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Ardennes françaises mystérieuses (48/61) : REVIN : George Sand : « Un pays admirable, les vraies Ardennes… »

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Dès le début de la présenté série, j’ai évoqué Revin et son industrie (fonderie Nestor Martin devenue Arthur Martin, puis Ardam-Electrolux…), mais la cité ardennaise a maints atouts que les autorités « touristiques » de Revin présentent sous quatre  aspects :

  1. En ressentant l’histoire au détour de ses ruelles, nombreuses dans le Vieux Revin. Les unes mènent le visiteur au Quai des Bateliers et à ses maisons à pans de bois. Les autres, à l’église des Dominicains (XVIIIe siècle) et à son ancien couvent…
  2. En parcourant la forêt ardennaise car Revin, cité entrelacée dans une double boucle de la Meuse, est entourée par la nature et offre de nombreuses activités : promenades, joggings, randonnées, vtt, canoë, pêche, parapente… L’escalade du Mont Malgré Tout (417 m) mène à un point de vue (La Faligeotte), aux belvédères du Rocher des Minches…

George Sand s’inspira de ce lieu et écrivit à son fils Maurice : « Je viens de voir un pays admirable, les vraies Ardennes, sans beaux arbres mais avec des hauteurs et des rochers ». L’écrivaine évoqua aussi « la Meuse charmante, unie et navigable », « les beaux rochers appelés Dames de Meuse » (voir Laifour)

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George Sand, ici en 1838 peinte par Auguste Charpentier, apprécia les Ardennes, plus particulièrement la Meuse, les hauteurs de Revin, de Laifour…
  1. Revin2.ft300jpgEn visitant la Maison Espagnole au Quai Edgar Quinet le Musée du Vieux Revin (et l’Office du Tourisme), le Parc Rocheteau, le Monument des Manises… Le Calvaire du Maquis des Manises perpétue un fait dramatique s’étant déroulé durant la Seconde Guerre mondiale, là où s’organisait la résistance à l’ennemi. Près de 300 hommes (beaucoup de jeunes) y furent repérés par les troupes allemandes, dont les tristement célèbres SS. Quelque 105 maquisards furent capturés, torturés, exécutés dans les bois du « Père des Chênes ». Cet endroit est devenu un incontestable lieu de mémoire et de recueillement. Comme d’autres sites des Ardennes, d’ailleurs, pensons à Thilay et à sa filière d’évasion vers l’Angleterre.

Chemins de la Liberté

Au cœur de cette vallée creusée par la Semoy, non loin des Hautes-Rivières, des centaines de personnes transitèrent par la maison des Fontaine sur laquelle est apposé un écrit « afin de ne pas oublier » : « Tous les chemins qui mènent à cette demeure sont les chemins de la Liberté. Louis et Marguerite FONTAINE, leurs enfants, pendant la Seconde Guerre Mondiale ont, par leur courage et leur idéal patriotique, lutté contre l’oppression et la tyrannie. Que leur volonté, leur dignité et leur humilité restent à jamais un exemple pour tous les Jeunes du Peuple de France. Sachez vous arrêter un petit instant et, par votre recueillement, rendez hommage à ces grandes figures de la résistance Ardennaise et à tous leurs compagnons de lutte. »

Mais, revenons-en à Revin : pourquoi y évoque-t-on des maisons « espagnoles » ? À dire vrai, ces maisons ne ressemblent en rien aux typiques demeures ibères, mais elles datent généralement des XVIe et XVIIe siècles, époque où la cité de Revin était placée sous le statut spécial dit de neutralité (fort relative) entre la France et les Pays-Bas espagnols.

  1. En découvrant des histoires d’industries célèbres, des histoires d’hommes de labeur… qui sont liées à la Meuse et à la forêt.
  2. En devenant gastronome après avoir imaginé « mille et une saveurs ardennaises » sucrées ou salées. Alors, les papilles se régaleront, de bayenne dit le « plat du pauvre » (pommes de terre avec leur peau coupées en deux, cuites dans une cocotte en fonte sans matière grasse mais avec du sel, du poivre, des oignons, de l’ail, du thym, des échalotes…), boudin, tarte au sucre, gâteau mollet et autres…

 

 

 

 

 

Fête de la Terre à Milly-la-Forêt les 5 et 6 novembre

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Fête de la Terre à Milly-la-Forêt (Essonne), les 5 et 6 novembre 2016 :

« Poubelle la vie, déchets-non-nous ! »

Sous le signe des 3 « R » : Réduire, Réutiliser, Recycler
La question des déchets est directement liée à la progression débridée de notre mode de vie et chacun d’entre nous, entreprises, administrations, collectivités locales et citoyens, en porte la responsabilité.
Notre ambition est de montrer que chacun à son niveau a les moyens d’agir dans le but de réduire substantiellement son impact dans ce domaine. Les exemples autour de nous sont nombreux, alors suivons-les !
Donc, il y aura du concret mais aussi du ludique et du convivial. Des expositions pour sensibiliser, des ateliers pour apprendre, des acteurs engagés pour échanger, des jeux pour découvrir et des spectacles pour se divertir ( « Autour d’un ver » et les Fourmis Vertes n’engendrent pas la mélancolie !)
Une place importante sera réservée aux enfants avec le concours de plusieurs écoles voisines. Le rôle des enfants est dont le rôle est essentiel.
Deux journées de rencontres que nous espérons fructueuses pour renforcer ou créer les liens indispensables pour l’accomplissement de la transition écologique et citoyenne, tellement nécessaire à notre avenir commun.

Le défi du festival Alimenterre

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© Festival Alimenterre

800 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. C’est une personne sur neuf. En 2050, nous serons 10 milliards sur terre. Pour les millions d’agriculteurs, ce sera alors un vrai défi.

Depuis 2007, le Festival Alimenterre tente de faire comprendre les causes de la faim dans le monde. Et entend mobiliser les citoyens pour le droit à l’alimentation.

Ce 10ème Festival Alimenterre se tient jusqu’au 30 novembre un peu partout en France. Quels sont les grands objectifs du festival cette année ?

« Le festival a vraiment pour objectif de faire comprendre au grand public les causes de la faim, et de mobiliser pour le droit à l’alimentation. C’est à la fois informer au travers de films sur les thématiques d’accès à la terre, de la vie paysanne, et des grands enjeux des droits humains qui se trouvent derrière. Il s’agit aussi de provoquer des débats participatifs, à la suite de la diffusion des films, avec des acteurs français et internationaux mobilisés sur ces thématiques. Des alternatives sont aussi proposées dans un objectif de mobilisation autour de la faim dans le monde. »

France Libertés est partenaire du festival. La Fondation a sélectionné plusieurs films sur ses terrains d’action privilégiés.

« Cette année, sur les films sélectionnés, il y en a quatre qui font échos à nos thématiques. Il y a « The Change », qui va traiter de la question du changement climatique, de la déforestation et de la pollution de l’eau au Mozambique. Il y a « Liberté », qui raconte l’histoire de la communauté afro-brésilienne descendante des esclaves et leur bataille pour retrouver leur terre. « La guerre des graines » parle des problèmes liés aux semences en France et en Union européenne. C’est la question de l’appropriation du vivant. Enfin « Les guerrières du babassu », qui est un film qui présente les femmes du Brésil qui collecte les noix du babassu. Cela fait écho à la question des savoirs traditionnels des peuples qui vivent au plus près de leur environnement et qui développent ces connaissances ancestrales. Au-delà de ces quatre films, il y « Pérou, la nouvelle loi de la jungle », qui est un film de 25 minutes qui traite de la biopiraterie. »

Droits des peuples, biopiraterie… Quel est le lien avec la faim dans le monde ?

« Il y a la question du droit à la terre. Si des communautés n’ont pas le droit à leur terre, leur subsistance peut être grandement mise en difficulté. Car il y a des communautés locales qui vivent de la chasse et de la pêche ou de l’agriculture. Sans terre, cela devient plus compliqué. Sur la question des semences, cela touche directement la possibilité des agriculteurs d’utiliser les semences qu’ils souhaitent. Si des brevets sont posés sur les semences, ils vont devoir payer des royalties. L’accès à leur activité économique et à leur alimentation devient plus cher. Sur la biopiraterie, il y a l’exemple du maca, un tubercule andin cultivé depuis l’époque incas. C’est un savoir ancestral qui est approprié par les multinationales, par le marché chinois, et qui est en train de déposséder la population péruvienne de cette plantes très présente dans leur alimentation. »

La Fondation participe à plusieurs conférences et propose également des supports pédagogiques. Quel est le but ?

« On s’est associé avec le CFSI pour réaliser les fiches qui accompagnent les films. Elles éclairent les enjeux des films. Elles sont disponibles sur le site Alimenterre. L’objectif de la Fondation est d’apporter son expertise. On est mobilisé depuis 10 ans sur la question de la biopiraterie et du respect du droit des peuples. Lors des projections débats, on intervient pour éclairer ces enjeux. »

Le Festival est coordonné par le CFSI, Comité français pour la solidarité internationale. Il a lieu partout sur le territoire français, et également à l’international.

Pour aller plus loin :

 

 

 

 

La Méditerranée en péril : C’est pas plié !

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Stéphane GRANZOTTO, réalisateur du  documentaire « Méditerranée, le royaume perdu des requins »  nous parle des merveilles sous-marines de la Méditerranée, des solutions pour les préserver. Tout est possible et on peut encore garder à la méditerranée son caractère enchanteur !

http://www.longitude181.org                       http://www.longitude181.org/store/products/dvd-mediterranee-royaume-perdu-des-requins/

L’ours dans tous ses états

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pgf-ft300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

ft300-1Dans le cadre exceptionnel de l’Ancien Prieuré du Rouge-Cloître situé au cœur de la forêt de Soignes à Auderghem (faubourg de Bruxelles), une très sympathique et ludique exposition célèbre, jusqu’au 29 janvier 2017, l’ours dans la littérature pour la jeunesse.

« Si l’ours peut être à la fois bourru, attachant et même extrêmement dangereux, il n’en reste pas moins le « doudou » des petits », est-il rappelé d’emblée.

Alors, défilent pour l’enchantement des petits, voire des adultes qui se souviennent avec tendresse de leur enfance, des dizaines de dessins et illustrations, plus magnifiques les uns que les autres : « Un ours à l’école », « Le voyage d’Oregon », « Ourson », « Ernest et Célestine » de la célèbre artiste Gabrielle Vincent qui fut même comparée, excusez du peu !, à Rembrandt, Degas, Toulouse-Lautrec et Matisse, et qui, selon ses dernières volontés, avait demandé de continuer à faire vivre son « enfant », c’est-à-dire cinquante années de travail pour produire quelque dix mille œuvres.

dsc03238-ft300copieft300-2Et puis, quelques splendides photos d’ours agrémentent davantage l’exposition avec une petite touche écologique signalant que, suite au réchauffement climatique, la banquise fond et met en péril l’existence des ours. Trois solutions sont suggérées aux jeunes visiteurs : moins utiliser la voiture, recycler les déchets et manger moins de viande. Il est à espérer que les petites têtes blondes auront attiré l’attention des aînés sur ces suggestions…

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Monsanto et Cie dans les cordes ?

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pgf-ft300dsc03300Contrairement à ce que clament encore certains, la Wallonie, et par corollaire la Belgique, n’a pas baissé pavillon dans son bras de fer avec le Canada et l’Europe au sujet du traité CETA. Que les négociateurs du TTIP se le disent ! En effet, j’ai, sous les yeux (photo ci-contre, document disponible sur le site de « La Libre Belgique »), la déclaration officielle belge quant aux conditions à la signature de ce traité avec le Canada. J’y lis : « Les autorités concernées procéderont, chacune pour ce qui les concerne, à intervalles réguliers à une évaluation des effets socio-économiques et environnementaux de l’application provisoire du CETA. » Il est bien spécifié « provisoire ».

Autre point délicat, celui touchant plus particulièrement les fameux tribunaux privés qui devaient être quelque peu chapeautés par des multinationales, la déclaration est claire et nette : « …l’application provisoire ne s’étend pas à diverses dispositions du CETA, notamment en matière de protection d’investissement et de règlement des différends (ICS)… et la Belgique demandera un avis à la Cour Européenne de Justice concernant la compatibilité de l’ICS avec les traités européens… »

Comme pour mieux couper l’herbe sous les pieds lobbyistes et des politiques qui leur semblent scotchés, la déclaration poursuit au sujet des autorités belges « qui entendent soumettre  toute coopération en matière de réglementation à l’accord préalable de leur Parlement et d’informer sur toute décision réglementaire qui en découlerait. »

Sur un plan écologique, la précision est aussi extrêmement importante : « La Belgique réaffirme que le CETA n’affectera pas la législation de l’Union européenne concernant l’autorisation, la mise sur le marché, la croissance et l’étiquetage des OGM et des produits obtenus par les nouvelles technologies de reproduction, et en particulier la possibilité des États membres de restreindre ou d’interdire la culture d’OGM sur leur territoire. »

On est donc loin d’une capitulation de la Belgique. Mieux, comme le déclara, Jean-Pierre Elkabbach dans sa chronique politique d’Europe1 : « David a fait trembler et plier Goliath ! » Le ministre-président de Wallonie, qui était à son micro, commenta de manière catégorique : « Le TTIP, le traité avec les Américains, est mort et enterré ! » Un silence assourdissant semble avoir accueilli cette déclaration dans tous les autres pays d’Europe…

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J’associe mes cultures … et ça marche !

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'associe mes cultures ... et ça marche !
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25 mariages de légumes à cultiver

25 mariages clés en main – 5 modèles de potagers « plantes complices » testés dans nos jardins !

Ce livre propose une sélection d’associations testées avec succès tout en donnant des informations sur chaque légume. Découvrez aussi 5 modèles de potagers associés, du plus petit (10m²) au plus grand (200m² et plus). Pour un potager plus sain et une récolte fructueuse!

Auteur : Claude Aubert

Collection : Facile et Bio

Description : 120 pages ; (21 x 21 cm) .

ISBN : 978-2-36098-168-7

Date de parution : 19 mars 2015

 

Ardennes françaises mystérieuses (47/61) : RETHEL : Verlaine entre sublime et sordide

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

« Paul Verlaine enseigna à Rethel. » « Verlaine écartelé entre le sublime et le sordide… » En repérages pour le présent ouvrage et des chroniques radiodiffusées, j’ai découvert quelques textes et informations le concernant au Musée des Lettres et des Manuscrits (Paris et Bruxelles) :

 

« La société n’accepte pas les troubadours, au mieux elle les tolère. Incompris, damnés, familiers de l’abîme, trimardeurs (vagabonds) de la détresse humaine, vagabonds existentiels, jongleurs de rimes et cracheurs de mots : poètes maudits. »

 

« Sur fond de psychodrame éthylique permanent… les orages sont aussi violents avec Arthur Rimbaud, son amant qui « s’encrapule », qu’ils peuvent l’être avec Mathilde, son épouse. Mal dans la vie, faible devant l’appel de l’absinthe et de la chair, il bat Mathilde enceinte de son fils… »

 

« Verlaine et Rimbaud : semelles de vent, semelles de plomb, gais et vagabonds, chevaliers errants de la rime… recherchant le paradis en enfer. »

On sait que la liaison entre Verlaine et Rimbaud ne fut pas de tout repos. Des coups de feu furent tirés, Verlaine fit de la prison et on retrouva même une porte de cellule de prison de son époque exposée à « Verlaine emprisonné » au Musée des Lettres et des Manuscrits !

 

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Pierre Guelff et une porte de cellule à l’époque de Verlaine.

 

« À Bruxelles, le 10 juillet 1873, Paul Verlaine tire deux coups de feu sur son amant Arthur Rimbaud au terme d’une querelle d’ivrognes et d’un moment de désespoir qui aurait pu le conduire au suicide. Condamné à deux ans de prison, le poète reste pendant 18 mois séparé de sa jeune épouse, de son fils et de son amant. Sevré d’absinthe, il se « réunifie » en prison et compose ses plus beaux vers : des poèmes de captivité qu’il cherchera à publier dans un ensemble cohérent titré « Cellulairement ».

(…) L’exposition exprima les conséquences de l’affaire de Bruxelles sur l’œuvre poétique et sur la spiritualité de Verlaine. L’historien français Jean-Pierre Guéno s’était attaché à décrire et à illustrer toutes les cages qui enfermaient le poète maudit et qui allaient faire vibrer son âme : sa prison de pierre, sa prison existentielle, sa prison familiale et sa prison sentimentale. « Verlaine emprisonné » était, en fait, la petite musique de l’âme de l’homme universel, de l’homme double écartelé entre la fascination de l’enfer et la nostalgie du paradis perdu. »

 

Un criminel abruti

 

En octobre 1877, soit quatre années après l’affaire de Bruxelles et d’autres tourments, Verlaine fut engagé comme professeur à Rethel. Il y enseigna le français, l’anglais, l’histoire et la géographie.

En 1878, il essaya de faire fléchir Mathilde qui avait demandé le divorce, en vain. Alors, il noua une « amitié équivoque » avec l’un de ses élèves, Lucien Letinois (18 ans). Le 4 septembre 1879, il fut renvoyé de Notre-Dame de Rethel. En mars 1881, Verlaine acheta une ferme à Juniville (voir ce chapitre) et s’installa avec les parents de Lucien !

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Paul Verlaine.

 

Le 8 janvier 1896, Paul Verlaine est mort dans le dénuement le plus complet après avoir connu quelques succès littéraires et beaucoup de déboires : il tenta d’étrangler sa mère (celle qui avait gardé dans des bocaux d’alcool les fœtus de ses deux fausses couches !), fut condamné pour coups et blessures, se retrouva divorcé de Mathilde, devint ulcéreux, miséreux, secouru par l’État, quelques femmes et écrivains…

Bref, Verlaine vécut une existence peu banale ! Un de ses professeurs n’avait-il pas écrit : « Je ne me serais jamais douté qu’il pût y avoir quelque chose dans cette tête hideuse qui faisait penser à un criminel abruti… »

Mazarin, Sorbonne, Jouvet…

 Rethel (quelque 14 000 habitants avec l’agglomération) possède des liens profonds avec l’Histoire et certains personnages.

Outre Verlaine, Rethel a accueilli en ses murs Jules Mazarin (1602-1661), cardinal, diplomate, homme politique de la papauté, de Louis XIII, de Louis XIV, successeur de Richelieu, au point que Rethel porta tout un temps le nom de « Duché de Mazarin », alors qu’un village de quelques dizaines d’âmes situé non loin de là, Sorbon, est célèbre pour avoir vu la naissance, en 1201, de Robert de Sorbon, le fondateur de la Sorbonne (Université de Paris).

 

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Effigie du fondateur de la Sorbonne sur une plaque signalétique.

 

Et puis, il y a encore Louis Jouvet (1887-1951), l’inoubliable comédien, qui passa une partie de son enfance avec sa mère (il était orphelin de père à l’âge de 14 ans) chez un oncle, pharmacien à Rethel, alors que Louis Hachette, fondateur de la réputée maison d’édition française y vit le jour en 1880, et, avant lui, en 1788, Boucher de Crèvecœur de Perthes, considéré comme le « Père de la Préhistoire » (« Antiquités celtiques et antédiluviennes »)…

 

Une cité de Rethel située sur l’Aisne (rivière de 353 km, confluent de l’Oise) et principal port du Canal des Ardennes (88 km, 44 écluses, datant du XIXe siècle), qui a connu maintes invasions autrement moins pacifiques que le passage des automobilistes se dirigeant vers la Bourgogne, par exemple : Attila en 450, la Guerre de Cent ans, la Guerre contre Charles Quint, la Guerre de la Fronde, l’Occupation russo-prussienne, la Guerre de 1870, la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale !

 

« L’incontestable merveille », selon Verlaine, qu’est l’église Saint-Nicolas (XIIIe siècle) a survécu (à coups de restaurations) à divers de ces tourments : ordres dorique (le plus ancien des ordres d’architecture de la Grèce antique), ionique, corinthien double nef, majestueux portail latéral…

À Rethel, il y aussi le sentier nature le long de l’Aisne, la Promenade des Isles (quelque 500 arbres), le boudin blanc imaginé par un certain Chamarande, mousquetaire déplacé à Rethel pour calmer son esprit bagarreur et qui, faute d’assassiner ses semblables, inventa la recette de cet aliment fort prisé par les Rethéloises et Rethélois, au même titre que la fêté dédiée à sainte Anne, mère de la sainte Vierge et patronne de la cité, au cœur de l’été.

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Face aux entreprises de l’eau, les communes s’organisent

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© Coordination Eau Ile de France

Quand la loi fait obstacle à ses intérêts économiques, il faut la contourner. C’est en substance ce que se sont dit les entreprises de l’eau. Elles tentent en ce moment de faire pression sur les élus locaux pour que les réductions de débit d’eau soient inscrites dans les avenants des contrats de délégation de service public. C’est la Fondation France Libertés qui a mis au jour ces pratiques. Comme nous l’avons vu la semaine dernière, les nouvelles clauses autoriseraient les réductions de débit, en infraction avec la loi.

Pour justifier leurs exigences, les entreprises de l’eau mettent en avant le volet économique et le surcout engendré par l’interdiction des coupures. Les impayés auraient explosés depuis la loi. Info ou Intox ?

« Intox. Les multinationales de l’eau mélangent deux informations différentes : les retards de paiement et les impayés. . Si vous ne payez pas la facture au moment où vous la recevez, c’est un retard de paiement. Il faut alors enclencher un processus de recouvrement pour savoir pourquoi la facture n’a pas été réglée. On ne parle d’impayé, de créance douteuse, qu’à partir du moment où s’est écoulée l’ensemble de la procédure de recouvrement. Parfois, pour déclarer une facture impayée, il faut attendre deux, trois ou quatre ans, une fois que l’ensemble des recours sont mis en oeuvre. Dans le service public de l’eau, il y a la possibilité de faire couvrir un certain nombre de factures par le fond social départemental pour l’eau. Les collectivités mettent également des procédures pour aider les familles les plus démunies à payer leur facture d’eau, via leurs services sociaux. En disant en raccourci que l’ensemble des factures en retard de paiement sont des impayés, les entreprises s’exonèrent de leur travail de recouvrement et du risque qui est calculé dans leur délégation de service public. Ils prennent le beurre, et rejettent les risques sur la collectivité. »

Les maires des communes concernées ont donc interpelé France Libertés pour qu’elle leur vienne en aide. Les collectivités semblent assez mobilisées sur la question. La FNCCR (la Fédération nationale des collectivités locales concédantes et régie) prend la chose au sérieux… Quel est le rôle de cette fédération et que préconise-t-elle ?

« Cette fédération travaille spécifiquement sur l’eau et l’énergie. Elle préconise aux élus de ne pas signer ces avenants. Aujourd’hui, il n’est pas possible pour les collectivités et les délégataires de savoir si les impayés vont exploser. Ces avenants arrivent beaucoup trop tôt. Au delà du fait que ces avenants demandent aux élus de pouvoir mettre en place des réductions de débits, tout ce qui est proposé sur les impayés n’a pas lieu d’être. C’est en cela que c’est une arnaque. Les entreprises n’ont pas encore la capacité de savoir quelle sera, in fine, le niveau réel des impayés.

Les collectivités, et la FNCCR sont mobilisés. Ils disent aux élus : surtout ne faites rien. Il faut demander le maximum d’information aux multinationales pour savoir quel est le surcoût réel pour eux. Cela leur évitera de se retrouver avec des surfacturations contractuelles. A aucun moment les entreprises ne proposent des clauses de réversibilité si demain il y avait des baisses d’impayés. C’est donc uniquement dans l’ambition de faire plus d’argent. »

Il y aurait donc urgence, selon France Libertés, à repasser la gestion du service public de l’eau en régie publique.

« Dans le cas de la commune du nord de la France, dont on a parlé la semaine dernière, on voit que ces avenants sont construits par des services juridiques de Véolia, de la Saur et de Suez, qui sont puissants, centralisés sur Paris. Ces avenants sont mis en oeuvre par des délégués régionaux. En face d’eux, les élus locaux sont bien incapables de savoir si c’est bon ou pas pour la mise en oeuvre du service public de l’eau. Quand on a l’occasion de leur expliquer de quoi il retourne, ils se rendent compte qu’ils se font arnaquer. Là, la question de mettre en oeuvre le service public par une régie publique, se pose. Pour une petite collectivité ou un petit syndicat, c’est la capacité de savoir ce qui se passe, de faire les investissements, de choisir ses tarifs, de maitriser ses évolutions, de mettre en place des vraies dynamiques sociales.

Ce que mettent en lumière ces pratiques, c’est que les multinationales veulent se dégager au maximum de toute la dynamique du social. Dans la mise en oeuvre d’un service public, c’est justement cette dynamique qui est importante pour être sur de protéger tout le monde. C’est ce qu’avait mis en lumière le Conseil constitutionnel dans sa décision de mai 2015. On doit interdire les coupures d’eau partout en France pour être sur de protéger tout le monde et notamment les plus démunis. Les multinationales démontrent l’inverse. Ils sont dans une pratique économique. La gestion sociale ne les intéresse pas. Il vaudrait mieux que ces collectivités mettent en place des régies publiques pour reprendre en main toute la dynamique sociale indispensable à une bonne mise en oeuvre du service public de l’eau dans notre pays. »

Pour aller plus loin :

 

Almanach 2017 des Terres de France (Presses de la Cité et France Bleu)

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pgf-ft300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

dsc03184Chaque année, depuis une décennie, l’« Almanach des Terres de France », publié par les Presses de la Cité et France Bleu, se révèle être non seulement un agenda, mais une fantastique source de renseignements qui balisent notre quotidien concernant les éphémérides, le patrimoine culturel et du savoir-faire artisanal, des dates historiques, des recettes, avec priorité aux spécialités régionales, des croyances populaires, des astuces pour l’entretien de la maison et des petits gestes écologiques, des bons mots d’auteurs et des extraits de livres de terroir, des citations (« Il faut qu’un menteur ait bonne mémoire », « Où pousse la fougère, c’est la bonne terre », « Qui a bon voisin a bon matin », « Le vent n’emporte que ce qui ne tient pas »)…, l’ensemble est agrémenté de centaines de photos.

Cet almanach a été rédigé par des psychologues, une historienne, un sémiologue, des passionnés d’animaux, de pensées positives, de jardinage, de bricolage, d’astrologie…

dsc03186Outre ce programme particulièrement dense, sachez que 2017 sera l’Année internationale du tourisme durable pour le développement, Marseille, la capitale européenne du sport, que du 2 au 4 juin, ce sera la 15e édition des Rendez-vous aux jardins, le 21 août, éclipse solaire totale, et, entre autres, le 4 octobre, la Journée nationale des animaux.

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