentation. Le reste sert à notre toilette, part dans les sanitaires ou est utilisé pour laver notre linge. L’été, dans les zones côtières, la population peut souvent être multipliée par 10 ou 20. Mais les stations de traitement des eaux usées ne sont pas toujours à la hauteur de cette surpopulation. Et si l’on part à l’étranger, ayons conscience qu’en tant que touriste, nous pouvons utiliser de 7 à 10 fois plus d’eau qu’un autochtone pour arroser ses cultures et se nourrir. Loin de chez soi, il convient donc de faire encore plus attention à sa consommation.

Le matin, même s’il peut être agréable de se prélasser dans un bon bain, le bilan de ce moment de détente est peu reluisant. Ce confort nécessite entre 120 et 200 litres ! Alors que sous la douche, seulement 50 litres d’eau sont nécessaires, à condition bien sûr de ne pas y rester des heures ! D’autant que, si l’on est en camping, on risque aussi d’agacer nos voisins qui vont faire la queue et découvrir que le ballon d’eau chaude des sanitaires collectifs est vide. D’où une surconsommation d’électricité ou de gaz pour le propriétaire, qui, l’an prochain, n’hésitera pas à augmenter la facture pour couvrir notre inconséquence.

Le coup de frais à la voiture n’est pas nécessaire pendant ce repos estival. Mais si l’envie irrépressible nous prend de lui faire sa toilette, allons dans les stations de lavage. Ce ne sont que 60 à 110 litres d’eau qui seront utilisés contre 200 litres pour un lavage maison, à moins d’être très doué. Mais là, il y a le risque de déverser les produits lessiviels dans les égouts. Ce qui n’est pas du meilleur effet !

© La Passiflore
© La Passiflore

Il faut veiller aussi à ce que l’on déverse dans les canalisations et les égouts. Les produits toxiques, phytosanitaires, les restes de peinture ou les huiles de vidange sont un poison pour l’environnement. Pour nos travaux d’été, pensons à rapporter les restes de produits à la plateforme de recyclage plutôt que de les vider dans notre évier.

Ne pas se débarrasser non plus des médicaments dans les WC ou dans la poubelle. Relâchés dans la nature sans traitement, les médicaments bouleversent l’écosystème. Un détour chez le pharmacien est obligatoire.
Et d’une manière générale, ne confondons pas les WC avec une poubelle. Mégots, serviettes hygiéniques, tampons périodiques ou préservatifs sont la plaie des fosses septiques et perturbent le bon fonctionnement de la station d’épuration.

Au-delà de ces précautions pour préserver l’eau, beaucoup d’autres gestes simples permettent de protéger la nature.  Des bons réflexes au quotidien, pour soulager le porte-monnaie tout en épargnant notre ressource vitale en eau.

 

Pour aller plus loin :

 

[youtube]https://youtu.be/8phLHPTNBGs[/youtube]

 

 

CORAL GUARDIAN : Préserver le corail et les communautés qui en dépendent !

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CORAL GUARDIAN est une association française qui travaille pour la conservation du corail de façon très locale , en Indonésie,   en faisant des projets modèles reproductibles pour les populations indonésiennes. Martin Colognoli, président et co-fondateur de CORAL GUARDIAN, nous parle des pratiques, des méthodes , des actions et des résultats obtenus.

http://www.longitude181.org   http://www.coralguardian.org

 

 

2016, l’année du dérapage climatique

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© Piero – Altermondes

2016 sera-t-elle l’année du dérapage climatique ?

C’est la question que pose le directeur de France Libertés dans une tribune publiée sur le Huffington Post. Six mois après la COP 21, la question du climat a disparu des Unes de la presse. Pourtant, certains signes sont alarmants.

Dans cette tribune, vous tentez d’attirer l’attention des médias sur une étude américaine plutôt inquiétante.

« On sait qu’il y a quelques mois, le niveau de concentration de CO² dans l’air a dépassé les 400ppm (particules par mètre cube d’air), notamment sur Hawaï et dans des zones très peuplées. Ce qu’apporte cette nouvelle enquête, c’est que ce niveau a été dépassé dans une station météo basée au sud du Pôle Sud, dans une zone extrêmement protégée. C’est la première fois depuis 4 millions d’années, qu’il y a autant de CO² dans l’air. Derrière ce chiffre, il faut être conscient de l’accélération la pression de nos modes de vie sur la température et sur la concentration de carbone.

On est dans un moment de l’humanité où l’ensemble des acteurs politiques, économiques et citoyens devraient avoir les yeux rivés sur ces statistiques afin de se poser les bonnes questions : comment transforme-t-on nos sociétés pour lutter fortement contre ce changement climatique ? Malheureusement, quand une telle étude sort, on n’en parle absolument pas. On parle de foot, de Brexit, d’élections, de croissance… Mais on ne regarde pas l’évidence : l’accélération de ce processus. »

Cette accélération du processus de réchauffement, on la voit clairement dans la tribune que vous publiez sur le Huffington Post. Il y a deux graphiques, l’un sur la température du globe et l’autre sur la concentration de CO² dans l’air. Et c’est saisissant.

« Comme tous les scientifiques le disent, il y a un moment où le climat risque de s’emballer. Et le jour où le climat s’emballe, on ne peut plus rien faire. C’est donc plus qu’une urgence. Il faut absolument qu’il y ait une reprise en main de nos sociétés pour faire en sorte que cette problématique de la lutte contre le changement climatique ne soit pas une option ou un thème politique pour une rencontre comme la COP21. Elle doit être une urgence de tous les jours dans la transformation des sociétés qui sont les nôtres. »

Température du Globe
Température du Globe
Concentration de CO² dans l'air
Concentration de CO² dans l’air

Concrètement, quels sont les facteurs aggravants, responsables de cet accélération ?

« Pour les scientifiques, il est clair que le niveau de CO² dans l’air est l’élément le plus important. Nous sommes à un moment de l’humanité où il y a tout un tas de sociétés qui émergent en terme économique et qui impactent autant, voire plus que nous, en terme de CO² sur la planète. L’humanité n’a jamais produit autant de CO². L’atmosphère, c’est exactement comme une bouteille. La concentration de CO² dans l’atmosphère, c’est comme si l’on remplissait une bouteille d’eau. Plus la bouteille est pleine, plus elle est lourde et plus elle pèse sur le climat. Plus cette accélération se produit, plus les impacts sont évidents et rapides.

Il ne faut pas penser que les choses vont rester en l’état et vont s’accélérer tout doucement et que ce sera pour d’autres générations. Cette accélération peut être exponentielle. Il faut lire notamment les rapports du GIEC sur cette question. Le GIEC essaie vraiment de nous alerter. Pour beaucoup de gens, le GIEC s’emballe ou est trop pessimiste. Or, c’est l’inverse. Le GIEC essaie de convaincre les acteurs politiques, uniquement sur des données dont ils sont absolument certains. Ils ne sont pas sur un scénario catastrophe, mais sur un scénario réaliste. Le risque que l’on court aujourd’hui, c’est que, au lieu de freiner nos productions de CO², on les augmente tous les ans. Les schémas que nous proposent les scientifiques risquent donc fort d’être dépassés. Il faut que l’opinion publique comprenne que, non seulement les scientifiques sont prudents, mais ils sont même probablement plutôt optimistes par rapport aux évolutions du climat. Et cela risque d’être plus violent qu’il n’y parait. »

Face à ce dérapage climatique que vous dénoncez, que faire concrètement ?

« Il est essentiel que les citoyens soient conscients de cette urgence pour peser sur les acteurs politiques. Mais il faut surtout que les politiques et les acteurs économiques comprennent que la fête du capitalisme néolibéral est terminée et que l’on doit rentrer dans une aire d’une économie climatique. On ne peut plus envisager l’avenir de nos économies et de nos politiques sans prendre en compte de façon très importante cette problématique du changement climatique. C’est ce que répète Nicolas Hulot souvent. Il l’a répété sur le cas de Notre-Dame des Landes, en disant que l’on ne pouvait pas d’un coté, signer l’accord de la COP21, et construire l’aéroport de Notre-Dame des Landes.

L’accord de la COP21 n’est absolument pas à la hauteur du défi climatique. Si on n’est même pas capable, politiquement et économiquement, de respecter l’accord de la COP21, alors on est très mal parti. Il faut une prise de conscience globale pour que 2016 ne reste pas l’année du dérapage climatique, l’année où l’on aura pris conscience que les choses sont en train de s’affoler. »

© France Libertés
© France Libertés

Pour aller plus loin :

 

[youtube]https://youtu.be/oycR04ylQwY[/youtube]

 

 

Mourir et renaître

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

De nombreux auditeurs de notre station ont porté un réel intérêt à la chronique « Mourir, puis donner la vie » et au « Jardin-Forêt de la Métamorphose » diffusée le 21 mai 2016 et encore disponible en podcast sur notre site.

sous-le-regardAujourd’hui, pour davantage illustrer cette chronique et, aussi, celle dévolue au remarquable essai « Sous le regard des dieux » de Christiane Desroches Noblecourt (Albin Michel) diffusée le dimanche 3 juillet 2016 et tout aussi disponible en podcast, voici un extrait qui corrobore la théorie et la pratique du cycle vie-mort-vie et où il est question de la symbolique funéraire égyptienne :

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« Sarcophagi », exposition au Musée du Cinquantenaire de Bruxelles, photo Pierre Guelff.
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« Sarcophagi », exposition au Musée du Cinquantenaire de Bruxelles, photo de Pierre Guelff.

« Représentés en momie, les shaouabti sont l’image lointaine du défunt en tant qu’Osiris qui flotte dans l’eau. L’inscription figurant sur la statuette précise que le défunt doit effectuer les travaux des champs. Pour que ce soit bien clair, il emporte avec lui sa houe pour bêcher et le sac de grains peint sur son dos. Mais que va-t-il faire ? Va-t-il fumer son narguilé pendant que ses domestiques et ses contremaîtres font le travail spirituel à sa place ? Tout cela est invraisemblable. Ce travail, assigné au mort, désigne certainement, d’une manière symbolique, l’énergie du mutant, la lente transmutation du cadavre en humus… (…) Les trépassés travaillent à la renaissance de l’Égypte. (…) Voilà sans doute pourquoi, dans la Vallée des Rois, certaines inscriptions traitaient Osiris de « pourri ». Tout cela se tient parfaitement. Osiris est « pourri » parce qu’il est en pleine germination. (…) Anubis est représenté par un chien aux oreilles pointues. On pense qu’il serait le prototype d’Horus. C’est lui qui préside à la transformation de la pourriture en un être renaissant. Il sert de catalyseur : la momie en décomposition va devenir soleil. Osiris pourrissant est aussi une graine porteuse de vie. (…) Le corps fait partie intégrante de la terre d’Égypte. Une fois mort, l’Égyptien redevient le corps de l’Égypte. »

Il reste, en ce XXIe siècle, à ce que le monde politique promulgue enfin une loi autorisant l’humusation et non seulement l’enterrement et la crémation.

 

 

 « Sous le regard des dieux » de Christiane Desroches Noblecourt (Albin Michel)

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

– Pourquoi avoir choisi l’Égypte et pas la Grèce ou la Mésopotamie ?

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Le Scribe (Photo Pierre Guelff)

– Il m’a suffi de voir la Vénus de Milo. Elle est d’une plastique splendide, mais quelle lourdeur. Regardez ses yeux : ils sont vides, totalement vides ! Voyez le Scribe : chaque fois que je passe devant lui au Louvre, son regard me pétrifie, après toutes ces années. C’est qu’il y a, dans ce regard, toute une civilisation qui s’exprime.

J’ai aussi vu et revu de près ce regard, je l’ai photographié sous tous les angles tant j’étais subjugué. Dès lors, inutile de vous dire que la réponse donnée par Christiane Desroches Noblecourt dans un remarquable ouvrage d’entretiens titré « Sous le regard des dieux », publié chez Albin Michel, n’a fait que confirmer mon ressentiment de simple visiteur dudit musée.

sous le regardCe livre évoque le siècle – elle est décédée à 98 ans – d’une égyptologue de réputation mondiale grâce à des descriptions, anecdotes, pans d’Histoire, résultats d’expertises et, surtout, de combats pour protéger ce patrimoine exceptionnel.
Cet ouvrage devrait être conseillé à tous les étudiants du secondaire tant il a une valeur pédagogique et qu’il recèle le déroulement d’une vie extraordinaire. Celle d’une grande scientifique doublée d’une humaniste hors pair.

Décédée il y a cinq ans, je me dis qu’elle devait énormément souffrir de voir différents sites classés au titre du Patrimoine de l’Humanité être inexorablement saccagés, elle qui inventa le concept de Patrimoine culturel mondial.

Ainsi, quand on lui demanda de citer la première vertu d’un égyptologue, elle répondit, travaillant aux pieds de pyramides et de temples : « Être pleinement humain, et non uniquement égyptologue. »

Une attitude mise à rude épreuve par certains collègues masculins qui ne supportaient pas une femme parmi eux. Et, comme elle n’acceptait pas certaines attitudes colonialistes, tout comme les pétainistes, sa situation ne fut pas toujours aisée.

Mais, son engagement dans la Résistance, le sauvetage de plusieurs temples, de multiples explorations inédites, des découvertes fabuleuses…, firent qu’elle devint reconnue et incontournable. Le tout sous le regard des dieux égyptiens dont elle avait perçu divers mystères et secrets…

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