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Les villages, l’avenir du développement durable (rediffusion)

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© Notre Village Terre d'Avenir

Si la mise en place d’un Agenda 21 est devenu abordable pour les communes importantes, il n’est en revanche pas si aisé pour les collectivités rurales d’aborder le développement durable de manière concrète et adaptée.

C’est pour accompagner les communes souhaitant se lancer dans l’aventure que l’association « Notre Village Terre d’Avenir » a édité un « Guide des Bonnes Pratiques » des Agendas 21 dans les petites communes.

L’association entend ainsi promouvoir et maintenir la qualité de vie dans les villages qui souhaitent s’engager sur la voie du développement durable.

Pour conjuguer le social, l’économie et l’environnement, les communes rurales de moins de 3500 habitants peuvent ainsi rejoindre l’association Notre Village Terre d’Avenir. En étant ainsi labellisées, elles bénéficient d’une expertise pour pouvoir mettre en place à leur tour leur Agenda 21.

Comme pour n’importe qu’elle commune, plusieurs phases seront alors à programmer.

Il y a d’abord le temps du diagnostic à mener sur la collectivité, un inventaire qui va permettre d’identifier les forces et les faiblesses du territoire, puis de définir les domaines dans lesquels des actions pourront être envisagées. Des réunions publiques seront évidemment nécessaires afin d’associer le plus possible les habitants.

Un comité de pilotage doit ensuite se saisir du diagnostic et proposer des actions à mettre en place selon un calendrier à définir. Les fiches actions qui seront établies permettront d’obtenir le label de l’association.

Le guide des bonnes pratiques passe en revue tous les domaines du développement durable : l’énergie, les transports, la biodiversité, l’aménagement du territoire, mais aussi le social, la gestion des déchets, l’eau, le développement économique, les circuits courts, ou l’intergénérationnel.

Penser globalement pour agir localement

Organisé en fiches pratiques thématiques, le guide est un outil opérationnel qui ne fournit pas seulement des éléments de méthode, mais détaille également des exemples de bonnes pratiques, des idées pour agir, inspirées des expériences locales déjà conduites ailleurs.

On découvre ainsi comment mettre en place une chaudière bois à plaquettes pour chauffer des bâtiments publics, ou comment créer un réseau de pédibus pour desservir les écoles d’un village. La réalisation d’un éco quartier y est aussi détaillée, tout comme la réhabilitation d’un bâtiment agricole.

On peut aussi y puiser une méthode pour favoriser les circuits courts pour approvisionner une cantine et participer ainsi au développement économique des agriculteurs locaux. L’installation d’une station d’épuration à roseaux y est également expliquée, tout comme la récupération des eaux pluviales à l’échelle d’un village.

Pour chaque solution, les impacts environnementaux, économiques et sociaux sont soulignés. Mais les difficultés rencontrées au cours de la mise en œuvre des actions ne sont pas oubliées.

Au fil des ans, ce recueil d’expériences est amené à s’enrichir des nouvelles démarches initiées sur les différents territoires.

Pour aller plus loin :

  • Notre Village, Terre d’Avenir
  • Le Guide des Bonnes Pratiques

Pourquoi se donne -t-on si facilement bonne conscience ?

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Consommation et production responsables en 2030 : il nous reste exactement la même durée que celle qui s’est écoulée depuis que je m’intéresse à l’écologie, aux actions écoresponsables sans pourtant avoir vu un changement de comportement drastique. Comme le Titanic nous nous dirigeons droit vers l’obstacle pendant que l’orchestre joue. En musique , découvrez comment la petite comptabilité de nos comportements nous donne bonne conscience …

http://www.longitude181.org

Robert Doisneau : Et si l’on tentait le bonheur ?

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ft150DSC01404FTLa visite de la remarquable exposition « Robert Doisneau » au Musée d’Ixelles (Bruxelles), qui se tiendra jusqu’au 4 février 2018, a permis de découvrir ou de revoir quelque 160 photos, principalement en noir et blanc, de ce Paris et de sa banlieue « populaires » d’il y a six à huit décennies, bien loin du Paris « bling-bling » : des concierges, une famille du blanchisseur, une aimable vendeuse, une usine à Montrouge, la mariée de chez Gégène à Joinville-le-Pont, le célèbre baiser de l’Hôtel de Ville, des ateliers de peintres et de sculpteurs, une dernière valse un 14 juillet, un lavoir, des bouchers à l’écoute d’une accordéoniste, des écoliers… et, la toute première photo proposée s’intitule : « Les Pavés » qui date de 1929. Un clin d’œil à « Mai 68 » ?

DSC01414FTRobert Doisneau, qui vécut de 1912 à 1994, c’est soixante années de photographie et quelque 450.000 négatifs pour ce « pêcheur d’images » !

Sur place, son œuvre est expliquée : « En regardant le déroulé de l’exposition, un monde se dessine, qui n’a plus rien à voir avec le réel. Un mystère s’installe alors, infiniment plus intéressant. »

De quel mystère s’agit-il derrière toutes ces facettes d’une époque, d’une société et de ses acteurs ?

« Tous les personnages présents sur les photos et que certains nous connaissons bien, s’en sont échappés avec leur poétique bien particulière, pour rejoindre un monde totalement imaginaire.

Acceptons de quitter les rives de la réalité pour dériver, comme Robert Doisneau semble l’avoir fait lui-même, vers un univers de fiction. Proposition d’une divagation plus universelle, au cours de laquelle chacun est libre d’apporter son histoire.

DSC01415ft 1Il ne s’agit sûrement pas de s’abandonner à la réalité d’un quotidien grisâtre mais faire œuvre de résistance en tentant, malgré tout, le bonheur. »

Et, justement, un petit moment de bonheur est la visite de cette exposition.

 

Crédit photos : affiche et dépliants de l’exposition.

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De l’éco quartier à la ville durable : Un nouveau modèle urbain (rediffusion)

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Cela fait de nombreuses années que les éco quartiers et autres cités durables fleurissent un peu partout en France et dans le monde. Les initiatives se multiplient, parfois un peu dans leur coin, sans toujours se nourrir les unes les autres.

Les différentes villes qui se sont lancées dans le développement durable ont mis en place beaucoup de solutions, mais elles restent souvent à l’intérieur des quartiers. Elles relèvent, pourtant, la plupart du temps d’initiatives qui vont dans le bon sens.

La question aujourd’hui est : comment passer d’un quartier durable exemplaire à une généralisation pour l’ensemble de la ville ?

C’est l’objet d’un ouvrage intitulé « Du quartier à la ville durable, vers un nouveau modèle urbain ? »

Edité par le Comité 21, cet ouvrage de 164 pages dresse un panorama d’une centaine d’expériences concrètes, innovantes et transférables, menées dans les collectivités françaises et étrangères.

Pour Antoine Charlot, le responsable du programme Territoires durables du Comité 21, et auteur de cet ouvrage, « la ville durable ne peut se résumer à un cortège de maisons passives ou à la construction d’un éco-quartier. Elle doit représenter un changement radical du modèle urbain, qui doit dépasser les seules mesures environnementales ! »

Beaucoup d’exemples dans cet ouvrage, mais surtout pas de modélisation applicable à toutes les villes.

Chaque territoire, chaque commune, doit se construire en fonction de son contexte historique, politique, géographique, et en fonction de sa démographie. De Lille à Marseille, à un village isolé du Cantal, ou du Sénégal au Brésil, la ville durable ne sera pas la même, les enjeux seront différents, les solutions mises en œuvre, très spécifiques.

Il faut donc éviter les labels, mais construire SA ville durable en fonction de SON contexte.

Passer de l’éco quartier à la ville durable, doit se faire par une évaluation de ces expérimentations pour voir comment étendre les solutions à l’échelle d’une ville.

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© Comité 21

L’ouvrage du Comité 21 redonne les enjeux d’un nouveau modèle urbain. L’urbanisation n’est pas un phénomène récent, mais elle présente aujourd’hui une ampleur inégalée : foncier explosif, paysages sacrifiés, voiture nécessaire et omniprésente, exclusion sociale des centres urbains.

Pour contrer tous ces effets négatifs, l’ouvrage tente d’apporter des réponses concrètes et des pistes de réflexion. Il faut repenser la ville dans son ensemble sans se focaliser sur une seule activité.

Les élus doivent donc s’appuyer sur une stratégie globale qui concerne à la fois l’aménagement urbain et l’ensemble des politiques de la collectivité : l’éducation, la formation, l’emploi ou la solidarité.

Tous les acteurs de la ville doivent être mobilisés pour mettre en œœuvre cette stratégie : élus, architectes, urbanistes, sociologues, services publics, associations, ou encore spécialistes de l’énergie… et évidemment les habitants eux-mêmes.

Et comme il faut aussi s’inspirer de l’existant pour essaimer ailleurs, l’ouvrage du Comité 21 détaillent quelques expérimentations parmi les plus innovantes.

Initiative, par exemple d’un éclairage public modulé en fonction des lieux de la ville ou de l’heure de la journée, comme cela se fait à Oslo. Multiplicité de l’offre des transports collectifs, comme à Nantes, ou encore les jardins partagés, qui se développent largement et qui sont des lieux d’échange autour de la biodiversité.

Initiatives encore autour de la participation des habitants, comme à Porto Allegre, au Brésil ou à Echirolles, en Isère ; mixité sociale comme à Barcelone ; intégration de la nature dans la ville comme à Londres ou à Nantes ; maitrise de la consommation énergétique, comme à Francfort ou Los Angeles.

Tout cela contribue à penser globalement la ville à l’échelle du développement durable.

« Du quartier à la ville durable, vers un nouveau modèle urbain ? », un ouvrage du Comité 21 pour réfléchir à des nouveaux usages, valoriser les pratiques, valoriser la ville.

 

Pour aller plus loin :

 

Montagne d’or : une destruction environnementale, sociale, culturelle

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© Naturerights

Un pillage économique, une destruction environnementale, sociale, culturelle et institutionnelle. C’est en ces termes que le Tribunal international des droits de la nature a jugé le méga projet de mine d’or en Guyane, Montagne d’or.

C’est les 7 et 8 novembre à Bonn, en marge de la COP23, que ce Tribunal s’est réuni. Dans sa décision, le juge a recommandé la suspension immédiate du projet Montagne d’or et tiendrait l’Etat français pour responsable s’il venait à l’autoriser.

Ce Tribunal international des droits de la nature est une juridiction citoyenne créée par des ONG, qui s’est donné pour mission de proposer une alternative à la protection environnementale. Avec deux associations guyanaises, Maiouri Nature Guyane et Jeunesse autochtone de Guyane, France Libertés a porté le cas de Montagne d’or devant cette juridiction. Que souhaitiez-vous mettre en lumière ?

« C’est un tribunal citoyen qui s’inscrit dans une autre démarche de droit : les droits de la nature. Pour nous c’était important, dans notre mobilisation contre ce projet, de mettre en avant ces droits de la nature qui sont peu étudiés par le monde politique et la société civile. Ce sont encore des droits en construction. On a pu porter à l’attention des juges les différentes conséquences qu’aurait, selon nous, ce projet sur les écosystèmes et comment cela atteindrait les droits de la nature. »

Les droits de la Terre Mère violés

Le tribunal demande la suspension immédiate du projet. Pour quels motifs ? Quels manquements aux droits de la nature le juge a-t-il pointé ?

« Le tribunal a demandé la suspension car, pour lui, il y a un danger clair et spécifique de violation de ces droits de la nature. Cela viole essentiellement les droits de la Terre mère et particulièrement l’article 2. Cela comprend le droit de la nature à régénérer sa bio-capacité et à maintenir ses équilibres vitaux. Cela inclut aussi le droit à l’eau, le droit à un air pur et le droit d’être exempt de toute pollution. Les juges ont compris les différents enjeux autour de ce projet puisque, de par le gigantisme de ce projet, les conséquences environnementales sur les écosystèmes seraient très importants. Cela viendrait bouleverser ce droit à l’eau, à l’air pur et finalement bouleverser les équilibres. »

Le jugement attire aussi l’attention sur les droits des peuples autochtones.

« Au tribunal, nous avions comme témoin Christophe Pierre, qui est Amérindien Kali’na de Guyane. Il a mis en avant les relations que son peuple, et en général les peuples amérindiens de Guyane, entretiennent avec la nature. Il a pu souligner l’harmonie qu’il y a encore entre ces peuples et la forêt, mais aussi tous les fleuves guyanais et notamment l’Amana. C’est une rivière très importante d’un point de vue spirituel pour ces peuples. Elle serait mise en danger par le projet Montagne d’or. Cela a beaucoup touché les juges de voir cette relation particulière entre peuples autochtones guyanais et nature. Il est clair que le projet pourrait violer leurs droits fondamentaux, et notamment mettre en danger leur subsistance en polluant la forêt et les rivières. »

Or de question contre la mine dor
© Or de question

Le jugement dénonce également le modèle économique du projet, qui exclut, de fait, toute autre activité pour la région.

« Ce point-là est revenu très souvent dans les différents cas qui étaient portés à l’attention du tribunal les 7 et 8 novembre. Toute activité extractive, que ce soit une activité minière, une exploitation pétrolière ou un barrage va perturber les écosystèmes et tout le tissu social qu’il y a dans cette zone. Cela va mettre en péril le tourisme, en défigurant les paysages. Et cela va mettre à mal toutes les pratiques agricoles de par la pollution. Cela vient bouleverser toute l’économie locale. »

La suspension immédiate du projet est demandée par le tribunal qui tient l’Etat français pour responsable des dommages que la mine pourrait provoquer. Qu’est-ce que cela veut dire ?

« C’est un cas préventif. Le projet Montagne d’or, pour le moment, n’est qu’à sa phase d’exploration. Le tribunal a dit clairement que, si le gouvernement venait à donner les autorisations pour exploiter le filon de l’or sur Montagne d’or, alors ce serait l’Etat français qui serait responsable de toutes les conséquences environnementales, sociales, climatiques que cela engendrerait. C’est pour cela que c’était important pour nous de présenter ce cas maintenant, en préventif, pour que cela vienne alimenter les débats qu’il y aujourd’hui autour de ce projet pour le stopper à temps. »

Les associations parties prenantes de ce procès, dont France Libertés, se réjouissent de ce jugement qui reste toutefois symbolique. Quelle portée peut-il malgré tout avoir ?

« C’est effectivement symbolique. Mais c’est déjà très fort pour nous. Cela conforte nos positions et cela vient donner de la visibilité au cas Montagne d’or à l’international. La société civile, les citoyens qui étaient présents sont maintenant conscients de ce projet qui a lieu sur le territoire français. Et cela met en éclairage ces droits de la nature qui sont plus forts car cela nous met dans une autre relation à la nature. On la considère comme un sujet de droit. Le plus gros reste encore à faire. Mais ce sont des éléments positifs qui viennent crédibiliser notre lutte puisque ce sont des experts qui ont tranché via un dossier assez conséquent et via les témoignages entendus pendant la séance. »

Emmanuel Macron doit prendre ses responsabilités

Quelles suites attendez-vous maintenant des différents acteurs du projet et notamment du gouvernement ? Emmanuel Macron s’est encore récemment clairement prononcé en faveur du projet lors de son voyage en Guyane. Qu’attendez-vous du Président de la République ?

« Ce que l’on attend c’est qu’il écoute la population beaucoup plus fortement. En Guyane, le mouvement contre Montagne d’or grandi. A l’international, cela va grandir aussi. Nous avons eu plusieurs ralliements à cette cause via les juges et d’autres membres éminents de la société civile internationale. Il faut avoir en tête que ce projet est complétement climaticide. Il ne permettrait pas à la France de tenir ses engagements climatiques. Monsieur Macron ne cesse de se mettre en avant sur ses positions environnementales et climatiques très fortes. On voit que, sur Montagne d’or, il n’est pas en accord avec ce qu’il dit sur la scène internationale. Il est temps qu’il prenne ses responsabilités et qu’il n’autorise pas ce projet, qu’il l’arrête de suite. Plus globalement, il faut qu’il déclare un moratoire sur l’exploitation minière à grande échelle en Guyane, car cette exploitation ne permettra pas de relever les défis climatiques qui sont à relever le plus rapidement possible. »

Pour aller plus loin :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=z786QXBKRL4]

 

 

 

Europe, glyphosate et Riccardo Petrella : « S’indigner ne suffit pas ! Révoltons-nous ! »

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Oui de l’Europe aux lobbys Monsanto-Bayer (Document Internet).

ft150 4Peu avant que l’Europe, à une faible majorité, dise oui à la prolongation du glyphosate pour cinq ans, grâce aux lobbys Monsato-Bayer, n’en doutons pas, et que, en réaction, le ministre fédéral belge de l’Agriculture proposait son interdiction aux particuliers dès 2018,  Riccardo Petrella, politologue et économiste italien, avait accordé une très importante interview au magazine « POUR »[1], qui a autorisé « Fréquence Terre-RFI » à en reproduire quelques extraits dans le cadre d’un partenariat entre médias qui œuvrent au nom d’une presse libre et indépendante.

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Ricardo Petrella (Photo POUR)

 Riccardo Petrella a fondé le Comité international pour un contrat mondial de l’eau qui pose comme principe que l’eau est un bien commun et que le droit à l’eau est un droit inaliénable, individuel et collectif.

Plutôt que de longs discours, voici sa réponse à la question de « POUR » concernant la mobilisation citoyenne face à la destruction de la planète :

 

« Une des caractéristiques fondamentales du vivre-ensemble à l’heure actuelle, c’est que les groupes sociaux dominants ne veulent pas vivre ensemble. Pourquoi ? C’est parce qu’ils ont désormais adopté une conception de la vie fondée structurellement sur l’inégalité entre les êtres humains. Ils ont jeté aux orties la Déclaration universelle des droits humains. Ils n’y croient pas. Ils n’y croient plus. Ils pensent que les gens sont inégaux, naissent inégaux, restent inégaux. Et si nous naissons inégaux, nous sommes destinés à mourir inégaux.

Et cette idée est inscrite presque dans l’âme des groupes sociaux dominants, qui ont comme pensée que la valeur de toute chose, y compris des êtres humains, dépend de sa contribution à la création de richesses pour le capital investi. Si quelqu’un ne contribue pas à créer de la richesse pour le capital investi, il ne vaut rien. Rien du tout. Nous sommes tous désormais des terminaux de production… Et c’est dans ce contexte, donc, que les inégalités explosent…»

DSC01392ftAlors, indignons- nous ?

« Cela ne suffit pas, je dis : « Habitants de la Terre, debout ! » Les dominants actuels n’ont pas de légitimité de pouvoir. Ils sont en train de détruire la vie sur la planète, ils sont en train d’augmenter les inégalités entre les gens, et ils sont en train de réduire la valeur immense de la vie dans sa multiplicité, à un seul mot : rentable ».

Cela, c’est un crime. Nous sommes aujourd’hui en droit de prétendre que nous devons enlever le droit de gouverner la planète à tout cet ensemble de prédateurs qui sont, à partir des marchés financiers, les opérateurs qui transforment tout en produits rentables. Ils n’ont pas le droit. Révoltons-nous ! »

C’est un tout petit peu ce que vient de faire le ministre belge de l’Agriculture en demandant l’interdiction du glyphosate aux particuliers. Un tout petit peu, car, en attendant, ce poison mortel continuera ses œuvres de destruction dans les champs durant un lustre…

 

[1] « POUR » N°3, Michel Gevers et Jean-Claude Garot, journalistes, novembre, décembre 2017 et janvier 2018  www.pour.press

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Entretien exclusif : « L’Opus Dei : sainte mafia, secte ou chemin de sainteté ? Un lobby multinational ! »

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ft150 4Depuis des décennies, des rumeurs particulièrement négatives continuent de jeter un certain trouble quant au fonctionnement démocratique de l’Opus Dei ou Prélature de la Sainte Croix, ordre catholique romain fondé par Josemaria Escrivá de Balaguer en 1928. Il est composé de laïcs et de prêtres et promeut, entre autres, la sainteté au milieu du monde. Il comptait quelque 90.000 membres dans plus de soixante pays en 2013[1].

Néanmoins, cet ordre présente une image sulfureuse et réplique aux accusations et polémiques par son souci de discrétion, qu’il ne serait pas question de sacrifices corporels comme décrits par d’anciennes « victimes » mais de discipline qui règne de manière stricte en son sein, que les financements occultes, eux, ne seraient que des dons…

Alors, où en est-on depuis notre reportage sur ce sujet en mai 2016[2] ?

Philippe Liénard, avocat, auteur et conférencier, publie en janvier 2018 un ouvrage consacré à l’Opus Dei (Éditions Jourdan) et « Fréquence Terre-RFI » a pu, en exclusivité, recueillir ses impressions lors d’une longue interview, alors que l’encre de cet essai était à peine séchée…

En voici de larges extraits, la totalité de ladite interview étant reprise, ci-dessous, en podcast. Désolé pour certaines interférences dans le son.

– Que signifie Opus Dei ?

  • En latin, c’est « Œuvre de Dieu » et lorsque ce mouvement est né en 1928, il s’appelait la « Pieuse union ».
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Opus Dei, sainte mafia, secte, chemin de sainteté ? de Philippe Linéard (Éd. Jourdan).

– Quel est le contenu de votre ouvrage et en quoi se différencie-t-il des nombreux livres déjà parus sur cet ordre ?

  • Les ouvrages déjà publiés sont, ou bien des témoignages de personnes ayant fait partie de l’Opus Dei et racontent des choses peu agréables sur ce sujet, ou bien des livres qui bénéficient de l’accord de la Prélature de la Sainte Croix et ne sont, alors, intéressants que pour ceux qui sont déjà convaincus. Mon livre ne veut ni balancer des choses à la tête de l’Opus Dei ni l’encenser, mais il s’agit d’un ouvrage de philologie (critique littéraire, historique et linguistique) « déconstructive » qui va à la racine des choses, qui explique d’où vient l’Opus Dei, comment il s’est ramifié, pourquoi il s’est développé, ce qu’il fait, quel est son pouvoir réel, quelles sont ses relations avec les francs-maçons, son rôle et son projet pour la société de demain.

– Précisément, lors de notre enquête en mai 2016, une réaction allait dans ce sens : « C’est bien de publier cela, mais il faut aller à la base et aux racines, donner la parole aux gens qui en ont été membres, ça c’est important ! »

  • Pour ma part, il m’a paru intéressant de consulter l’annuaire pontifical et de savoir qui sont les membres et les proches de l’Opus Dei, car ce dernier véhicule tout un tas de coopérateurs et ratisse extrêmement large. Il n’est pas exclu d’y être franc-maçon, musulman…, et c’est une force qui lui permet de bénéficier d’une force de pénétration culturelle, sociologique, économique et politique qui peut être inquiétante. Ainsi, peu de gens savent que l’un des pères fondateurs de l’Europe, Robert Schuman, était très proche de ce mouvement. Peu de gens se doutent que le pape actuel, François, n’a pu être élu sans le concours de l’Opus Dei et sans une sorte d’accord préalable. Ce n’est pas par hasard que son prédécesseur a, pour la première fois dans l’histoire de la papauté, abandonné son trône pontifical. Ceci n’empêche pas l’Opus Dei d’être en régression et ça, on ne le dit jamais !
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Philippe Liénard au micro de Pierre Guelff.

Le nombre de prêtres, de numéraires (célibataires qui vivent dans des centres de l’Opus Dei) et de surnuméraires (environ 65%, mariés) de l’Opus Dei diminue, par contre, le nombre de coopérateurs augmente.

– Une explication ?

  • Parce que l’Opus Dei fait un peu comme l’extrême droite en France, qui se donne un visage de parti politique « normal ». L’Opus Dei a engagé des communicants de telle manière qu’il se donne un visage fréquentable et normal.

– Peut-on parler le lobby, que l’on retrouve sur certains campus universitaires pour embrigader des étudiants, par exemple ?

  • Créer des résidences d’études est l’une de leurs techniques et il y a en a des centaines !

– Et la chape qui surplombe sur cet ordre, qu’en dites-vous ?

  • Cette chape n’est pas surprenante. Dans la constitution de l’Opus Dei, ses membres sont tenus au secret et il est respecté. Et puis, l’Opus Dei garde un lourd secret, mais l’ordre échappe aux règles de la hiérarchie ecclésiastique car c’est une prélature personnelle du pape et n’a donc à rendre compte qu’à lui et à personne d’autre ! À la tête se trouve un prélat qui dirige l’ordre d’une main de fer.
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Mgr Ocáriz (Document Opus Dei).

C’est peut-être un scoop que je vais vous dire, mais la première fois dans l’histoire l’actuel prélat est Mgr Ocáriz, un Français, né à Paris, cela n’était jamais arrivé !

– Un pouvoir au sein de l’Église ?

  • C’était clairement un pouvoir avec une grosse influence sur l’Église sous le pontificat de Jean-Paul II, qui en était extrêmement proche et qui, je pense, ne serait pas devenu pape sans le concours de l’Opus Dei.

Lors de son pontificat, il a eu le temps de mettre en place une présence extrêmement importante de l’ordre au sein de la curie romaine. Son successeur a continué le mouvement, ils étaient d’ailleurs très proches et, aujourd’hui, la question de savoir si l’Opus Dei est une Église dans l’Église ou un pouvoir dans l’Église, je n’ai pas objectivement de réponse parce que j’ai plus envie de vous dire que l’Opus Dei s’est transformé en une sorte de lobby multinational économique de pression spirituelle et pas qu’au sein du Vatican ! L’Opus Dei a largement dépassé les simples objectifs apostoliques de celui-ci !

– Leurs bâtiments ne sont pas des HLM ! Qui finance l’Opus Dei ?

DSC01379ft150– Votre question est un peu délicate. Officiellement, l’Opus Dei ne possède rien et est pauvre, c’est dans ses statuts. Donc, tout ce qu’il possède c’est par l’intermédiaire de fondations, d’associations… D’où vient son argent ? C’est nébuleux, mais voici quelques exemples : Juan Antonio Samaranch, un ancien président du Comité Olympique International, était proche de l’ordre et des droits de diffusion des activités olympiques, des grosses rentrées, bénéficiaient à l’Opus Dei. Des cent quatorze voyages que Jean-Paul II a faits dans le monde, une partie des produits dérivés de sa personne vendus à ces occasions bénéficia indirectement à l’Opus Dei. Les coopérateurs peuvent effectuer des dons. Certains sont conséquents puisqu’ils sont issus d’hommes d’affaires importants.

Il est donc clair que l’Opus Dei possède des bâtiments extraordinaires. À New York, par exemple, son siège est un immeuble cossu de dix-sept étages. Et, pendant ce temps-là, des communications de l’Opus Dei font état de difficultés financières…

– Quelle idéologie ou philosophie se cache derrière l’Opus Dei ? L’élitisme ?

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Philippe Liénard.
  • Oui, au début, mais il est descendu dans les couches sociales pour recruter de manière plus large. Son projet de société est celui d’une société d’obéissance où la liberté de pensée n’existe pas, où on a un directeur de conscience et tout le monde travaille sans se plaindre en écoutant ce que le chef hiérarchique a décidé. C’est une société liberticide !

 

[1] « La Libre Belgique », 2013.

[2]  « Littérature sans Frontières » sur « Fréquence Terre », 22 mai 2016.

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A la poursuite de votre futur !

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Retrouvez dans cette chronique dans le désordre: environnement et  désastres, écologie et science-fiction, Georges Clooney et …vous ! Une chronique qui avec le concours d’un blockbuster tente de répondre à la question de l’inertie, de l’absence de réaction qui nous caractérise quand nous fonçons droit dans le mur …Cela vous concerne? non? Faites écouter autour de vous !

www.longitude181.org

L’art des « fous » : « Coupures » de François Rachline (Albin Michel)

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ft150 3« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Une fois n’est pas coutume, une grande lectrice de romans nous fait part de ses impressions concernant un livre. À savoir, « Coupures » de François Rachline (Albin Michel).

9782226402011 j« Après un premier tiers de roman assez descriptif quant aux personnages et à l’environnement, le lecteur apprend qu’Else, une bourgeoise de la fin du XIXe siècle qui possède beaucoup de talents artistiques, est promise à une belle carrière en tant que chanteuse.

Lors d’un déplacement en Allemagne, elle achète des friandises chez un apprenti confiseur, Wilhelm, qui tombe follement amoureux d’elle au premier regard. Le roman est littéralement lancé !

Hélas, Else souffre de démence précoce et est internée, mais l’artisan la retrouve. Le confiseur a compris qu’Else, qui ne lui est pas destinée vu la différence de classes sociales, est une sorte de génie, alors que pour l’entourage de la jeune femme et ses soignants, elle n’est qu’une folle précoce.

Wilhelm se fait engager dans le milieu psychiatrique pour que le talent d’Else soit reconnu, même et surtout après sa mort.

Et, pourquoi le titre « Coupures » à ce roman peu ordinaire ? Parce qu’elle dessinait de grands billets de banques.

Plus tard, ses réalisations influenceront de grands peintres, dont Picasso, et, bien entendu, certains psychiatres.

Un mouvement planétaire était né : l’art brut ou « l’art des fous » ! »

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Artisans, techniciens, ouvriers spécialisés… : la société en manque tellement !

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ft150 2Le phénomène n’est pas nouveau : l’enseignement technique, technologique et professionnel est considéré comme un parent pauvre par les « têtes pensantes » de l’Éducation et des « spécialistes » ès pédagogie, depuis des décennies. Il est souvent regardé de haut et il est conseillé aux étudiants que ces penseurs considèrent comme « inaptes » à entreprendre des études supérieures débouchant souvent, les statistiques le prouvent, sur des culs-de-sac appelés désillusions et chômage, alors que des métiers ont un besoin urgent de personnel.

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Compagnons du travail (Document Internet)

Pour rappel : on distingue le métier de la profession en associant les activités dites manuelles aux métiers et les activités dites intellectuelles aux professions. Tout est dit dans cette définition ! Comme si un métier ne relevait pas d’une certaine intelligence, en somme ! Pourtant, comme le soulignent les brillants Compagnons du Travail qui, depuis des siècles, érigent des bâtiments et infrastructures exceptionnels, « la main est la prolongation de l’esprit » !

Il ne faut pas donc pas nier que chirurgien, juge, interniste, avocat, notaire, professeur d’université, dentiste, pharmacien…, sont davantage conseillés que bronzier, charpentier de marine, dessinateur industriel, ingénieur aéronautique, maroquinier, tailleur de pierre, verrier…

Récemment[1] un reportage à Amiens sur l’école des Jésuites « La Providence » fréquentée par le président de l’État français, Emmanuel Macron, et François Ruffin, membre de la « France insoumise » dit le « Robin des bois » par comparaison au « président des riches », attira mon attention :

– « La Providence », c’était et ça reste une école de gens aisés. Une école de classes. Depuis qu’une filière professionnelle a été intégrée, la mixité a été encouragée. Mais ça ne veut pas dire le brassage. Les classes populaires continuent de fréquenter davantage l’école technique, expliquait un ancien professeur. Deux France, deux mondes se croisent déjà ici, concluait le reportage.

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Cours d’ajustage.

En Belgique, même constat. Il y a quelques années encore, un très important institut d’enseignement technique et professionnel situé dans la capitale de l’Europe, comptait plusieurs écoles en son sein : Mécanique et Électricité, Industrie graphique, Industrie du Bois et de la Peinture, Bijouterie et Joaillerie, Prothèse dentaire…, en cours du jour et du soir, avec des dizaines de spécialisations, soit 5.000 étudiants pour une six écoles distinctes, chacune ayant une direction autonome, le tout chapeauté par une direction générale. Sur l’ensemble directeurs/trices, un seul était issu de l’industrie, les autres étaient des professeurs de langues, de mathématiques, de cours généraux.

Dès lors, les rapports étroits avec les industriels et les décisions à prendre quant aux commandes de matériel et à l’orientation vers de nouvelles sections, reposaient, tant bien que mal, sur des sous-directeurs et chefs d’ateliers, tous, bien entendu, issus de l’industrie mais aux pouvoirs administratifs et décisionnels plus que limités.

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Minuterie de caméra astronomique fabriquée par des étudiants de l’enseignement technique.

Le résultat ne s’est pas fait attendre des décennies : cette école technique prestigieuse a périclité en quelques années et il ne restait que 800 étudiants en tout et pour tout en 2016 !

Une récente étude au niveau francophone belge sur l’état de l’enseignement est catastrophique : un jeune bruxellois entre 18 et 24 ans sur cinq et un jeune wallon de la même tranche d’âge sur six n’est ni à l’école ni au travail ni stagiaire !

Une des causes avancées par le sondage est le taux élevé de jeunes qui quittent le secondaire sans qualification valorisable, une autre dans le commentaire suivant :

« Les Pouvoirs Organisateurs, vu que les redoublements coûtent cher, demandent que l’élève passe à tout prix. C’est ainsi que nous avons des troupeaux serrés d’analphabètes qui sont titulaires d’un diplôme ne valant rien de plus qu’un « chiffon de papier ». C’est l’échec de l’école de la réussite. Un diplôme poubelle à tout le monde comme cadeau électoral. Bientôt il faudra deux diplômes universitaires pour être crédible ».

Si ceci ma paraît excessif, le suite nous ramène directement avec notre sujet, avec cette proposition : « Le problème vient du fait que de plus en plus de jeunes sont diplômés et se désintéressent du travail manuel, alors qu’il manque des bouchers, des mécaniciens, des boulangers, des soudeurs. Je pense particulièrement aux établissements techniques et professionnels. Un enseignement en prise directe avec le monde du travail serait plus motivant pour les jeunes. L’école devrait s’adapter au monde du travail, en allongeant notamment les périodes de stage, souvent trop courtes actuellement. »

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Larbi Adouane.

9782414132430Et, il ne faut surtout pas croire que le Vieux Continent a le monopole du dénigrement de l’enseignement technique et professionnel, la lecture attentive de l’ouvrage consacré à ce sujet par l’auteur algérien Larbi Adouane[2], ancien proviseur d’un Collège technique est éclairante à plus d’un titre !

« Les anciens élèves et professeurs des technicums, de Béjaia (importante ville de Kabylie) en particulier, tout citoyen soucieux de l’état de déliquescence de notre système éducatif sont invités à prendre connaissance et à ouvrir un débat. Le système éducatif en vigueur est en violation du projet de la commission Benzaghou où l’enseignement technique avait toute sa place. Il devait être réformé mais pas supprimé et les filières « Traitements numériques » actuelles ne peuvent se substituer à l’enseignement technique. »

Tout est dit !

tout ce qui parle 728x90 1 5

 

[1] « Le Soir », octobre 2017.

[2]  » L’ENSEIGNEMENT TECHNIQUE, CE MAL AIME », EDILIVRE, 2017.