Pendant plus de 40 ans, François Sarano a entrepris de nombreux voyages autour du monde, a réalisé d’innombrables plongées à bord de la Calypso et pendant le tournage du film Océans. Qui est ce célèbre plongeur ? Quelles ont été ses rencontres qui ont déterminé cette envie de faire partager ses rencontres faites dans la profondeur des océans tout en suscitant l’envie de mieux le comprendre pour mieux le protéger ? Quel a donc été son parcours ? C’est chez lui , à Valence que je lui ai posé cette question…
« Et si la révolution était possible » (1/2) de Denis Langlois (Éditions SCUP)
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Qui, mieux qu’une personne de terrain, pouvait écrire Et si la révolution était possible que Denis Langlois (Éditions SCUP), objecteur de conscience, condamné et emprisonné pour insoumission et refus d’obéissance, participant de Mai 68, auteur, avocat, témoin d’atrocités des conflits en Yougoslavie, Irak, Liban…, chantre du pacifisme… qui, d’emblée lance « N’offrons pas à nos adversaires les alibis et les justifications qu’ils attendent pour cogner. »
En France, constate-t-il, le dernier soulèvement visant à transformer la société remonte à Mai 68. Échec avec un vague prolongement électoral en 1981 et l’élection de François Mitterrand comme président de la république : « Une énorme désillusion pour ceux qui espéraient un changement radical, écrit l’auteur. Aujourd’hui, les inégalités sociales sont plus marquées qu’il y a cinquante ans. Cela veut-il dire que la révolution est impossible ? » se demande-t-il.
Après une démonstration convaincante sur les échecs successifs de révolutions armées, violentes, il n’hésite pas à dire : « Comment peut-on affirmer que le pouvoir révolutionnaire est au bout du fusil, quand c’est l’ennemi qui tient le fusil ? »
Sa réponse est claire et nette : « Seules les révoltes non violentes, celles qui permettent aux opprimés de s’appuyer sur la force insoupçonnée du nombre, ont quelques chances de réussir. Les pouvoirs savent comment massacrer ceux qui prennent les armes contre eux, ils sont toujours désorientés devant une population qui emploie des méthodes différentes et pratique notamment les manifestations pacifiques. »
En cela, Denis Langlois rejoint un autre activiste pacifiste efficace, Srdja Popovic, auteur de Comment faire tomber un dictateur quand on est seul, tout petit et sans armes, dont il a aussi été amplement question sur Fréquence Terre.
Et, surtout ne croyez pas que les non-violents sont des lâches, passifs, inertes et « se tournent les pouces en attendant que les événements surviennent par miracle. »
Jugez-en : « Pas besoin d’être un militant chevronné bardé de cicatrices. Il suffit de vouloir lutter sincèrement contre l’injustice et l’inégalité. Inspirons-nous du boomerang, amenons la violence à se retourner contre la violence, créons des mouvements et surtout pas des partis qui, eux, donnent rapidement naissance à des partis pris et de la partialité. Il faut des mouvements où il n’y a pas de hiérarchies entre les activités intellectuelles et manuelles, le rédacteur d’un article n’étant pas considéré comme supérieur à la distributrice de tracts, ou l’inverse. »
En somme, je retrouve dans cette proposition l’esprit compagnonnique qui m’est cher : « La main est le prolongement de l’esprit » et cela mérite bien une deuxième prochaine chronique sur cet essai tellement utile dans notre société déboussolée.
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Brésil : l’extractivisme tue encore
C’était le 25 janvier dernier. Un barrage de déchets miniers se rompt. Cela se passe dans le sud du Brésil, dans l’État du Minas Gerais. La rupture du barrage de Brumadinho, près de la capitale de l’État, Belo Horizonte, a libéré un fleuve de boue toxique détruisant tout sur son passage. Au moins 169 morts et presque autant de disparus.
La mine à l’origine de la catastrophe est exploitée par la multinationale brésilienne Vale. C’est la même société qui est impliquée dans une autre catastrophe minière qui a eu lieu dans la même région le 5 novembre 2015.
Avec Marion Véber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés.
Trois ans après, l’histoire se répète, avec même la entreprise qui est pointée du doigt. Qu’est-ce qui s’est passé ?
« C’est effectivement le même enchaînement que le crime qui s’est produit en 2015 à Mariana. C’est, une fois encore, un barrage minier qui cède avec cette coulée de boue qui part sur des kilomètres et des kilomètres tout dévaster, des villages, la biodiversité, jusqu’à aller polluer et même assassiner un fleuve. Aujourd’hui on considère que le fleuve Paraopeba est considéré comme mort. C’est effectivement la même entreprise. Pour le cas de Mariana de 2015, c’était une joint-venture entre Vale et la multinationale BHP Billiton. Là pour le cas de Brumadinho, on est sur Vale exclusivement ».
A Mariana en 2015, on parlait de la plus grande catastrophe environnementale qu’avait connu le Brésil. 19 morts, plusieurs dizaines de villages touchés, quatre millions de personnes affectés au total. Cette fois, un nouveau cap est franchi ?
« Effectivement on a franchi un cap puisque, actuellement, on en est à 169 morts et 141 disparus aux derniers chiffres annoncés. En revanche, sur la question de l’impact environnemental, il est encore trop tôt pour dire laquelle des deux ruptures sera la plus impactante. Mais ce qui est sûr, c’est que l’effet cumulé des deux est déjà dramatique ».
Lors de sa prise de fonctions en mai 2017, le PDG de Vale, Fabio Schvartsman, avait fait sien le slogan « Mariana, plus jamais ». Vale n’a donc tiré aucune conséquence du drame de Mariana ?
« C’est bien le drame. Parce qu’effectivement, malgré cet engagement, on constate que rien n’a été fait. Comme pour Mariana, a priori l’entreprise savait que son barrage était défectueux. C’est la même chose pour Brumadinho. Il y a une enquête qui commence à révéler que l’entreprise était en possession de documents et de rapports faisant état d’un barrage qui risquait assez fortement de s’effondrer et de tout dévaster. Donc on voit bien que l’entreprise est consciente du fait que ces barrages ont des fortes chances de se rompre, mais ne prend pas les mesures pour atténuer le risque et préfère continuer sur la lancée du profit, quitte à mettre en péril la vie de plusieurs personnes. Donc c’était vraiment dramatique. Ce qu’on constate, c’est qu’aujourd’hui Vale nie sa responsabilité et va plutôt jouer sur la question de l’accident. C’est un accident, « oh, pauvre compagnie. C’est vraiment pas de chance pour nous, ça tombe sur nous ». Cela est vraiment très dénoncé aujourd’hui par la société civile, cette carte de victimisation que l’entreprise essaye de jouer ».
Vous avez parlé de crime. L’extractivisme tue encore. Et comme à Mariana avec le peuple Krenak, là, c’est un autre peuple autochtone qui est en première ligne. Les Pataxó Hã-hã-Hãe vivent sur les berges du fleuve Paraopeba totalement ravagé par les boues toxiques. C’est leur vie qui est ainsi mise en danger ?
« Oui. La rupture du barrage a affecté évidemment énormément de personnes, des villageois, mais aussi un peuple autochtone, les Pataxó Hã-hã-Hãe. Tout comme pour le peuple Krenak, qui avait été affecté par le crime de 2015, et bien les conséquences sont encore plus dramatiques pour ces peuples parce qu’ils vivent vraiment en relation directe avec leur environnement et notamment le fleuve. Dans le cas de 2015 c’était le fleuve Rio Doce, qui était considéré comme mort empêchant les Krenak de pêcher, de se baigner dans le fleuve, de boire. Et là on retrouve exactement les mêmes conséquences, le même scénario, avec les Pataxó Hã-hã-Hãe, qui aujourd’hui sont dans un même état que les Krenak de véritable désespoir, avec certains qui ne voient plus d’avenir possible avec un fleuve mort à leurs côtés qui, en plus, a une importance vraiment forte pour eux sur le plan spirituel et culturel ».
Et comme pour les Krenak, c’est vraiment leur vie, leur culture, leur histoire qui est mise en péril.
« Pour les Krenak, on pouvait même dire leur identité même puisqu’elle était vraiment liée au Rio Doce. Les Pataxó Hã-hã-Hãe eux aussi parlent d’une relation très forte à l’eau, où le mythe de création de leur peuple serait lié à une goutte d’eau. Donc effectivement, il y a cette dimension très forte qui n’est pas du tout prise en compte par les compagnies minières qui vont s’attacher plutôt à regarder les dommages matériels ».
Les représentants des Pataxó Hã-hã-Hãe ont dénoncé l’exploitation démesurée de la nature au nom du développement. Des inquiétudes amplifiées avec le nouveau président Jair Bolsonaro.
On continue d’en parler la semaine prochaine avec Marion Veber.
Pour aller plus loin :
- Brésil : le nouveau crime de l’entreprise minière Vale
- Brésil : c’est « la mère nature qui vomit ce que l’homme blanc a fait »
- Rupture du barrage au Brésil : la justice sanctionne le géant minier Vale
Brésil : depuis trois ans, les Krenak vivent “une violation de leur identité” (Anne Suarez)
Sommes-nous des grenouilles ?
Sommes-nous des grenouilles ? Drôle de question en cette période troublée à laquelle je vais tenter de formuler une réponse. Celle –ci est normande. Oui et non.
Oui, nous ressemblons à des grenouilles, quand passionnés par les fonds marins nous enfilons combinaison en néoprène, bouteille d’air et détendeur ou tuba, masque, et surtout une belle paire de palmes qui est sans nul doute l’un des exemples les plus précoces de biomimétisme, à la fois simple et abouti, d’une efficacité remarquable. L’histoire de la plongée s’en souvient puisque avant de parler des plongeurs – ce qui peut aussi les ramener au rôle de lave-vaisselle- ceux-ci étaient nommés jusque dans les année soixante-dix, les hommes grenouille.
Quoique ? que partageons nous avec ce batracien ?
Un peu d’humour coassant ne nuit à personne….
Greta, l’icône climatique, à la COP24, Davos, Bruxelles, Paris, dans le livre de « Fréquence Terre » : « Politiciens, nous avons commencé à nettoyer votre bordel ! »
Reportage « Fréquence Terre » depuis la Capitale de l’Europe.

Depuis trois mois, « Fréquence Terre » couvre les manifestations pour le climat qui se déroulent principalement à Bruxelles, plus spécifiquement celles des jeunes. Loin d’être un événement ponctuel regardé avec une certaine condescendance, les jeunes de la Capitale de l’Europe, de plus en plus rejoints par des adultes, en sont à leur septième semaine d’affilée à défiler et interpeller les politiciens.
Au total, des centaines de milliers de jeunes qui clament, pacifiquement mais avec détermination, leur volonté que les politiciens, lobbyistes et multinationales arrêtent de massacrer la terre.
Alors, ce mouvement qui, enfin, semble intéresser la France puisque Greta Thunberg (photo de son Facebook), 16 ans, qui affronta seule devant les prétendus « grands du monde » et leur lança : « Vous n’êtes pas assez matures pour dire les choses comme elles sont ! », rejoindra Paris ce vendredi 22 février après avoir défilé dans les rues bruxelloises avec quelque 8 000 personnes dans sa foulée.
Ici, à Bruxelles, elle a déclaré devant le Comité économique et social européen et en présence de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, je résume (propos rapportés par plusieurs de mes confrères) : « Nous séchons les cours pour le climat parce que nous avons fait nos devoirs. Les politiciens savent qu’ils n’ont pas fait les leurs. Nous avons commencé à nettoyer leur bordel et nous ne nous arrêterons pas tant que nous n’aurons pas fini. La plupart des politiciens ne veulent pas nous parler, mais nous ne voulons pas leur parler non plus ! Nous voulons parler aux scientifiques. »

Résultat en sept semaines en Belgique : une ministre de l’Environnement sur QUATRE (oui quatre pour un pays de 11 millions d’habitants !) a démissionné, une « loi climat » se met péniblement en route, un important comité de scientifiques internationaux en appelle à une grève mondiale en faveur du climat et, en cette septième semaine, ils étaient encore 4 à 5 000 jeunes à défiler à Genk, 3 000 à Gand, 8 000 à Bruxelles et d’autres milliers répartis dans le pays.
Outre le slogan récurrent « Nous sommes plus chauds que le climat ! », j’ai relevé quelques slogans déployés derrière Greta : « Réchauffez les cœurs pas la terre », « Une solution, la révolution », « Politique, tu t’bouges ou j’te bouge », « Ta planète, tu la préfères bleue ou bien cuite ? »…
Alors, les jeunes français, allez-vous enfin réagir en masse à votre tour, comme l’a déjà fait « Fréquence Terre » dans son livre « Agir ou disparaître » ? Et, si vous manquez de références en matière de catastrophe climatique et de solutions à apporter, lisez-le. C’est urgent !

Montagne d’Or – Première victoire judiciaire en Guyane
C’est une première victoire judiciaire pour les opposants à Montagne d’Or. Le 11 février dernier, le tribunal administratif de Guyane, a annulé un arrêté préfectoral qui autorisait la société Montagne d’or à ouvrir des travaux d’exploitation d’or alluvionnaire dans le département.
La décision du tribunal ne concerne pas le projet de méga mine d’or contesté, mais elle reste très importante dans le combat des communautés sur place.
- Avec Marion Veber, chargée de mission Droits des peuples à la Fondation France Libertés.
Ce sont deux associations qui avaient demandé l’annulation de l’arrêté préfectoral. Il concernait un permis d’exploitation situé au lieu-dit Bœuf mort. Pourquoi cet arrêté a été annulé ?
« Il a été annulée pour deux raisons. La première raison concerne les études d’impact qui avaient été menées pour ce projet d’exploitation d’or. Elles sont considérées par le juge comme ne permettant pas d’avoir une vue précise et cohérente de tous les enjeux, parce que justement le juge dénonce le fait que l’étude d’impact ait été dissociée du mégaprojet de Montagne d’or qui se situe juste à côté de la concession de Bœuf mort. Le juge a tranché en disant que ces deux projets ne pouvaient pas être si dissociés que ce que la compagnie minière disait dans son étude d’impact. Et donc le juge a considéré que cela violait finalement le code de l’environnement. La deuxième raison c’est la violation du droit qui oblige à l’autonomie de l’autorité qui va trancher ‘pour ou contre’ l’autorisation de permis d’exploiter. Là, les ONG qui ont fait le recours dénonçaient la double casquette de la Direction de l’environnement de l’aménagement et du logement (DEAL), qui était à la fois juge et partie. Le juge administratif a clairement considéré que la DEAL n’était pas du tout autonome et donc venait violer ce droit fondamental ».
Le tribunal administratif de Guyane parle de violation du droit dans le cas de la mine de Bœuf d’or. Qu’est-ce qui est pointé ?
« On parle de cette technique de saucissonnage. Une compagnie va présenter plusieurs études d’impact sur différents projets. Mais, en fait, chaque étude d’impact est vraiment faite sans prendre en considération les impacts des projets aux alentours. Du coup, on ne prend pas en compte les impacts cumulés qui sont pourtant extrêmement importants d’un point de vue environnemental et de l’atteinte à la biodiversité. Donc cette technique du saucissonnage amène forcément à avoir une vision de ce projet beaucoup moins impactante pour le territoire que si on prend ensemble la totalité des projets aux alentours. Là le juge expose que c’est une violation du code de l’environnement parce que l’étude d’impact, qui a été soumise, est considérée comme limitée et ne permettait pas à la personne autorisant ou non le projet d’avoir tous les éléments en main. Donc c’est une violation du code de l’environnement ».
Il faut préciser qu’entre Montagne d’or et Bœuf mort, on est sur deux types d’extraction différents.
« Sur Bœuf mort, on est sur un petit projet d’exploitation de l’or alluvionnaire, c’est à dire lorsqu’il se trouve dans l’eau. Alors que sur Montagne d’or, on est sur un mégaprojet, le plus gros qui verrait le jour s’il est autorisé en Guyane. Donc on est sur une échelle vraiment énorme, du gigantisme. Et on est sur de l’or, qui se trouve dans la roche. Il serait exploité à ciel ouvert en dynamitant des tonnes et des tonnes de roches en essayant d’extraire l’or qui est dans ces roches. Donc on est sur deux projets très différents mais qui sont juste à côté, situés dans la même zone. Ce qu’on avait expliqué avec le collectif qui s’oppose à Montagne d’or, c’est que Montagne d’or, en demandant cette exploitation juste à côté, c’est finalement un cheval de Troie pour pouvoir commencer des travaux et des exploitations à côté de la future zone de Montagne d’or. C’est une façon de s’implanter sur le territoire et de préparer la venue pour Montagne d’or ».
Est-ce que cette décision est très importante dans la bataille contre le projet de méga mine d’or ? C’est un premier pas ?
« C’est une première victoire qui déjà réconforte les opposants parce que c’est une bataille très longue et qui est encore loin d’être finie. Donc c’est un premier pas sur le plan judiciaire. C’est un premier élément qui donne à montrer que la compagnie minière Montagne d’or n’est pas très sérieuse dans ses études d’impact, même sur un projet de taille très petite sur Bœuf mort. C’est important pour les opposants. C’est un premier une première victoire ».

Sans vouloir extrapoler et faire du catastrophisme, cette décision s’inscrit dans un contexte dramatique, avec la rupture d’un barrage à Brumadinho au Brésil, qui a fait au moins 166 morts fin janvier. Est-ce que cela n’a rien à voir, ou est-ce que cette tragédie peut être un tournant pour Montagne d’or ? Est-ce que cela peut servir de leçon, d’exemple à ne pas suivre pour le gouvernement français ?
« Cela montre que les risques de l’exploitation minière sont bien réels. Quand on dit en tant qu’opposant à Montagne d’or que le principal risque c’est la rupture des barrages ou le drainage minier acide, on voit que ce n’est pas juste des risques. Cela peut se produire concrètement. Ce n’est pas fantasmé. Dans un pays qui est juste à côté, le Brésil, qui est limitrophe de la Guyane, ça se produit et cela s’est déjà produit en 2015, ça se reproduit en 2019. Quand on voit les conséquences, avec le nombre de morts, les fleuves qui sont considérés comme morts aujourd’hui, les impacts environnementaux qu’on n’arrive même pas à calculer, on voit que finalement les positions avancées par les opposants à Montagne d’or ne sont pas si fantasmés que ça. Donc c’est important de le replacer dans ce débat. D’ailleurs à l’Assemblée nationale le 7 février il y avait un premier débat sur le projet Montagne d’Or et l’interdiction du cyanure. Un grand nombre de députés, y compris le ministre de l’Environnement, ont fait référence à cette rupture de barrage comme un élément à prendre en compte de ce que ça peut vouloir dire l’exploitation minière ».
Pour en revenir à au méga projet Montagne d’or, où en est le dossier ? Il y a eu la consultation publique. Quelle est la prochaine étape ?
« Monsieur de Rugy a annoncé qu’il allait se déplacer en Guyane très prochainement, dans les semaines à venir a priori, pour rencontrer les acteurs concernés qu’il n’a pas vu pour l’instant, en particulier le Grand Conseil coutumier, qui représente les intérêts des autochtones. Les autochtones se sont opposés à de multiples reprises à ce projet. C’est déjà un élément intéressant de savoir que le ministre se rend en Guyane, va enfin écouter les autochtones. Et il a annoncé également prendre une décision au nom du gouvernement d’ici la fin du premier semestre 2019. On devrait être fixé assez rapidement ».
Pour aller plus loin :
- Victoire judiciaire pour les opposants à Montagne d’or
- Non à la méga mine d’or industrielle en Guyane
- Communiqué de presse du collectif Or de question
Montagne d’or : une destruction environnementale, sociale, culturelle
Défenseur de l’Océan – Paul Watson : Si les océans meurent, nous mourrons !
Une interview passionnante de Paul Watson, cofondateur de Greenpeace, fondateur de Sea Shepherd, le seul à empêcher le massacre des baleines chassées par l’industrie baleinière japonaise, en dépit des moratoires existants. Paul Watson nous accordé une interview exclusive suivi d’un extrait de son intervention, traduite par Lamya Essemlali au Salon de la Plongée où il nous explique les mécanismes de l’économie d’extinction.
« La politique expliquée aux enfants (et aux autres) » de Denis Langlois et Plantu (SCUP)
« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.
Excellente initiative des éditions SCUP de réunir l’écrivain Denis Langlois, ancien avocat, figure marquante du pacifisme, auteur de nombreux ouvrages sur la justice, et le célèbre illustrateur Plantu, collaborateur au Monde et à L’Express pour l’essai La politique expliquée aux enfants (et aux autres).
Dix chapitres avec, pour chacun, un dessin de Plantu, composent cet ouvrage qui, effectivement, peut s’adresser aux adultes, tant, parmi ceux-ci, certains ont une attitude d’enfants !
Et, je ne peux qu’approuver la mise en garde assénée d’emblée : « Dire « Je ne fais pas de politique », c’est comme dire « Moi, je ne respire pas ! » car, effectivement, la politique ce n’est pas que les politiciens, les partis, les élections, les marchandages, les coalitions, « c’est aussi la manière dont les êtres humains organisent leur vie sur terre et la politique n’est pas seulement une chose sale à rejeter. De toute façon, si tu ne t’occupes pas de la politique, elle s’occupera de toi ! »
Donc, il y a intérêt à lire ou à relire le livre du duo Langlois-Plantu comme une sorte de guide pour les jeunes, mais un guide ne se veut pas donneur de leçon ou qui a la prétention de tout expliquer, et pour « les autres », une piqûre de rappel, en somme.
Bien sûr, comme l’explique avec justesse Denis Langlois, « comme il serait agréable de vivre dans un monde où personne ne chercherait à dominer les autres, où chacun serait l’égal de chacun ! Malheureusement ce n’est pas le cas », alors défilent les chapitres avec des explications simples – sans être simplistes, nuance ! – sur les partis, la droite, la gauche, les extrémistes, les opinions, un autre sur les médias et leurs rapports au monde politique, s’agit-il de rumeurs, mensonges, manipulations, réalité des faits, neutralité ?
Et puis, voici quelques pages tout aussi sensibles à expliquer de manière, disons, « neutre » : police, ordre, sécurité, terrorisme, justice, lois qui sont les règles votées par les politiques, ne l’oublions pas, le rôle des juges, les guerres et mourir pour la patrie, le fameux patriotisme, ou le pacifisme « qui rejette toute forme de violence » et ne veut surtout pas dire qu’il est question de lâcheté !
Et, encore, la pollution et cet extraordinaire dessin de Plantu remplaçant le globe terrestre d’une mappemonde par une poubelle, visiblement nauséabonde.
Et, comment oublier les inégalités entre les êtres humains, entre les pays ? Enfin, face à tout cela, place à l’action politique. « Encore faut-il faire un effort », souligne l’auteur. C’est-à-dire, agir en connaissance de cause. Après avoir lu cet essai, par exemple.
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Sam de Christophe Ghislain (Albin Michel)
Un jour, Sam est partie quittant son fils de cinq ans et le père de celui-ci. Mais cinq mois plus tard, Jerry et le petit Tobias prennent la route en direction du bout du monde à travers les vastes forêts de Norvège pour la retrouver.
Sam est un roman de Christophe Ghislain paru chez Albin Michel, à découvrir car il est plutôt inclassable. C’est une sorte de road-movie fantastique, poétique et ultra réaliste.
Tantôt poétique voire lyrique lorsqu’il est question de la rencontre amoureuse du couple qui est digne d’un grand film d’amour classique. Tantôt fantastique lorsque le fils rencontre un vieux fou s’appelant Walt Whitman et qui pose maintes fois la même question « Savez-vous comment je suis mort ? » et la réponse est chaque fois différente et inattendue. Sans doute que ce vieux fou est en réalité un visionnaire.
Ce roman partage aussi une belle part de philosophie parce que la vie est faite de mystères que l’on ne comprendra jamais, parce que l’enfant répète la question : pourquoi elle est partie maman ? Et que répondre à cette question est au fond une sorte de quête.
Et puis il y la délicieuse douceur de la tendresse lorsque le père prend conscience de la joie éclatante, que d’être père. Bien que ce roman soit impossible à résumer, il est au fond, un chemin initiatique, un très bel hymne à l’amour et à la noblesse de la nature.
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« Les cris du Mouvement d’écologie politique – français – sont aussi efficaces qu’un seau arrosant le désert ! »
« Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » (2) d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo)
Voici la deuxième chronique consacrée à l’excellent essai Une histoire de l’écologie politique – De René Dumont à Nicolas Hulot » d’Arthur Nazaret (Éditions La Tengo) et en cette fin des années 70 quand les écologistes se posaient toujours la triple question par rapport à leur engagement politique : subversion ou participation ? Se structurer en parti ou multiplier les manifs et rassemblements ? S’allier à la gauche ou non ?
Ce fut alors qu’un certain Brice Lalonde entra dans la danse et déclara : « L’écologie ne saurait se borner à la préservation de la nature, elle doit s’attaquer aux racines du mal, c’est-à-dire au productivisme qu’induit la course au profit du monde occidental. »
Dans la foulée, il sera aussi question d’autogestion communale, référendums communaux, élimination progressive de la circulation automobile privée en ville…
Aux élections municipales de 1977, 9% des suffrages pour les écolos et une belle percée médiatique, puis aux législatives de 1978 et l’arrivée d’ « Écologie 78 » les revendications se font de plus en plus nombreuses : autonomie aux groupes locaux, arrêt du nucléaire, luttes contre le centralisme, l’uniformisation, la planification systématique…, le tout sous les paroles cajoleuses de François Mitterrand. Résultat : la galère avec 2,14%.
Aux présidentielles de 1982, Brice Lalonde lança le slogan « Droite ne puis, gauche ne daigne, écologiste je suis », bof, cela fera 3,88% et les écolos seront plus divisés que jamais, se retrouvant quasiment à l’état de groupuscule.
Alors, en 1984, ils décidèrent de s’unir et les Verts créèrent une structure idéologique et durable, du moins ils l’espéraient. Par opportunisme, Mitterrand libéra le Larzac de la convoitise des militaires et Plogoff du nucléaire, mais, comme l’écrit Arthur Nazaret : « Les cris du Mouvement d’écologie politique sont aussi efficaces qu’un seau arrosant le désert ».
Alors, après des années de tergiversations, le parti écologique français « Les Verts- Confédération écologiste – Parti écologiste » est né.

L’ambition était vaste avec une véritable révolution : « La conquête du pouvoir se fera avec des fleurs, pas des fusils » sera-t-il précisé. Las, aux élections européennes de 1984, surtout le FN attirera l’attention avec ses 11% ! Les écolos français étaient exsangues, ils en appelèrent à leurs collègues allemands et belges, René Dumont, 82 ans, reprit du service, mais les écolos coulèrent aux législatives et régionales de 1986, à l’instar du Rainbow Warrior, lui, coulé par l’État de Mitterrand le pseudo-socialiste.
Même Tchernobyl et le nuage dangereux qui se serait arrêté, pile, à la frontière de l’Hexagone, ne mit pas les écolos sur le devant la scène.
C’est dire combien tout cela manquait d’unité, de stratégie, de conviction, dans le fond. Et puis, un certain Antoine Waechter pointa le bout de son nez…
La suite de cette saga dans les prochains jours.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music









