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Formatrice en agroécologie : Madeline Carlin

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Le monde semble être en profonde transformation ; nous entendons parler de crise économique, de crise écologique, de crise éducative voire même d’une crise sur le sens de nos vies… Dans cette saison, la voix du Kaizen relaie la voix de ceux qui ont fait le choix de la cohérence et du sens pour pas à pas vivre le changement nécessaire à nos sociétés. Madeline a suivi un parcours d’agronome spécialisée dans les questions environnementales. Nourrie de quelques expériences sous diverses latitudes, de quelques années d’accompagnement de filières de valorisation agricole, elle s’est passionnée pour l’agriculture paysanne. Aujourd’hui formatrice en agroécologie, je l’ai rencontrée dans les Jardins de Terre et Humanisme. Interviewé par : Alexandre Sattler  Pour continuer à suivre mon travail, retrouvez moi sur:  Instagram: www.instagram.com/gaiaimages_photography Facebook: www.facebook.com/gaiaimages Mon site internet: www.gaia-images.com

Reportage : Penser le monde de demain en toute conscience

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pgf 1Quel contraste saisissant, voire choquant ! Alors que le quotidien Le Soir titrait, photo à l’appui d’une foule se trémoussant dans une boîte à la mode (ci-contre), « Réouverture des boîtes de nuit : ‘‘ Cette fois, ça sent vraiment le retour à la vie d’avant’’ », donc, retour de la fameuse « liberté », concept développé par certains citoyens qui, sans pudeur, clament « non à la dictature sanitaire », alors qu’à quelques kilomètres de là se préparait une journée de solidarité citoyenne, comme Fréquence Terre-RFI les apprécie.

Concernant le monde de demain synonyme de retour au passé, notre confrère expliquait : « Près d’un an et demi au purgatoire, les boîtes de nuit ont rouvert leurs portes dans la nuit de vendredi à samedi. On a pris la température au Fuse, dans les Marolles à Bruxelles. Le taxi qui nous ramène au bercail aux petites heures du matin est extatique. « Je n’en reviens pas. Il y a tellement de monde dans les rues ! Hier soir, à 2 heures du matin, Bruxelles était déserte, comme morte. Pas un chat. Et regardez cette nuit ! Il y a des gens partout. Cette fois, ça sent vraiment le retour à la vie d’avant ! »

Soit. À chacun sa manière de voir le monde de demain en toute conscience, mais sans conteste, entre se trémousser dans une boîte de nuit et agir pour que l’avenir soit plus fraternel et moins égocentrique, plus ouvert sur l’« Autre » et non centré sur son petit ou grand besoin personnel de restaurant, de dancing ou de voyage exotique, notre choix est clair.

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Marie, initiatrice à l’emballage durable.

Place à la solidarité ! Durant cette journée de nombreux stands furent proposés gratuitement aux visiteurs afin d’apprendre à fabriquer des produits utiles de la vie de tous les jours : produits cosmétiques et ménagers, confection de masque, fabrication d’emballages réutilisables à base de coton bio, de cire d’abeille, d’huile de chanvre, d’éponges en textile tricoté zéro déchet, lavable et résistante, création de reliures créatives et couture. Apprentissage à réparer soi-même un vélo, sans oublier les enfants avec des activités ludiques, des contes et des initiations aux techniques de cirque, par exemple.

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Delphine, initiatrice en reliure.

Des stands d’informations sur la gestion de l’eau et le 0 déchet, un atelier artistique sur les émotions faisaient aussi partie de « L’Automne des Solidarités », un événement de la commune d’Etterbeek à Bruxelles qui réunissait des activités solidaires organisées par des associations locales, des collectifs citoyens et des services communaux autour du thème, ô combien urgent : « Penser le monde de demain ».

Fréquence Terre-RFI ne pouvait qu’être présent à cette journée !

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Sarah, initiatrice en couture « écologique ».

Écoutons donc successivement Marie, Delphine et Sarah pour qui les concepts d’écologie et de solidarité citoyenne ne sont pas des discours creux ou des propos lénifiants de salons et bureaux feutrés mais qui, avec leurs semblables, sont effectivement des exemples concrets de personnes engagées dans une optique réaliste et que, surtout, repenser le monde de demain peut être accessible à chacun de nous dans notre quotidien.

Interviews : écoutez le podcast ci-contre.

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Conseils de sagesse

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20211001 083431 2Dans 101 façons de se reconnecter à la Nature de Frederika Van Ingen (Éditions Les Arènes), dont il est aussi question dans la chronique Être bien avec soi, j’ai relevé quelques citations tellement utiles dans notre société consumériste :

  • D’une légende navajo : « Un jour, l’homme blanc demandera à l’homme rouge de l’aider à se souvenir comment revivre en harmonie avec la nature. »
  • Du chef Seattle lors de négociations avec le président des États-Unis, Franklin Pierce : « Il n’y a aucun endroit paisible dans les villes de l’homme blanc. Pas d’endroit pour entendre les feuilles se dérouler au printemps, ou le froissement des ailes d’un insecte. »
  • Et du même : « L’homme n’a pas tissé la toile de la vie, il n’est qu’un fil de tissu. Tout ce qu’il fait à la toile, il le fait à lui-même. »
  • De Vernon Harper, homme-médecine : « Parmi tous nos enseignements traditionnels, celui qui a le plus d’importance pour nous, c’est l’écoute active. Nous autres, Crees, apprenons à être à l’écoute de notre environnement, des vents et des rochers. »
  • Et du même : « Vous ne verrez jamais un chien se prendre pour un aigle, ni un écureuil se prendre pour un loup. La même chose pour les plantes. Plantes et animaux suivent les instructions qui leur ont été données. Ce sont les êtres humains qui ne suivent plus les leurs. »
  • De Tahca Ushte, homme-médecine : « Nous autres, Indiens, vivons dans un monde de symboles et d’images où le spirituel et l’ordinaire des jours ne font qu’un. »sigle ft 2015

 

 

 

Ce que nous apprennent les peuples racines et que confirme la science

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La nature nous parle et elle nous donne généreusement une sagesse millénaire accessible à tous. Mais la vie moderne nous a éloignés de notre connexion originelle à la nature. Et pour la plupart d’entre nous, nous ne sommes plus capables de survivre en pleine nature. De plus, une vie « hors–sol » suscite des carences et favorise des névroses. Par contre les bienfaits de la nature sur notre santé physique et mentale sont prouvés scientifiquement. Une balade en forêt réduit le stress, régule les émotions et renforce le système immunitaire.

Frederika Van Ingen, l’auteur de l’ouvrage « 101 façons de se reconnecter à la nature » (Éditions Les Arènes) nous invite, nous encourage et nous entraîne à recréer un lien essentiel avec la nature. En s’inspirant des traditions maasaï, lakotas, bushmen et autres, Frederika Van Ingen nous propose des moments créatifs et ressourçant à pratiquer chacun à son rythme.20211001 083431 1

Parmi les 101 pratiques, j’ai pointé «  la profondeur du temps » :  il s’agit de s’offrir une heure ou plusieurs heures sans horloge, montre, téléphone ou tout autre objet que rappelle le temps des hommes. L’intention est d’oublier le temps et de juste déambuler en fixant son attention au plus près dans l’ici et maintenant. À la fin de chaque pratique, il est toujours conseillé de partager son expérience. Car toutes sont une façon de nous relier au mystère du vivant et nous avons tous à gagner à aller chercher au cœur de la nature ce qu’elle nous apprend de nous-mêmes. Il n’y a nul besoin d’être expert, mais plutôt de trouver en soi cette simplicité qu’ont dans le rapport au monde les peuples racines. L’immense richesse de ces cultures « racines » est de transmettre à leurs enfants des savoir-être et des savoir-faire qui soignent la relation à la nature, à soi, à l’autre et au vivant.

Et à ce propos, Osoka Bousko, femme médecine nous dit :

« Que vous ayez ou non des enfants, il faut penser à la génération suivante. En partant, nous devrons laisser derrière nous toute la bonté que nous avons reçue à notre naissance ».

Les 101 façons de se reconnecter à la nature nous permettent de retrouver notre place au cœur du vivant et cette reconnexion est à la fois intérieure et culturelle. Être conscient de notre appartenance à un vivant élargi nous rendra capables de restaurer la qualité du lien que nous tissons avec le monde.

 

Les plongées émerveillées -Épisode 4

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Des podcasts en sous-marin dirigés par des enfants :

Cosmos ©Coralie Castillo « François SARANO est océanologue et plongeur. Parmi toutes les expériences qu’il a eues au cours d’une carrière riche et passionnante, on retient souvent son travail avec Jacques-Yves COUSTEAU à bord de la Calypso, et avec Jacques PERRIN – notamment pour le film « Océan ».
Dans cette série de podcasts , nous plongeons dans un observatoire sous-marin, où nous le retrouvons en train de répondre aux questions des élèves de différentes classes.
A la multitude de questions que lui posent ces élèves, François apporte des réponses captivantes tout en invitant les enfants à changer : jeter les jeux vidéos, téléviseurs, téléphones portables… et aimer notre monde, trouver l’émerveillement dans tout ce qui nous entoure, nous retrouver, nous reconnecter au vivant. L’émerveillement… première étape, indispensable, avant de s’engager dans la préservation de notre unique planète.
Un podcast de Jean-Baptiste FOURRE.

Anais directrice de bord

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Anais est directrice de croisière, une vie en milieu clos sur un bateau. Dans mon métier de photographe il m’arrive de cotoyer different milieu et c’est toujours avec plaisir que je m’intéresse aux gens et leurs univers parfois si particulier. Interviewé par : Alexandre Sattler Pour continuer à suivre mon travail, retrouvez moi sur: Instagram: www.instagram.com/gaiaimages_photography Facebook: www.facebook.com/gaiaimages Mon site internet: www.gaia-images.com

Extraction en eaux profondes: le cynisme français s’affiche encore!

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Le congrès mondial de la nature  de l’IUCN à Marseille  qui a refermé ses portes le  11 septembre 2021, aura permis de considérer la perte de biodiversité comme une urgence, au même titre et à la  même priorité que l’urgence climatique ou sanitaire.

L’un des sujets  abordés pour préserver la biodiversité marine fur l’extraction minière en eaux profondes,au potentiel le plus destructeur et le moins visible.

Bravo aux 80 % d’états et 90 % des organisations présentes d’avoir lancé une alerte et un  appel à moratoire sur l’extraction minière en eaux profondes à valider en 2022.

Et la France  dans tout cela ? incohérence de discours, cynisme politique, préservation des intérêts étatiques et privés….

A découvrir dans cette chronique .

Nature et culture : Maurice Chaudière

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Le monde semble être en profonde transformation ; nous entendons parler de crise économique, de crise écologique, de crise éducative voire même d’une crise sur le sens de nos vies… Dans cette saison, la voix du Kaizen relaie la voix de ceux qui ont fait le choix de la cohérence et du sens pour pas à pas vivre le changement nécessaire à nos sociétés. Partisan de l’apiculture douce, Maurice Chaudière vit en Ardèche et conçoit depuis des dizaines d’années des ruches en terre. Elles permettent une récolte du miel respectueuse des abeilles, à son image. Rencontre avec Maurice. Interviewé par : Alexandre Sattler  Pour continuer à suivre mon travail, retrouvez moi sur:  Instagram: www.instagram.com/gaiaimages_photography Facebook: www.facebook.com/gaiaimages Mon site internet: www.gaia-images.com

Pour une écologie radicale et non de compromis(sion) (Partenariat avec POUR)

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pgf 1La primaire Écolo française qui désignera le ou la représentant.e final.e à la course à la présidentielle 2022 d’Europe Écologie-les Verts (EE-LV), est suivie avec grand intérêt dans la capitale de l’Europe, là où, non seulement il y a le siège des principales institutions européennes, mais un nombre important de Français qui y travaillent et résident (en Belgique on en compte de 120 à 150 000, soit autant – 122 670 personnes inscrites à la primaire écologiste qui rendra son verdict mardi sur le coup de 17 heures 30).

Une primaire également suivie avec attention par de nombreux Belges qui, eux, comparent aisément les programmes émis par les candidats d’Europe Écologie-les Verts avec la gouvernance du parti ÉCOLO qui participe déjà à différents niveaux de pouvoir parmi les plus importants d’un pays morcelé en une kyrielle de gouvernements ou de chapelles locales.

Petite parenthèse : il y a plus de ministres en Belgique (une cinquantaine) qu’aux États-Unis (vingt-sept), alors que Bruxelles possède dix-neuf maires, oui dix-neuf !

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Caroline Lhoir, élue ÉCOLO à 1150 Bruxelles (Photo : ÉCOLO-Woluwe-Saint-Pierre)

Cela dit, de nombreuses personnes, très inquiètes par la catastrophique situation climatique clament que l’heure n’est plus aux tergiversations et aux compromis ou compromissions en la matière, telle la politique menée par Caroline Lhoir, Première échevine, écologiste, à Woluwe-Saint-Pierre, une commune bruxelloise qui compte quelque 40% de personnes étrangères, dont de nombreux Français.

Ainsi, parallèlement à de louables initiatives en faveur de l’Environnement, cette élue verte cautionne, par jeu d’alliances politiciennes, une véritable politique de bétonisation dans sa commune, ce qui est dénoncé par maintes associations citoyennes, mais qui ne semble guère l’émouvoir, ni le parti ÉCOLO, d’ailleurs.

En revanche, si comparaison n’est pas raison, force est de constater que l’intérêt est grand pour les propos tenus par Sandrine Rousseau, l’éco-féministe dans sa vision de gestion de l’écologie politique en France.

Fréquence Terre a retenu quelques-unes de ses déclarations prononcées lors des débats médiatisés de la primaire, dans Libération de ce week-end, sur son site, entre autres : « Il faut rapidement renverser la table sans faire de compromis afin de prendre le pouvoir ! Je rêve d’une révolution pour faire tomber les puissants. »

Pour ce faire, elle propose, par exemple, la mise en place de la semaine de quatre jours, des trente-deux heures de travail… : « Je pense qu’une société écologique est une société où on ralentit. Aujourd’hui, c’est plus de croissance, plus d’heures supplémentaires, plus de travail alors qu’il faut diminuer ce temps-là. »

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Sandrine Rousseau, éco-féministe (Photo : site Sandrine Rousseau).

Et puis, voici son fil rouge : l’écologie radicale et la radicalité environnementale, loin, très loin, des compromissions écologistes et autres « petits arrangements » politiciens d’élus dits écologistes belges, et, de certains de leurs collègues d’EE-LV !

Sandrine Rousseau est très claire à ce sujet : « Il est temps d’avoir le courage de mener une politique de radicalité environnementale.
Notre terre n’a pas de ressources illimitées. L’urgence et la catastrophe climatique se démontrent chaque jour. La destruction des écosystèmes doit nous faire reconsidérer le rapport que nous avons avec les vivants en donnant davantage de droits aux animaux et en faisant de la biodiversité une priorité. Face à la destruction de la planète, il est nécessaire de mettre le climat au centre de l’économie, en établissant une véritable fiscalité carbone, en stoppant les subventions aux industries polluantes pour miser sur les filières d’avenir, écologiques, sociales et non-délocalisables. »

En d’autres termes, il faut rompre « avec un modèle consumériste, libéral et capitaliste », et on est donc loin, très loin même, de la volonté de son opposant au sprint final, le routinier de la politique, Yannick Jadot, qui lui rétorque que « la vraie radicalité est d’accéder aux responsabilités ».

Si c’est pour développer une politique prétendument écologiste qui cautionne, entre autres, la bétonisation comme dans tout Bruxelles, donc pas seulement qu’à Woluwe-Saint-Pierre, alors qu’il y a un million de m² de bureaux vides qui pourraient être restaurés en logements en faveur des 50 000 personnes en attente d’un habitat décent, c’est très mal barré pour l’Environnement.

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Slogan manifestation en France (Photo auteur anonyme).

Alors, pour paraphraser un célèbre slogan (« L’écologie sans lutte des classes, c’est du jardinage ») et sans vouloir vexer les jardiniers, osons à notre tour clamer que : « Sans éthique politique, l’écologie est du jardinage ! »

 

 

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Feu de joie

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Quand un auteur évoque une région qui est chère à vos bons souvenirs, cela ajoute une petite touche à l’intérêt que l’on porte à son récit, n’est-ce pas ? Cependant, faut-il agir, comme je l’ai fait naguère, c’est-à-dire partir du Puy-en-Velay pour accomplir une pérégrination philosophique et culturelle de quelque 2 000 kilomètres à pied vers Compostelle, pour goûter pleinement à l’histoire contée ?  Non, bien entendu, cependant, retrouver ou sillonner par la grâce d’une lecture des endroits connus permet, peut-être, d’encore mieux imaginer la description des êtres et de la Nature réalisée par l’écrivain.

oipAvec Feu de joie de Pierre Petit aux Presses de la Cité, je fus donc en terrain de connaissance, si j’ose dire, puisque l’histoire se déroule en Haute-Loire, mais, par après, tout l’art du conteur est de vous accrocher pleinement à son roman. Et, selon ma lecture, ce fut réussi.

Quand, entrant pour la première fois à l’école primaire, mais en retard d’un trimestre, Stéphane, tremblant de peur du haut de ses six ans, fut consolé par Isabelle qui l’avait précédé dans la classe, il n’allait jamais oublier ce geste délicat.

Toute leur jeunesse, Stéphane et Isabelle furent liés par une amitié indestructible, même quand leurs chemins se séparèrent, lui pour un internat à Clermont-Ferrand, elle pour le lycée de Saint-Étienne, ensuite, lui pour des études universitaires de français, elle pour les mathématiques.

Certes, lors de différentes vacances, ils se revoyaient, passant quelques moments agréables à gambader, voire flirter, en toute amitié, ils s’écrivaient trois ou quatre fois l’an alors qu’ils étaient séparés par des boulots d’enseignants situés à des centaines de kilomètres l’un de l’autre, elle dans la région parisienne, lui dans le Nord, jusqu’au jour où Stéphane demanda et obtint sa mutation au collège de Fontbonne, au pays natal, y rejoignant Isabelle, professeur de mathématiques depuis deux ans.

Les chaleureuses retrouvailles se firent au bistrot Giraud sur le faubourg, puis, il l’emmena à la pêche aux écrevisses à bord de sa mythique 2 CV, là-bas, loin de la ville, dans un coin isolé où scintillait une rivière parmi les pins.

Au menu de ces heures tant espérées par les deux amis d’enfance, une belle truite, des écrevisses à raison de six balances pour chacun, selon la règle, un pique-nique, quelques baisers fougueux, beaucoup de tendresse réciproque, et l’amour, là, à la belle étoile.

« Qu’est-ce que je t’avais dit ? On est tout seuls ! » lui dit-il.

Ce qui n’était pas du tout le cas. Je laisse au lecteur la suite des événements, sans quoi, ce serait dévoiler ce qui constitue une littérature du réel qui mêle à la fois une enquête quasiment judiciaire, un indéniable aspect romanesque, la sociologie des personnages, le tout sur fond de guide d’une région aux multiples attraits et lieux, parfois bien insolites.

Ce livre relève donc de la littérature de terrain comme le laissa sous-entendre Pierre Petit dans son prologue :  » Même si ce roman est inspiré par des faits réels, décors et personnages restent imaginaires. Enfin, presque… »

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