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Rythme cardiaque : que de morts subites et pathologies graves !

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« Rythme cardiaque, rythme de vie » du Pr Scavée, Éditions Mardaga.

ft150Christophe Scavée est cardiologue et professeur d’université[1], mais, surtout, spécialiste de réputation internationale en rythmologie. Il vient de publier un ouvrage[2] à l’heure où, dans le monde entier, l’alerte est donnée sur le nombre impressionnant de morts subites et accidents cardio-vasculaires majeurs.

Certes, on sait que le cœur est l’organe vital par excellence, mais, jamais, semble-t-il, il n’en a été autant question ces derniers temps : des dizaines de morts subites quotidiennement (130 en France, 30 en Belgique…), pas seulement chez les nourrissons, décès de jeunes sportifs lors de compétitions, tel le cycliste Michaël Goolaerts au récent Paris-Roubaix, aorte défaillante du roi Albert II, cri d’alarme lancé par des centaines de spécialistes sur les effets cardio-vasculaires de la pollution atmosphérique dans les villes…, au point que se succèdent des campagnes de prévention : Semaine du Rythme cardiaque en Belgique, Journée Mondiale du cœur, Parcours du Cœur en France dans près de 1.000 villes avec quelque 200.000 participants… C’est dire l’ampleur de ce « fléau » !

  • La situation semble devenir de plus en plus préoccupante au niveau des morts subites. Corroborez-vous ce diagnostic ?
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Le professeur Christophe Scavéee, cardiologue et rythmologue de réputation internationale, au micro de « Fréquence Terre ».

La mort subite cardiaque (MS) a toujours existé et n’est pas un phénomène nouveau. Elle peut toucher toutes les tranches de la population. Les statistiques vont de 0,1 à 0,2% avec, bien entendu, des pics d’incidence chez les personnes âgées et surtout à partir de 35 ans. Rappelons que la MS d’origine cardiaque est une mort naturelle et représente à peu près 13% du total des morts naturelles et la moitié des morts d’origine cardiaque.

Pacemakers et cœurs artificiels

  • D’un autre côté, que de progrès avec la miniaturisation poussée des pacemakers et même de sérieux espoirs fondés dans le cœur artificiel pour prolonger de manière significative l’existence de cardiaques considérés en fin de vie.
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Évolution de la grandeur du pacemaker, à présent de la taille d’une pièce de 20 cents.

Le pacemaker ou stimulateur cardiaque est un petit appareil électronique que l’on implante chez les patients dont le rythme est trop lent et il prolonge leur vie. Actuellement, il existe des stimulateurs cardiaques de la taille de 1 à 2 cm maximum. Ils sont donc faciles à implanter chez des personnes âgées, et c’est surtout une fantastique évolution qui va dans le sens de l’amélioration des soins de santé.  Les progrès vont aussi dans le sens de la réparation d’un cœur qui est en partie détruit. On sait qu’il y a la transplantation cardiaque, mais elle a ses limites parce qu’il faut des donneurs et des cœurs nouveaux à transplanter, ce qui n’est pas toujours facile. Du coup, la technologie répond aussi à cette disponibilité par la création de modèles complètement artificiels. Les études sont en cours pour créer des appareils les plus performants possibles permettant de supplanter un cœur naturel. Les progrès sont présents et il y a de nombreux espoirs !

Facteurs de risques

  • Outre les maladies génétiques, quels sont les principaux facteurs de risques pour le système cardio-vasculaire ?

Les principales causes de maladies cardiovasculaires se retrouvent dans nos mauvaises habitudes de vie : fumer, avoir trop de cholestérol, diabète, tension artérielle trop élevée, sédentarité. Cela concerne beaucoup de gens au-delà de 35 ans et ces facteurs de risques peuvent causer des infarctus et la mort subite. Chez les patients plus jeunes, il y a des maladies génétiques, souvent d’origines familiales, plutôt rares mais qui peuvent occasionner des dégâts cardiaques importants, comme la MS telle qu’on la voit dans le sport de compétition, par exemple.

Quelques conseils

  • Quels conseils élémentaires préconisez-vous pour éviter les accidents cardiaques, voire diminuer d’éventuels troubles du rythme qui perturbent sérieusement la vie sociale et intime du citoyen ? Titre DrScavée Livre

C’est d’avoir un mode de vie le plus sain possible ! Au mieux, essayer d’éradiquer tous les facteurs de risques : mauvaise alimentation, manger trop gras, trop salé, trop de graisses animales, saturées et « trans », c’est-à-dire des graisses végétales industrielles transformées que l’on retrouve dans les pâtisseries, gâteaux, biscuits… Il faut aussi faire de l’activité physique, qui va modéliser notre cœur et notre rythme cardiaque et prévenir le développement de maladies cardio-vasculaires, diminuer des arythmies graves, comme la MS.

L’OMS (Organisation Mondiale Santé) conseille de pratiquer régulièrement trois heures d’activités physiques par semaine. Cela permet de gagner en qualité de vie et, surtout, de survie, car marcher de 10 à 15 minutes par jour, prolonge la vie de trois ans en moyenne. Donc, les recommandations sont relativement simples : elles sont à la fois diététiques, éliminer nos facteurs de risques, moins de stress, arrêter de fumer, réduire sa consommation d’alcool… Ainsi, quand on voit les jeunes en consommer de plus en plus, cela devient toxique à un certain niveau !

Et puis, il y a également lieu de pratiquer du yoga, de la cohérence cardiaque et, ainsi, on peut agir au niveau de notre mental, ce qui aura une influence bénéfique sur notre bien–être.

[1] UCL : Université catholique de Louvain et études spécialisées à l’Hôpital cardiologique Haut-l’Évêque de Bordeaux.

[2] « Rythme cardiaque, rythme de vie », Professeur Scavée, Éditions Mardaga, 320 pages,  19.90 euros, parution : mi-mai 2018.

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L’école à la découverte de l’eau (rediffusion)

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Précieuse et pourtant menacée, source de vie parfois dévastatrice, symbole de pureté le plus souvent polluée et impropre à la consommation… Nécessaire à l’activité humaine mais inaccessible, essentielle à la survie et au développement de l’humanité, mais source de conflit entre les Etats… Indispensable au maintien des écosystèmes, mais menacée dans sa pureté par la main de l’homme…

De simples constats qui mettent en évidence qu’il faut travailler plus que jamais pour la préservation de l’eau. Cela passe notamment par une information et une éducation au plus tôt.

C’est ainsi que de nombreuses initiatives, destinées à faire découvrir l’eau aux jeunes générations, se multiplient…

Le cycle de l’eau fait maintenant partie du travail de sensibilisation fait dans les écoles. Un peu partout en France, les enseignants incluent dans leurs programmes des séances de travail autour de l’eau. Distillées dans l’année ou centrées sur une quinzaine de jours dédiés, l’étude de la précieuse molécule est devenue incontournable.

Ici c’est de la pâte à papier que l’on va apprendre à fabriquer. Les enfants récupèrent les papiers de la poubelle de l’école, les déchirent en petits morceaux, puis les mettent dans l’eau… La mixture obtenue est coulée dans des cadres afin de reconstituer des feuilles de papier. Les enfants agrémentent souvent leur réalisation d’incrustation de petites fleurs pour en faire du papier à lettre personnalisé.

Ailleurs, c’est une leçon plus magistrale sur le cycle de l’eau… Avec expérience scientifique à la clé, les élèves vont mettre en évidence le passage de l’eau par ses différents états… De simple liquide, ils vont la voir s’évaporer ou se transformer en glace suivant le traitement thermique que l’on va lui faire subir… Les nuages, la pluie, la neige, tous ces phénomènes naturels vont ainsi devenir familiers aux petits écoliers.

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Aqueduc de la vanne / ©Jacques Mossot

Les écoles élémentaires multiplient aussi les sorties sur le thème de l’eau… De la petite rivière qui coule à proximité, au moulin à eau fraîchement restauré, la vie de l’eau va prendre une autre dimension. Après un détour par le vieux lavoir du village, où l’on en profitera pour faire un petit cours d’histoire, la visite peut aussi passer par la découverte de cet aqueduc qui servait autrefois à alimenter la capitale à partir des sources du sud de l’Essonne et de la Seine et Marne… Conçu à l’époque napoléonienne, cet aqueduc de la Vanne et du Loing est fièrement restauré par des associations qui en profitent pour faire découvrir aux jeunes générations ce remarquable ouvrage…

Les élèves vont aussi pouvoir aborder d’autres ouvrages plus récents mais tout aussi vitaux pour la vie de chacun d’entre nous… En s’appuyant sur les Agences de l’Eau, les enseignants abordent la question de l’approvisionnement en eau potable et du traitement des eaux usées. Des visites de stations d’épuration sont ainsi organisées un peu partout sur le territoire. Un moment souvent marquant pour les élèves qui voient, concrètement, les eaux usées que chaque habitant rejette quotidiennement. Passé le moment délicat de l’odeur, les enfants découvrent les différentes étapes du traitement, non sans avoir été sensibilisé aux difficultés de cette opération. Une manière de mieux prendre conscience de l’attention que l’on doit porter à nos rejets domestiques…

Cette étude du cycle de l’eau passe aussi parfois par un détour par la mare ou la rivière du village où les élèves vont aller pêcher ou simplement découvrir les minuscules organismes qui peuplent nos cours d’eau… Tritons, salamandres, et autres amphibiens vont souvent achever d’émerveiller leurs yeux.

Toutes ces animations pédagogiques tentent d’amener les enfants vers une culture environnementale afin que leur quotidien intègre naturellement le respect et la protection de ce bien rare et précieux : l’eau.

Pour aller plus loin :

 

POUR des lectures citoyennes : « L’impératif de désobéissance » de Jean-Marie Muller (Le Passager clandestin) 2/4

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

ft150d5359f2d5d« L’impératif de désobéissance » de Jean-Marie Muller (Le Passager clandestin) ne se résume pas une seule chronique tant cet essai est dense d’informations et de faits historiques avérés.

Avec cette deuxième rubrique, nous voici en compagnie de celui qui délivra de manière non violente l’Inde du joug colonialiste anglais, Gandhi. Pour lui, le refus de coopérer avec l’injustice était à la fois une exigence éthique qui obligeait l’individu à ne pas être lui-même complice du mal, et un principe stratégique qui lui permettait de lutter contre l’injustice. « L’exigence de la conscience doit primer la contrainte de la loi. La vertu cardinale du citoyen n’est pas l’obéissance, mais la responsabilité. La désobéissance civile est une révolte sans aucune violence. »

Argument récurrent : nous serions tous nazis s’il n’y avait pas eu l’intervention des Alliés et des résistants ! Réponse : des exemples de désobéissance civile organisée rigoureusement et soutenue par la majorité de la population, démontrent que la dictature de l’occupant allemand, malgré des tentatives, parfois violentes, de soumission à ses directives, connut des échecs retentissants : tels, 1.100 professeurs norvégiens résistants pacifiquement par des déclarations publiques « qu’ils n’enseigneraient pas quoi que ce soit qui violerait leur conscience », tels des policiers français sous le même occupant nazi ne collaborant pas aux rafles de juifs et, à Nancy, par exemple, en sauvant 350 d’entre eux de l’Holocauste.

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Cette chronique se réalise en partenariat avec l’hebdomadaire POUR.

Bien plus tard, les plus hautes autorités françaises rendirent hommage à ces policiers pour, je cite « leur courage contre la passivité, la docilité et l’obéissance aveugle ». En somme, ces hauts représentants de la République firent l’éloge de la désobéissance civile !

En d’autres termes, il y a la possibilité de désobéir à un ordre illégitime, quelle que soit sa légalité. C’est un principe moral fondamental de devoir désobéir à des ordres indignes. La justice, c’est plus que la légalité !

Ainsi, ce qui est légal n’est pas obligatoirement légitime, sans oublier le principe de précaution ou de protection trop souvent ignoré ou, tout simplement, refusé.

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Artisans, ces passeurs de savoir-faire et de fraternité

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Dirk Bourguignon, maître coutelier, forgeron et co-fondateur de la Guilde de la Forge d’Ostiches, au micro de Pierre Guelff.
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Artisans au travail lors de la Rencontre internationale de la Coutellerie.

Ostiches, charmant village à une quarantaine de kilomètres de la frontière belgo-française, allie harmonieusement le patrimoine à l’artisanat en organisant, entre autres, la Fête du Moulin[1], la Rencontre internationale[2] de la Coutellerie. L’occasion pour « Fréquence Terre » d’aller aussi à la rencontre de ces artisans soucieux de transmettre leur savoir-faire et de perpétuer des traditions fraternelles séculaires, comme nous l’explique Dirk Bourguignon, maître coutelier, forgeron et co-fondateur de la Guilde de la Forge[3].

Historiquement, il y eut une initiative dans le village consistant à restaurer un moulin à vent (XVIIIe siècle) racheté par la Ville d’Ath. Est né un comité composé de plusieurs meuniers, qui déboucha sur un deuxième projet : la remise en marche de la Forge d’Ostiches. Au départ, je n’étais pas très enthousiaste et puis, en me liant d’amitié avec Paul et Pascal, je ne pus ignorer l’existence de cette forge historique située derrière l’église du village. Il fallait, donc, préserver ce patrimoine et, à présent, je l’anime dans un esprit de bonne volonté et, en plus, c’est finalement une  heureuse initiative pour le métier à laquelle je coopère depuis des années.

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Moulin blanc du XVIIIe siècle magnifiquement restauré en 2000.

Association, formations, démonstrations, Rencontre internationale de Coutellerie qui, en 2018, en est à sa dixième édition… sont donc le magnifique résultat d’une harmonie entre métier et patrimoine !

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Dirk Bourguignon : transmettre en encourageant à persévérer !

Ce genre d’événement réunit des couteliers de métier et des gens qui ont cette activité comme hobby. Ils proviennent parfois de loin (Caucase, Tchétchénie, Russie…) pour nous apporter leurs connaissances et une certaine diversification. Des Français nous aident et soutiennent également, nous Néerlandophones et Francophones de Belgique, tous réunis.

J’ai l’impression que votre association développe les principes du Compagnonnage, c’est-à-dire, excellence du métier et fraternité universelle…

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La noblesse du geste de l’artisan.
  • Nous sommes tous des artisans qui travaillons de nos mains à la fabrication de couteaux utilisés par des chasseurs, cuisiniers, collectionneurs… Nous avons créé une Guilde qui, historiquement, est toujours liée à une ville. Nous enseignons et demandons à nos élèves de réaliser des pièces d’épreuves afin d’acquérir la maîtrise. C’est un long chemin dans lequel on apprend à se connaître et on vit une aventure humaine avec une fraternité qui tire les uns vers les autres vers le haut. Nous passons donc la connaissance du métier et il n’y a pas de « secret » relevant de celui-ci mais des techniques qui réclament un certain enseignement de notre part. On ne peut pas construire un building si on ne sait pas maçonner ! Dans cet apprentissage transmis, nous ne voulons pas décourager les élèves mais, au contraire, les encourager à persévérer !

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[1] Week-end du premier dimanche de juillet.

[2] 12 et 13 mai 2018.

[3] www.forge-ostiches.be

L’Appel des drailles de Christian Laborie (Omnibus)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

ft15051DCrmJI8dL. SX195Quand on aime on ne compte pas ! Quelle excellente idée développée par les Éditions Omnibus de publier trois romans de Christian Laborie (pour le prix d’un !) avec, au total, près de 950 pages qui se veulent une vaste découverte du « Bonheur dans les Cévennes » : « L’Appel des drailles », « Les Drailles oubliées » et « L’Arbre d’or ».

Véritable déclaration d’amour portée par l’auteur à sa région d’adoption depuis plus de quarante ans, lui qui quitta le plat pays flamand où les beffrois sont les uniques montagnes dans un paysage fait de canaux, de prairies, de champs, de polders et de nombreux clochers, avec « L’Appel des drailles », il est d’abord question d’Antoine, un berger qui, durant quatre à cinq mois quitte femme et enfants pour les besoins de la transhumance et de l’estive. S’il mène une existence de serf attaché à la glèbe sans espoir de s’en libérer, il ne se plaint jamais et préfère semer du rêve sur son passage.

Comme un rituel, chaque première nuit en cette fin de XIXe siècle qu’il passe dans la nature sauvage et grandiose, il dort à la belle étoile entre ses chiens, son âne et ses 1.500 à 2.000 brebis.

Au village, Adeline, son épouse trime et compose avec le diktat imposé par le châtelain, maître des terres, des hommes et des animaux, et elle est aux prises avec les assauts malsains et violents d’un régisseur.

Mais les temps évoluent, faudra-t-il faire une croix sur les sentes, pentes herbues, châtaigniers, bouleaux et conifères d’altitude pour faire place aux usines et à leurs fumées nauséabondes, au bruit des moteurs, à la noirceur de l’asphalte et à la course à l’argent ?

Antoine va-t-il devoir travailler sans le contact avec la nature, faire le deuil de valeurs séculaires qu’il pensait laisser en héritage à ses enfants ?

« Les moutons marchent lentement sur les chemins tracés depuis des millénaires, mais ils savent où ils vont », dit Antoine à l’un de ses fils, devenu pasteur comme lui. Mais, jusques à quand ?

Outre une saga familiale intense, parfois dramatique, quelquefois pleine de bonheur, ce premier ouvrage de la trilogie explique le choix : maintenir la tradition ou se tourner vers le modernisme, voire tenter d’harmoniser les deux ?

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1968-2018 : Mai 68 et après ? (4 et 5/5)

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ft150 5IlsCinq chroniques consacrées au 50e anniversaire de Mai 68 : Slogans, Radio Barricades, Che Guevara, L’« autre »  Mai 68 : pacifisme libertaire, désobéissance civile, activisme non violent, Les « enfants » de Mai 68, la presse alternative, Mai 68 perçu dans les médias cinquante ans plus tard…[1]

De nombreux historiens évoquent une embellie après les affres de la Seconde Guerre mondiale : « La période dite des ‘Trente Glorieuses’, de 1945 à 1973, fut pour les pays industrialisés occidentaux d’une prospérité exceptionnelle »[2]

C’est ainsi que s’écrit l’Histoire ! Prospérité exceptionnelle pour qui ? Pour des industriels, dont certains avaient pactisé avec Hitler et ses sbires, échappant, aussi, à rendre des comptes ? Pour des nantis qui avaient planqué leurs avoirs en Suisse ou avaient pris la fuite aux États-Unis ? Pour des opportunistes se servant allègrement aux mannes déversées par l’Oncle Sam pour redresser l’Europe ? Pour des patrons qui accéléraient les rythmes de productions sans pour autant se préoccuper du bien-être des travailleurs ou faisaient appel à une main-d’œuvre étrangère traitée comme des parias, les guerres de 14-18 et 40-45, ayant décimé la population masculine européenne ? Pour des politiciens qui imposaient le principe si peu démocratique de la particratie ?[3]

images 2Car, ne nous y trompons pas, ce fut aussi au temps des ces « Trente Glorieuses », que la classe ouvrière dut monter au créneau (au prix de nombreuses victimes massacrées par les forces dites de l’ordre ou armées aux ordres des classes dirigeantes) pour arracher quelques droits, car, comme l’explique Gérard De Coranze, Prix Renaudot et de l’Académie française, dans son roman « Laisse tomber les filles »[4] au sujet du monde ouvrier de l’époque : « Un monde du travail où règnent la peur, les accidents de travail, les conflits sociaux, les fours qui explosent, la mort des ouvriers maghrébins respirant à pleins poumons la poussière de graphite… ».

Luttes citoyennes

Autres luttes citoyennes furent celles pour acquérir une relative sécurité sociale, une petite revalorisation salariale, sans oublier, le droit enfin donné au peuple (femmes y comprises), d’élire leurs représentants aux assemblées de l’État, d’un enseignement pour toutes les classes sociales, ensuite, au fil des décennies la défense de l’environnement, tel l’exemplaire combat des habitants du Larzac qui, à la force qui voulait voler leurs terres, répondirent, durant dix ans, de manière pacifiste et finirent par gagner la partie !

DSC01514bisDSC02254Et puis de Charlie Hebdo à l’hebdomadaire POUR, dont le slogan, est « Pour écrire la liberté » et qui, après vu ses locaux partir en flammes par la main de militants d’extrême droite, déclara : « Ils ne nous feront pas taire ! », ce fut aussi la naissance des radios dites libres, d’une presse plus indépendante, moins scotchée aux pouvoirs et aux publicitaires.

Le regretté Cabu dit à ce propos[5] : « En mai 68, j’étais tous les jours à la Sorbonne. C’est le seul moment où j’ai cru que l’intelligence arrivait au pouvoir. Les élections qui ont suivi m’ont déçu. C’était trop tard, la société de consommation était déjà amorcée. Dès que l’essence est revenue, c’était fini (…) Le général de Gaulle n’a pas compris, en mai 68, que la jeunesse avait d’autres aspirations. Il n’était pas tourné vers les jeunes. Il s’est même rendu à Baden-Baden, pour demander au général Massu s’il avait l’appui de l’armée. Sans être un dictateur, il était autoritaire. Un an après mai 68, il nous a laissé le silence. On parle souvent de moi comme un ex-soixante-huitard, c’est vrai, je le revendique. »

Et aujourd’hui ?

J’ai récemment lu, ci et là, qu’à partir des années 90, on entra dans le temps de l’indifférence, dans l’ère du chacun pour soi, de l’individualisme érigé en règle de vie. Certes, il y  a encore des idéalistes, des militants, mais 60% des jeunes pensent que l’humanité vit une période de régression et 83% croient que le monde va à sa destruction.

Il y a quelques jours, un syndicaliste déclarait sur les antennes de France Inter : « C’est à partir de mai 68 que l’on a reconnu la légitimité du syndicalisme dans les entreprises, avant cela tout devait se faire à l’extérieur. En mai 68, il s’agissait de forces vives qui pouvaient renouveler le pays… »

Désabusé, il conclut : « Pourquoi assiste-t-on à une érosion du syndicalisme depuis quelques années ? Parce que, avant, on trouvait normal de se syndiquer par solidarité sociale et puis, on assista à un renversement pour faire de plus en plus place à l’individualisation ! Des salariés ne connaissent même plus leur patron vu la mondialisation, des employés et ouvriers sont licenciés au nom de la « restructuration », alors que les actionnaires de leurs entreprises s’enrichissent de plus en plus… D’où, transformation culturelle des rapports entre patronat et syndicalisme : à la place du dialogue, c’est redevenu le ‘ diviser pour régner ’ ! »

Mais, ne terminons pas cette série consacrée à « Mai 68 » sur une telle note défaitiste et pessimiste : Fréquence Terre et notre partenaire POUR sont là pour rappeler qu’aux quatre coins de la planète, il y a encore des citoyens qui oeuvrent pour une société plus juste et plus humaine. Un slogan tellement prisé en mai 68 !

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[1] « Night in white satin », Moody Blues, 1967, « Éloïse », Barry Ryan, 1968, « San Francisco », Scott Mc Kenzie.

[2] Wikipédia, 2018.

[3] Extrait de ma participation au livre « Combats d’un humaniste algérien » de Larbi Adouane, à paraître aux Éditions Champs-Élysées-Deauville.

[4] Albin Michel, 2018.

[5] Éditions Glénat/Vents d’Ouest, Grenoble, 2007.

« L’Or du ciel » de Gilles Laporte (Éditions a & H)

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ft150 5CVT LOr du Ciel 4083« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Avant d’évoquer l’histoire développée dans « L’Or du ciel » de Gilles Laporte publié aux Éditions a&H, permettez-moi de vous en soumettre la présentation absolument sublime que, dans mes multiples lectures et écrits, je n’ai jamais imaginée :

« Une histoire hors du temps. Un livre rare ! Produit issu de la littérature biologique. Garanti sans huile de palme, sans OGM. Les ingrédients sont : langue française traditionnelle, ses sujets, verbes, compléments naturels et temps accordés selon les règles. Ponctuation sélectionnée conforme au code Drillon[1]. Mots tirés du dictionnaire de l’Académie française. Huile de neurones. Extrait de cœur humain et animal. Concentré d’émotions, sans sucres ni stupres ajoutés. Sans exhausteurs de goût artificiels, ni colorants et conservateurs partisans ou industriels. Sans intrants parisiens, ni compléments exotiques d’importation. Peut être consommé sans modération. »

Et l’histoire ? Pierrot, très jeunes orphelin de père et de mère, se forge une personnalité en solitaire et de manière autodidacte : « Il faut provoquer les choses pour les bien connaître, dit-il, les forcer, les bousculer pour qu’elles se livrent pleinement, les surmonter comme l’on surmonte le galop d’un cheval effrayé afin qu’elles vous acceptent comme maître, seul et vrai maître ! »

Parfois, contre une soupe, une tranche de lard, une chopine de vin rouge, il tient le pied du cheval chez le maréchal-ferrant, il bêche le potager d’un vieillard noué par le rhumatisme, charge du fumier sur un plateau pissant de jus merdeux, vide une fosse à lisier juste avant le débord.

Il vit, là-haut, dans la nature, au-dessus de la Vallée de la Moselle quand, un jour, il l’aperçoit. Fasciné, Pierrot s’avance, la danse des foins s’interrompt, la fille l’a aussi aperçu. Elle s’approche, face à lui, un long moment s’écoule dans le silence des regards échangés, quand retentit la voix du père, Adrien : « La Marie-Ange ! Viens-t-en par ici tout de suite ! »

Malgré les menaces, quand bien même ce père décide de marier sa fille à un autre pour un bout de vignoble, Pierrot et Marie-Ange se revoient avec passion.

Le dénouement de ce roman est bouleversant et Gilles Laporte, qui se proclame « Ouvrier des Lettres », touche les âmes et les consciences (pléonasme ?) lorsqu’il écrit :

« Le peuple qui chasse un humaniste ou qui tue un poète éprouve toujours après son crime le besoin de réparer (…) Mais, il arrive un moment où, les erreurs étant devenues trop nombreuses, trop dangereuses, les récupérations et manipulations trop évidentes, plus personne ne supporte même leur seule évocation. Alors, les responsables ferment les livres et s’assoient dessus. Le monde a toujours été victime des coupeurs de racines ! »

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[1] Professeur de linguistique.

« La Bataille de l’Eau Noire » : éclatante victoire citoyenne !

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Cinquante plus tard, Pierre Guelff, sur le terrain de la « Bataille – citoyenne – de l’Eau Noire » à la frontière belgo-française.
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L’Eau Noire serpente dans Couvin.

En 1978, à Couvin, jolie ville wallonne d’une douzaine de milliers d’habitants traversée par l’Eau Noire, rivière qui lui donne un charme incomparable, située à deux ou trois kilomètres à peine de la France, non loin des sources de l’Oise et du fameux 50e Parallèle, également en terre belge, le ministre des Travaux publics projetait l’édification d’un immense barrage dans la splendide vallée, en amont de la cité. La remarquable vallée aurait donc été engloutie par cette construction.

Ce barrage démentiel devait être érigé sur un terrain inadéquat, et il fit aussitôt penser à la rupture du barrage de Malpasset, en 1959, en amont de Fréjus, qui fit 423 morts et disparus emportés par 50 millions de m³ d’eau.

Alors, les Couvinois se mobilisèrent et livrèrent une bataille homérique qui finit par emporter le… projet !

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Un remarquable documentaire de Benjamin Hennot (ARTE, youtube…)

Cette action citoyenne démontra que la force d’un mouvement populaire peut vaincre les politiciens et lobbyistes associés. Ses actions étaient des chahuts, chaulages, occupations, corsos fleuris, billets de banque convertis en tracts, création de Radio Eau Noire, première radio libre de Belgique, qui émettait clandestinement depuis la forêt environnante…

Ce mouvement composé de fermiers, ouvriers, fonctionnaires, commerçants, hommes, femmes, jeunes, personnes âgées, tous au-delà de leurs éventuelles convictions politiques, religieuses, idéologiques, toutes classes sociales et culturelles confondues, luttèrent durant neuf mois.

« Une lutte inventive, humoristique et furieusement déterminée, mais surtout non violente », comme le rappelle un documentaire diffusé quarante ans plus tard sur ARTE (29 avril 2018, 18h), visible sur Youtube, et thème d’une chronique dans le « SoirMag » (8 août 2018).

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Désobéissance et paradis

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ft150 4désobéissance 1ftLittérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Voici, tout d’abord, quelques réflexions pour une première chronique consacrée à l’essai « L’impératif de la désobéissance » du philosophe et écrivain Jean-Marie Muller aux Éditions du « Passager clandestin », ensuite, dans cette même rubrique, un lien avec le roman « La traversée du paradis » d’Antoine Rault chez Albin Michel, lien qui, en somme, corrobore les propos du premier ouvrage abordé.

Ainsi, la désobéissance civile est devenue un impératif éthique et peut certainement contribuer à  rétablir la démocratie fortement mise à mal sous toutes les latitudes depuis quelques années.

Plutôt que de longs discours, j’ai extrait plusieurs passages significatifs de Jean-Marie Muller : « Si nous ne sommes pas responsables de tout le bien que nous ne faisons pas, nous sommes entièrement responsables du mal que nous faisons. »

d5359f2d5dCe postulat entraîne, bien entendu, des explications. En voici une première : « Je suis libre en obéissant à la loi lorsque celle-ci garantit une juste égalité des chances pour tous, je ne peux rester libre qu’en lui désobéissant lorsque ce n’est manifestement pas le cas. »

Pour illustrer cela, faut-il rappeler que, lors d’élections, le citoyen ne donne pas sa voix à un candidat, car ce serait abdiquer, se soumettre, promettre l’obéissance, mais il prête sa voix à celui qu’il veut élire, d’où, son droit démocratique d’avoir droit au chapitre et de se faire entendre.

À ce propos, l’auteur dit : « C’est en acquérant le pouvoir de dire non à l’État que le citoyen à l’autonomie qui fait de lui un homme moralement responsable de ses actes. »

Mais, il y a un critère décisif, qui est mien aussi : « Les campagnes de désobéissance civile sont essentiellement non-violentes ».

Dans les premiers chapitres de son essai, Jean-Marie Muller analyse les écrits et actes de quelques pionniers dans le genre, dont Étienne La Boétie qui, au XVIe siècle, écrivait : « L’habitude de servitude éteint le désir naturel, originel et primordial de liberté. » et  de prôner l’union des dissidents pour faire chuter les tyrans. Même constatation pour Henry David Thoreau au XIXe siècle : « La plupart des hommes servent l’État avec leur corps et non avec leur conscience. » D’où, « désobéir à une loi injuste, ce n’est pas seulement exercer un droit ou accomplir un devoir, c’est essentiellement affirmer sa liberté. »

Quasiment à la même époque, Léon Tolstoï sortait de ses gongs : « Partout où il y aura le pouvoir des uns sur les autres, c’est-à-dire le peuple, il n’y aura pas de liberté mais souvent de l’oppression. Mais, ce qui fait la force de tsars, de gouvernements et de tous ceux qui collaborent à leurs basses œuvres, c’est l’obéissance des individus à accepter de mettre eux-mêmes en œuvre la violence dirigée contre eux. Je m’indigne de voir, soulignait l’écrivain, les hommes obéir à des lois dont ils ne reconnaissent ni la sagesse ni la justice. Ils savent pourtant qu’elles sont enfantées par la cupidité, par la fourberie, par la lutte des partis. La défense de la patrie n’est qu’un prétexte pour mieux maintenir le peuple dans l’obéissance. Mais, les soldats qui marchent contre les grévistes appartiennent au même peuple que les ouvriers. Pourquoi, donc, ces soldats marchent-ils contre eux-mêmes ? Parce qu’ils sont hypnotisés par le conditionnement patriotique et religieux auquel ils sont soumis dès leur enfance… »

Traversée du paradis

traverséeFTAh ! Quel fameux lien à réaliser avec  le roman « La traversée du paradis » d’Antoine Rault, dont voici des extraits de la présentation par Albin Michel :

« 1920. À l’heure où Lénine et les Bolcheviks font régner la Terreur rouge, l’espion français Charles Hirscheim, devenu l’espion Gustav Lerner, est envoyé en mission en Russie. Il s’y fait passer pour un communiste. (…) L’auteur dresse le portrait de toute une époque : celle de l’Europe des années vingt bouleversée par la guerre et la Révolution communiste. »

Alors, quel peut être ce fameux lien ?

Notre lectrice, Marie, explique :

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Marie, lectrice pour « Fréquence Terre ».

« Tout d’abord, je tiens à dire que cet ouvrage est remarquablement écrit. L’histoire, en tant que telle, n’a, à première vue, aucun rapport avec votre rubrique consacrée à la désobéissance civile.

Cependant, une conséquence de la situation d’amnésie dans laquelle est plongé le personnage principal du roman peut, effectivement, se rapprocher de l’une des constatations de Tolstoï sur les horreurs d’une guerre engendrées délibérément et au détriment du peuple. Peuple dont ils se moquent éperdument en lui donnant des ordres formels et absurdes, d’ailleurs.

De plus, autre constat, c’est le fait d’être considéré comme un pion, un « autre », sans parler pour autant de marginalité, dès que vous sortez des rangs et ce, parce que ledit peuple paraît littéralement hypnotisé par le pouvoir qui, à ses yeux, reflète un certain prestige.

Ainsi, il n’y a aucun respect de la vie d’autrui de la part de l’appareil étatique et beaucoup de citoyens ne s’en rendent même pas ou plus compte… »

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HOUTEN aux Pays-Bas, le paradis du vélo (rediffusion)

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Bienvenue dans la cité qui rend l’automobile inutile ! Ce pourrait-être la devise de la ville de Houten, aux Pays Bas. En quelques années, elle est devenu le paradis du vélo.

Houten, 45000 habitants, est une ville dite « nouvelle » située à 50 km au sud-est d’Amsterdam. Ici, les modes de déplacements, l’aménagement du territoire, le fonctionnement de la commune… tout a été pensé pour inscrire le développement de la ville dans une démarche éco-responsable.

Dans les années 1970, Houten n’était encore qu’un village de 4000 âmes. Et comme beaucoup de bourgades à l’époque, il a fallu penser à s’étendre pour accueillir de nouveaux habitants.

Dès le début de l’extension de la ville, Houten a été pensé en fonction de déplacements en transports collectifs, ou de déplacements en vélo ou à pied… Très compacte, la ville s’étend le long d’un ovale de 3km sur 2km, cintrée d’un périphérique.

Elle est divisée en plusieurs quartiers résidentiels qui s’organisent autour de deux centres villes. Tous les services, les commerces, les établissements publics, sont à quelques pas ou quelques tours de roue.

L’utilisation de la voiture est donc quasiment inutile. D’autant que les chaussées sont adaptées avant tout aux déplacements doux. La voiture n’y est nulle part prioritaire. Pour passer d’un quartier à un autre, les automobilistes doivent obligatoirement passer par le périphérique, ce qui rallonge considérablement le temps de parcours.

A l’intérieur de la cité, ce sont les pistes cyclables qui constituent l’essentiel du maillage routier… Des pistes bordées d’espaces verts. Le réseau cycliste est séparé de celui pour automobiles. Les deux sont clairement repérables grâce à leur enrobé de couleurs différentes. Et lorsque les deux réseaux doivent se croiser, le vélo reste prioritaire.

Les deux roues motorisées sont tolérés sur ces pistes. Mais leur vitesse y est régulée grâce à des ralentisseurs appelés « drempel », sortes de double dos d’âne à l’envers.

Cette structure originale de la circulation fait de Houten une ville très sûre pour le piéton. La sécurité des enfants y est privilégiée… Ils peuvent sans souci jouer hors de leur maison sans crainte. Et l’accès à leur école est facilité par l’implantation des établissements à proximité des pistes cyclables.

Pour aller faire leurs courses, les habitants d’Houten ont majoritairement recours au vélo. Ils font d’ailleurs les 2/3 de leurs achats sur place… Une proportion qui atteint les 100% pour les denrées alimentaires. La voiture ne redevient utile que pour 50% des autres achats.

Les déplacements doux sont plus intensifs à Houten que dans le reste des Pays Bas. 44% des déplacements personnels de moins de 7,5 km se font en vélo et 23% se font à pied.

Les habitants de Houten circulent 25% moins en voiture que dans le reste du pays, et aux heures de pointes, il y a 50 voitures en circulation pour 100 logements au lieu des 65 à 70 voitures en moyenne ailleurs.

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En octobre 2008, la ville a d’ailleurs été nommée ville du vélo des Pays-Bas.

La voiture reste tout de même nécessaire pour aller travailler à l’extérieur de la ville. Mais là encore, les habitants privilégient les transports en commun. Les parcs de stationnement pour vélos étant omniprésents à Houten, comme partout ailleurs dans le pays, les deux roues restent le véhicule préféré pour aller travailler… Arrivé à la gare, il n’y a plus que 10 minutes de train pour rejoindre Utrecht, la métropole de 530000 habitants, située à 8 kilomètres.

En dehors du coté « paradis du vélo », Houten est aussi une ville où il fait apparemment bon vivre. Avec plus du tiers de la population qui a moins de 20 ans, Houten est une ville jeune. Mais elle sait aussi offrir des services pour les plus âgés et les personnes seules. La variété des commerces, bureaux, entreprises fait l’objet d’une attention toute particulière de la part de la municipalité qui a opté également pour un habitat fait de maisons et de petits immeubles collectifs peu élevés.

La mixité sociale y est privilégiée et un effort particulier a été fait pour que habitat, travail et circulation ne soient pas séparés, mais harmonieusement liés.

Avec la nature au cœur de la ville, le silence pour environnement, la mixité sociale et la convivialité pour moteur, Houten est sans doute un des exemples à suivre pour les villes décidées à se convertir aux déplacements doux…

Pour aller plus loin :