La plus grande mine d’or à ciel ouvert pourrait voir le jour en Guyane. Montagne d’or, c’est son nom, suscite les inquiétudes et la mobilisation des associations locales et de plusieurs ONG.
Entre risques environnementaux et droits humains malmenés, ce projet ne provoque pas l’adhésion des populations. D’autant que les promesses d’emploi, on l’a vu la semaine dernière, restent hypothétiques.
- Avec Marion Veber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés
La Fondation France Libertés était en Guyane au mois de septembre, et a pu rencontrer les associations locales, mais aussi les représentants des entreprises. Première petite victoire : un débat public va avoir lieu sur le sujet, à partir de mars 2018. Le débat va-t-il pouvoir être posé honnêtement ?
« Nous sommes très content de ce premier pas car la compagnie avait demandé un débat organisé par l’entreprise elle-même. Cela biaisait d’emblée le débat. Heureusement, France Nature Environnement a saisi la commission nationale de débat public qui a décidé qu’il était préférable d’avoir un débat public organisé par une commission particulière avec des experts neutres, au vu de l’ampleur du projet de ce ses conséquences possibles. Les experts vont organiser l’information de la population en Guyane sur plusieurs mois, avec l’objectif qu’aucune question posée par la population ne soit sans réponse. L’objectif est que l’entreprise réponde à tous les enjeux et que la population puisse se faire son avis après ces longs mois d’échanges. C’est vraiment une première victoire car cela va permettre de poser clairement les enjeux avec des experts neutres. »
Quel est la responsabilité de l’Etat français dans ce projet ? D’un côté, il y les discours déterminés sur la protection de l’environnement et la lutte contre le changement climatique, et de l’autre, cette main tendue aux industriels qui vont sacrifier une partie de l’environnement de notre territoire. Quelle est la cohérence ?
« C’est ce que l’on dénonce dans des tribunes et lorsque l’on a l’occasion de rencontrer les pouvoirs publics. Le gouvernement s’affiche très fortement dans cette après Cop21, dans cette mouvance d’action en faveur du climat. Il y a eu le discours devant l’assemblée générale des Nations-Unies. Il y a un affichage pour le climat, la France qui donne des leçons, qui s’affiche comme étant en avance. Mais en même temps, elle ne tranche pas du tout, et notamment le ministère de l’environnement, sur cet énorme projet de Montagne d’Or. Il y a un réel double discours. Il faut vraiment que le gouvernement prenne ses responsabilités et comprenne que cela pose la question de la crédibilité. Quelle crédibilité la France va avoir à donner des leçons d’écologie si elle accepte ce projet titanesque qui sera en plus la porte ouverte à de nombreux projets de la même ampleur. Rappelons que le projet se situe en plein cœur de l’Amazonie, poumon de la planète, entre deux réserves intégrales de biodiversité. Donc la France devrait vraiment refuser cette implantation. C’est ce que nous demandons : l’arrêt immédiat de ce projet, mais également de tout projet de ce type sur le territoire guyanais au regard de cette exceptionnelle biodiversité. »

L’arrêt du projet, c’est ce que la Fondation entend défendre auprès des autorités. Quelle réponse avez-vous en retour ? Quel argument vous est opposé ?
« Ce que l’on nous rétorque, c’est ce mirage de la mine responsable, mine verte, qui est fortement mise en avant par l’entreprise et par les politiques. Pour nous, la mine verte n’existe pas. Elle a forcément des impacts. Quand on lit les premières études faites par l’entreprise, on voit que le cortège d’impact est gigantesque, notamment sur la faune, dont des espèces protégées. Il faut vraiment que la France prenne ses responsabilités et fasse de ce projet un projet emblématique de son engagement pour le climat. »
Et pour mettre en lumière le combat des associations locales, le collectif Or de question recevra de la part de France Libertés, le 18 novembre prochain, le prix Danielle Mitterrand.
« Le collectif Or de question regroupe plusieurs structures guyanaises. On salue leur action d’information de la population en Guyane, mais aussi le fait qu’ils soient inscrit dans cette radicalité de refuser le projet. C’est ce qui fait échos aux actions de la Fondation en ce qui concerne l’extractivisme. »
Pour aller plus loin :
- Projet de mine d’or en Guyane : France Libertés publie son avis défavorable
- Montagne d’Or, un désastre annoncé pour la Guyane
- Collectif Or de question
- Interview de Pascal Canfin WWF : Montagne d’or Colombus Nordgold en Guyane.
- Les lauréats du prix Danielle Mitterrand 2017
- Le pharaonique projet minier de la « Montagne d’or » en Guyane mérite bien un débat public
- Emmanuel Macron confirme son soutien au désastreux projet de mine en Guyane
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=LBRC21F4Jj4]
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Pour illustrer de manière concrète la présente chronique consacrée à l’ouvrage de Stéphanie Marie « Ayurvéda pour tous ! » (Albin Michel), voici le témoignage de Paul, septuagénaire :
N’empêche, il rejoignait en quelque sorte des impressions ressenties à la lecture de l’ouvrage de Stéphanie Marie, dont le sous-titre est « : « Une pratique millénaire enfin accessible ».




De pauvres hères qui ramassent du bois mort dans une forêt appartenant à un nanti et qui sont massacrés à coups de gourdins pour ce prétendu vol, des enfants qui triment et crèvent dans les usines sous le regard méprisant de patrons inhumains se pavanant dans le luxe, une femme qui perd ses doigts à une machine pour, peut-être, une seconde d’inattention, tant elle est épuisée…, ce sont, entre autres, ces exemples mis en lumière dans « Le jeune Karl Marx », le film de Raoul Peck dont l’action se déroule principalement au milieu du XIXe siècle.




« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Une histoire qui s’étire de 1883 à 1945 et qui a pour principal personnage Valturno Palazzi, compagnon du travail, victime du despotisme de son père qui décide de confier à l’aîné de ses sept enfants la gestion d’un domaine de 300 hectares de vignes à San’t Ambrogio de Valpolicella. Il y chasse Valturno avec l’ordre formel de gagner la Lorraine. Ce qu’il fait, malgré son attachement à la belle Giulietta et l’enivrante et inoubliable fragrance de fleur d’oranger nichée dans sa nuque et entre ses seins qui, après avoir promis de le suivre, disparut de la circulation sur le chemin vers la France.



En voyant l’état désastreux de notre environnement, je me suis dit qu’Albert Camus était un fameux visionnaire quand, en 1947, il y a donc juste soixante-dix ans, dans son « Carnet V », il écrivait déjà :
On peut envisager le jour où la silencieuse création naturelle sera tout entière remplacée par la création humaine, hideuse et fulgurante (…), bruissante d’usines et de trains, définitive enfin et triomphante dans la course de l’histoire, ayant achevé sa tâche sur cette terre qui était peut-être de démontrer que tout ce qu’elle pouvait faire de grandiose et d’ahurissant pendant des milliers d’années ne valait pas le parfum fugitif de la rose sauvage, la vallée d’oliviers, le chien favori. »


« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Tout comme la présentation de ce « Frère et sœur » d’Esther Gerritsen paru chez Albin Michel, proposée de manière inaccoutumée dans la présente rubrique : l’avis autorisé d’une lectrice :