Salle 8 du Musée de Cassel. Elle est réservée au genre satirique qui explique l’essence même de l’art flamand qui, au-delà de l’image humoristique permet de dénoncer les travers des Hommes et de la Société, voire, même parfois, de contester insidieusement le pouvoir, explique-t-on sur place.
Il transparait essentiellement dans les scènes de genre qui ont une portée moraliste évidente et qui frappe par la liberté de ton tel homme qui défèque à la posture sans équivoque.
Cet homme apparaît dans la peinture flamande dès le XVIe siècle et témoigne d’une manière flagrante de cette dérision si chère aux artistes flamands.

Car, au-delà du registre purement scatologique et qui peut paraître aujourd’hui obscène, ce personnage incarne à lui seul des valeurs fondamentales plaçant l’Homme à sa juste place.
Encore aujourd’hui, de nombreuses créations contemporaines, est-il également explicité, se démarquent par leur espièglerie et par leur tempérament subversif.
Cette salle a accueilli le maréchal Foch alors général en chef des armées du Nord, a dirigé la Bataille de l’Yser de 1914 à 1915, soit des dizaines de milliers de victimes civiles et militaires, à la table, il y avait aussi Poincaré, le président de la République, Millerand, ministre de la Guerre et le maréchal Joffre, généralissime des armées.
Dans cette salle à l’heure actuelle, on voit donc un personnage qui défèque Et, tout près de la cheminée, on voit un tas de lingots.

Que dire de ce symbolisme ?
Avec ces lingots d’or empilés les uns sur les autres dont l’un a glissé à même le sol, l’auteur Léo Coppers semble vouloir tester le visiteur à la capacité de l’apport du gain, mais tout n’est qu’illusion car, en vérité, ces lingots sont moulés dans un unique bloc de résine dorée, est-il aussi expliqué sur place.
Aucune chance, donc, de devenir riche avec cet or de pacotille.
La richesse n’est-elle par une illusion ?
Est-on plus heureux quand on est riche ?
Et si la vraie richesse était ailleurs ?

Et… si la vraie richesse du Musée de Flandre à Cassel, anciennement Hôtel de la Noble Cour datant des XVIe et XVIIe siècles, devenu le bureau ou QG du maréchal Foch lors du massacre de 1914-18, était donc cette salle 8 devenue Salle du genre satirique ? Là où, pourtant, je devine que les inconditionnels militaristes et nostalgiques des maréchaux, généraux et autres colonels peuvent s’attendre à une évocation dithyrambique de ce qui devait être la « Der des Ders » et de leurs principales figures emblématiques, et qui se retrouvent face à un homme qui défèque, à un tas de faux lingots d’or, ainsi qu’aux géants carnavalesques, le couple Papa et Maman, accompagné, entre autres, d’un ivrogne et du diable…
Je trouve cette symbolique très évocatrice de l’esprit pacifique n’hésitant pas à placer de l’humour dans son analyse qui démontre que, dans le fond, toutes les guerres finissent obligatoirement par un arrêt des hostilités, que les prétendues valeurs de patriotisme ne supplanteront jamais l’humanisme et la fraternité, et que tous ces conflits font les affaires des industries de l’armement et de gens qui ont fait des guerres, donc tuer d’autres êtres humains, leur business. En d’autres mots, que les citoyens sont surtout les victimes de cette apologie du mythe de la « Grande Muette » qui apprend à tuer et qui tue.

J’ai perçu cette salle 8 comme si elle me confortait dans sa symbolique : « Et si notre Société déployait plutôt un arsenal de pacifisme ? ».


L’auteur qui a vécu deux vies pour le prix d’une, se demande comment il ferait s’il devait revenir dans sa vie d’avant, après avoir exploré pendant trente ans l’univers de la paralysie et avoir incarné depuis le film Intouchables le prototype du grand handicapé ? Il nous parle de lui avec une sincérité agrémentée d’une touche d’humour qui lui ressemble.
« Nous assistons aujourd’hui à un processus qui veut que les rapports bourgeois de production et d’échange, de propriété, la société bourgeoise moderne, qui a fait surgir de si puissants moyens de production et d’échange, ressemble au sorcier qui ne sait plus dominer les puissances infernales qu’il a évoquées », écrivirent-ils il y a près de cent soixante quinze ans.
La propagande des, je cite, « bienfaits du colonialisme » fit le reste : enfumer les populations des pays colonisateurs et leur fournir des stéréotypes d’une prétendue supériorité de la race blanche sur l’africaine, ou sud-américaine, ou asiatique…
La Génération Z est celle des personnes nées entre 1997 et 2010. Elle succède à la Génération Y, celle des « milléniaux », c’est-à-dire des personnes venues au monde dans les environs de 1980 et fin des années 1990, et elle précède la Génération Alpha, celle des personnes nées de 2010 à celle de ceux qui naîtront au mitan des années 2020, la première génération née entièrement au XXIe siècle.
Dans l’excellent ouvrage Le Feu ou rien – Portrait d’une génération engagée paru aux Éditions Mango Society (2022), il est aussi spécifié cette particularité énoncée par un jeune de cette fameuse Génération Z, voire la précédente : « Nos grands-parents bloquaient les usines, nos parents lançaient des pavés. Notre génération, elle, crée du remue-ménage à coups de millions de hashtags. »
Quelque 63% des jeunes français estiment d’ailleurs que ce sont les citoyens qui devraient prendre les décisions pour le pays.
Et puis, dans les années quatre-vingt, la superstar, après de multiples introspections, déclara : « Je marche depuis trop longtemps à l’instinct et à l’intuition et – problème – ces deux gentes dames se muent en vautours et me sucent la moelle. Puis, brusquement, un soir en Suisse lors d’un concert, tout s’est disloqué et je me suis envolé, le phénomène inattendu s’est produit devant tout le monde. C’était une métamorphose. S’il m’avait manqué un dessein, eh bien, je l’avais. J’étais devenu un autre interprète, j’avais l’idée de redémarrer, de me mettre au service du public. »
