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Ardennes françaises mystérieuses (51 et 52/61) : RUMIGNY : Village de savants et SAINT-AIGNAN : Druidesses et fées

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

Outre l’église Saint-Sulpice (monument historique) située sur une motte et possédant des fonts baptismaux datant du XIIe siècle, Rumigny est connu pour sa demeure fortifiée moyenâgeuse « Cour des Prés » qui accueillit, au XIXe siècle, le savant Édouard Piette, l’un des principaux fondateurs de l’archéologie préhistorique. Rumigny vit aussi, en 1713, la naissance de l’astronome Nicolas de La Caille, celui qui, en 1752, fut le premier à mesurer la distance entre la Terre et la Lune.

 

Édouard Pierre est né en 1827 à Aubigny-les-Pottées, également dans les Ardennes, et est décédé à Rumigny quelque quatre-vingts ans plus tard et une vie bien chargée ! Jugez-en.

Avocat puis juge de paix dans le Nord, dans le Gers, à Angers, son temps libre était consacré à la géologie, une passion qui le mena à l’archéologie préhistorique, à l’Antiquité : fossiles, nécropoles gauloises et mérovingiennes, grottes, pierres gallo-romaines, sculptures, statuettes, tumulus…

Grâce à sa méthodologie scientifique et à son refus de vendre ses découvertes, il se composa une importante collection disposée dans une aile du château de la Cour des Prés, acquis par son grand-père.

En 1902, le Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye hérita de ce trésor fabuleux, dont le célèbre « Dame de Brassempouy », « Dame à la Capuche », en stéatite datant de 21 000 avant Jésus-Christ.

Quant à Nicolas de La Caille (1713-1762), après des études à Mantes, Paris…, il fut nommé maître ès arts, ensuite bachelier en théologie, devint élève de l’astronome Cassini, puis professeur de mathématiques, entra à l’Académie des Sciences…

Il mesura, observa, construisit (un observatoire astronomique en Afrique du sud, par exemple), fit des relevés multiples, nomma des constellations et des corps célestes (étoiles, astéroïdes, cratère lunaire…)…

Un télescope de l’île de la Réunion et une rue de Paris portent son nom.

 

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Nicolas de La Caille.

 

Saint-Aignan est situé à une dizaine de kilomètres de Sedan et il s’y racontait des histoires assez édifiantes. Jugez-en.

Le « Bois de la Cucue » était connu pour être une carrière de pierres utilisées pour la construction des maisons, des ponts, des églises… et elle aurait été occupée par d’anciennes druidesses devenues des fées.

Cette carrière était composée de failles assez profondes. Elles communiquaient avec des salles d’où s’échappaient les vapeurs et odeurs des repas préparés par les fées, disait-on.

Deux autres anecdotes étaient racontées à Saint-Aignan et dans ses environs. La première : à la « Queue de Cheveuge », un souterrain passait sous la forêt. Son entrée était située dans les ruines du château et le châtelain y aurait été enterré vivant. La deuxième : alors qu’un sort avait été jeté sur tout le bétail du village, les vaches moururent le même jour et furent également enterrées en cet endroit.

 

Ces anecdotes ont-elles un rapport quelconque avec le fait que le Canal des Ardennes (près de 90 km de Vieux-lès-Asfeld à Dom-le-Mesnil) emprunte un raccourci à Saint-Aignan à travers un… tunnel ?

À voir : oratoire et vestiges d’un château, le lavoir « christianisé » et l’église étant inscrits aux Monuments historiques.

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Les 30 ans de France Libertés célèbrent les résistances

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© France Libertés

France Libertés a 30 ans. 30 ans d’actions et de combat contre les souffrances des hommes et pour le droit des peuples. Un combat initié dès 1986 par Danielle Mitterrand qui aspire alors à organiser l’alternative pour un monde plus juste et plus humaniste.

Pour marquer cet anniversaire, la Fondation Danielle Mitterrand organise le jeudi 24 novembre une grande soirée pour célébrer toutes les résistances, et décernera deux prix à deux porteurs des valeurs défendues depuis 30 ans.

Les motifs d’engagements qui étaient ceux de Danielle Mitterrand en 1986 sont toujours d’actualité. Ses indignations seraient les mêmes aujourd’hui.

« La Fondation a 30 ans, mais le combat de Danielle Mitterrand sur les résistances date de beaucoup plus longtemps. Elle avait fondé son ambition au moment où elle était avec ses parents dans la résistance au nazisme, quand la France était privée de liberté. Elle a toujours eu un regard de résistante et d’attachement aux personnes qui étaient dans une injustice. Avant la fondation elle avait créé plusieurs associations.

Le travail sur les résistances en 1986 se faisait plutôt sur les droits et libertés des peuples. C’était la fin de l’apartheid, les liens à reconstruire pour la France avec le Dalaï Lama, avec les Sahraoui au Maroc. Au fil du temps, ses résistances se sont plutôt portées sur les droits humains fondamentaux avec la question du droit à l’eau. Et puis il y a également la sauvegarde des peuples autochtones et de leurs modes de vie. »

Film hommage à Danielle Mitterrand réalisé à l’occasion du 25ème anniversaire de France Libertés

Depuis 1986, le monde s’est transformé. Entre la montée des nationalismes, ou les urgences environnementales, elle se serait accaparé ces combats.

« Danielle gardait toujours cette volonté d’éclairer les injustices fondamentales des peuples. On a beaucoup travaillé à l’époque sur le Chili, la Bolivie, ou le Brésil. Plus récemment, il y a eu le peuple Juma en Indonésie. Aujourd’hui, on est dans la volonté d’éclairer toutes les résistances, qu’elles soient liées à des résistances directes comme au Kurdistan. Il y a les résistances vis-à-vis de Daech, et vis-à-vis du terrorisme. Et il y a celles contre le modèle économique omnipotent qui écarte trop souvent les femmes, les enfants et les hommes des réalités qu’il impose. C’est quelque chose de global qui mérite une attention particulière pour imaginer, demain, un monde plus humaniste et plus juste. »

Le jeudi 24 novembre, France Libertés célèbre cet anniversaire. Deux porteurs des combats de la Fondation seront à l’honneur : le collectif Alternatiba et l’écologiste indienne Vandana Shiva.

« La volonté dans cette remise des prix c’est d’éclairer des acteurs avec qui on ne travaille pas forcément, mais qui portent des sujets pour lesquels Danielle Mitterrand s’est toujours sentie investit. Pour le prix « collectif », on a choisi le collectif Alternatiba qui porte depuis plusieurs années la volonté d’expliquer l’ensemble des alternatives qui existent sur la planète pour lutter contre le changement climatique. Pour le prix spécial Danielle Mitterrand, on a choisi Vandana Shiva, qui est une militante indienne qui travaille sur la protection des semences. Son but est que les populations indiennes puissent travailler sur leurs propres semences pour être libres et trouver une indépendance, nécessaire face aux multinationales semencières. C’est une militante acharnée de la lutte contre la biopiraterie. Elle est très heureuse de recevoir ce prix et d’honorer la mémoire de son amie, 5 ans après sa mort. »

© France Libertés
Le dessinateur Wolinski, tombé sous les balles des terroristes à la rédaction de « Charlie Hebdo » avait croqué la fondation en 2001 / © France Libertés

Au-delà de cette remise de prix, quels sont les temps forts de cette soirée du 24 novembre ?

« Il y aura une Agora sur les résistances. L’ambition est d’éclairer les résistances du passé pour comprendre comment les sociétés démocratiques se sont construites. Il s’agit aussi de donner la parole à tous ceux qui portent des résistances. On est dans un moment un peu sombre où l’on sent qu’il y a des risques de dérives et des risques de guerres plus nombreuses. L’idée est que tous ces acteurs porteurs de résistances se sentent soutenus les uns les autres. Il faut fédérer cette ambition de promouvoir un monde plus juste et plus humain pour être fier de construire la société sans avoir l’impression de la subir, et de subir le diktat de l’argent. Quand on parle de la valeur argent, on oublie que valeur, cela veut dire force de vie. Derrière le mot valeur, c’est cette force de vie qu’on veut voir grandir. Pour la faire grandir, les résistances et les alternatives sont les moyens de ne pas se laisser faire tout en proposant des solutions concrètes et accessibles pour tous. C’est quelque chose qui était très important pour Danielle Mitterrand. »

 

Pour aller plus loin :

 

Requins de Méditerranée : quelle réglementation ?

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Les requins de Méditerranée sont en danger.  Difficile d’en voir un , sinon mort. La réglementation est pourtant existante.  Alors pourquoi  ne protège-t-elle pas efficacement les 45 espèces répertoriées ? Pourquoi 100 000 requins par an  sont pêchées encore en Méditerranée ? Découvrez l’impuissance du pêcheur face  aux complexités de la réglementation et les failles d’une législation défaillante .

http://www.longitude181.org

Les roses sont éternelles de Françoise Bourdon (Calmann-Lévy)

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pgf-ft300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

couv48150947Avec « Les roses sont éternelles » de Françoise Bourdon (Calmann-Lévy), ce n’est pas le premier ouvrage de terroir que je présente, tant j’apprécie ce style aux histoires généralement si proches du quotidien de tout un chacun.

Particularité de ce livre, il s’agit de quatre nouvelles : « Le temps des violettes », qui se déroule au tout début du XIXe siècle du côté du Mont Ventoux, là, où, différentes croyances et superstitions ont la vie dure : une rousse y est considérée comme une sorcière, par exemple. Il y a, également, « Les roses sont éternelles », une histoire qui se raconte sur un banc de pierre à l’ombre d’un vieux figuier, mais qui sont quelques mots d’une épitaphe sur la tombe d’une bien-aimée. Ensuite, avec « La douce violence des souvenirs », cette nouvelle s’étire de 1916 à 1919, et l’inévitable « maudite guerre » et ce constat terrifiant : « que de nombreux soldats avaient perdu la mémoire parce qu’ils avaient été confrontés à trop d’horreur… », enfin, « Les souliers de Madeleine », pour une bonne cinquantaine de pages à vous arracher les larmes du lecteur le plus endurci. Un récit qui a pour théâtre l’entre-deux-guerres avec pour point de départ « Alexandre et Madeleine qui ne s’étaient pas mariés, et Antoine, leur fils, qui n’avait pas été baptisé… »

Un Antoine devenu orphelin de père qui, à 9 ans, faisait l’école buissonnière en déclarant que l’école ne l’intéressait pas et qu’il voulait travailler en usine.

Cet ouvrage qui, donc, aborde le quotidien des gens avec son cortège de cruautés, de violences, de mesquineries et autres bassesses, se veut, néanmoins, un quadruple cri d’espérance. Un pour chaque nouvelle.

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Ardennes françaises mystérieuses (50/61) : ROCROI : Une belle étoile sur Terre (et RAUCOURT et FLABA)

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

« Rocroi est le genre de ville à visiter d’abord depuis la voie des airs avant d’en arpenter les rues qui sont autant de bras d’une belle étoile sur Terre », selon l’Office de Tourisme local.

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La Bataille de Rocroi par François-Joseph Heim (1787-1865), tableau exposé dans la Galerie des Batailles du Château de Versailles.

 

Trois illustres noms pour présenter Rocroi de manière « historique » : François Ier, Henri II et Vauban, qui ont participé à l’érection de cette place forte au même titre que vingt-cinq autres endroits supposés arrêter les armées ennemies.

Rocroi est aussi une cité connue pour la Bataille de 1643 et la victoire des Français sur l’envahisseur espagnol, grâce au duc d’Enghien, autrement appelé le Grand Condé.

C’est Louis XIII qui, en 1614, acheta ce « roc » qui devint tout logiquement « roc-roi ».

La place d’Armes, où se trouve un puits depuis 1555, est le centre de l’étoile d’où partent les rues menant aux remparts. À dire vrai, dix rues convergent vers le Grand-Puits installé au centre de la place, il est orné de mascarons en bronze à tête de lion.

Trois autres lieux sont proposés par le guide découverte « Les Ardennes » : le Musée de la Bataille, le Circuit de la Bataille et l’Atelier du figuriniste (fabricant de figurines) Denis Huré.

RAUCOURT ET FLABA (France) : Manger, ne pas être mangé !

 Moins de mille habitants et trois fermes fortifiées font partie du patrimoine de ce village qui souffrit beaucoup des bombardements de la Luftwaffe en mai 1940 : Ferme de la Malmaison qui porte les armes des de Mecquenem (le Nobiliaire universel de France regorge de de Mecquenem célèbres, surtout au XIXe siècle), la Ferme de Montgarni et la Ferme de l’Ennemane (petite rivière d’une dizaine de kilomètres, affluent de la Meuse.)

Le Portail du Canton de Raucourt précise au sujet des fermes fortifiées : « Depuis que l’homme est apparu sur la Terre, il n’a eu de cesse que d’en tirer sa subsistance et de se protéger contre un environnement hostile. L’expression « ferme fortifiée » contient cette double préoccupation humaine de tous les temps : manger et ne pas être mangé ! La ferme permet de se nourrir et si elle est fortifiée on peut s’y défendre : nos terroirs ardennais possèdent de nombreuses fermes isolées assez souvent fortifiées ou d’anciennes maisons fortes devenues des fermes. Ces « maisons fortes » montaient la garde aux passages-clés tant dans les vallées que sur les chemins des plateaux, mais pouvaient aussi n’être qu’une auto-défense villageoise ou seigneuriale.

Le plateau qui domine Raucourt et ses environs vers l’Ennemane ou, au sud-ouest, vers la Bar est justement caractérisé par un habitat dispersé qui avait besoin de se défendre contre les bandes armées qui infestaient nos campagnes au cours des guerres interminables, telles que la guerre de Cent ans ou les guerres de Religions. »

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J’apprends à tailler mes arbres

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J’apprends à tailler mes arbres
J’apprends à tailler mes arbres

Fruitiers, arbustes…

Une coupe trop violente fragilise la structure de l’arbre et peut provoquer des blessures irréparables. Alain Pontoppidan offre le compte-rendu de sa longue observation pour respecter la nature des arbres et leur prodiguer des tailles douces. Il explique les méthodes pour les éclaircir, les rajeunir, les simplifier, les guider… Puis il détaille chaque essence pour améliorer la productivité de 18 fruitiers (poiriers, pommiers, pruniers, etc.) et la floraison de 70 espèces ornementales (arbustes, plantes grimpantes, rosiers, conifères, etc.). Un ouvrage pratique, qui se lit comme un roman, pour des arbres et arbustes vivants.

 

Alain Pontoppidan est arboriste, technicien agricole et formateur. Il collabore régulièrement aux 4 Saisons du jardin bio et est déjà l’auteur de J’apprends à greffer mes arbres fruitiers.

 

Auteur : Alain Pontoppidan

Collection : Facile et Bio

Description : 96 pages ; (21 x 21 cm) .

ISBN : 978-2-36098-186-1

Date de parution : 20 janvier 2016

 

Le Prix Goldman contre l’exploitation minière au Pérou (rediffusion)

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© Goldman Environmental Prize

Il est parfois surnommé le Prix Nobel de l’Ecologie. Le Prix Goldman récompense chaque année des militants de l’environnement.Des hommes et des femmes engagés dans la défense de la nature.

Ils luttent contre la pollution, les déchets, la déforestation, l’exploitation minière ou les expulsions de peuples autochtones. Tous les ans, 6 lauréats répartis en six zones géographiques sont ainsi distingués. Cette année, le 27ème Prix Goldman récompense notamment la péruvienne Máxima Acuña Chaupe.

Qui sont Máxima Acuña Chaupe et sa communauté ?

© Goldman Environmental Prize
© Goldman Environmental Prize

« Máxima est une Péruvienne de l’Altiplano andin, de la région de Cajamarca, dans le nord du Pérou. Elle vit à 3000 mètres d’altitude avec sa communauté. Elle pratique une agriculture vivrière depuis 1994 avec son mari. Ses terres sont revendiquées depuis 2011 par le consortium de multinationales Yanacocha qui développe le mégaprojet minier Conga.

Les habitants de cette région sont de culture Quechua. Ils vivent de la terre et entretiennent avec elle un rapport très spirituel. La terre est une entité vivante, la terre mère, et est respectée comme telle. De nombreuses associations qui défendent la terre contre le projet Conga, ont pris comme slogan « défendre la terre et tous ceux qui nous donnent la vie, particulièrement l’eau ». Un des slogans fort est « Oui à l’eau, Non à l’or ». »

Depuis 2011, Maxima s’oppose aux entreprises d’extraction d’or. Sa lutte et la mobilisation des communautés locales sont un symbole fort de la résistance à l’extractivisme. Pourquoi cette mobilisation ? Quel est l’enjeu ?

« Máxima, avec d’autres membres de sa famille et de sa communauté, tente d’empêcher l’installation de l’entreprise Yanacocha, sur ces terres, pour ce qui serait l’une des plus grandes mines à ciel ouvert d’Amérique latine. Le projet nécessiterait de vider cinq lagunes, soit pour récupérer l’or qui est en dessous, soit pour y déverser quotidiennement 90.000 tonnes de déchets miniers accompagnés de substances toxiques pendant 17 ans. La technique utilisée nécessiterait le déversement massif de cyanure dans la nature et utiliserait 11 millions de mètres cubes d’eau chaque année. On se rend compte que le projet menace de détruire le complexe hydrique local, qui canalise les infiltrations d’eau de pluie tout en alimentant les champs et les villages de la région. C’est tout un mode de vie ancestral qui est menacé et tout un équilibre que ces communautés maintiennent de puis très longtemps.

La mobilisation est tenace et massive. Il y a des rondes paysannes qui se sont montées pour assurer une présence permanente sur les sites menacés, pour surveiller que le projet ne démarre pas. Dès la fin 2011, des milliers de personnes ont campés à plus de 4000 mètres d’altitude au plus près des sites et des lacs menacés pour les protéger. Plusieurs grèves générales ont paralysé toute la région de Cajamarca. Des conflits locaux ont également éclatés. L’entreprise applique le « diviser pour mieux régner ». Elle va offrir de l’argent à certains membres de la communauté et pas à d’autres pour susciter des jalousies. Elle promet des emplois  en échange du soutien inconditionnel au projet. Cela brise des familles, des solidarités entre voisins. Ce sont toutes sortes de pratiques qui s’apparentent au chantage et à la corruption, et visent à briser la solidarité et le sentiment d’appartenance à la communauté. »

© Goldman Environmental Prize
© Goldman Environmental Prize

Une lutte environnementale, une lutte humaine, qui peut parfois être violente, au prix de la vie de certains militants.

« Cette mobilisation a déjà couté la vie à cinq personnes, suite à la déclaration d’état d’urgence dans la région en 2012. C’était des leaders paysans victimes de la répression violente qui s’abat sur toute forme de contestation du projet. 110 opposants dont des élus locaux sont poursuivis en justice. Il y a une criminalisation de la protestation. Il y a aussi une forte collusion entre l’entreprise et le gouvernement. Les lagunes visées par le projet sont gardés par des policiers mis à disposition par l’état et directement rémunérés par l’entreprise. Ces moyens considérables visent à empêcher toutes mobilisations qui sont désastreuses pour l’entreprise et pour l’image du gouvernement péruvien. Le président avait pourtant fait campagne en 2011 sur le fait qu’il défendrait l’eau plutôt que l’or dans ce genre de conflits environnementaux. C’est une ironie de très mauvais goût.

La répression est particulièrement visible dans le cas de Máxima. L’entreprise a vraiment eu recours à tous les moyens pour l’expulser de ses terres. On lui a volé son bétail, elle a été menacée de mort, on lui a incendié ses biens, torturé ses animaux. Elle a été frappée avec sa fille par des policiers. Elle ne peut plus se déplacer librement ni vendre ses produits agricoles sur le marché, ce qui pose énormément de problèmes financiers à sa famille. »

France Libertés est très en pointe dans le soutien à cette lutte.

« France Libertés soutient la lutte contre le projet Conga depuis plus de 5 ans et avait organisé plusieurs actions pour donner la parole à ces résistants péruviens et mettre en lumière les enjeux de leur combat. En septembre 2013, à Genève, nous avions ainsi organisé un side-event à l’occasion la réunion du 24e Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Milton Sanchez, président de la plateforme interinstitutionnelle de Celendín au Pérou (qui regroupe toutes les associations locales qui luttent contre le projet Conga), avait pu présenter l’impact humain du projet minier Conga à Cajamarca et dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux. En mai 2014, c’est Máxima Acuña Chaupe qui prenait la parole dans une conférence de presse dans les locaux de France Libertés. Et en février 2014 et mars 2015, plusieurs déclarations de France Libertés aux Nations Unies sont venues appuyer les revendications des communautés de Cajamarca. »

Que peut apporter le Prix Goldman pour Máxima et les siens ?

« C’est très positif puisqu’il va donner de la visibilité à cette lutte et aux violences que subit Máxima au quotidien. Mais l’obtention d’un prix, malgré la notoriété qu’il apporte, ne suffit pas à protéger un défenseur des droits de l’homme et de l’environnement comme elle, étant donné les menaces qui pèsent sur elle et sur ses proches.  L’exemple de Berta Caceres, titulaire du prix Goldman en 2015 est frappant. C’était une leader indigène du Honduras qui a été assassinée au mois de mars 2016 suite à sa lutte contre des projets de barrages hydroélectriques. Même si un prix donne davantage de visibilité à une personne, elle ne la protège pas contre la répression et les assassinats. Mais on espère que cela ne se passera pas comme çà pour Máxima. Il faut rester vigilant et ne pas prendre çà pour acquis. » 

Berta Caceres, Prix Goldman 2015, assassinée en mars 2016 © Goldman Environmental Prize
Berta Caceres, Prix Goldman 2015, assassinée en mars 2016 © Goldman Environmental Prize

Et le prix Goldman, c’est aussi 125000 dollars pour le lauréat et sa communauté pour les aider à poursuivre le combat et la mobilisation pour leur région.

Pour aller plus loin :

 

Ardennes françaises mystérieuses (49/61) : RIMOGNE : Le fantôme et la poule

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

« À moins d’une vingtaine de kilomètres de Charleville-Mézières, une croix aurait été dressée dans le champ d’un fermier de Rimogne qui aurait tué sa femme, disait-on. Il l’avait rencontrée sous la forme d’un fantôme tout blanc et elle était accompagnée d’une poule noire qui, on le devine, était le diable ! »

Inutile de préciser que pareille « info » méritait d’en connaître davantage sur cette histoire, disons, « bizarre »…

Alors, parmi les multiples légendes ardennaises, j’ai trouvé celle de la « Femme de Maître Pierre  de Rimogne », que je vous livre de manière succincte :

« Maître Pierre devenait âgé et ses jours et nuits lui paraissaient de plus en plus longs. Alors, il décida de prendre femme et il se choisit une très belle jeune femme blonde aux yeux bleus et à la démarche quelque peu chaloupée. Bien sûr, dans la région, on la disait un peu sorcière à ses heures perdues. Médisance ? Rumeur ? Jalousie ? Fond de vérité ?

Rimogne1ft300Maître Pierre fit table rase de ces suspicions, épousa la jolie femme et ils vécurent quelques mois sous le signe du bonheur… jusqu’au jour où apparut une grosse poule noire dans leur maison. Et puis, une nuit, Maître Pierre constata que son épouse avait quitté le lit conjugal. Il se mit à la chercher dans la maison, puis à l’extérieur. Là, il crut l’apercevoir dans les bras d’un autre. Il s’arma d’un bâton et frappa… dans le vide. Un peu en retrait, la poule noire le regardait…

Il retourna dans sa couche et y trouva son épouse qui l’assura n’avoir pas découché !

Et, ce même phénomène étrange recommença. Alors, au lieu de se munir d’un bâton, Maître Pierre prit de l’eau bénite et en aspergea les deux silhouettes enlacées. Un énorme cri retentit aussitôt ! La poule noire resta seule… Maître Pierre la tua à coups de couteau.

Le lendemain matin, des voisins trouvèrent le cadavre de la jolie blonde aux yeux bleus, son époux, Maître Pierre, avait disparu et on ne le revit plus jamais. Les voisins élevèrent une croix pour marquer l’endroit du drame… »

Que l’on parle de fantôme dans cette légende, il n’est pas vain de rappeler certains propos à leur encontre, comme je l’ai déjà fait dans plusieurs de mes ouvrages.

L’Église mal à l’aise

« Les histoires de fantômes hant(ai)ent fortement l’esprit de nombreuses personnes depuis l’Antiquité, les Romains évoquant déjà des lémures, ou âmes des morts. Cette croyance, universelle, de morts revenant hanter le monde des vivants, met mal à l’aise l’Église qui, d’un côté, affirme l’immortalité de l’âme et, d’un autre côté, soutient la thèse d’apparitions « surnaturelles », tout en réfutant catégoriquement les affaires de revenants.

La littérature (plus spécifiquement ésotérique) tente de cerner ce phénomène d’apparitions étranges, dont, par exemple, l’Écosse raffole, ce pays étant même considéré comme une terre d’élection de fantômes.

Il y est question de silhouettes « moins précises que les revenants », de poltergeist (déplacements d’objets, flammes qui foncent vers une personne, sonnettes qui s’agitent, bruits de chaînes, bris de vaisselle…), de maisons hantées… À Champigny-sur-Marne, Sacha Guitry lui-même, aurait constaté, une nuit, que le château qui avait appartenu à Sarah Bernhardt était hanté : des pas retentissaient dans l’escalier d’honneur en deux temps. D’abord, celui, léger, d’un pied féminin, ensuite, le martèlement, sec, d’une jambe de bois. Or, Sarah Bernard avait été amputée d’un membre inférieur dans sa vieillesse…

Dans le cadre de mes activités journalistiques, j’ai couvert deux événements du type poltergeist, à Arc-Wattripont et en région carolorégienne. Les témoignages au sujet de « forces occultes » étaient impressionnants : déplacements de meubles, dégâts inexpliqués et troublants à l’intérieur des logis, bris de vitres, une personne prétendit même être en présence du démon, lorsque les objets semblèrent uniquement se diriger vers elle…

 

Une explication, plausible, à ces phénomènes dits paranormaux, vient d’un ecclésiastique (on sait que l’Église a ses propres prêtres spécialisés en exorcisme, donc que le phénomène n’est pas nié), Monseigneur Bencon (cité par Hemmert et Roudene, voir bibliographie) : « Qu’un drame se produise dans une certaine chambre, cela signifie qu’une tempête émotionnelle extraordinairement intense s’est déchaînée là, où deux personnes étaient enfermées : l’assassin et la victime… Alors, ne peut-on supposer qu’au moment du drame les murs mêmes, le parquet, le plafond, les tentures et les meubles puissent absorber (égrégore) quelque chose d’analogue à une impression d’horreur, susceptible de persister ? Eh bien, supposons qu’après un certain temps une personne extrêmement sensible vienne dormir dans la chambre en question… Il lui arrivera de se réveiller en sursaut ; elle entendra les cris de la victime, se sentira envahie de frissons mortels et sentira même le contact de mains inexistantes. »

 

D’autres spécialistes font état « d’hallucinations provoquées par un fluide adhérent aux objets matériels », « d’hypothèse psychométrique »…

Mais, alors, qu’en est-il lors de visions collectives ? Domaine du rêve et du folklore ? Domaine d’une froide réalité ?

Il n’est, effectivement, pas toujours possible de parler d’illusion pure, d’erreur, d’autosuggestion, de phénomène de hantise…, et, ce n’est pas sans raison que les autorités universitaires demandèrent au professeur Jean Dierkens, docteur en médecine, psychiatre, spécialiste du paranormal, de prendre en charge l’étude de ces phénomènes à l’Université de Mons-Hainaut-ULB, et qui me dit : « Je pense que l’univers est beaucoup plus riche que ce que la science académique nous en dit. »

 

Le retour du fantôme

 

Les fantômes, les spectres, viennent-ils de l’au-delà ? Sont-ils sur le point de s’y rendre ? Sont-ce des ombres du passé ? Je laisse aux spécialistes le soin de répondre, tout en constatant que, déjà, au temps de Job (Livre de Job, IV, 14-16, de la Bible) il en était spécifiquement question : « La peur me saisit, et un tremblement secoua tous mes os. Alors qu’un esprit passait devant ma figure, les poils de ma chair se hérissèrent. Il demeura immobile, mais je ne pus discerner sa forme. »

Mais, il existait une autre version de cette histoire de Rimogne contée en début de ce chapitre…

Ainsi, une femme du nom de Potentille aurait épousé un briquetier. Ils eurent trois beaux enfants, racontait-on.

Malheureusement, ceux-ci et leur père furent tués par un voyou, Potentille échappant au massacre.

Alors, elle se réfugia chez le seigneur de Montcornet. Il l’installa dans une bâtisse près de l’étang d’Oby. Elle allait souvent pleurer devant un monument de pierre qui avait été dressé en mémoire des victimes du tueur. Il se dit, encore, que son fantôme y revenait parfois…

 

Aux amoureux d’art sacré, je recommande le très intéressant blog et le livre (« Églises des Ardennes, histoires et anecdotes des édifices religieux ardennais » paru aux Éditions Jacques Flament) de Raphaël Huertas (« Un Parisien devenu un Ardennais de cœur… ») consacrés au sacré ardennais. Parmi une multitude de renseignements, j’ai trouvé cette anecdote au sujet de l’église de Rimogne : « Rimogne comptait plusieurs châteaux. L’un d’eux fut vendu pour payer la rançon de François Ier après la défaite de Pavie. »

 Rire la bouche pleine

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L’ardoise, matière noble pour des édifices sacrés, publics…

 

Rimogne est l’un des plus anciens villages ardennais, l’ardoise y était extraite par les moines dès le XIIe siècle et sainte Barbe y est encore vénérée (à l’église Saint-Brice – XIXe siècle – entre autres), alors qu’au carreau Saint-Quentin une plaque rappelle le sacrifice de nombreux ardoisiers morts lors des deux guerres mondiales, que de nombreuses friches industrielles peuvent encore se voir dans cette cité qui abrite, tout naturellement, la « Maison de l’Ardoise » (outils, photos, chevalement – charpente supportant un dispositif d’extraction -, puits, statues…).

Mais, d’où provient de nom de « Rimogne » ? Une légende – encore une ! – prétend que deux ouvriers ardoisiers étaient occupés à manger, l’un étant un « étranger » au village, qui, un midi, se moqua ouvertement de son collègue mangeant la bouche pleine tout en rigolant : « Il ri et mougne… » (« Il rit et mange »), mais Rimogne a vécu sous d’autres noms : Rimonium, Rimoigne, Rumogne…

 

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De la Cop21 à la Cop22 : des intentions à l’action

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© Cop22

La 22ème conférence des parties de l’ONU sur les changements climatiques, la Cop22, s’ouvre cette semaine à Marrakech. Du 7 au 18 novembre, la conférence ouvre une nouvelle page des négociations climatiques internationales entamées l’an dernier à Paris. L’accord de Paris est d’ailleurs entré officiellement en vigueur le vendredi 4 novembre.

Il fallait que 55 pays représentant 55% des émissions de gaz à effet de serre ratifient le texte signé lors de la Cop21 pour que l’accord soit actif. Au final, le 4 novembre, sur les 193 pays signataires l’an dernier, 97 pays représentant 69,21% des émissions ont ratifié l’accord. Un succès rapide, mais qui ne veut pas dire pour autant que tout est gagné. Loin de là. C’est au tour de la Cop22 de préciser maintenant « les règles de mise en œuvre de l’accord de Paris et de se mettre d’accord sur la date de finalisation de ces règles communes », comme le précise Laurence Tubiana, l’ambassadrice chargée des négociations sur le changement climatique pour la France. Un point d’étape de l’accord climat était initialement fixé à 2020. Mais puisque les ratifications sont intervenues plus vite qu’espéré, de nombreux Etats demandent à ce que ce point d’étape soit avancé à 2018.

D’autant que depuis un an, l’urgence climatique s’est accélérée encore un peu plus. En 2016, la hausse des températures a été continue. La planète devrait battre cette année son troisième record consécutif de chaleur. L’ancien président du Giec, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, Robert Watson, souligne d’ailleurs que le réchauffement se produit beaucoup plus vite que prévu. La Cop22 va donc devoir passer du constat à l’action avec des objectifs et des moyens chiffrés. Chaque pays engagé dans ce processus de réduction des émissions de gaz à effet de serre va donc devoir montrer sa détermination par des actes forts. Encore faut-il que les engagements pris par les gouvernements en place ne soient pas dénoncés au gré des changements de majorité. Il va falloir scruter ce qui se joue en ce moment aux Etats-Unis. La nouvelle administration américaine devra assumer les choix volontaires de Barak Obama en matière de protection de la planète, et aller plus loin. Il y a de la marge.

En France, les élections de mai 2017 laissent planer également un sérieux doute sur l’engagement de Paris. Les déclarations de certains candidats de la primaire de la droite peuvent inquiéter. Et puis certains dossiers en cours ne sont guère en accord avec l’accord de Paris. Le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par exemple, dont plusieurs recours sont en train d’être étudiés par la justice, paraît hors du temps en regard des engagements climatiques français. Le nombre de passagers aériens au niveau mondial pourrait doubler d’ici 2030, passant d’un peu plus de 3 milliards aujourd’hui à 6 milliards dans moins de 15 ans. Un casse-tête. La dernière étude publiée par la revue américaine Science est frappante. Selon les chercheurs, une tonne de CO2 émise fait disparaître plusieurs mètres carrés de glace dans l’Arctique. Une tonne de CO2, c’est de ce que représente, par passager, un vol entre Paris et New York. C’est également 4000 kilomètres en voiture. Notre-Dame-des-Landes pose également le problème de l’impact sur les zones humides et sur l’équilibre écologique de la région. Mais entre contraintes environnementales et respect des engagements internationaux d’une part, et intérêts politiques et économiques de l’autre, il semble que nos gouvernants aient tranché. Les échéances électorales y sont peut-être pour quelque chose.

Parions sur les mobilisations et initiatives citoyennes, localement et dans les urnes, pour orienter durablement les choix de société.

 

Pour aller plus loin :

  • La Cop22
  • Les enjeux de la Cop22
  • L’Accord de Paris

 

L’Honorable Monsieur Gendre, Jean-Paul Malaval (Les Presses de la Cité)

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pgf-ft300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Dès les premières pages de « L’Honorable Monsieur Gendre » de Jean-Paul Malaval publié aux Presses de la Cité, le lecteur est aux prises avec un suspense entretenu à petites doses, que l’on devine choisies, et qui le tiendra en haleine jusqu’au terme de cet ouvrage poignant de plus de 400 pages : « Elles ignoraient tout de l’autre visage d’Antoine Straub, de ses activités clandestines, et ne pouvaient imaginer une seule seconde le risque qu’il leur faisait courir. »

1540-1Elles, ce sont Élisabeth et Claire, l’épouse et la fille d’Antoine. Les trois pleurent Raphaël annoncé mort devant Gravelines, le 23 mai 1940. Élisabeth espère toujours le retour de son fils, dont le corps ne leur pas encore été rendu…

Sans dévoiler la trame de cette histoire, bien sûr, sachez que dans la cité d’Amiens ravagée par les bombes ennemies et où retentissent les ordres et pas martiaux des nazis, peuvent se tisser des liens inattendus et dangereux, qui, alors, entraînent le lecteur dans une fiction qui, dans le fond, peut bien s’apparenter à une certaine réalité.

Celle, exemple parmi d’autres, avec Paulus, le frère d’Antoine Straub, qui clame à tous vents, insigne nazi à la boutonnière, son admiration pour Hitler et ses acolytes de Vichy : « On a débarrassé la race de tous ses parasites, les Juifs, les Tziganes, les pédérastes, les francs-maçons, les rouges, les débiles mentaux et asociaux, bref, tous les déchets de la société ! C’est une grande œuvre pour l’Europe nouvelle. » Et, d’obliger son fils Alexandre de rejoindre les rangs nazis…

Le récit prend encore des tournures vraiment étonnantes, quand on lit cette réflexion : « Pourquoi faut-il que le mensonge soit plus fort que la vérité ? » Parce que la vérité est destructrice, elle exige tant de remises en question, de reniements et, à la longue, le mensonge dévore de l’intérieur…, explique l’auteur, qui écrit aussi : « Les hommes ne sont que des pions, que l’on peut promener sur le grand échiquier des affaires, au gré des circonstances. »

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