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Un « autre » Daudet : « Je partirai pour les terres lointaines » de Paul Couturiau (Éditions Jourdan) : bouleversant !

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Marie-la-Parisienne, 17 ans, abandonnée par ses parents, recueillie par une chiffonnière, explique : « J’ai commencé à payer ma dette en allant mendier à la porte des églises, mais comme les hommes me trouvaient à leur goût, mes charmes ne tardèrent pas à devenir mon principal gagne-pain. » Et puis, poursuit-elle, « au matin de ce 23 novembre 1923, je me suis réveillée au beau milieu d’un rêve… »

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Paul Couturiau.

Ainsi débute l’énigmatique et poignant roman « Je partirai pour les terres lointaines » de Paul Couturiau, publié aux Éditions Jourdan. Cet auteur, dont il a déjà été question dans la présente rubrique avec de remarquables ouvrages tels « L’Abbaye aux Loups » (Presses de la Cité) ou « L’Ange de la Renardière » (Lafon), s’attaque – le mot est choisi – à une intrigue judiciaire et historique qui porte six lettres : DAUDET.

Le rêve de Marie ? Un adolescent de 15 ans avec qui elle partagea une nuit. Et quelle nuit ! Il lui déclama Baudelaire, lui dit qu’il s’appelait Philippe Daudet, lui montra l’un de ses poèmes où il était question d’un « là-bas… de terres lointaines »… Elle en pleura, elle la « couche-toi-là », et le supplia de l’emmener avec lui. Il refusa.

9782874664250_1_mDix ans plus tard, Marie, par la plume délicate de Paul Couturiau, se souvient : « C’était à l’aube de ce 23 novembre où la mort t’avait donné rendez-vous et où, sourd à mes prières, tu choisissais d’aller crânement à sa rencontre. Tu as été la première personne à me traiter non comme un fardeau ou une marchandise, mais comme un être humain. Parfois, je songe que si tu avais vécu… mais, l’histoire ne se réécrit pas, n’est-ce pas ? »

L’auteur a amplement raison. L’histoire ne se réécrit pas, mais elle peut s’écrire et, dans ce cas-ci, le nom « Daudet » prend une tournure particulièrement dramatique. Daudet, c’était un nom écrit en lettres d’or mais, au fil de l’ouvrage, ces lettres se teintent de rouge. Rouge de honte, rouge de sang, rouge de révolte, rouge de l’assassinat ou du suicide de Philippe Daudet ?

Ainsi, que penser de cette magistrale phrase : « Rejeter la faute sur autrui a toujours eu des vertus thérapeutiques pour ceux qui refusent de regarder la vérité en face, mais cela n’a jamais contribué à résoudre un problème » et, que penser, également, de cette constatation : « Ceux qui sentent la sueur, le labeur, la misère, font peur aux nantis. »

Ce roman est, tout bonnement, bouleversant et un sensationnel – dans le sens d’exceptionnel –  moment d’Histoire !

Ardennes françaises mystérieuses (39/61) : MONTHERMÉ : Quand un coq insomniaque défie le Diable

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Que d’endroits célèbres à Monthermé ! Il y a, d’abord, cette boucle quasiment parfaite effectuée par la Meuse, puis le Sentier des Crêtes, « La Roche à 7 heures », « La Longue Roche » qui domine la ville de quelque deux cents mètres, « La Roche aux 7 Villages », « La Roche de Roma » et « Roc-la-Tour ».

Le « Château du Diable »

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Un site devenu légendaire suite à la fureur du Diable…

Monthermé2ft300Des pierres fracturées dominent de plus de quatre cents mètres la Vallée de la Semoy (elle se jette dans la Meuse à Monthermé), et ce « Roc-la- Tour » devient le « Château du Diable » pour tous ceux, nombreux, qui apprécient les légendes.

Celle qui plane ici est assez classique (à Avioth, par exemple) : le Diable avait promis la construction d’un château en une nuit en échange de l’âme d’un seigneur qui voulait conquérir le cœur de sa jeune et jolie femme qui lui réclamait un magnifique château.

Mais, un coq insomniaque chanta avant le lever du soleil et le projet satanique s’effondra : comme il manquait une pierre à l’édifice, qu’il perdait l’âme convoitée, le Diable, furieux, détruisit ce qui avait été érigé. Ce sont ces débris qui forment le « Roc-la-Tour » et, non loin de lui, mais de manière scientifique, les archéologues ont découvert des milliers de plaquettes de schiste, dont des centaines gravées. Elles y furent apportées, dateraient de l’époque magdalénienne (de -15 000 à -10 000) et sur certaines d’entre elles, on distingua les représentations d’un ours, d’un loup, d’un lynx, d’un bouquetin, de cervidés, de chevaux, de bisons… et une silhouette humaine !

À un autre gisement, d’autres traces de chasseurs préhistoriques ont été découvertes.

On accède assez facilement au point culminant (408 mètres) du « Roc-la-Tour » via la route forestière de la Lyre, puis par un chemin jusqu’au « Château du Diable » qui domine la majestueuse forêt ardennaise.

Laval-Dieu, la Vallée de Dieu

 « Vallis Dei », la Vallée de Dieu, devenue Val Dieu, puis Laval-Dieu, dont l’abbaye, destinée aux chanoines réguliers de l’Ordre de Prémontré (près de Laon), fondée au XIIe siècle, est un autre lieu important du patrimoine ardennais.

Haut lieu de musique, Étienne Méhul (voir Givet), auteur du « Chant du départ », chant patriotique le plus connu après « La Marseillaise » y fut élève.

Après un incendie volontaire perpétré par des soldats de Maastricht, des transformations à la Révolution, des destructions en 1940…, la chapelle de l’abbaye est restée intacte : dalles funéraires moyenâgeuses, boiseries du XVIIIe siècle, Croix de Malte au plafond datant de 1767…)

Parmi les quarante-cinq abbés, il y eut Hubert Gobert.

« Né à Monthermé en 1420, chanoine, prémontré, c’était un homme d’une intelligence vive, éloquent, théologien et juriste très érudit. Conseiller et confesseur du roi de France Louis XI ».

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Abbatiale de Laval-Dieu.

 

Par hasard…

 C’est par hasard, qu’en 1927, des fresques datant du XVIe siècle furent redécouvertes sous des couches de revêtements à base de lait de chaux, dans l’église Saint-Léger située parmi les maisons les plus anciennes, proche de la route menant à Laifour.

« Reconstruite au XVe siècle, fortifiée au XVIe, elle intègre des éléments du XIIe (mur nord de la nef, croisée du transept, croisillon nord), elle renferme, donc, de magnifiques fresques du XVIe et une cuve baptismale monolithe du XIIe ».

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Église Saint-Léger.

Soulignons, encore, le pèlerinage à Saint-Antoine de Padoue à la petite église des Hauts Buttés (altitude 500 m) qui, selon la « Revue historique ardennaise » aurait battu le record de France des ex-voto (en conséquence d’un vœu) avec quelque soixante-cinq au m² et, pour les amateurs de littérature, le Salon du livre consacré à la féérie (légendes, sagas…) dans le cadre du « Printemps des légendes », la Fête du café en juillet, une girouette en lieu et place d’une grande cheminée d’une ancienne brasserie…
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L’Odyssée de J-Y. Cousteau par F. SARANO

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Avant de voir sur les écrans  le film « L’odyssée » de Jerome SALLE  qui retrace la première partie de la vie du Cdt COUSTEAU, François SARANO, doublure sous-marine dans le film, nous conte la prodigieuse odyssée  et sa suite qui nous concerne plus que jamais aujourd’hui.

Journée de la Transition Citoyenne 2016

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© Collectif pour une Transition Citoyenne

Samedi 24 septembre 2016 : Journée de la transition citoyenne

La vague citoyenne va déferler le 24 Septembre avec plus de 250 évènements !

Face à une crise globale chaque jour plus criante, un mouvement est en marche qui, partout, réinvente nos façons de produire, de consommer, d’échanger, d’habiter, de nous nourrir, de nous déplacer, d’éduquer nos enfants… Des centaines de milliers de personnes font vivre des alternatives au système actuel.

Il est maintenant de notre devoir de leur donner la puissance nécessaire vers un profond changement de société. Les solutions sont là, demain est déjà en marche !

L’ampleur à donner à ce mouvement passe forcément par des actions de grande envergure que seule la mutualisation et le collectif peuvent mener. C’est la raison d’être du Collectif pour une Transition Citoyenne, composé de dix-huit structures membres issues de l’Economie Sociale, Solidaire et Ecologique.

Renforcé par ses partenaires, le Collectif vous invite à découvrir la 3ème édition de la Journée de la transition le 24 Septembre prochain, partout en France !

40 000 participants en 2014 et 2015, plus de 50 000 participants attendus en 2016

La Journée de la transition, c’est un temps fort dans l’année de mobilisation nationale pour permettre à un maximum de citoyens d’identifier les acteurs de la transition et les alternatives qu’ils offrent sur les territoires. C’est également une formidable occasion de se relier concrètement et d’œuvrer conjointement à la co-construction d’un événement. C’est un « premier pas » pour engager une véritable transition citoyenne.

Ardennes françaises mystérieuses (37 et 38/61) : MESSINCOURT : Château et souterrains et MOHON : Solaire et lunaire

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

MESSINCOURT 

 Une trentaine de kilomètres sépare Sedan de Messincourt, un village érigé à l’emplacement du « Château du Diable », disait-on.

Ce château était une immense forteresse située dans la forêt et, à minuit, une lumière verte l’éclairait de manière étrange.

Petit à petit, le bâtiment fut déserté. Néanmoins, un jour, les habitants des environs s’y réfugièrent pour échapper à des soldats pilleurs, violeurs et meurtriers. Dans plusieurs salles et dans les souterrains, ils découvrirent des squelettes de personnes pendues et martyrisées.

Le château fut abattu et les souterrains définitivement murés…

MOHON

Ancienne commune, aujourd’hui intégrée à Charleville-Mézières, Mohon a une particularité : l’église Saint-Lié (XVIe siècle) qui comporte deux cadrans, un solaire et un lunaire, datant aussi du XVIe siècle.

Le cadran solaire est un instrument qui indique l’heure (solaire, bien sûr, donc l’heure du jour) grâce au déplacement de l’ombre d’une aiguille (gnomon). Quant au cadran lunaire, il est du même principe, mais l’ombre projetée est celle de la lune, surtout lors de la pleine lune, donc il s’agit des heures de la nuit.

 

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Cadran solaire.

 

Mais, qui était saint Lié ? C’était un moine du VIe siècle devenu ermite, guérisseur et protecteur des malades. Ses reliques étaient vénérées à Saint-Lyé-la-Forêt où il termina sa vie. La chapelle fut détruite en 1744 et la dévotion populaire se tourna vers saint Roch depuis la période des fléaux, telle la peste. C’est lui qui avait initié au christianisme saint Léonard de Noblac, un proche de Clovis.

 

 

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L’urgence de la lutte contre le réchauffement climatique

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La Chine et les Etats-Unis ont ratifié début septembre l’accord de Paris sur le Climat. Presqu’un an après la COP21, ces deux ratifications viennent à point nommé pour donner un nouvel élan au processus de ratification, jusqu’alors un peu en panne.

En décembre 2015, 195 Etats signaient l’accord de la COP21 et s’engageaient à tout faire pour lutter contre le réchauffement climatique. Courant septembre, le Brésil ou encore le Mexique se sont joint au mouvement. Mais le chemin est encore long. Pour que l’accord de Paris entre en vigueur, il faut que 55 pays, représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, aient ratifié le texte avant la fin de l’année et l’ouverture de la COP22. Une course contre la montre, d’autant que les dernières études parues sur le sujet montrent que le réchauffement climatique n’est vraiment plus une chimère.

La dernière étude est alarmante. Les records ont été battus durant l’année 2015 sur tous les critères du réchauffement climatique.

« Le Centre National d’Information sur l’Environnement (NOAA), a sorti début août 2016 un rapport sur l’année 2015, qui montre que l’ensemble des records de chaleur et d’évènements climatiques exceptionnels ont été battus en 2015 un peu partout sur la planète. Aujourd’hui on ne parle plus d’une année exceptionnelle, mais d’une augmentation chronologique. En 2015, sur chaque mois de l’année, les records de chaleur ont été battus globalement sur la planète. Il y a eu des évènements climatiques très forts un peu partout : en Amérique du Nord, en Alaska, des inondations en Louisiane, des records de chaleur en Amérique centrale, en Amérique du Sud et en Asie, des records de pluviométrie en Argentine, des inondations en Europe, des records de pluie en Australie, des fontes de glace que l’on a jamais vu en Arctique comme en Antarctique. Globalement on est sur un paysage qui évolue. Et sur les sept premiers mois de l’année de 2016, tous les records de 2015 sont battus.

Il y a un évènement qui a surpris les scientifiques en Antarctique. Ils partaient du principe que les effets du réchauffement climatique auraient des impacts sur les côtes de l’Antarctique. Ils se sont rendu compte qu’il y avait l’apparition de lacs bleus au cœur de l’Antarctique. Ils ne savent pas comment le phénomène a pu se produire. On est dans un moment où il risque d’y avoir une accélération très forte. Ce qui est dommage, c’est que dans le même temps, on voit qu’il n’y pas d’accélération des prises de décisions des Etats. La COP22 approche à grands pas. Même s’il y a un engagement de la diplomatie française pour obtenir les ratifications nécessaires, on voit bien que ce n’est pas une priorité pour les Etats pour le moment. Il faut mettre la pression sur tous les Etats. Si on ne fait rien, les dommages seront très importants. »

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Quelques pays européens ont déjà finalisé la procédure de ratification, comme la France, l’Autriche ou la Hongrie. Reste que l’Union européenne doit elle aussi ratifier l’accord de Paris. La mobilisation de tous, citoyens et politiques, est donc plus que jamais un impératif.

« Les grands pays pollueurs sont directement impactés par les effets du changement climatique. Ces épisodes climatiques intenses sont de plus en plus nombreux. Ce dont on a besoin aussi c’est que les médias s’emparent de ces questions là. Il faut que l’on arrête de nous prendre la tète avec des sujets qui sont sans importance, et que l’on commence à éclairer de façon systématique les évolutions de l’impact du changement climatique, les impacts directs de ces évènement extraordinaires sur la vie des populations de la planète. Il faut que la conscience collective nous aide à trouver les solutions pour avancer. Aujourd’hui, on sait comment faire pour améliorer les choses rapidement. Cela demande des décisions politiques, des changements de modes de vie, mais c’est possible. Si on ne le fait pas, on a un risque de dérèglement du climat de la planète très important, avec la possibilité de voir disparaitre l’humanité. Il faut que l’on se prenne en main maintenant. Il faut que la société civile soit mobilisée sur ces questions là. »

La prochaine Conférence mondiale sur le climat, la COP22, se tiendra du 7 au 18 novembre au Maroc, à Marrakech, et devra mettre en œuvre l’accord de Paris.

 

Pour aller plus loin :

Nager avec Le grand requin blanc ? Aie confiance …!

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(C) Aldo Ferruci

Stéphane GRANZOTTO, réalisateur du  documentaire « Méditerranée, le royaume perdu des requins » , témoigne de son expérience de plongée sans cage en compagnie de François ARANO, renéHuezet et Aldo FERUCCI à GUADALUPE au Mexique. Découvrez comment  on se  comporte face à un grand requin blanc de plus de 5 mètres …

http://www.longitude181.org                       Programme Requin Blanc Méditerranée

 

« Les Enfants de Salomon » (7/7) d’Hugues Berton et Christelle Imbert (Éditions Dervy) : Un chemin d’ouverture

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PGF FT300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Voici trois dernières citations pour clôturer ma série de sept chroniques consacrée au magistral ouvrage « Les Enfants de Salomon » d’Hugues Berton et Christelle Imbert (Éditions Dervy) :

 « Les formes rituelles (…) sont porteuses de la mémoire collective et de la sagesse de l’humanité. (…) Elles sont garantes de cohésion sociale et de perfectionnement individuel. »

DSC01834bis300couve« La Maçonnerie est un chemin d’ouverture, de liberté, de respect, sans sectarisme, sans enfermement, permettant de vivre une spiritualité qui n’appartient ni au passé ni à l’avenir, mais qui est enracinée dans le cœur de l’instant. »

« Au compas, joignez l’équerre

Et montrez dans tous les temps

Une ardeur la plus sincère

Pour acquérir du talent. » (Extrait d’une chanson des Compagnons menuisiers et serruriers du Devoir de Liberté à Toulouse au début du XIXe siècle)

 

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Ardennes françaises mystérieuses (36/61) : MARGUT : L’Apôtre des Ardennes et le charmeur de loups

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 Saint Walfroy le Styliste (565-600) fut considéré comme l’Apôtre des Ardennes. Entre Carignan et Montmédy, et quasiment à égale distance de l’Abbaye d’Orval et de la remarquable Basilique des Champs d’Avioth, les environs du petit village de Margut accueillent le Mont Saint-Walfroy. À savoir, le lieu d’un ermitage qui défraya la chronique au VIe siècle.

Sur une « montagne » haute d’un peu plus de 350 m, le visiteur découvre cet endroit sacré où domine une colonne surmontée de la statue du missionnaire Walfroy, « petit loup » en germain.

Comme on l’a lu ci-avant, l’Église avait décidé d’évangéliser les Ardennes et d’y rayer les lieux de cultes païens et autres coutumes populaires.

Ainsi, sur la colline de Margut trônait encore une statue de Dea Arduinna (en somme une « déesse Diane » fort prisée au temps des Gaulois).

Une source y coulait aussi et possédait des propriétés médicinales pour combattre les rhumatismes et des maux de la peau et attirait de nombreuses personnes. Il est vrai que, selon la légende, Walfroy aurait été couvert de pustules et en aurait été débarrassé grâce à l’intervention divine.

En cet emplacement, une statue montre saint Walfroy, barbe fournie, portant de la main droite un livre sacré, la main gauche reposant sur le cœur et le pied gauche sur la tête décapitée de Dea Arduinna-Diane.

L’ermite statufié porte aussi la bure et, à sa droite, on distingue un bout d’une colonne.

Pourquoi cette représentation ?

 

Le petit peuple et la déesse païenne

 

Une quinzaine d’années avant son décès, Walfroy aurait expliqué à l’évêque Grégoire de Tours, de passage dans la région et à l’ermitage, son combat contre les cultes païens :

 

« J’ai trouvé sur la montagne une statue d’une déesse païenne adorée par les habitants de la contrée. Alors, j’ai élevé une colonne et je m’y suis tenu, pieds nus, dans d’atroces souffrances. Le petit peuple vint me voir et je lui ai prêché que cette déesse et ses semblables ne valaient pas Dieu ! Ce dernier fit en sorte que les gens m’écoutèrent et ils se convertirent au christianisme. Quelques-uns parmi eux m’aidèrent à tenter de renverser la statue païenne mais, malgré nos efforts, nous n’y sommes pas arrivés.

Je me suis rendu à l’église et, en larmes, j’ai supplié le Seigneur de détruite ce que les hommes n’arrivaient pas à exécuter.

Dès mon retour auprès de la statue païenne, nous prîmes une corde et, du premier coup, le monument bascula et se brisa.

Le lendemain, je me suis à nouveau installé sur ma colonne, mais l’évêque me pria d’y descendre afin de ne pas me substituer à la statue renversée.

Il fit aussi détruire « ma » colonne… »

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Dea Arduinna, déesse païenne.

Très longtemps, ce site est resté un haut lieu de pèlerinage et son ermitage a accentué son rôle d’accueil au fil des dernières décennies.

Les reliques de saint Walfroy reposent à Carignan.

Non loin de là, on peut voir deux casemates de la Ligne Maginot (système fortifié construit de 1927 à 1936 sur la frontière française du Nord à l’Est) et la Ferme Champel, don de Charlemagne à l’abbaye Saint-Remi de Reims.

 

Le faux ermite

 

Cette histoire fabuleuse de Walfroy donna peut-être des idées à certaines personnes peu soucieuses de l’honnêteté !

Ainsi, une légende explique la saga du faux ermite, Mandelier, charmeur de loups, qui s’était retiré dans la forêt. Mais, les aumônes étaient rares dans son escarcelle ! Alors, dépité et rancunier, le faux ermite alla profaner la tombe de saint Walfroy en espérant même y découvrir un trésor. Il fut à tout jamais maudit !

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Le droit à l’eau : un combat quotidien partout dans le monde (rediffusion)

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© France Libertés

Le droit à l’eau pour tous est un combat quotidien partout sur la planète. Bien commun de l’Humanité, cette eau est menacée constamment et son accès rendu de plus en plus difficile pour beaucoup de personnes partout dans le monde.

Ce combat pour l’eau est devenu au fil des ans l’axe central du travail de la Fondation France Libertés qui s’attache à défendre un accès pour tous à une eau de qualité.

France Libertés milite notamment pour inscrire le droit à l’eau potable et à l’assainissement dans toutes les Constitutions…. Mais la Fondation n’est pas que dans le travail législatif ou de sensibilisation. Elle est aussi dans l’action… France Libertés soutien de nombreux projets à travers la planète.

« L’objectif de la Fondation France Libertés a toujours été de soutenir les initiatives au niveau local. Cela passe depuis quelques années par des appels à projets. En mars 2014, la Fondation a publié un appel sur le droit à l’eau face aux industries extractives pour lequel nous avons reçu de nombreuses propositions de la part d’organisations, partout dans le monde, qui travaillent au plus près des communautés. La sélection s’est faite à partir d’un ensemble de critères préétablis, comme par exemple la défense des droits humains et des biens communs du vivant, des valeurs que défend la Fondation. La qualité du projet et son impact environnemental ont également été pris en compte. Il s’agit de voir comment le projet répond, sur le long terme, à un problème qui est posé par la présence d’une industrie extractive et de son impact sur les populations locales et sur leur droit humain à l’eau. En 2014-2015, la Fondation a soutenu 9 projets. Elle en avait soutenu 10 en 2012-2013. »

A l’issue de ces appels projets, la Fondation en a soutenu plusieurs, comme en Amérique Latine.

« Un exemple intéressant est ce projet qui a été financé en Equateur. L’ONG équatorienne Acción Ecológica travaille depuis 30 ans sur les problématiques liées à la pollution causée par l’exploitation du pétrole en Equateur. On connait le cas de l’entreprise américaine Chevron qui a été condamnée pour les dégâts environnementaux qu’elle a causée. Mais Acción Ecológica a voulu mettre en lumière le fait que l’entreprise d’état PetroAmazonas, qui exploite du pétrole, n’est pas meilleure.

© accion-ecologica
© accion-ecologica

Leur travail est vraiment intéressant. Ils ont réussi à créer une assemblée sociale permanente des communautés affectées de Pacayaku et Dureno, qui sont deux localités extrêmement concernées par la pollution de l’eau à cause du pétrole. Jusque là, les réclamations se faisaient au niveau individuel. Souvent les populations réclamaient des emplois auprès des entreprises. Acción Ecológica a travaillé en co-construction avec les populations locales. Ils on regroupé 25 communautés afin qu’elles puissent parler d’une seule voie au sein de cette assemblée, et qu’elles puissent réclamer leur droit humain à l’eau. L’entreprise a essayé au départ de diviser les communautés. Mais grâce au soutien de France Libertés, le pouvoir du citoyen est devenu plus fort. Ils ont gagné en crédibilité et prennent part au débat. Ils sont écoutés par les entreprises et les autorités locales. »

Il n’y a pas qu’en Amérique Latine que France Libertés intervient. La Fondation est présente également en Asie, ou en Afrique. Des projets sont soutenus aussi dans les pays du Nord, comme aux Etats-Unis par exemple.

« Le projet est radicalement différent mais a le même objectif. Il est mené avec le Community Environmental Legal Defense Fund (CELDF), le Fond de défense légal de l’environnement au niveau communautaire. Aux Etats-Unis, il y a un droit des entreprises à l’eau, mais il n’y a pas de droit humain à l’eau. L’Etat favorise le développement des projets extractifs plutôt que le droit à l’eau.

Les membres du CELDF sont principalement des juristes. Plutôt que de lutter contre la fracturation hydraulique qui vise à extraire le gaz de schistes, technique gourmande en eau et polluante, ils se sont dit qu’il serait plus efficace de lutter contre la philosophie de la loi qui vise cette croissance économique sans prendre en compte les droits humains et le respect des écosystèmes. C’est donc au niveau local que le travail s’est fait. Il s’agit de faire passer, au niveau de la municipalité, des chartes communautaires qui permettent d’établir le droit humain à un environnement sain et à une eau pure. Cela implique de passer par une démocratie participative particulièrement importante.

L’ONG a trouvé un moyen efficace de bannir les entreprises extractives des ressources naturelles de certains territoires. Ils soutiennent la formation de comités citoyens. Dans le cas où ils sont élus, ils vont assurer un appui juridique à la rédaction de la charte. Cela permet de donner des outils juridiques à la lutte contre les entreprises extractives.

A Colombus, ville de 800.000 habitants, ils ont réussi à faire passer cette charte, le Community Bill of Rights, qui bannit la fracturation hydraulique et déclare le droit à une eau pure. Partout où ces chartes sont passées, elles sont souvent soumises au referendum au niveau de la municipalité. Ce qui a été efficace. Les entreprises ne sont pas revenues. »

© France Libertés
© France Libertés

A travers ces deux exemples, on voit que France Libertés souhaite surtout ne pas faire à la place des peuples. Elle agit aussi pour que les peuples autochtones prennent l’initiative des actions de terrain.

« Les deux exemples concernent des peuples autochtones. L’idée de France Libertés, c’est qu’en finançant un projet de terrain, on encourage les communautés à devenir actrices. On favorise les projets de terrain avec le moins d’intermédiaires possible. On a aussi l’exemple de l’organisation Fundar au Mexique, qui travaille sur une région très menacée aussi par la fracturation hydraulique. Cette équipe forme les communautés à leur propre défense dans le cas où leur territoire serait menacé. En connaissant les textes de loi, en maitrisant les droits qui sont les leurs, les communautés sont en mesures de mieux résister. Ces projets nous servent à nourrir par de nombreux exemples notre plaidoyer auprès des décideurs français et internationaux. France Libertés part du principe que nous avons beaucoup à apprendre de ces peuples, de leur mode de vie qui est harmonieux avec la nature et respectueux de la nature et des écosystèmes, et de leurs savoirs traditionnels. C’est donc important que France Libertés ait cet ancrage sur le terrain. »

Pour aller plus loin :

[youtube]https://youtu.be/E7Ycv8MaMBY[/youtube]