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Les villes en transition préparent l’après pétrole (rediffusion)

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Vivre la transition au quotidien. Trier ses déchets, éteindre ses lumières, réduire sa consommation d’eau, faire son compost, installer des toilettes sèches ou consommer localement.… Toutes ces initiatives n’ont rien de révolutionnaires en soit et sont peu à peu adoptées par chacun d’entre nous. Mais si elles deviennent banales individuellement, elles peuvent devenir beaucoup plus significatives lorsqu’elles sont mises en œœuvre en cohérence entre elles.

C’est cette démarche qu’adoptent petit à petit plusieurs villes de part le monde. Il s’agit pour elles d’intégrer les enjeux du changement climatique et de se préparer à l’après pétrole. C’est ce que l’on appelle les « Villes et Communautés en Transition ». Elles sont plus de 400 dans le monde et s’inspirent de l’initiative de la petite ville de Totnes, au Royaume Uni.

En 2006, un universitaire irlandais, Rob Hopkins, mène des conférences sur le pic pétrolier et sur ses conséquences sur notre environnement. Séduits par les thèses de l’enseignant, les habitants de Totnes s’interrogent sur les solutions à mettre en œœuvre pour agir, maintenant. La première ville en transition voit le jour ainsi.

Rob Hopkins, Permaculture Teacher, at Francheville Farm.
Rob Hopkins

L’objectif des pionniers du concept est d’inciter les citoyens d’un même territoire à prendre conscience du pic pétrolier, de ses profondes conséquences, et de l’urgence de s’y préparer.

Il s’agit pour eux de mettre en place des solutions visant à réduire ses émissions de CO2 et sa consommation d’énergie fossile selon un plan d’action baptisé « Plan d’action de descente énergétique » créé par la collectivité.

Ce plan est fondé sur une vision positive de son avenir.

Autre objectif : la relocalisation de ce qui peut l’être en intensifiant les liens entre les habitants et les acteurs économiques locaux. Il s’agit enfin, pour la communauté, d’acquérir les compétences, les savoirs faire nécessaires pour mettre en œœuvre leur idéal.

Il n’y a pas de réponse toute faite adaptable à tous les profils, mais une multitude de petites solutions modulables à souhait, et répondant aux caractéristiques locales. Chaque collectivité doit donc trouver par elle-même les outils convenant à ses enjeux et ses ressources.

Les initiatives de transition peuvent donc être multiples.

Le recyclage ou l’échange des objets usagers est l’une des actions qui s’inscrit dans ce cadre. L’idéal est de recycler ou de réutiliser sur place ou à proximité. Une centrale d’échange, où les particuliers déposent leurs objets et que d’autres peuvent récupérer, est une excellente alternative à la mise en décharge ou au transport lointain pour recyclage.

La production locale d’énergie est aussi envisageable. Moins dépendre du pétrole, mais aussi de réseaux électriques à longue distance qui sont fragiles et représentent une forte déperdition d’énergie, c’est aussi un moyen de valoriser les ressources locales et de créer des emplois sur place. Bois de chauffage, biomasse solaire passif, solaire photovoltaïque et éolien sont les pistes à explorer.

Multiplier les circuits courts dans les approvisionnements dans l’intérêt des acteurs économiques locaux fait partie des possibilités. Les AMAP sont à citer parmi ces circuits courts, mais on peut aussi parler de la filière bois qui a un fort potentiel énergétique et qui peut, dans certaines régions, s’inscrire dans cette filière courte.

L’auto partage, les transports en commun, les parkings à vélos, sont autant de leviers sur lesquels jouer pour inscrire sa communauté dans la transition.

Autre initiative originale que l’on peut aussi développer : la monnaie locale. Si à l’heure de l’euro et à l’économie mondialisée cette idée peut paraitre saugrenue, ces monnaies peuvent pourtant offrir un outil puissant de préservation de la richesse locale, notamment en la mettant relativement à l’abri des soubresauts de l’économie et de la finance mondiale, et en encourageant les échanges entre acteurs économiques locaux. Elles peuvent permettre de mobiliser plus facilement des compétences qui intéressent peut l’économie dominante.

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Le Trièves, au sud de Grenoble

Si le mouvement des villes en transition est parti de Grande Bretagne, l’idée a fait son chemin. Le concept essaime déjà au Canada, aux Etats Unis, en Australie, mais aussi, en Suisse, au Portugal ou encore en France…

Trièves, un territoire rural de 300km², au sud de Grenoble, s’est inscrit dans la démarche. Tout comme Salies de Béarn, dans les Pyrénées Atlantiques, ou Sucy en Brie dans le Val de Marne. Des groupes de réflexion voient le jour aussi dans de grosses agglomérations, telles que Bordeaux ou encore Grenoble….

Pour aller plus loin :

Pour l’interdiction des concours de chasse sous-marine !

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La FNPSA (Fédération Nationale de Pêche Sportive en Apnée) a organisé, ces 6 et 7 octobre, un concours de chasse sous­‐marine dans la zone comprise entre le port de la Galère et la Vaquette (entre Théoule et Miramar), sur la zone des Basses de la Fourmigue. Une quarantaine d’équipes de 2 chasseurs étaient réunies.
es chasseurs sont des champions d’apnée, et, si le prélèvement d’un chasseur peut être accepté, celui d’un bataillon de chasseurs, dont le seul but est de tuer le maximum de poissons… est totalement inacceptable ! En quelques heures, ces « champions » ravagent toute une zone, tuant les plus gros poissons – les plus gros reproducteurs. Ont-­ils la moindre idée de l’impact de leur chasse ? De l’impact du prélèvement d’une cinquantaine de murènes ? S’en soucient-­ils ?
LONGITUDE 181 lance une pétition pour l’interdiction de la chasse sous-marine et c’est François SARANO qui nous en explique les raisons : Il ne s’agit plus de chasse sous-­marine, mais de concours de « destruction de patrimoine commun »! Pour en savoir plus, écoutez et diffusez sans modération.

www.longitude181.org

POUR des lectures citoyennes : Être solidaires, pas complices ! (3/4)

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ft150 2Sigle POUR et FT« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff en partenariat avec « POUR[1] ».

 Depuis des siècles, on sait que, généralement, les doctrines politiques affirment la primauté de l’État sur la personne et ne laissent guère de place à la théorie de la désobéissance civile, donc citoyenne. Ainsi, quiconque refuse de se soumettre à la loi, est considéré comme nuisible à la société. C’est donc un fauteur de désordre qui doit être neutralisé.

Tel est le constat de Jean-Marie Muller dans son essai « L’impératif de désobéissance » paru aux Éditions « Le d5359f2d5d 1Passager clandestin », dont il a déjà été question à deux reprises dans cette rubrique tant le sujet est d’importance.

Poursuivons, donc, la lecture attentive de cet ouvrage par d’autres situations de la résistance, souvent pacifiste, face aux pouvoirs considérés comme totalitaires, injustes et antidémocratiques.

  • De Jean-Marie Muller : « La démocratie est beaucoup trop souvent menacée par l’obéissance aveugle des citoyens que par leur désobéissance, car l’obéissance passive des citoyens fait la force des régimes arbitraires et totalitaires.Le désobéisseur est un dissident, pas un délinquant. Il ne refuse pas d’être solidaire, il refuse d’être complice. Celui qui se soumet à une loi injuste porte une part de la responsabilité de cette injustice. »
  • De Vaclav Havel lors de la « Révolution de velours» en Tchécoslovaquie : « Il n’y a pas de coexistence possible entre la vie dans le mensonge et la vie dans la vérité. Il faut combattre un régime totalitaire sur un terrain où il ne peut pas gagner, celui de la morale.»
  • Du philosophe américain John Rawls : « Le recours à bon escient à la désobéissance civile protège davantage les libertés fondamentales des citoyens que l’obéissance passive à une loi injuste.»
  • Argument de « Solidarnosc», le syndicat polonais face au totalitarisme communiste : « Il s’agit du combat entre la vérité et le mensonge, entre la liberté et la violence, entre la dignité et l’humiliation. »

En conclusion à cette troisième chronique, ce n’est pas la loi qui doit dicter ce qui est juste, mais ce qui est juste doit dicter la loi. Ce qui doit inspirer le comportement du citoyen, n’est pas ce qui est légal mais ce qui est légitime !

[1] Magazine et site « POUR » écrire la liberté : www.pour.press

Chanson : extrait « Le déserteur » de Boris Vian (Youtube)

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Deux Saint-Jean, deux fêtes initiatiques  par  JP Dubrun (MdV Éditeur)

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ft150 1DSC02320« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 J’ai encore de très lointains souvenirs d’adolescent des feux de joie de la Saint-Jean d’été dans les Ardennes, ceux que les grands-parents prétendaient être chargés de vertus purificatrices et protectrices, alors que de jeunes adultes prédisaient une belle rencontre amoureuse, valable une année, si l’on osait sauter au-dessus des flammes du brasier.

Puis, quelques décennies plus tard, voici les Saint-Jean d’hiver et d’été célébrant les solstices lors de rituels hautement symbolique au Rite Opératif de Salomon.

Et, en 2018, MdV Éditeur a eu l’excellente initiative de proposer deux petits ouvrages superbement illustrés de Jean-Patrick Dubrun consacrés à ces fêtes initiatiques. Cet auteur féru d’Histoire et de symbolisme nous explique l’universalité de ces symboles et, en quelque sorte, il propose aux profanes les clefs menant à une meilleure compréhension de ceux-ci, voire, aux initiés de leur rafraîchir quelque peu la mémoire.

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Illustration du premier tome.

Avec Janus, le dieu aux deux visages, remplacé par Jean chez les Bâtisseurs moyenâgeux, le solstice d’été « le jour où le soleil est au plus haut degré de sa splendeur », aux loges de Jean « l’un des canaux privilégiés de la transmission », selon l’auteur, on entre de plain-pied dans une dizaine de chapitres qui évoquent le temps sacré et les rites, Jean le Baptiste et Jean l’Évangéliste, la symbolique du bûcher, la lumière révélée, un banquet alchimique, le feu secret…

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Illustration du deuxième tome.

Pour Jean-Patrick Dubrun, le solstice d’hiver est le temps du silence, alors que, six mois plus tard, au solstice d’été, c’est le temps du triomphe de la lumière sur les ténèbres et, ces questions non dénuées d’intérêt : Existe-t-il un lien entre le baptême et l’initiation ? Les deux Saint-Jean sont-elles des fêtes indissociables ? Que viennent faire l’âne et le loup à la Saint-Jean d’hiver ? Pourquoi les populaires et traditionnels bûchers de la Saint-Jean d’été ?

En conclusion, ces deux essais ont l’avantage d’être lus, à la fois par les férus d’ésotérisme, de mythologie, de traditions populaires et d’y puiser matière à réflexion sur des rituels séculaires qui se perpétuent encore sous toutes les latitudes.

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Tradition du métier et transmission  

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Artisan transmettant son savoir…
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Les jeunes à l’écoute de contes et légendes, mais, aussi, des artisans leur évoquant des métiers anciens.

Si, de plus en plus de gens se tournent vers le bio, d’aucuns prêtent à nouveau une attention soutenue à l’artisanat, gage de qualité. À l’occasion d’un important Marché médiéval[1], comme il en fleurit aux quatre coins de l’Europe, l’occasion était belle d’aller à la rencontre d’artisans, tel Kévin[2], sellier, harnacheur, maroquinier breton (extraits des interviews repris dans leur totalité dans le podcast situé sous l’article):

Je travaille sur commande et sur mesure. Je fabrique toutes sortes d’objets en cuir : sacs à main, escarcelles, sacoches pour ceintures, morceaux d’armures pour les joueurs de jeux de rôles, troupes de déambulation, jongleurs de feu, des masques, des plateaux, aussi, car je me suis acheté un tour à bois…

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Kévin, artisan breton, au micro de Pierre Guelff : « C’est une règle d’or que de transmettre ! »

Je suis cavalier à la base, j’ai fait toutes mes études dans le milieu du cheval, donc un contact permanent avec le cuir. Néanmoins, je me suis abîmé le dos et il a fallu que je change d’orientation et, comme je ne voulais  pas quitter le milieu du cheval, j’ai suivi une formation au Haras de La Roche-sur-Orient. J’y ai été formé par un maître sellier, meilleur ouvrier de France. Il m’a transmis son savoir, m’a appris à travailler entièrement à la main, à la traditionnelle !

Et, comme c’est une règle d’or dans les haras nationaux, je transmets à mon tour. On est donc dans la philosophie du Compagnonnage (…)

 

Mais, un Marché médiéval, c’est aussi une fête et qui dit fête, dit musique. Jérémy de Lombaerde du duo DLC[3], évoque aussi la musique artisanale, la tradition et la transmission :

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Jérémy de Lombaerde (à gauche) et Castillo à droite de notre chroniqueur, forment le Duo DLC.

Nous jouons principalement de la musique à danser, traditionnelle, répertoires irlandais et bretons souvent recueillis fin du XIXe siècle et début du XXe. Ces musiques ont été collectée à cette époque-là, mais elles existaient bien avant et elles continuent d’évoluer.

Nous exécutons da la musique « artisanale » puisqu’elle est assez proche d’une commande que recevrait un artisan, aménagement ou non, proposition de notre service…

Notre but est aussi de transmettre et, personnellement, je donne des cours aux Jeunesses musicales, qui enseignent des chants, des danses, des musiques, c’est donc bien dans ma philosophie.

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Castillo interprète un morceau de musique à l’intention des auditeurs de « Fréquence Terre » et de ceux de nos radios partenaires.

DLC comme De Lomberde[4] et Castillo et c’est ce dernier qui offre un aperçu de son talent en exclusivité pour les auditeurs de « Fréquence Terre » et nos radios partenaires.

[1] 26e Édition à Etterbeek, Bruxelles.

[2] www.atelierdemilune.com

[3] Les extraits musicaux de cette chronique sont de leur interprétation audit Marché médiéval.

[4] www.facebook.com/jeremy.delombaerde

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Kurdistan irakien : l’enfance est un droit

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© France Libertés

Favoriser la résilience et resocialiser les peuples déracinés, c’est l’objectif de la Fondation France Libertés qui mène un programme d’éducation et de formation au sein des camps de réfugiés au Kurdistan irakien. Plus de deux millions de réfugiés et de déplacés fuyant les conflits, dont 500 000 enfants, ont trouvé refuge sur ce territoire.

Pour endiguer les traumatismes et donner espoirs à ces populations d’un retour à une vie équilibrée, la Fondation organise depuis deux ans des activités pédagogiques pour les enfants et forme les adultes aux méthodes d’éducation populaire.  Un programme qui a un coût. D’où la campagne de financement participatif actuellement en cours intitulée « L’enfance est un droit ».

Dans quelles conditions vivent ces réfugiés dans ces camps du Kurdistan irakien ?

« Les conditions de vie sont assez variable selon les camps. Il faut imaginer des camps qui rassemblent des milliers de personnes qui vivent sous les tentes avec un accès limité à l’eau et à l’électricité. Les enfants peuvent bénéficier de quelques heures d’école par jour. Mais en termes psychologiques, c’est assez difficile, puisque il y a beaucoup d’inactivité et d’isolement. »

D’où viennent ces réfugiés ? Il n’y a pas que des Kurdes ?

« Non, il y a assez peu de Kurdes au Kurdistan irakien. Le camp d’Ashti où nous intervenons est un camp de déplacés. Ce sont des irakiens qui rassemble des communautés shabaks, arabes, des Yézidis, des Turkmènes. Beaucoup de ces réfugiés viennent de Syrie et de la ville de Mossoul, en Irak, d’où ils sont été chassés par la guerre et par l’Etat islamique. »

Carte camps de réfugiés Kurdistan irakien
© France Libertés

Quel est l’objectif du programme d’éducation que vous menez sur place, en partenariat avec la Fédération Léo Lagrange ?

« L’objectif général du programme, c’est de contribuer au retour de la paix. Nous pensons que le retour de la paix passe par le fait de favoriser la résilience, c’est-à-dire la capacité à surmonter les traumatismes. Pour cela, on organise des activités constructives dans ces camps de réfugiés. »

De quelle nature sont les activités que vous menez ?

« Ces activités, on les mène avec la Fédération Léo Lagrange et avec des associations kurdes sur place. Pour les adultes, ce sont des activités de formation. On forme à deux métiers, des animateurs et des formateurs d’animateurs. Pour les enfants, ce sont des activités pédagogiques, beaucoup d’activités d’expression, comme le théâtre, la peinture, le dessin, le slam, et des activités de coopération. Les apprentissages sont essentiels, avec l’anglais, les sciences. Mais l’objectif, c’est également de développer la capacité des enfants à se projeter et à imaginer leur avenir par ses activités. »

Dans votre programme, il y a aussi une partie de formation de formateurs, pour que les adultes sur place prennent votre relais.

« Cette formation de formateurs, d’animateurs, cela permet à ce projet de se pérenniser, d’être valable dans le temps. C’est l’un des deux parcours de formation qui est sanctionné par un diplôme, un certificat reconnu par le gouvernement kurde. »

Rêver son futur

Quels sont les résultats perceptibles depuis deux ans ?

« Oui. En deux ans, on a déjà formé 45 personnes à l’un de ces deux cycles de formation. Et 6 000 enfants ont bénéficié de ces activités constructives. Mais au-delà des chiffres, les témoignages sur le terrain montrent qu’il y a une évolution de toutes les personnes impliqués dans ce programme, que ce soient les adultes ou les enfants. L’épanouissement, notamment des enfants, est beaucoup plus grand. Ils arrivent beaucoup mieux à côtoyer les communautés et à surmonter leur traumatismes dus à l’exil et à la guerre. »

Vous avez parlé de résilience à travers ses activités. En quoi cette notion est importante pour ces enfants ?

« La résilience c’est une notion fondamentale pour permettre de surmonter des traumatismes, quand on a vécu des choses difficiles, pour permettre de s’adapter et de se projeter. Quand on a perdu la capacité à se projeter dans l’avenir, à faire des projets, à rêver son futur, on ne peut pas se reconstruire. »

Objectifs campagne Kurdistan irakien
© France Libertés

Ce programme a un coût. D’où le financement participatif que vous avez lancé. Vous cherchez à récolter 10 000 euros. A quoi serviront les fonds récoltés ?

« Nous cherchons à étendre ce programme à deux nouveaux camps, les camps de Hassan Sham 2 et de Ozal. Nous cherchons à récolter 10 000 euros, 6 000 euros qui seront consacrés à la formation de 15 nouvelles personnes, 2 000 euros pour les activités pour environ 1 200 enfants. Les 2 000 euros restant serviront à l’achat de matériel. Quand on fait un don de 50 euros sur cette campagne de financement participatif, on permet à 60 enfants de bénéficier d’activités pendant deux semaines. C’est vraiment quelque chose de concret. »

Comment participer à ce financement ?

« On participe sur la plateforme HelloAsso, sur la page de la campagne « L’enfance est un droit », que l’on retrouve sur la page Facebook. On peut participer jusqu’au début du mois de juin. Pour l’instant nous avons atteint 40% de notre objectif des 10 000 euros. Nous sommes très contents d’avoir récolté cette somme. Mais la campagne continue. Faire un don, cela prend quelques minutes. C’est déductible des impôts. Un don de 50 euros revient à 17 euros après la déduction fiscale. Et cela permet vraiment d’aider les personnes qui sont touchées par la guerre à se reconstruire. »

[vimeo 265558438 w=425 h=350]

Pour aller plus loin :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=osHEjIv8hxU]

 

 

 

Rencontre avec Juan Masondo : « Passeur » de musique traditionnelle

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Juan Masondo et notre chroniqueur.

ft150 3Juan Masondo, 73 ans, musicien argentin, évoque la musique traditionnelle de son pays d’origine, qu’il transmet depuis des décennies. Une rencontre exceptionnelle avec ce « passeur », véritable mémoire vivante d’une Tradition à sauvegarder et qui démontre que la musique argentine n’est pas que le tango ![1]

Voici des passages significatifs de son interview, dont la totalité est disponible en podcast, comme des extraits musicaux, repris sous le présent article :

Je suis venu en Europe quand la dictature a commencé, que les militaires ont donc pris le pouvoir et on m’a conseillé de m’en aller le plus vite possible. Au départ, je voulais poursuivre des études universitaires d’ingénieur agronome, ce que je n’ai pu réaliser faute de concordance entre les niveaux des programmes.

Alors, comme j’avais appris la musique par mon père et mon grand-père, guitaristes, que je jouais déjà en amateur en Argentine, je suis devenu musicien professionnel en Europe. Comme la guitare avait toujours été présente dans ma famille, eh bien, j’ai poursuivi cette tradition sur le Vieux Continent !

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Un guitariste de talent soucieux de la transmission.

 Juan Masondo a-t-il été tenté par moderniser son répertoire et, en somme, l’adapter à l’ère contemporaine ?

Pas du tout !  J’ai préféré rester fidèle à la musique traditionnelle, plutôt qu’interpréter des mélanges de musiques folkloriques et modernes en vogue actuellement. Je constate que ce mouvement de musiciens argentins délaisse la tradition. Ils  recherchent une forme d’originalité, mais, pour moi, ce n’est pas obligatoirement « meilleur » que la musique coutumière. C’est la raison pour laquelle, je transmets cette dernière à de jeunes guitaristes. Mais qu’en font-ils ?

 La transmettre à leur tour !

Peut-être…

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Que vole, donc, la colombe musicale vers d’autres cieux…
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Quelques notes pour « Fréquence Terre »…

 Sur la pochette du CD dont son repris des extraits  pour illustrer le présent reportage, je vois une colombe…

Je suis un homme de paix et cette colombe symbolise l’envol de la musique vers d’autres cieux…

 Ne lésinons donc pas à écouter cette musique qui relève d’un patrimoine à sauvegarder et, selon ma perception, à propager ! Et que vole encore longtemps la colombe musicale de Juan Masondo…

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[1] Les extraits musicaux sont repris du CD « Palomita Viajera » (www.jopiejonkers.com et decauterfam.be), quintette composé de Juan Masondo (chant, guitare et bombo), Jopie Jonkers (chant et harpe), Koen De Cauter (chant et guitare), Alfredo Marcucci (bandonéon) et Rinus Raaijmakers (contrebasse), 2010.

Marre de ne rien voir bouger ? Faites un pas …

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L’effet papillon :  un battement d’aile  peut créer une tempête … C’est vrai aussi pour chacun de nos gestes,  de nos attitudes, et c’est applicable  dans l’engagement personnel,  la sensibilisation aux problèmes environnementaux, et les actions de préservation des Océans …  Un exemple  qui le démontre ?  Retour arrière ,le 7 avril quelque part dans l’Ouest de la France. En savoir plus ?  Ecoutez cette chronique !

 

http://www.longitude181.org

La vie rêvée de Gabrielle de Lyliane Mosca (Presses de la Cité)  

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ft150« Littérature sans Frontières »est une chronique de Pierre Guelff

 À 16 ans, Gabrielle Renard, brunette tout en rondeurs gracieuses, quitte son paisible village champenois pour Paris parce qu’elle veut davantage de bruit dans son existence, du piment, de l’aventure et des émois. Eh bien ! Elle aura tout ça tout au long des 360 pages du magnifique roman de Lyliane Mosca,  « La vie rêvée de Gabrielle » paru aux Presses de la Cité.

Tout l’art de l’auteure est de faire ressentir au lecteur ce roman comme un reportage sur le terrain, au cœur même des événements.

Ainsi, Gabrielle se retrouve nurse du deuxième enfant du couple Auguste et Aline Renoir. À sa meilleure amie qui la traite de bonniche, la réplique tombe comme un couperet : « Toi, tu ne sortiras jamais du village. Pendant ce temps, moi, je visiterai Paris et je connaîtrai du beau monde. Des artistes, des écrivains… »

Ainsi, un destin exceptionnel débute en ce bel été 1894 à Montmartre. Et, aux Renoir, elle déclare tout de go : « J’estime que les tâches sont plus douces en chantant. C’est ma façon de faire, chanter en travaillant, et ne jamais me plaindre ! »

Entre deux tâches, elle regarde le peintre à l’œuvre : « C’est beau, patron. Je n’y connais pas grand-chose, mais c’est beau. » Renoir apprécie et, rapidement, la « beauté simple » de Gabrielle l’attire.
Nounou parfaite, cuisinière hors pair, mettant autant de cœur à faire la vaisselle qu’une tarte, elle accepte de poser pour l’artiste pour qui elle a des sentiments confus : de l’admiration et, comme elle le dit elle-même, « autre chose que je ne sais pas définir ».

Et, comme elle se dit une femme libre et qu’elle le restera, cela occasionne rumeurs, jalousies, envies, commérages et, parfois, reconnaissance. Renoir explique : « Gabrielle est si attachante avec sa gaieté, son bon sens et cette sensualité qu’elle met dans toute chose ! C’est la grâce incarnée. Le charme pur de la femme. Bientôt, il faudra qu’elle se déshabille pour que je la peigne dans toute sa plénitude… »

800px Gabrielle et Jean by Pierre Auguste Renoir from C2RMF cropped
Gabrielle et Jean peints par Auguste Renoir (Wikipedia)

Et, elle accepte et devient quasiment tout aussi célèbre que son patron tant les toiles du maître se vendent et font un tabac dans de prestigieuses expositions.

Les années passent, Renoir est très malade, elle lui sert d’infirmière, et à 32 ans, alors qu’elle n’a rien construit encore de sa vie, elle se sent prisonnière des Renoir et réalise qu’elle est née trop tôt pour le fils Jean, devenu amoureux de son ancienne nounou, et trop tard pour le père, les deux hommes qui comptent le plus dans son existence.

Soudain, elle, la combattante, se sent seule, très seule, jusqu’à la rencontre avec un riche artiste américain totalement inconnu, qui le fascine et ressemble tant à… Renoir-père.

Devenue sa maîtresse, au grand dam de Jean, futur cinéaste célèbre, elle clame encore haut et fort qu’elle est avant tout libre : « Pas besoin de mariage avec mon Américain ! », car elle se souvient, qu’à l’âge de 10 ans, elle gardait les vaches à Essoyes, son village champenois où, à l’heure actuelle, sa maison natale est même devenue un lieu touristique !

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Résister, c’est se libérer !

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ft150 3Decroly. Un nom qui résonne chez des centaines de milliers de personnes, toutes générations, classes sociales, philosophies et religions confondues, tant ce pédagogue éclairé marque encore les esprits et comportements de citoyens.

Le jour ou tout bascula150Comme l’explique Jean Lemaître dans son ouvrage « Le jour où tout bascula » paru aux Éditions de la Mémoire (MeMograMes), « la pédagogie humaniste du neuropsychiatre Ovide Decroly (1871-1932), a essaimé à travers le monde et ne perd rien de sa pertinence ». Cet humaniste disait que c’est dans la préparation des jeunes à laquelle tout adulte doit participer, que se trouve le gage, le seul, d’un avenir où la justice et le droit dans le travail solidaire l’emporteront sur la force aveugle et l’iniquité.

Et, l’auteur, avant d’entamer son récit, de clamer que les propos de Decroly relevaient bien « d’une prophétie, plus que jamais d’actualité ».

Ce récit est celui d’une situation réelle avec en bruit de fond celui des bottes gestapistes et la poignante histoire contée force à une double réflexion majeure : a-t-on vraiment compris les leçons laissées par le nazisme et tout autre régime totalitaire du même acabit et aurons-nous le courage de relever le défi lancé par des résistants à toute forme de dictature sous le cri d’espoir : « Plus jamais ça ! » ?

Certains s’y attèlent et le livre de Jean Lemaître, sans être un essai spécifique sur la désobéissance civile, la résistance citoyenne ou autre mouvement pacifiste actif contre l’oppression et l’injustice, se fait, par son histoire en forme de reportage, l’écho d’un engagement actif (et pas seulement de belles théories) pour la liberté.

Un récit historique poignant

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Jean Lemaître.

 Paul, avocat, fervent catholique, et Hélène, modeste vendeuse, étaient les heureux parents de Claude. Ce père attentionné, dont la foi n’empêchait nullement le libre arbitre, décida d’inscrire leur unique enfant à l’École Decroly, établissement considéré avant la Seconde Guerre mondiale comme, je cite, « un nid de libéraux et de socialistes anticléricaux où l’on pratiquait une pédagogie sulfureuse, axée sur l’expérimentation et le libre examen. »

Claude s’y épanouit, se fit des amis, alors que Madame Libois, leur enseignante, leur apprenait à « respecter les faits et à suspecter les interprétations », les éveillait à l’esprit critique, développait leurs capacités de raisonnement, de jugement et d’intuition.

Dans la nuit du 10 au 11 mai 1940, Claude fut réveillé en sursaut. Comme des millions de gens, d’ailleurs. Les nazis commençaient à déferler par vagues successives sur l’Europe.

Alors, au fil du temps, l’École Decroly accueillit de jeunes réfugiés, des juifs, de faux étudiants pour échapper au Travail obligatoire en Allemagne. Abraham, le pote de Claude, dut porter l’étoile jaune, l’aviateur anglais caché chez Paul et Hélène échappa de peu aux gestapistes, mais la famille fut dénoncée, arrêtée, incarcérée. Claude fut libéré quelques mois plus tard, ses parents menacés de mort.

Durant cette période, le réseau de l’École Decroly joua son rôle clandestin, une véritable armée de l’ombre de toutes les composantes de l’établissement qui, de la sorte, faisait honneur aux principes fraternels d’Ovide Decroly.

Hélène fit la folle et expédiée dans un asile allemand, son cher Paul fut déporté, Claude trouva refuge en province grâce audit réseau.

Un mot d’ordre émanait de celui-ci, malgré la faim, les trahisons, les tortures, les arrestations, les exécutions : « Résister, c’est se libérer ! »

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Le dernier ouvrage de Jean Lemaître paru chez le même éditeur : « Signé Zarco ! », ou le Christophe Colomb portugais.

Si les derniers chapitres sont touchants, grâce soit rendue à l’auteur de ne pas tomber dans le pathos : on y apprend qui livra la famille de Claude à la Gestapo, le sort d’Hélène et de Paul, celui de rescapés qui, vaille que vaille, tentèrent de se reconstruire malgré des existences parfois tourmentées, et, aussi, ce qui traduit bien la philosophie « decrolienne » : « Partir d’une feuille blanche, rabibocher les pays entredéchirés pour rebâtir une Europe unie ».

Hélas, le bruit des bottes se fait à nouveau entendre au loin, comme si l’adage « L’Histoire est un éternel recommencement » était inscrit dans les gênes des humains.

D’où, me semble-t-il, de lire ou de relire cet ouvrage pour tenter de contredire cette hypothèse.

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Musique : extraits de Concerto pour flûte R433 de Vivaldi par Ensemble Baroque (Youtube)