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Eau et climat : les initiatives locales oubliées de la COP23

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© France Libertés

La COP23, qui vient de se tenir à Bonn, en Allemagne, devait être une étape importante dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le climat. En 2015, lors de la COP21, les Etats s’étaient alors engagés à contenir le réchauffement climatique en deçà des deux degrés d’ici 2100. Mais pour beaucoup de scientifiques, bientôt, il sera trop tard. Et la société civile, présente à Bonn, s’avoue très sceptique.

Avec Perrine Bouteloup, volontaire « Eau et climat » à la Fondation France Libertés.

Quels étaient les enjeux de cette 23e conférence des parties sur le climat ?

« Cette COP23 était une COP de transition. Ses objectifs étaient, comme ceux de la COP22, de définir les règles de mise en œuvre de l’Accord de Paris. De cette COP23 était attendu de définir le fonctionnement et l’application de l’Accord de Paris et de préparer le terrain pour 2018 avec la mise en place du dialogue de Talanoa. Il s’agit d’un dialogue de facilitation permettant de faire un bilan des actions menées jusqu’en 2018 par les Etats et de préparer le renforcement des engagements climatiques qui arriveront d’ici 2020. »

Il n’y a pas que les Etats qui ont droit de parole lors de ces COP, ces conférences des parties. La société civile a aussi son mot à dire. France Libertés était présente à Bonn. Même s’il est trop tôt pour dresser un bilan, est-ce que vous avez perçu des avancées durant cette conférence à votre niveau ?

« On a pu avoir des retours sur les premières négociations qui ont permis de développer le dialogue de Talanoa et de dessiner les grands principes d’application de l‘Accord de Paris. Mais en revanche, il y a eu des gros blocages au niveau des financements. Un des objectifs de la COP était de renforcer la confiance entre les pays du sud et les pays du nord pour mettre en place des fonds d’adaptation permettant aux pays du sud de s’adapter aux conséquences du changement climatique. A ce niveau-là, la confiance a été très difficile à mettre en place et n’a pas beaucoup avancée, comparé aux dernières COP. »

Dans quel cadre la Fondation est intervenue et avec quel message ?

« La Fondation s’est mobilisée pour la journée d’action pour l’eau, dont l’objectif était de tirer parti des progrès réalisés pour intégrer l’eau dans le programme de l’action climatique au niveau mondial. Notre volonté était de présenter le plaidoyer de la Fondation qui démontre qu’il n’y a pas que les gaz à effet de serre sur lesquels il faut agir. Il faut agir à tous les niveaux et notamment au niveau de l’équilibre du cycle de l’eau. Il permet de lutter contre le changement climatique et contre ses conséquences, mais aussi de restaurer les microclimats, et donc de diminuer les impacts du changement climatique. »

Les liens entre l’eau et le climat sont démontrés. C’est l’un des axes de bataille de France Libertés. A travers le plaidoyer Eau et climat, la Fondation met en avant les alternatives qui existent afin de « rendre l’eau à la Terre pour restaurer le climat ». Exemple, ces oasis recréés en Tunisie, pour combattre la désertification, un projet qui a démarré en 2012.

Accacia for all oasis
© Acacia for all

« C’est à l’initiative de Sarah Toumi, une Tunisienne qui a mis en place une association, Acacia for all. En 2012, elle a lancé le projet de combattre la désertification en recréant des oasis dans le désert. L’idée est de restaurer l’environnement, favoriser la vie des habitants dans ces régions et relancer l’agriculture. Ce projet passe par une étape de reforestation, en replantant des acacias qui ont la particularité de pouvoir aller puiser l’eau très profond, mais aussi de pouvoir la redistribuer à un niveau un peu plus superficiel. Ils alimentent donc en eau et en nutriment les plantes et les végétaux alentours. L’avantage du projet permet de maintenir l’eau dans le sol et de le restructurer. Cela récrée ainsi un microclimat qui permet de conserver l’eau qui tombe beaucoup plus facilement et plus longtemps. L’agriculture est relancée, l’environnement est préservé, et le cycle de l’eau est restauré en permettant l’infiltration et l’évapotranspiration au niveau local. »

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=GJFnlUesPCY]

Accacia for all / TV5 Monde

Autre exemple, au Pérou cette fois, où France Libertés met en avant un projet qui souhaite remettre au goût du jour une ancienne méthode de gestion des eaux de pluie.

« Cela se passe à Lima, où on a un climat assez rude et avec une alternance d’épisodes de sécheresse et d’inondations. Historiquement, les indiens de l’association Hidraulica Inca se sont penchés sur les techniques de gestion d’eau et sont tombés sur le système imaginés par les Hari, une civilisation pré-Incas. Ils avaient développé un système hydraulique, les amunas, qui permettait de récolter l’eau de pluie dans les hauteurs. Ils installaient des canaux perméables à ciel ouvert qui favorisait l’infiltration de l’eau dans le sol en suivant les courbes de niveau. L’eau de pluie en excès allait directement dans des bassins de rétention plus bas. L’eau était stockée jusqu’à la période sèche pour alimenter Lima en eau. Cela permettait à la fois de limiter les inondations lors des périodes de fortes pluies et de pallier à la sécheresse quand elle avait lieu. »

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=e6W-SzLaIrI]

Les Amunas

Toutes ces initiatives ont valeurs d’exemple. Elles sont transposables ailleurs. Face à ces actions concrètes, l’impression reste que les Etats n’avancent que très peu… Les scientifiques sont d’ailleurs très pessimistes sur le respect de l’Accord de Paris. Que peut-on attendre, aujourd’hui, après les négociations de Bonn et des promesses pour les suivantes ?

« Ce qu’on peut espérer c’est que les négociations continuent d’avancer et que l’Accord de Paris se mette réellement en œuvre. Mais il ne faut pas oublier qu’en parallèle des négociations il y a une société civile qui est présente et dense. C’est de ce côté-là qu’il faut espérer que les COP suivantes permettent de continuer à échanger les bonnes pratiques, les alternatives. Il faut que l’on ait connaissance de beaucoup plus de projets existant à l’international. Cela permet d’agir concrètement avec des acteurs locaux pour l’adaptation au changement climatique tout en permettant une atténuation de ses conséquences. »

 

Pour aller plus loin :

 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=-LAcUuk9EoA]

 

 

Parlons toilettes : pour le droit à l’assainissement

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© www.parlons-toilettes.org

L’accès universel à l’assainissement est un droit humain reconnu par les Nations Unies depuis 2010. Les Etats se sont engagés à assurer ce droit dans le cadre des Objectifs de Développement Durable.

Pourtant, selon l’UNICEF, 4,5 milliards de personnes ne disposent toujours pas de services d’assainissement gérés en toute sécurité. 1 milliard d’entre elles sont contraintes de déféquer en plein air, dans les champs, dans les buissons, ou dans les cours d’eau. Pour les autres, elles utilisent des seaux, des sacs plastiques, des trous, des toilettes partagées, ou encore des latrines très mal isolées.

Pour faire progresser la cause de l’assainissement, la Coalition Eau, Action contre la Faim et le Secours Islamique France lancent le 19 novembre, à l’occasion de la Journée Mondiale des Toilettes 2017, la campagne d’affichage « Parlons Toilettes ». Les ONG entendent sensibiliser « avec humour » le grand public et interpeller le gouvernement français sur une problématique bien réelle et dramatique.

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© www.parlons-toilettes.org

Si se rendre aux toilettes et tirer la chasse d’eau est un geste naturel, une évidence pour la plupart d’entre nous, il ne faut pas oublier qu’un tiers de l’humanité n’a toujours pas accès à des toilettes décentes. Tous les continents sont touchés. Si 70% de la population de l’Afrique subsaharienne n’a pas de toilettes décentes, dans l’Union européenne, ce sont 20 millions de citoyens qui n’ont pas d’installations sanitaires correctes.

Conséquences : une contamination de l’environnement et des populations.

Comme ils ne sont pas stockés dans un endroit clos, ni évacués pour être traités, les excréments se disséminent dans l’environnement. Les microbes se propagent ainsi aisément partout, polluent les cours d’eau, s’infiltrent dans les sols, et contaminent les populations. Le fait d’ingérer ou d’être en contact avec une eau polluée par les excréments a des impacts graves sur la santé, diarrhée, choléra, typhoïde… Chaque année, la diarrhée tue environ 361 000 enfants de moins de cinq ans, soit plus de 1 000 par jour. Les maladies dites « hydriques » contribuent également à la sous-nutrition et à l’absentéisme scolaire. Et elles représentent des pertes économiques considérables.

Plusieurs facteurs expliquent ce manque tragique de toilettes. Selon les ONG, il s’agit notamment d’un manque de volonté politique, empêchant de traduire les engagements dans les faits. Dans les contextes où l’accès à l’eau potable n’est pas assuré, l’assainissement n’est pas toujours considéré comme une priorité. De plus, le lien entre manque d’assainissement et maladies n’est pas toujours assimilé par les populations qui n’en font pas une demande forte. Le coût des installations reste un obstacle pour des familles aux capacités financières limitées.

 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=ThMZb3lPuR8]

Et puis la question des toilettes reste taboue. Etats, médias et citoyens considèrent ce problème comme relevant de la sphère intime, ce qui freine le développement de plans d’actions. La question du financement est aussi cruciale. Les fonds qui y sont consacrés restent cruellement insuffisants.

Pourtant, comme le rappelle les associations, un meilleur accès aux toilettes permettrait d’éviter 58% des cas de diarrhées dans le monde. Conséquence : le nombre d’enfants souffrant de sous-nutrition pourrait être divisé par deux. Des maladies en recul et un absentéisme scolaire qui diminue. 272 millions de jours de classe pourraient être gagnés chaque année. Les filles en particulier retrouvent leur dignité à l’école : l’accès aux toilettes préserve leur intimité et leur pudeur. Les femmes, particulièrement exposées aux risques d’agression en cherchant un endroit où se soulager, retrouveraient un peu de sécurité et de dignité. Le développement des infrastructures sanitaires permettrait aussi d’avoir un effet bénéfique sur l’environnement. Les cours d’eau, les nappes phréatiques et les sols seraient moins pollués par les eaux usées. Enfin, 260 milliards de dollars par an pourraient être économisés grâce à la réduction des pertes dues aux dépenses médicales et aux pertes de temps de travail.

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Briser les tabous, forcer la prise de conscience politique, doter l’assainissement de financements conséquents, sensibiliser les populations, promouvoir les techniques simples, peu couteuses et rapides à mettre en œuvre… Voilà les solutions que souhaitent promouvoir les ONG impliquées dans cette campagne « Parlons toilettes ».

Cette campagne d’affichage déployée dans tous établissements partenaires en France, bars, restaurants, cinémas, clubs, stades, salles de sport, parcs des expositions, souhaite donc interpeller le grand public. Les ONG entendent également alerter le gouvernement français afin qu’il passe à l’action au niveau national et international.

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=hUHfnrVGudo]

Pour aller plus loin :

 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=ULL92U1v334]

 

Reportage : Histoire d’une victoire pour la démocratie et la santé publique !  

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Reportage « Fréquence Terre » dans la Capitale de l’Europe.

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Dimanche matin, le bâtiment de trois étages visé par un opérateur de télécommunications.

A2ftDouze antennes d’un coup sur un toit d’un immeuble à habitations en plein cœur d’un quartier « vert » bruxellois : les citoyens et les autorités communales sont littéralement choquées par ce passage en force d’un opérateur au détriment de la santé publique, des démarches officielles appelant à revoir ce projet, des pétitions, des alternatives crédibles proposées…

Celles-ci sont, entre autres, les liaisons filaires, la technologie de la fibre optique, le CPL ou courant porteur en ligne, un redéploiement du réseau avec interdiction d’installations de stations près d’écoles, sur des terrasses d’immeubles d’habitations, d’hôpitaux, etc., en antennes plus nombreuses et nettement moins puissantes avec un seuil d’exposition maximal de 0,6 volt/mètre au lieu des 40 à 60 !

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Dimanche fin d’après-midi : emplacements réservés aux engins de l’opérateur.

L’argument « Nimby » ou « pas dans mon jardin » ne tient donc pas face à l’exemple de la ville Salzbourg (150 000 habitants) qui a appliqué ce redéploiement sans nuire du tout au fonctionnement normal de la téléphonie mobile, par exemple, mais, surtout, avec nettement moins de souffrances des riverains.

Visiblement, tous ces arguments ne touchent même pas les lobbys des opérateurs bruxellois, comme l’explique un citoyen du quartier, alors que deux politiques, MM. Olivier Maingain, député-maire, et Jean-Claude Laes, conseiller communal, mettent en évidence les difficultés pour les autorités de faire appliquer leur volonté de protéger le citoyen et, dans ce cas-ci, de soutenir leur initiative.

La totalité des interviews d’un citoyen habitant le quartier, du député-maire Maingain et du conseiller communal, est disponible dans le podcast ci-dessous.

Pour rappel, les effets néfastes des antennes relais sont les suivants, selon « Top Santé », sur base d’études scientifiques effectuées en Pologne, Égypte, Brésil, Autriche…, de 2005 à 2015 : troubles du sommeil, de la vision, maux de tête, vertiges, développement de certains cancers (prostate, seins, poumons, reins, cerveau, foie…)

Et le dialogue ?

 Un habitant du quartier au micro de « Fréquence Terre » :

 – Nous sommes dans un quartier résidentiel où habitent des familles avec enfants, des retraités… Tout d’un coup, on apprend qu’un opérateur de télécommunications a obtenu un permis pour installer douze antennes sur le toit d’un immeuble, sans qu’aucune information ne soit jamais donnée aux habitants. Des habitants ont réagi, soutenus par les autorités communales, selon un processus légal et correct, car nous avons constaté beaucoup de fautes dans le dossier.

Malgré tout cela, l’opérateur veut installer ses antennes, alors qu’il n’y a aucune raison de précipiter les choses puisque les audiences sont prochainement prévues.

Nous sommes choqués et nous espérons par notre action citoyenne d’empêcher ce montage, nouer le dialogue pour une solution négociée plutôt que passer en force !

Olivier Maingain, député-maire : « Le principe de précaution est en discussion… »

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Lundi peu avant 8 heures, Olivier Maingain, député-maire, des citoyens et le correspondant de « Fréquence Terre » dans la capitale de l’Europe.

 Olivier Maingain, député-maire de Woluwe-Saint-Lambert, une des dix-sept communes formant Bruxelles, précise aussi :

– J’ai demandé à nos ministres de réintroduire la procédure d’enquête publique préalable, parce que ce serait utile d’avoir un débat avec les citoyens. On vérifie, aussi, mais c’est plus aléatoire, s’il ne faut pas un permis d’urbanisme.

Ma démarche actuelle est de convaincre l’opérateur de ne pas entamer le chantier, car s’il perd dans les procédures, il va devoir démonter et économiquement, ce sera un mauvais calcul pour lui.

– Et le principe de précaution ?

– Les normes en région bruxelloise sont considérées comme trop strictes par les opérateurs, d’autres personnes pensent le contraire. C’est en discussion au gouvernement régional bruxellois.

– Et disséminer les antennes de plus faibles puissantes plutôt qu’installer des stations et, ainsi, diminuer les effets néfastes pour la population ?

– Je ne suis pas certain que ce soit non plus admis par la population ! Il faut certainement expliquer aux gens les techniques possibles, mais fondamentalement, ce qui n’est pas acceptable, c’est qu’il n’y ait plus de procédure publique de concertation.

À la Commune, nous avons déjà adopté une résolution avec nos conditions de placement d’antennes, dont les distances par rapport aux crèches, écoles, hôpitaux… Ce principe de précaution est donc en discussion au gouvernement.

 Jean-Claude Lays, conseiller communal : « Ce n’est pas moi, ce sont les autres… »

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Jean-Claude Laes, conseiller communal, au micro de Pierre Guelff.

 – Nous avons une lasagne institutionnelle avec des niveaux de pouvoir différents qui décident des choses différentes. Le paradoxe est que les communes sont parfois amenées à introduire des recours contre des décisions prises au niveau régional, et ce sont les mêmes personnes ou sensibilités que l’on retrouve des deux côtés ! Les compétences sont tellement morcelées, que l’on peut toujours dire : « Ce n’est pas moi, ce sont les autres ! »

– Et le citoyen, alors ?

– Le citoyen c’est, précisément, le résultat quelle que soit la lasagne institutionnelle…

 Pour quelques sous de plus…

 L’habitant du quartier ajouta :

– Comme ces douze antennes vont être placées assez bas, toutes les ondes vont frapper de plein fouet les habitants du quartier. Outre ce problème de santé publique, il y a l’aspect urbanistique : tomber sur une station du futur dans un quartier vert, c’est un anachronisme total.

Le propriétaire du bâtiment, qui habite dans un autre quartier de Bruxelles, met à mal la vie de centaines de gens pour quelques sous de plus…

 Marche arrière

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Lundi peu après 8 heures, arrivée du matériel de l’opérateur.

Alors, que se passa-t-il ? Les grues et le matériel de la société de télécommunication se présentèrent sur les lieux vers 8 heures du matin, alors que, depuis plusieurs jours, des emplacements leur étaient réservés devant le bâtiment visé par leur opération.

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Des habitants du quartier s’opposent pacifiquement à l’installation des douze antennes.

Des habitants leur firent pacifiquement barrage, les autorités communales revinrent sur place, des tractations s’opérèrent et, au bout de quelques heures, une grande explosion de joie :

« L’opérateur a accepté de suspendre l’installation des antennes et de veiller à une concertation avec les autorités communales et les riverains ! »

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Lundi, fin de matinée : les habitants clament leur joie ! L’opération est suspendue.

Comme le dit une habitante : « Un petit mouvement citoyen a réussi à se réapproprier la démocratie citoyenne ! » et, ajoutons-nous, un espace de liberté pour faire valoir les droits au respect de la santé et de l’environnement.

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Sources photos : Comité de Quartier 26 Tytgat-Bruxelles et P.Gf

DSC01280ftPartenariat : « POUR », hebdomadaire, numéro spécial « Climat »

POUR

Le bruit des bottes…

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Quand la Société propose « ça », c’est que le bruit des bottes n’est pas loin !

B9713784578Z.1 20171111175103 000G3GA4UD4N.2 0ftSources : http://litteraturesansfrontieres.skynetblogs.be/ et Le SoirMag

L’insoumise de Yann Kerlau (Albin Michel)

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ft150 1« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 « Qui était la femme couchée sous mon père nu ? » était la question récurrente, traumatisante et obsédante qui hantait l’existence de Jeanne depuis sa tendre enfance.

Une découverte qui fut l’occasion pour son géniteur, le roi d’Aragon, de représailles, d’humiliations, de violences à son égard, même celle de la faire violer par deux de ses sbires et de la jeter dans des cachots !

La mère de Jeanne devait savoir, son frère et sa sœur avaient probablement découvert le même spectacle. Ces deux-ci avaient disparus de ce monde, « rappelés à Dieu », disait-on.

9782226396426 j 1« L’insoumise » de Yann Kerlau (Albin Michel), roman à connotation historique, est un ouvrage fort, poignant, émouvant, « révoltant », que seule une écriture de qualité comme celle de cet auteur de biographies peut susciter.

On ne sort pas indemne de ce livre, tant sa puissance vous incite à une réflexion profonde sur le destin de certaines personnes, a fortiori si elles sont des figures historique connues, comme ce fut le cas avec Jeanne 1ère de Castille.

Une femme, devenue épouse de Philippe de Habsbourg, également assassiné par sa majesté Ferdinand d’Aragon, qui n’avait pas sa langue en poche : « Ces messieurs de l’Église se prennent pour Dieu le Père. Canaille ! Vous souillez l’habit que vous portez », lança-t-elle à l’évêque de Cordoue.

Un père sanguinaire, un roi dit Catholique, des gens de cours soumis et pantins à son bon vouloir et, parmi ce monde, une femme  qui avait été extraordinairement belle mais qui devait être cassée, broyée, par la machine infernale paternelle avec la bénédiction d’une Église complice.

Jeanne 1ère de Castille resterait-elle un jouet entre leurs sales pattes  ou sa volonté et sa détermination viendraient-elles à bout de ceux qui la martyrisaient ?

Eh bien, la « résurrection » de la reine de Castille eut lieu ! Au lecteur de découvrir cette réaction, bien entendu.

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Pierre Rimbert (Le Monde diplomatique) : L’info pour les pauvres, l’info pour les riches

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Attention ! La chronique qui suit va déranger ! Du moins, ceux qui, naïvement, clament encore que « c’est dans le journal, donc c’est vrai ! »

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Pierre Rimbert.

Rencontrer et écouter Pierre Rimbert du « Monde diplomatique »[1] durant plus d’une heure sur le thème de la liberté de la presse (conférence à l’IHECS, école de journalisme et communication, Bruxelles, le 9 novembre 2017), c’est vivre une plongée structurée et implacable qui demande quasiment un engagement immédiat afin que certains décideurs et politiques arrêtent de prendre les citoyens pour des sous-développés intellectuels et culturels !

Première question à Pierre Rimbert : qui possède la presse (en France, et c’est valable pour d’autres pays, bien entendu) ?

– De gros industriels, des milliardaires, de grandes familles. Avec ces dernières, on peut parler de féodalité héréditaire et transnationale.

Pourtant, on dit que la presse va mal ? Dès lors, pourquoi achètent-ils des journaux qui coulent, par exemple ?

– Parce que c’est une accessibilité au pouvoir. Et les patrons de presse savent très bien que les politiques vont venir manger dans leurs mains !

Quelques exemples édifiants

téléchargementPierre Rimbert évoque quelques exemples précis pour corroborer cette entrée en matière et poursuivre sur la mainmise de ces patrons de presse  à divers niveaux :

  • TF1 ne parlera jamais des problèmes de bétonnage défectueux dans les centrales nucléaires, puisque c’est le constructeur Bouyghes qui est également le patron de la première chaîne d’Europe du JT de 20 heures ! Canal+ n’évoquera pas le sort des ouvrières dans certaines usines dont Bolloré est aussi le patron. Quant au Figaro, il ne tarira jamais assez d’éloges sur la vente d’avions construits par Dassault, propriétaire de ce média.

Alors, leur politique est la suivante : on va faire ce qui intéresse les gens, car ça nous rapporte de l’argent ! C’est la censure par l’audience. Ils vont diminuer les budgets pour des reportages d’investigation pour faire place, par exemple, à un Cyril Hanouna, payé quelque 250 millions d’euros !

Et la déontologie journalistique dans tout ça ?

  • Eh bien, quand vous êtes propriétaire d’un journal, vous nommez des rédacteurs en chef et des directeurs éditoriaux qui ne vous contrediront pas ! À vrai dire, les médias peuvent à présent se vendre ou s’acheter comme des bottes de poireaux, car l’info est devenue une marchandise !

Et ce n’est pas tout…

  • L’info est devenue 64% du copié-collé, 40% des Américains lisent les informations sur Facebook, qui les filtrent, bien sûr, malgré leur slogan : « On distribue les « bons » messages ! », ce qui, à vrai dire, leur fait dix milliards (de dollars) de recettes par semaine ! Et puis, voici certaines rédactions qui confient à des robots l’information. Ils sont basés sur des algorithmes qui mesurent la densité des sujets minute par minute en fonction des recherches opérées par les gens sur les moteurs de recherche !

(re)trouver une info de qualité ?

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Trois acteurs d’une presse libre et indépendante : de gauche à droite, Pierre Guelff (« Fréquence Terre »), Jean-Claude Garot (« POUR ») et Pierre Rimbert (« Le Monde diplomatique »).

Si on ne change rien, si on ne refonde pas la presse, adieu, donc, à une information de qualité !

– Je constate que les commentaires de presse sont encore fort prisés par des lecteurs et c’est la preuve que des gens sont intéressés par le véritable travail journalistique. Il faut donc profiter de la masse d’informations et trois interventions sont à envisager :

  1. Faire savoir ce que je viens de vous dire !
  2. Soutenir la presse indépendante du « Monde diplomatique » à « POUR » en passant par des radios (« Fréquence Terre ») qui osent faire de la vraie info sans contrainte aucune et qui prônent la liberté d’expression, en somme.
  3. S’appuyer sur les deux points précédents pour revendiquer que la presse qui est aux mains de « puissants » en tienne compte, eux y compris !

En conclusion (provisoire) : pas question d’une info « banale » pour les pauvres et une info de « qualité » pour les riches !

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[1] Membre d’Acrimed (ActioncritiqueMédias) et auteur de « Libération, de Sartre à Rothschild », Liber-Raison d’Agir (2005).

Habitants de la terre, debout ! (Spécial climat de « POUR »)

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POURDans les années ’70, l’hebdomadaire POUR était un fameux aiguillon dans la presse traditionnelle et, par corollaire, dans la société. Présent sur les fronts de l’anticapitalisme, de l’engagement citoyen, de l’écologie, du féminisme, de l’antimilitarisme, du syndicalisme, puisant dans « Mai 68 » ses meilleurs combats pour « Écrire la liberté », ce qui était devenu le slogan principal de l’hebdomadaire.

Pour 1981
Attentat à POUR.

Tout cela dérangea ceux qui étaient touchés (ou se sentaient l’être), au point que le 5 juillet 1981, à 2 heures, tous les locaux et les rotatives de POUR partirent en fumée dans un attentat perpétré par l’extrême droite.

Trente-cinq ans plus tard, POUR refait parler de lui et en ce mois de novembre 2017, il publie son troisième numéro. Celui-ci est consacré  au climat ce qui, bien entendu, ne peut qu’intéresser les nombreux auditeurs de « Fréquence Terre ».

Mais, qu’est-ce qui différencie POUR des autres médias, outre son prix vraiment démocratique de 3 euros, hebdomadaire en vente en librairies et dans les grandes surfaces belges et françaises ?

DSC01280ftLe titre de la présente chronique « Habitants de la terre, debout ! » en est l’illustration parfaite et il est celui d’une interview de Ricardo Petrella, chantre du droit à l’eau pour tous.

Après un bref rappel du contenu de deux premiers numéros, Jean-Claude Garot, cheville ouvrière « historique » de POUR nous explique celui de ce « Spécial Climat » et, justement,  ce qui le différencie de la presse traditionnelle. (Totalité de l’interview en podcast ci-dessous)

Jean-Claude Garot : « Pour une information non tronquée et manipulée ! »

 « (…) Ce troisième numéro sur le climat est une urgence ! La lutte consiste à essayer de sauver l’ensemble du vivant face à une catastrophe inévitable si on continue à agir d’une manière aussi irresponsable.

(…) De grands scientifiques exposent les dangers du réchauffement climatique trop important. Depuis l’ère industrielle, on a augmenté la température de la planète et changé le climat par une production de CO2 qui vient de l’utilisation incontrôlée des énergies fossiles et cela, sans voir les conséquences dramatiques. »

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Jean-Claude Garot, rédacteur de POUR, au micro de Pierre Guelff pour « Fréquence Terre »

Jean-Claude Garot rappelle quelques exemples :

« Avec l’augmentation de la température, il y a fonte des glaciers, augmentation des mers et, par exemple, dans le delta du Nil, quelque dix millions de paysans qui vivent en sursis d’un exode massif par la montée du fleuve.

(…) Dans d’autres parties du monde, les vagues de chaleur causent des sécheresses monumentales et des dizaines, voire des centaines de millions de gens vont devoir quitter ces zones…

(…) Soulignons, aussi, les problématiques médicales avec la diffusion de pandémies énormes.

L’ensemble de tout cela fait que notre planète ne sera plus vivable… »

Les différences de POUR par rapport à la presse traditionnelle

 « Nos approches sont légèrement ou totalement différentes. La première est que nous ne mélangeons pas nos messages et la pédagogie de notre contenu avec de la publicité commerciale qui valide une série de propositions sociétales qui sont antagonistes avec tout ce que nous défendons pour protéger l’environnement et la nature.

Deuxièmement, nous faisons un journal « simple », le plus pédagogique et didactique possible, mais qui est scientifiquement rigoureux…

(…) Troisièmement, nous avons un très grand tirage (150.000 exemplaires), dont une partie est distribuée gratuitement et massivement dans les milieux populaires les plus défavorisés, dans les usines, dans des lieux sociaux où l’accès à la presse n’est pas très grand.

Là, POUR fait la démarche d’aller vers eux et de leur offrir le journal pour qu’ils s’informent et puissent être acteurs dans la société civile. »

Écrire la liberté

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Jean-Claude Garot, cheville ouvrière « historique » de POUR depuis 1973 et artisan du « renouveau » après l’attentat de 1981.

 « Il n’y a pas d’espace de liberté des citoyens s’ils sont manipulés et s’ils sont mis volontairement dans une sous information ou une information tronquée et manipulée. D’où les médias (traditionnels) donnent une partie des faits mais cachent d’autres éléments essentiels à la compréhension des mécanismes (…)

Malheureusement, une grande partie des médias et des télévisions manipule l’information de manière très sélective et ne donne pas vraiment le droit à la démocratie. »

 

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Albert Camus : Place à l’être ou, alors, mort de ce monde !

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

ft150« Folio » a publié les trois « Carnets » écrits par Albert Camus. Il ne s’agit pas de romans, bien sûr, mais de recueils d’impressions, d’ébauches de textes, de réflexions, qui s’étirent de 1935 à 1959, à la veille de sa mort accidentelle.

2Pour moi, ces « Carnets » sont de véritables pépites de sagesse. Voici ce que j’ai sélectionné dans le deuxième tome, celui de janvier 1942 à mars 1951.

«  On aide plus un être en lui donnant de lui-même une image favorable qu’en le mettant sans cesse en face de ses défauts. »

« La liberté est la source de la beauté. »

« Les ouvriers sont les seuls auprès desquels je me sente bien, que j’ai envie de connaître et de « vivre ». Ils sont comme moi. »

« La pauvreté est un état dont la vertu est la générosité. »

« Un monde où il n’y a plus de place pour l’être, pour la joie, pour le loisir actif, est un monde qui doit mourir. »

« Le Bouddha prêche une sagesse sans dieux et quelques siècles plus tard on le met sur un autel. »

« Alors que dans la journée le vol des oiseaux paraît toujours sans but, le soir ils semblent toujours retrouver une destination. Ils volent vers quelque chose. Ainsi peut-être au soir de la vie… Y a-t-il un soir de la vie ? »

« Dieu ne s’est pas créé lui-même. Il est le fils de l’orgueil humain. Comprendre c’est créer. »

« Il n’y a pas si longtemps, c’étaient les mauvaises actions qui demandaient à être justifiées, aujourd’hui ce sont les bonnes. »

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Les lauréats du Prix Danielle Mitterrand 2017

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© France Libertés

Le 18 novembre, la Fondation France Libertés remettra son prix Danielle Mitterrand à deux lauréats, deux acteurs de la société civile qui œuvrent pour un monde plus humaniste : le collectif Or de question et la militante autochtone Hindou Oumarou Ibrahim.

  • Avec Marie de França, volontaire en service civique sur le programme « Droits des peuples » à la Fondation France Libertés.

Ce prix existe depuis 2013. Qu’est-ce qui a motivé sa création et qu’entend-il mettre en lumière ?

« Le but était de poursuivre l’œuvre de Danielle Mitterrand et de transmettre ses valeurs, sa vision d’un monde un peu plus solidaire. C’est sa cinquième édition. Il s’agit de récompenser les initiatives citoyennes qui reposent sur le refus du fatalisme et une envie d’un monde plus juste. Il y a deux prix, le prix Danielle Mitterrand et le prix spécial Danielle Mitterrand. C’est toujours en rapport avec les thématiques de France Libertés, le droit à l’eau, le droit des peuples autochtones, la lutte contre la biopiraterie et l’extractivisme, et le peuple kurde. En 2015, nous avions remis le prix aux combattants peshmerga pour leur résistance, et en 2016 c’était Vandana Shiva qui lutte contre la biopiraterie. »

Les deux lauréats cette année sont le collectif Or de question et la militante autochtone Hindou Oumarou Ibrahim. Commençons par elle. Qui est-elle ?

hindou oumarou ibrahim portrait
© France Libertés

« C’est une jeune femme du Tchad. Elle est Peul Mbororo. C’est la coordinatrice de l’association des femmes peuls et peuples autochtones du Tchad. Elle a participé à sa création quand elle avait 15 ans. Elle est aussi représentante régionale du bassin du Congo au comité de coordination des peuples autochtones de l’Afrique, un comité qui regroupe 140 associations de 22 pays, et vice-présidente du Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique. »

Pour quoi lui décerner ce prix spécial Danielle Mitterrand cette année ? Quel est son combat ?

« Nous l’avons mise en lumière car son combat est très proche de celui de France Libertés. Hindou Oumarou Ibrahim œuvre pour la représentation des peuples autochtones au niveau international et pour la reconnaissance de l’importance de leurs savoirs traditionnels dans la lutte contre le changement climatique. Elle est très impliquée dans la lutte contre le changement climatique, pour la protection de l’environnement et pour le droit à l’eau. Et elle est très féministe. Elle travaille sur inclusion de femmes et le droit des femmes. »

Et Hindou Oumarou Ibrahim est également l’auteur de l’ouvrage « La fille peule autochtone du Tchad », qui décrit les conditions de vie difficiles des femmes au Tchad.

Le collectif Or de question est aussi à l’honneur cette année. Il se mobilise contre le projet de mine d’or Montagne d’Or en Guyane qui, si elle était construite, serait la plus grande mine d’or à ciel ouvert jamais construite en France. En quoi ce collectif est emblématique ?

« Il est emblématique car c’est un collectif d’organisations guyanaises. C’est une action de résistance citoyenne face à un projet d’extractivisme type. C’est un des risques les plus importants au niveau de la Guyane en termes de pollution des sols, des eaux, de l’air. Mais c’est aussi un risque en termes d’impact sur les populations locales. Ce sont les Guyanais qui vont être les premiers impactés, dont les peuples amérindiens. Et on n’a pas obtenu leur consentement. Les chefs coutumiers se sont réunis. 13 d’entre eux se sont opposés fortement au projet. Le conseil consultatif des peuples amérindiens a envoyé une lettre au président de la République pour s’opposer au projet. La CNCDH, commission nationale de consultation des droits de l’homme, a demandé un moratoire sur le projet. Tous les peuples de Guyane qui ont été appelés à s’exprimer ont montré leur opposition au projet. C’est pour cela que c’est emblématique. On considère à France Libertés que les peuples autochtones ont un droit à l’autodétermination, qu’ils ont le droit de choisir leur développement, qu’ils ont le droit de refuser les projets qui vont les impacter en premier lieu. On soutient le collectif car c’est un exemple type d’extractivisme et à aucun moment leur consentement n’a été demandé. »

Or de question contre la mine dor
© Or de question

Quel est l’impact de ce prix pour les combats des lauréats ?

« Cela dépend de chaque combat. Mais l’impact est bénéfique car cela permet à ce combat de prendre plus d’ampleur. Et cela permet de dénoncer plus fortement ce contre quoi ils s’opposent. Nous invitons des personnages politiques lors de la remise des prix et on répand la nouvelle qu’il y a encore des gens qui sont prêts à lutter contre certains projets et ils peuvent agréger plus de soutiens. »

Les deux prix Danielle Mitterrand seront remis le 18 novembre lors du lancement du Festival des solidarités à Paris.

Pour aller plus loin :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=Rl40Ng0f1wI]

 

 

Une société pacifiée est-elle encore possible ?

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couv fm bouddhisme dernière.blog pgfjpgPierre Guelff, journaliste, auteur et chroniqueur, a publié un essai aux Éditions Jourdan « Rencontres fraternelles avec Matthieu Ricard et le Dalaï-Lama ».

L’intérêt de cet ouvrage est de découvrir deux philosophies qui, à première vue, semblent aux antipodes, et, pourtant, elles se rejoignent pour proposer une société pacifiée et respectueuse de l’être et de l’environnement.

74ftTout d’abord, l’auteur présente les raisons qui l’ont poussé à écrire cet essai.

  • J’ai la faiblesse de croire que dans la société actuelle où la peur et le rejet de l’autre dominent, où les conflits guerriers restent par trop nombreux, où la violence au quotidien s’érige dans les habitudes au point que les autorités, impuissantes à la juguler, nous demandent de vivre avec l’idée d’un potentiel acte terroriste ou une agression en rue, dans le métro, à la poste, à la terrasse d’un bistrot, au stade…, l’hypothèse d’une société basée sur les préceptes de la Franc-Maçonnerie et du Bouddhisme était à envisager en urgence, et de l’exposer, comme j’ai tenté de le faire dans mon ouvrage.
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Rencontre du Dalaï-Lama et de Pierre Guelff.
  • Pourquoi la Franc-Maçonnerie et le Bouddhisme ?

– Parce que ce sont deux philosophies non dogmatiques. C’est essentiel comme postulat et, en définitive, un double exemple concret de solution pour une humanité en péril. Ce qui me désole dans ce contexte, d’où certaines parties de mon ouvrage, c’est l’amalgame fait entre Franc-Maçonnerie et « complotisme », Bouddhisme et drames humains en Birmanie, par exemple.

Sans nier des dérives fâcheuses, comme dans toute société humaine, j’ai la conviction que les préceptes prônés par la Franc-Maçonnerie depuis des siècles continueront de traverser le temps et l’espace, comme l’explique l’auteur Philippe du Bouleau : « La Franc-Maçonnerie est un courant d’idées que l’on peut appeler « humaniste » parce qu’il prend l’homme et le bonheur de tous comme une fin en soi et la tolérance comme premier moyen de perfectionnement individuel ». Quant aux actions violentes de certains bouddhistes relevées ces derniers temps, elles vont à l’encontre de tout ce que j’ai entendu et lu du Dalaï-Lama et de Matthieu Ricard qui ne cessent de clamer la compassion et la non-violence.

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Interview de Matthieu Ricard, dont « Fréquence Terre » fit écho.
  • Comment expliquer ces actions ?
  • Je relis les « Carnets » d’Albert Camus écrits de 1935 à sa mort, en 1960, et y ai trouvé une explication : « Le Bouddha prêcha une sagesse sans dieux et quelques siècles plus tard on le met sur un autel. » Mon livre n’a aucune vocation philosophique ou religieuse, mais il se veut le reflet de préceptes qui sont semblables, voire similaires, d’où la nécessité, pour moi, d’approfondir cette voie-là et de l’exposer. D’ailleurs, le Bouddhisme est de plus en plus analysé dans les loges et il y a mêmes des Sœurs ou des Frères y appartenant ou fréquentant, par exemple, une fraternelle les réunissant.
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Philippe Liénard, auteur et Haut Grade en Maçonnerie, interviewé par Pierre Guelff.
Regard sur la Franc Maconnerie et l Islam
L’un des récents ouvrages de Philippe Liénard a défrayé la chronique et suscité maints dialogues.

Philippe Liénard, Haut Grade en Maçonnerie, qui a écrit la remarquable préface de mon essai, précise : « Il me plaît de rappeler que ni l’une ni l’autre de ces mouvances ne sont des sectes, des religions ou des mouvements politiques. L’une et l’autre sont ouvertes, respectueuses, pacifiques et privilégient la liberté de pensée au « prêt-à-penser », dans un souci bienveillant d’épanouissement des êtres… » 

  • Pouvez-vous nous citer quelques similitudes que vous avez relevées entre ces deux philosophies non dogmatiques ?
  • Une précision avant de vous proposer des similitudes entre Franc-Maçonnerie et Bouddhisme : le terme « fraternelles » du titre de mon essai est à comprendre dans le sens de contacts professionnels effectués avec un esprit d’ouverture et de quête, et pas du tout de relations privilégiées avec le Dalaï-Lama ou Matthieu Ricard, quand bien même je mesure l’importance de les avoir rencontrés.
  • J’en viens à trois ou quatre citations maçonniques comparées à quelques-unes que j’ai enregistrées lors de mes rencontres avec le Dalaï-Lama. Ceci me paraît assez explicite pour corroborer l’hypothèse qui fait l’objet de mon essai.

    Préceptes maçonniques : « Ne fais point le mal, fais le bien. », « Réjouis-toi dans la justice ; courrouce-toi contre l’injustice… », « Pense que pour bien juger les hommes, il faut sonder les cœurs et scruter les intentions. » et « Obéis toujours à la raison. »

    Paroles du Dalaï-Lama : « La compassion n’est pas de l’indifférence, c’est s’engager au bien de tous les êtres. », « Face à la souffrance (des violences, guerres, différences majeures entre les riches et les pauvres…), il faut un changement qui ait un effet sur la société grâce à une collaboration entre le pouvoir et la bienveillance. », « Il faut aller au fond de nous, reconnaître que nous sommes des êtres humains identiques aux autres, se dire que l’humanité est commune et que l’on peut agir dans le monde si on s’ouvre à tous. » enfin « Fonder son chemin spirituel sur la raison me paraît aussi un bon cheminement. »

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