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Ardennes françaises mystérieuses (52-2/61) : Saint-Menges : Un intérêt majeur du Patrimoine

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

Saint-Menges est un village situé au nord de Sedan et à sa mairie on m’a directement évoqué l’église qui se trouve juste en face du bâtiment civil officiel :

« L’église Saint-Memmie constitue un élément important du patrimoine sedanais, tout en incarnant la conjugaison de différents types d’architecture, communion des cultures ardennaises et champenoises, union du schiste et de la pierre calcaire.

Un monument à faire connaître et à respecter, toujours empreint du souvenir des terribles Guerres de Religion, témoins des vicissitudes d’un passé foisonnant… »

 

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L’église Saint-Memmie.

 

Saint Memmie ou saint Menge (s)

 

Romain de naissance, il fut envoyé en Gaule et il prêcha l’évangile. Il devint le premier évêque de Châlons en Champagne et premier évangélisateur de la région.

D’abord repoussé par la population, il se retira dans les bois, attendit, pria, travailla… ressuscita le fils du gouverneur qui s’était noyé.

D’autres miracles émurent les habitants : l’heure de l’évangélisation avait donc sonné !

Memmie est mort à la fin du IIIe siècle.

Depuis 1318, ses reliques sont contenues avec celles de sa sœur, sainte Pome, dans une châsse.

 

Prison ou Palais ducal

 

Au XVIe siècle, Saint-Menges, situé aux portes de la principauté souveraine de Sedan, protestante, fut la cible de bandits, on craignait des heurts entre catholiques et calvinistes, des incursions de mercenaires allemands…

L’église a été fortifiée, ainsi que le mur d’enceinte du cimetière, comme celui de Douzy, de Floing, d’Illy…

Alors, le mur pignon de l’édifice religieux fut soutenu du côté nord par un fortin, percé de petites canonnières, le tout nommé « Prison » ou « Palais ducal ».

La tour carrée contient un escalier en colimaçon fabriqué de vieux chênes datant du XIVe au XVe siècle.

Cet endroit servit de mairie, Saint-Menges fut « débaptisé » à la Révolution et s’appela « Union » et l’église transformée en « temple de la déesse Raison ».

 

Sur le linteau du grand portail, une inscription fut peinte : « La Convention reconnaît l’existence d’un Être suprême et l’immortalité de l’Âme ».

Au XIXe siècle, l’église fut restaurée, mais, durant la guerre 1914-1918, une infirmerie allemande y fut installée, les cloches volées par l’occupant, les vitraux détruits lors de la Seconde Guerre mondiale…

 

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Prison ou Palais ducal.

 

 

Aujourd’hui, on remarque le chœur gothique du XIIIe siècle et sa piscine liturgique, des colonnettes à crochets, un reliquaire contenant des ossements sacrés de saint Memmie, des fonts baptismaux en marbre rouge du XVIIIe siècle, des dalles tumulaires…

 

La Maison forte

 

À quelques mètres de la frontière belge, en traversant la Forêt de Sedan, une maison fortement détériorée où flotte un drapeau tricolore français attire l’attention. Il est même demandé au passant de se souvenir…

De se souvenir de l’offensive allemande du 10 mai 1940, que les Allemands entrèrent dans Bouillon le 11 mai, foncèrent vers la Meuse à l’Ouest avec pour but : atteindre Dunkerque au plus vite.

Quelques maisons avaient été construites tardivement à la veille des hostilités, le long de la frontière, et elles n’étaient fortes que de nom. Bien sûr, elles ne purent que retarder brièvement l’avancée inexorable du torrent humain et mécanique nazi.

 

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« Ici, le 12 mai 1940, sont tombés glorieusement au combat, pour la défense de tes libertés : le lieutenant Boulenger, le brigadier Collette, le pointeur Guilbert, les canonniers Bellenou et Le Gleut. »

Ici, sur le territoire de Saint-Menges, le 12 mai 1940, le lieutenant Boulanger et ses quatre hommes ouvrirent le feu sur les premiers chars ennemis au débouché de la forêt.

À vrai dire, ils firent le sacrifice de leur vie en résistant jusqu’au bout pour la liberté, pour notre démocratie. Il faut, effectivement, s’en souvenir avec respect.

Militaire ou pacifiste ?

 À Floing, un village situé entre Saint-Menges et Sedan, le monument du Général Margueritte attire surtout l’attention par sa dédicace :

« La famille du général Margueritte, qui porte le nom d’une commune des environs de Nîmes, est originaire du Gard, mais les hasards de la vie l’ont fait naître dans le département de la Meuse en 1823.

Brillant officier de cavalerie, il prend part à la campagne du Mexique en 1867 avant de prendre le commandement du 1er Régiment de Chasseurs d’Afrique en Algérie.

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Le général Margueritte.

 Rappelé en France comme général de brigade, il est nommé général de division le 29 août 1870 pour prendre la tête de la 2ème Division de réserve de cavalerie formée en toute hâte de quatre régiments d’élite et de deux batteries d’artillerie.

C’est au moment où la cavalerie va s’élancer contre l’infanterie ennemie qu’il est mortellement blessé, au début de l’après-midi du 1er septembre. Transporté en Belgique, il meurt à Beauraing le 6 septembre.

 

Cette belle statue pleine d’ardeur tragique, rendue à la France par l’Algérie en 1968, a été transportée de Kouba à Floing pour être placée au cœur même de la commune : elle est celle d’un chef exemplaire qui, avec ses cavaliers, se sacrifie pour que l’honneur soit sauf alors qu’il savait la situation sans espoir.

 

Quelques-unes de ses plus belles paroles ont été : « Je crois que ma véritable vocation n’est pas d’être soldat. Je n’aime pas la guerre. J’en ressens l’entraînement quand je suis soumis à son action, mais de sang-froid j’en ai horreur : bâtir, planter, cultiver la terre, faire des travaux d’utilité, voila ce qui me convient, et c’est à cela que j’ai trouvé satisfaction dans ma carrière. Signé : Général Margueritte. »

 

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Biopiraterie : Coca-cola dans le viseur de France Libertés

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© Keystone, Florian Kopp

Privatiser le vivant et les savoirs traditionnels pour en tirer profit ! C’est la Biopiraterie, la nouvelle arme des multinationales dont on prend conscience depuis quelques années.

Cette biopiraterie, en exploitant les ressources naturelles et en s’appropriant les connaissances des peuples autochtones, menace la diversité culturelle et biologique de certaines régions.

France Libertés s’est engagée depuis 2007 dans des actions visant à mieux connaitre ces appropriations du vivant pour mieux les combattre. La Fondation vient d’ailleurs de mettre sur pied une campagne de pétition en ligne, pour demander à l’entreprise Coca-Cola de cesser ses pratiques de biopiraterie et de respecter les droits des peuples Guaranis.

Qu’est-ce que la biopiraterie ?

« On parle de biopiraterie lorsque des entreprises, ou des instituts de recherche, s’approprient de façon illégitime des savoirs traditionnels des peuples autochtones. Ces savoirs concernent l’usage de ressources génétiques. C’est illégitime car il n’y a pas eu de consentement de la part de ces peuples et pas de partage des bénéfices liés à la valorisation de ces ressources génétiques. Il s’agit de créer du profit à partir de ressources naturelles librement disponibles, en copiant des savoirs ancestraux qui peuvent concerner la médecine, la cuisine ou la cosmétique, par exemple.

Cette biopiraterie se déroule en plusieurs temps. D’abord des chercheurs observent les peuples autochtones dans leur environnement pour connaitre l’utilisation qu’ils font de la biodiversité. Ils prélèvent ensuite des plantes. Ils isolent le principe actif de la plante qui les intéresse, comme par exemple une propriété cicatrisante ou insecticide, des propriétés qui sont connues depuis des générations. Pour pouvoir faire reconnaitre et protéger leur innovation, les chercheurs demandent alors un droit de propriété intellectuelle en déposant un brevet. »

Cette biopiraterie a donc des effets sur les peuples autochtones qui se voient dépossédés d’une partie de leur patrimoine.

« Ce brevet peut-être racheté par une multinationale qui en retirera des revenus conséquents en produisant des produits intégrant le savoir traditionnel. Pourtant, pour pouvoir déposer un brevet, on doit respecter certains critères dont la notion de nouveauté et d’inventivité. Or, si ce sont des brevets qui concernent des savoirs qui existent depuis des siècles, il n’y a aucune nouveauté ni inventivité. C’est difficile pour les peuples autochtones de faire reconnaitre leur savoir, car souvent, cela s’est transmis par voie orale et il n’y a pas de preuve écrite sur l’existence antérieure du savoir par rapport au brevet. »

La biopiraterie nous concerne directement dans nos achats quotidiens. Exemple avec une plante, la stevia que Coca-Cola s’est appropriée pour ses produits allégés en sucre, mais qui utilisent des édulcorants dérivés de la stevia.

© France Libertés
© France Libertés

« La stevia est devenu le produit phare du XXIème siècle en raison de ses propriétés sucrantes, mais quasi acaloriques. Les vertus de cette plante sont connues depuis longtemps par les Guarani, un peuple de la forêt amazonienne du Paraguay et du Brésil. Les Guarani ont toujours utilisé cette plante pour sucrer leur boisson. Dernièrement, on a vu arriver sur le marché de nombreux produits à bas de stevia, dont le nouveau Coca-Cola Life. Or les Guarani n’ont jamais permis l’accès à leur savoir ni reçu une quelconque forme de partage des bénéfices. »

Quels sont les dommages collatéraux de ces appropriations sur la vie traditionnelles des peuples autochtones et sur leur survie ?

« Les peuples autochtones vivent de façon très vertueuse au sein de leur écosystème. Cela passe par leur savoir traditionnel sur l’environnement qui les entoure. C’est important de leur reconnaitre cette capacité qui fait défaut aux sociétés occidentales. Leur façon de vivre limite l’exploitation démesurée des ressources naturelles et l’érosion de la biodiversité. La biopiraterie pose donc un souci éthique. Mais il y a aussi une négation des connaissances traditionnelles et du travail ancestral de ces peuples.

Il y a aussi un problème juridique. Une entreprise qui possède un brevet, possède un monopole sur la propriété d’une plante. Elle peut donc rendre illégale l’utilisation des pratiques traditionnelles des peuples. Elle peut aussi demander des royalties aux peuples. Cela a déjà été le cas. Et dès qu’il y a brevet et commercialisation d’une plante, le prix de cette plante augmente. Cette inflation rend donc l’accès aux ressources génétiques difficile pour les peuples autochtones. »

Et la campagne « Coca-cola, cessez de voler les savoirs traditionnels des Guaranis » est en ligne sur le site de France libertés… Pour protéger la stevia et contre la biopiraterie.

Pour aller plus loin :

 

 

Ailerons de requins : le massacre continue !

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Des photos  prises le 9 Novembre quelque part au Moyen –Orient. Des ailerons de requin baleine gisant sur les quais d’un port. La pratique du finning , les exportations et le commerce international  continuent  en direction du marché asiatique. Ecoutez le témoignage recueilli.  Nous sommes dans la réalité. Pas dans un film. Le trafic  organisé continue. Qu’allez-vous faire ?

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Ardennes françaises mystérieuses (51 et 52/61) : RUMIGNY : Village de savants et SAINT-AIGNAN : Druidesses et fées

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

Outre l’église Saint-Sulpice (monument historique) située sur une motte et possédant des fonts baptismaux datant du XIIe siècle, Rumigny est connu pour sa demeure fortifiée moyenâgeuse « Cour des Prés » qui accueillit, au XIXe siècle, le savant Édouard Piette, l’un des principaux fondateurs de l’archéologie préhistorique. Rumigny vit aussi, en 1713, la naissance de l’astronome Nicolas de La Caille, celui qui, en 1752, fut le premier à mesurer la distance entre la Terre et la Lune.

 

Édouard Pierre est né en 1827 à Aubigny-les-Pottées, également dans les Ardennes, et est décédé à Rumigny quelque quatre-vingts ans plus tard et une vie bien chargée ! Jugez-en.

Avocat puis juge de paix dans le Nord, dans le Gers, à Angers, son temps libre était consacré à la géologie, une passion qui le mena à l’archéologie préhistorique, à l’Antiquité : fossiles, nécropoles gauloises et mérovingiennes, grottes, pierres gallo-romaines, sculptures, statuettes, tumulus…

Grâce à sa méthodologie scientifique et à son refus de vendre ses découvertes, il se composa une importante collection disposée dans une aile du château de la Cour des Prés, acquis par son grand-père.

En 1902, le Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye hérita de ce trésor fabuleux, dont le célèbre « Dame de Brassempouy », « Dame à la Capuche », en stéatite datant de 21 000 avant Jésus-Christ.

Quant à Nicolas de La Caille (1713-1762), après des études à Mantes, Paris…, il fut nommé maître ès arts, ensuite bachelier en théologie, devint élève de l’astronome Cassini, puis professeur de mathématiques, entra à l’Académie des Sciences…

Il mesura, observa, construisit (un observatoire astronomique en Afrique du sud, par exemple), fit des relevés multiples, nomma des constellations et des corps célestes (étoiles, astéroïdes, cratère lunaire…)…

Un télescope de l’île de la Réunion et une rue de Paris portent son nom.

 

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Nicolas de La Caille.

 

Saint-Aignan est situé à une dizaine de kilomètres de Sedan et il s’y racontait des histoires assez édifiantes. Jugez-en.

Le « Bois de la Cucue » était connu pour être une carrière de pierres utilisées pour la construction des maisons, des ponts, des églises… et elle aurait été occupée par d’anciennes druidesses devenues des fées.

Cette carrière était composée de failles assez profondes. Elles communiquaient avec des salles d’où s’échappaient les vapeurs et odeurs des repas préparés par les fées, disait-on.

Deux autres anecdotes étaient racontées à Saint-Aignan et dans ses environs. La première : à la « Queue de Cheveuge », un souterrain passait sous la forêt. Son entrée était située dans les ruines du château et le châtelain y aurait été enterré vivant. La deuxième : alors qu’un sort avait été jeté sur tout le bétail du village, les vaches moururent le même jour et furent également enterrées en cet endroit.

 

Ces anecdotes ont-elles un rapport quelconque avec le fait que le Canal des Ardennes (près de 90 km de Vieux-lès-Asfeld à Dom-le-Mesnil) emprunte un raccourci à Saint-Aignan à travers un… tunnel ?

À voir : oratoire et vestiges d’un château, le lavoir « christianisé » et l’église étant inscrits aux Monuments historiques.

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Les 30 ans de France Libertés célèbrent les résistances

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© France Libertés

France Libertés a 30 ans. 30 ans d’actions et de combat contre les souffrances des hommes et pour le droit des peuples. Un combat initié dès 1986 par Danielle Mitterrand qui aspire alors à organiser l’alternative pour un monde plus juste et plus humaniste.

Pour marquer cet anniversaire, la Fondation Danielle Mitterrand organise le jeudi 24 novembre une grande soirée pour célébrer toutes les résistances, et décernera deux prix à deux porteurs des valeurs défendues depuis 30 ans.

Les motifs d’engagements qui étaient ceux de Danielle Mitterrand en 1986 sont toujours d’actualité. Ses indignations seraient les mêmes aujourd’hui.

« La Fondation a 30 ans, mais le combat de Danielle Mitterrand sur les résistances date de beaucoup plus longtemps. Elle avait fondé son ambition au moment où elle était avec ses parents dans la résistance au nazisme, quand la France était privée de liberté. Elle a toujours eu un regard de résistante et d’attachement aux personnes qui étaient dans une injustice. Avant la fondation elle avait créé plusieurs associations.

Le travail sur les résistances en 1986 se faisait plutôt sur les droits et libertés des peuples. C’était la fin de l’apartheid, les liens à reconstruire pour la France avec le Dalaï Lama, avec les Sahraoui au Maroc. Au fil du temps, ses résistances se sont plutôt portées sur les droits humains fondamentaux avec la question du droit à l’eau. Et puis il y a également la sauvegarde des peuples autochtones et de leurs modes de vie. »

Film hommage à Danielle Mitterrand réalisé à l’occasion du 25ème anniversaire de France Libertés

Depuis 1986, le monde s’est transformé. Entre la montée des nationalismes, ou les urgences environnementales, elle se serait accaparé ces combats.

« Danielle gardait toujours cette volonté d’éclairer les injustices fondamentales des peuples. On a beaucoup travaillé à l’époque sur le Chili, la Bolivie, ou le Brésil. Plus récemment, il y a eu le peuple Juma en Indonésie. Aujourd’hui, on est dans la volonté d’éclairer toutes les résistances, qu’elles soient liées à des résistances directes comme au Kurdistan. Il y a les résistances vis-à-vis de Daech, et vis-à-vis du terrorisme. Et il y a celles contre le modèle économique omnipotent qui écarte trop souvent les femmes, les enfants et les hommes des réalités qu’il impose. C’est quelque chose de global qui mérite une attention particulière pour imaginer, demain, un monde plus humaniste et plus juste. »

Le jeudi 24 novembre, France Libertés célèbre cet anniversaire. Deux porteurs des combats de la Fondation seront à l’honneur : le collectif Alternatiba et l’écologiste indienne Vandana Shiva.

« La volonté dans cette remise des prix c’est d’éclairer des acteurs avec qui on ne travaille pas forcément, mais qui portent des sujets pour lesquels Danielle Mitterrand s’est toujours sentie investit. Pour le prix « collectif », on a choisi le collectif Alternatiba qui porte depuis plusieurs années la volonté d’expliquer l’ensemble des alternatives qui existent sur la planète pour lutter contre le changement climatique. Pour le prix spécial Danielle Mitterrand, on a choisi Vandana Shiva, qui est une militante indienne qui travaille sur la protection des semences. Son but est que les populations indiennes puissent travailler sur leurs propres semences pour être libres et trouver une indépendance, nécessaire face aux multinationales semencières. C’est une militante acharnée de la lutte contre la biopiraterie. Elle est très heureuse de recevoir ce prix et d’honorer la mémoire de son amie, 5 ans après sa mort. »

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Le dessinateur Wolinski, tombé sous les balles des terroristes à la rédaction de « Charlie Hebdo » avait croqué la fondation en 2001 / © France Libertés

Au-delà de cette remise de prix, quels sont les temps forts de cette soirée du 24 novembre ?

« Il y aura une Agora sur les résistances. L’ambition est d’éclairer les résistances du passé pour comprendre comment les sociétés démocratiques se sont construites. Il s’agit aussi de donner la parole à tous ceux qui portent des résistances. On est dans un moment un peu sombre où l’on sent qu’il y a des risques de dérives et des risques de guerres plus nombreuses. L’idée est que tous ces acteurs porteurs de résistances se sentent soutenus les uns les autres. Il faut fédérer cette ambition de promouvoir un monde plus juste et plus humain pour être fier de construire la société sans avoir l’impression de la subir, et de subir le diktat de l’argent. Quand on parle de la valeur argent, on oublie que valeur, cela veut dire force de vie. Derrière le mot valeur, c’est cette force de vie qu’on veut voir grandir. Pour la faire grandir, les résistances et les alternatives sont les moyens de ne pas se laisser faire tout en proposant des solutions concrètes et accessibles pour tous. C’est quelque chose qui était très important pour Danielle Mitterrand. »

 

Pour aller plus loin :

 

Requins de Méditerranée : quelle réglementation ?

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Les requins de Méditerranée sont en danger.  Difficile d’en voir un , sinon mort. La réglementation est pourtant existante.  Alors pourquoi  ne protège-t-elle pas efficacement les 45 espèces répertoriées ? Pourquoi 100 000 requins par an  sont pêchées encore en Méditerranée ? Découvrez l’impuissance du pêcheur face  aux complexités de la réglementation et les failles d’une législation défaillante .

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Les roses sont éternelles de Françoise Bourdon (Calmann-Lévy)

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pgf-ft300« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

couv48150947Avec « Les roses sont éternelles » de Françoise Bourdon (Calmann-Lévy), ce n’est pas le premier ouvrage de terroir que je présente, tant j’apprécie ce style aux histoires généralement si proches du quotidien de tout un chacun.

Particularité de ce livre, il s’agit de quatre nouvelles : « Le temps des violettes », qui se déroule au tout début du XIXe siècle du côté du Mont Ventoux, là, où, différentes croyances et superstitions ont la vie dure : une rousse y est considérée comme une sorcière, par exemple. Il y a, également, « Les roses sont éternelles », une histoire qui se raconte sur un banc de pierre à l’ombre d’un vieux figuier, mais qui sont quelques mots d’une épitaphe sur la tombe d’une bien-aimée. Ensuite, avec « La douce violence des souvenirs », cette nouvelle s’étire de 1916 à 1919, et l’inévitable « maudite guerre » et ce constat terrifiant : « que de nombreux soldats avaient perdu la mémoire parce qu’ils avaient été confrontés à trop d’horreur… », enfin, « Les souliers de Madeleine », pour une bonne cinquantaine de pages à vous arracher les larmes du lecteur le plus endurci. Un récit qui a pour théâtre l’entre-deux-guerres avec pour point de départ « Alexandre et Madeleine qui ne s’étaient pas mariés, et Antoine, leur fils, qui n’avait pas été baptisé… »

Un Antoine devenu orphelin de père qui, à 9 ans, faisait l’école buissonnière en déclarant que l’école ne l’intéressait pas et qu’il voulait travailler en usine.

Cet ouvrage qui, donc, aborde le quotidien des gens avec son cortège de cruautés, de violences, de mesquineries et autres bassesses, se veut, néanmoins, un quadruple cri d’espérance. Un pour chaque nouvelle.

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Ardennes françaises mystérieuses (50/61) : ROCROI : Une belle étoile sur Terre (et RAUCOURT et FLABA)

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2Les chroniques « Ardennes françaises mystérieuses, sacrées et insolites » sont inspirées de l’ouvrage et d’émissions de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan, à la RTBF et TV5 Monde « Ardennes Mystérieuses, Insolites et Sacrées ». Musique du générique : « Le Réveil ardennais. »(youtube)

 

« Rocroi est le genre de ville à visiter d’abord depuis la voie des airs avant d’en arpenter les rues qui sont autant de bras d’une belle étoile sur Terre », selon l’Office de Tourisme local.

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La Bataille de Rocroi par François-Joseph Heim (1787-1865), tableau exposé dans la Galerie des Batailles du Château de Versailles.

 

Trois illustres noms pour présenter Rocroi de manière « historique » : François Ier, Henri II et Vauban, qui ont participé à l’érection de cette place forte au même titre que vingt-cinq autres endroits supposés arrêter les armées ennemies.

Rocroi est aussi une cité connue pour la Bataille de 1643 et la victoire des Français sur l’envahisseur espagnol, grâce au duc d’Enghien, autrement appelé le Grand Condé.

C’est Louis XIII qui, en 1614, acheta ce « roc » qui devint tout logiquement « roc-roi ».

La place d’Armes, où se trouve un puits depuis 1555, est le centre de l’étoile d’où partent les rues menant aux remparts. À dire vrai, dix rues convergent vers le Grand-Puits installé au centre de la place, il est orné de mascarons en bronze à tête de lion.

Trois autres lieux sont proposés par le guide découverte « Les Ardennes » : le Musée de la Bataille, le Circuit de la Bataille et l’Atelier du figuriniste (fabricant de figurines) Denis Huré.

RAUCOURT ET FLABA (France) : Manger, ne pas être mangé !

 Moins de mille habitants et trois fermes fortifiées font partie du patrimoine de ce village qui souffrit beaucoup des bombardements de la Luftwaffe en mai 1940 : Ferme de la Malmaison qui porte les armes des de Mecquenem (le Nobiliaire universel de France regorge de de Mecquenem célèbres, surtout au XIXe siècle), la Ferme de Montgarni et la Ferme de l’Ennemane (petite rivière d’une dizaine de kilomètres, affluent de la Meuse.)

Le Portail du Canton de Raucourt précise au sujet des fermes fortifiées : « Depuis que l’homme est apparu sur la Terre, il n’a eu de cesse que d’en tirer sa subsistance et de se protéger contre un environnement hostile. L’expression « ferme fortifiée » contient cette double préoccupation humaine de tous les temps : manger et ne pas être mangé ! La ferme permet de se nourrir et si elle est fortifiée on peut s’y défendre : nos terroirs ardennais possèdent de nombreuses fermes isolées assez souvent fortifiées ou d’anciennes maisons fortes devenues des fermes. Ces « maisons fortes » montaient la garde aux passages-clés tant dans les vallées que sur les chemins des plateaux, mais pouvaient aussi n’être qu’une auto-défense villageoise ou seigneuriale.

Le plateau qui domine Raucourt et ses environs vers l’Ennemane ou, au sud-ouest, vers la Bar est justement caractérisé par un habitat dispersé qui avait besoin de se défendre contre les bandes armées qui infestaient nos campagnes au cours des guerres interminables, telles que la guerre de Cent ans ou les guerres de Religions. »

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J’apprends à tailler mes arbres

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J’apprends à tailler mes arbres
J’apprends à tailler mes arbres

Fruitiers, arbustes…

Une coupe trop violente fragilise la structure de l’arbre et peut provoquer des blessures irréparables. Alain Pontoppidan offre le compte-rendu de sa longue observation pour respecter la nature des arbres et leur prodiguer des tailles douces. Il explique les méthodes pour les éclaircir, les rajeunir, les simplifier, les guider… Puis il détaille chaque essence pour améliorer la productivité de 18 fruitiers (poiriers, pommiers, pruniers, etc.) et la floraison de 70 espèces ornementales (arbustes, plantes grimpantes, rosiers, conifères, etc.). Un ouvrage pratique, qui se lit comme un roman, pour des arbres et arbustes vivants.

 

Alain Pontoppidan est arboriste, technicien agricole et formateur. Il collabore régulièrement aux 4 Saisons du jardin bio et est déjà l’auteur de J’apprends à greffer mes arbres fruitiers.

 

Auteur : Alain Pontoppidan

Collection : Facile et Bio

Description : 96 pages ; (21 x 21 cm) .

ISBN : 978-2-36098-186-1

Date de parution : 20 janvier 2016

 

Le Prix Goldman contre l’exploitation minière au Pérou (rediffusion)

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© Goldman Environmental Prize

Il est parfois surnommé le Prix Nobel de l’Ecologie. Le Prix Goldman récompense chaque année des militants de l’environnement.Des hommes et des femmes engagés dans la défense de la nature.

Ils luttent contre la pollution, les déchets, la déforestation, l’exploitation minière ou les expulsions de peuples autochtones. Tous les ans, 6 lauréats répartis en six zones géographiques sont ainsi distingués. Cette année, le 27ème Prix Goldman récompense notamment la péruvienne Máxima Acuña Chaupe.

Qui sont Máxima Acuña Chaupe et sa communauté ?

© Goldman Environmental Prize
© Goldman Environmental Prize

« Máxima est une Péruvienne de l’Altiplano andin, de la région de Cajamarca, dans le nord du Pérou. Elle vit à 3000 mètres d’altitude avec sa communauté. Elle pratique une agriculture vivrière depuis 1994 avec son mari. Ses terres sont revendiquées depuis 2011 par le consortium de multinationales Yanacocha qui développe le mégaprojet minier Conga.

Les habitants de cette région sont de culture Quechua. Ils vivent de la terre et entretiennent avec elle un rapport très spirituel. La terre est une entité vivante, la terre mère, et est respectée comme telle. De nombreuses associations qui défendent la terre contre le projet Conga, ont pris comme slogan « défendre la terre et tous ceux qui nous donnent la vie, particulièrement l’eau ». Un des slogans fort est « Oui à l’eau, Non à l’or ». »

Depuis 2011, Maxima s’oppose aux entreprises d’extraction d’or. Sa lutte et la mobilisation des communautés locales sont un symbole fort de la résistance à l’extractivisme. Pourquoi cette mobilisation ? Quel est l’enjeu ?

« Máxima, avec d’autres membres de sa famille et de sa communauté, tente d’empêcher l’installation de l’entreprise Yanacocha, sur ces terres, pour ce qui serait l’une des plus grandes mines à ciel ouvert d’Amérique latine. Le projet nécessiterait de vider cinq lagunes, soit pour récupérer l’or qui est en dessous, soit pour y déverser quotidiennement 90.000 tonnes de déchets miniers accompagnés de substances toxiques pendant 17 ans. La technique utilisée nécessiterait le déversement massif de cyanure dans la nature et utiliserait 11 millions de mètres cubes d’eau chaque année. On se rend compte que le projet menace de détruire le complexe hydrique local, qui canalise les infiltrations d’eau de pluie tout en alimentant les champs et les villages de la région. C’est tout un mode de vie ancestral qui est menacé et tout un équilibre que ces communautés maintiennent de puis très longtemps.

La mobilisation est tenace et massive. Il y a des rondes paysannes qui se sont montées pour assurer une présence permanente sur les sites menacés, pour surveiller que le projet ne démarre pas. Dès la fin 2011, des milliers de personnes ont campés à plus de 4000 mètres d’altitude au plus près des sites et des lacs menacés pour les protéger. Plusieurs grèves générales ont paralysé toute la région de Cajamarca. Des conflits locaux ont également éclatés. L’entreprise applique le « diviser pour mieux régner ». Elle va offrir de l’argent à certains membres de la communauté et pas à d’autres pour susciter des jalousies. Elle promet des emplois  en échange du soutien inconditionnel au projet. Cela brise des familles, des solidarités entre voisins. Ce sont toutes sortes de pratiques qui s’apparentent au chantage et à la corruption, et visent à briser la solidarité et le sentiment d’appartenance à la communauté. »

© Goldman Environmental Prize
© Goldman Environmental Prize

Une lutte environnementale, une lutte humaine, qui peut parfois être violente, au prix de la vie de certains militants.

« Cette mobilisation a déjà couté la vie à cinq personnes, suite à la déclaration d’état d’urgence dans la région en 2012. C’était des leaders paysans victimes de la répression violente qui s’abat sur toute forme de contestation du projet. 110 opposants dont des élus locaux sont poursuivis en justice. Il y a une criminalisation de la protestation. Il y a aussi une forte collusion entre l’entreprise et le gouvernement. Les lagunes visées par le projet sont gardés par des policiers mis à disposition par l’état et directement rémunérés par l’entreprise. Ces moyens considérables visent à empêcher toutes mobilisations qui sont désastreuses pour l’entreprise et pour l’image du gouvernement péruvien. Le président avait pourtant fait campagne en 2011 sur le fait qu’il défendrait l’eau plutôt que l’or dans ce genre de conflits environnementaux. C’est une ironie de très mauvais goût.

La répression est particulièrement visible dans le cas de Máxima. L’entreprise a vraiment eu recours à tous les moyens pour l’expulser de ses terres. On lui a volé son bétail, elle a été menacée de mort, on lui a incendié ses biens, torturé ses animaux. Elle a été frappée avec sa fille par des policiers. Elle ne peut plus se déplacer librement ni vendre ses produits agricoles sur le marché, ce qui pose énormément de problèmes financiers à sa famille. »

France Libertés est très en pointe dans le soutien à cette lutte.

« France Libertés soutient la lutte contre le projet Conga depuis plus de 5 ans et avait organisé plusieurs actions pour donner la parole à ces résistants péruviens et mettre en lumière les enjeux de leur combat. En septembre 2013, à Genève, nous avions ainsi organisé un side-event à l’occasion la réunion du 24e Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU. Milton Sanchez, président de la plateforme interinstitutionnelle de Celendín au Pérou (qui regroupe toutes les associations locales qui luttent contre le projet Conga), avait pu présenter l’impact humain du projet minier Conga à Cajamarca et dénoncer les atteintes aux droits fondamentaux. En mai 2014, c’est Máxima Acuña Chaupe qui prenait la parole dans une conférence de presse dans les locaux de France Libertés. Et en février 2014 et mars 2015, plusieurs déclarations de France Libertés aux Nations Unies sont venues appuyer les revendications des communautés de Cajamarca. »

Que peut apporter le Prix Goldman pour Máxima et les siens ?

« C’est très positif puisqu’il va donner de la visibilité à cette lutte et aux violences que subit Máxima au quotidien. Mais l’obtention d’un prix, malgré la notoriété qu’il apporte, ne suffit pas à protéger un défenseur des droits de l’homme et de l’environnement comme elle, étant donné les menaces qui pèsent sur elle et sur ses proches.  L’exemple de Berta Caceres, titulaire du prix Goldman en 2015 est frappant. C’était une leader indigène du Honduras qui a été assassinée au mois de mars 2016 suite à sa lutte contre des projets de barrages hydroélectriques. Même si un prix donne davantage de visibilité à une personne, elle ne la protège pas contre la répression et les assassinats. Mais on espère que cela ne se passera pas comme çà pour Máxima. Il faut rester vigilant et ne pas prendre çà pour acquis. » 

Berta Caceres, Prix Goldman 2015, assassinée en mars 2016 © Goldman Environmental Prize
Berta Caceres, Prix Goldman 2015, assassinée en mars 2016 © Goldman Environmental Prize

Et le prix Goldman, c’est aussi 125000 dollars pour le lauréat et sa communauté pour les aider à poursuivre le combat et la mobilisation pour leur région.

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