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La Ville éphémère d’Alexandre Suval

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

La « Fête à Neuilly », au XIXe siècle, était l’impératrice des fêtes foraines, celle qui attirait de concert le populaire et les élégants des beaux quartiers. Les riches maîtres y frottaient leurs habits de gala aux blouses des travailleurs et aux jupettes des cousettes.

Et, c’est là, principalement, au cœur de cette fête créée sous le Premier Empire que l’auteur Alexandre Suval emmène le lecteur pour son étonnant roman « La Ville éphémère », paru aux Presses de la Cité dans la collection « Terres de France ».

C’est l’histoire d’un personnage aussi curieux qu’attachant, vicomte et saltimbanque à la fois, un homme que les femmes dévorent des yeux alors que lui se laisse faire avec une délectation évidente, selon l’auteur.

Mais, le « Prince des forains », comme il l’appelle, se trouve embarqué dans une dramatique aventure, bien que son protégé, Ficelle – un homme-momie – le mette en garde.

Sera-t-il trop tard pour faire marche arrière en cette période où l’on passe du célèbre « bertillonnage » – ou anthropométrie judiciaire – à la technique des empreintes digitales ?

Ce roman est, donc, un polar, avec son lot de crimes – nombreux ! -, d’enquêtes mystérieuses et de rebondissements, qui se déroule dans le milieu des forains mais, c’est, obligatoirement, plusieurs facettes de son auteur qui ressortent de cet ouvrage avec un brin d’humour (« Le maître boulanger, bonne pâte… »), une pincée de sarcasme (« Il est mort pour la patrie, ou pour rien, selon les convictions »), beaucoup de réalisme (« Le savoir rend l’esprit rebelle à la soumission ») et un incontestable talent dans la gymnastique des mots et des idées (« Entre gens dénués de scrupules, on a tôt fait de se reconnaître… ».

Apprendre à s’aimer de Pierre Pradervand (Éditions Jouvence)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Comment voulez-vous aimer les autres si vous ne vous aimez pas vous-même ? Comment donner aux autres ce que l’on se refuse à soi-même ?

Bien entendu, certains esprits chagrins, ou mal informés, pourraient avancer une propension à l’égoïsme que de s’aimer soi-même, voire du narcissisme, en répondant à ce qui, pour Pierre Pradervand, auteur de l’ouvrage « Apprendre à s’aimer » édité chez Jouvence, s’apparente au problème psychologique numéro un de notre société.

Durant moins d’une centaine de pages, ce sociologue, écrivain, consultant et formateur, pose de simples questions et y apporte de simples – pas simplistes ! – réponses qui, selon lui, donnent la « clé d’une vie épanouie ».

Certes, il y a quelques développements dans ses réponses et, même, une bonne nouvelle : « Chacun de nous possède déjà en lui-même une capacité illimitée à aimer et à s’aimer ! »

Question fondamentale : « Qu’est-ce que l’amour ? »

Aimer, c’est vouloir le vrai bien de l’autre et de soi-même. Par autre, ce n’est pas seulement un proche, mon prochain, mais tout être animé et même inanimé, y compris notre planète Terre sans laquelle nous aurions quelque peine à survivre, clame l’auteur.

Sur ce dernier point, parmi d’autres, « Fréquence Terre » ne peut que marquer son accord !

L’homme à la carrure d’ours de Franck Pavloff (Albin Michel)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

C’est un roman de « terroir » particulier que « L’homme à la carrure d’ours » de Franck Pavloff édité chez Albin Michel.

Ici, pas question de vignes, de fermes dans la montagne, de grillons, de mistral, de lavande, ou, de sagas et de légendes auvergnates, ardennaises ou bretonnes, mais de « trous dans la banquise par où les phoques respirent. »

On est dans le Grand Nord, où des puits de mines ont été brutalement murés il y a plusieurs décennies, où sévissent des tempêtes polaires dévastatrices, où des fjords avaient été transformés en poubelles et des galeries souterraines bourrées de déchets d’origine inconnue…

Un véritable territoire maudit, en somme. « Une région à haut risque », avaient décrété les autorités qui, à l’heure actuelle, c’est-à-dire à celle décrite par l’auteur pour camper son récit, maintiennent leur décision en bouclant encore, sous haute surveillance, cet espace de Laponie, autrement appelé la « Zone », ancien lieu d’une activité industrielle intense. Il y a même été strictement interdit de pêcher et les anciens travailleurs tentent de survivre dans cet univers en ruine et d’irradiations assassines !

Certaines personnes perdirent du sang noir, crachèrent des glaires sanguinolentes, exhalèrent une sueur acide, beaucoup furent emportées par un mal foudroyant, d’autres subsistent vaille que vaille dans la terreur, recluses comme des parias, entourées de gardes armés jusqu’aux dents, de miradors et de barbelés.

Parmi elles, Kolya, un vieux sculpteur, et Lyouba, une jeune femme, qui ont osé franchir les limites de la « Zone » car, « qui craint les gardiens leur donne vie » et « qui piétine la terre sans avancer creuse les fondations de sa prison ».

Elle rêve de galeries commerçantes fleuries, de rires d’enfants… Quels enfants, au juste ? N’est-elle pas la dernière personne née, il y a vingt ans, dans cet endroit sordide ?

Lui, il vit ses derniers instants, frappé par la maladie.

Et puis, venu de nulle part, voici l’« étranger » qui débarque dans l’histoire, alors que Lyouba doit donner une descendance aux reclus qui ne cessent de la violer…

La jauge par Xavier Tacchella (Editions MdV)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Il faudrait mieux jauger ses efforts » est une expression bien connue dans la société mais, dans certains milieux dits initiatiques, elle prend une valeur de premier plan quand on y accole symboliquement l’outil ad hoc, c’est-à-dire la jauge.

Une jauge considérée comme la clef du chantier par les Compagnons et les Bâtisseurs qui érigèrent de splendides édifices telles les cathédrales de Chartres, de Rouen, de Strasbourg, de Paris, etc.

À l’époque, il n’existait pas d’ordinateurs et, pourtant, il nous reste des chefs-d’œuvre fabuleux dont les dimensions reflètent une Connaissance et une Sagesse hors pair.

Pour ce faire, des outils dits anciens furent utilisés avec, parmi eux, la jauge, cette règle crantée permettant de reporter une dimension donnée.

Généralement, il y avait cinq dimensions : paume, palme, empan, pied et coudée.

Et, l’on s’en doute, il y a beaucoup de symbolisme à découvrir derrière ces notions et ce nouvel ouvrage qui ne dépare pas du tout dans une collection riche en symboles universels qui, parfois, nous viennent de la nuit des temps et ont encore cours en notre siècle d’un rationalisme parfois exacerbé.

Ainsi, l’auteur de « La Jauge », Xavier Tacchella, livre paru aux Éditions Maison de Vie, insiste avec justesse sur le fait que la jauge fait partie des outils jugés essentiels pour la pratique du métier et, n’en doutons pas, pour mieux apprécier certains pans de l’existence.

Se convertir en agriculture bio pour préserver l’eau

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Direction la Basse Normandie cette semaine, et plus précisément dans le bassin de la Rouvre.

Depuis plusieurs années, les eaux de cet affluent de l’Orne sont périodiquement affectées par des teneurs en pesticides qui dépassent les seuils de potabilité pour l’alimentation humaine. Les analyses régulières de la DDASS montrent que les taux sont particulièrement forts en période de traitement des cultures et après de fortes précipitations. Dans ce bassin faiblement peuplé et industrialisé, la pollution est d’abord d’origine agricole.

En 2005, la Fédération Régionale des CIVAM, les Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural, a entrepris d’inciter une dizaine d’agriculteurs à changer leur système d’exploitation. En partenariat avec l’Agence de l’Eau Seine Normandie, la Fédération a proposé aux exploitants d’opter pour une mutation globale de leurs pratiques. Du diagnostic à la réalisation, les volontaires ont été accompagnés tout au long de leur démarche.



Fabienne Bois est la directrice de la Fédération Régionale des CIVAM.

« L’idée principale de cette action est d’avoir une approche globale de la réduction des pollutions de l’eau liées aux activités agricoles en faisant évoluer la conduite des systèmes vers des systèmes fourragers à base d’herbe économe et autonome. Pour cela, l’action mise en place consiste à faire un diagnostic de l’exploitation puis identifier des pistes d’évolutions vers un système d’agriculture durable tout en analysant la faisabilité technique et économique. Le diagnostic de l’exploitation permet de faire l’état des lieux du fonctionnement de l’exploitation et les propositions formulées concernent la conduite globale de l’exploitation en s’interrogeant sur l’assolement, les niveaux de production, les conduites des cultures… tout en préservant la rentabilité de la ferme. Il s’agit d’une première expérience dans ce domaine en Basse Normandie. En effet, les actions généralement menées pour la protection de l’eau ne ciblaient qu’une partie des pratiques des éleveurs (hormis les mises aux normes) ou une petite partie de l’exploitation (parcelles à proximité directe du captage), alors qu’ici, c’est une remise en question de la globalité du fonctionnement de l’exploitation qui est proposée »

Sur les 10 agriculteurs « pilotes », 7ont déjà profondément modifier leurs pratiques. Une exploitation est même totalement convertie au bio.

Ces expérimentations vont servir de référence pour permettre de développer ce type d’action sur tout le territoire bas-normand, avec, comme clef d’entrée, la protection de la ressource en eau.

La fille du goémonier de Colette Vlérick (Pocket)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Un village breton le long de la côte au XIXe siècle et, parmi les pauvres habitants, Madeleine, orpheline de mère.

Subitement, elle perdit son père et son grand-père paternel, noyés en mer, quasiment sous ses yeux.

Anna, sa féroce marâtre, la plaça comme servante chez de riches fermiers.

Madeleine avait à peine 12 ans et elle rêvait d’une autre destinée.

Humiliée et bafouée, elle chercha à comprendre ce qui lui arrivait, car elle était intelligente, serviable et gentille.

Elle reçut une explication d’une amie : « Les riches pensent être meilleurs que les pauvres parce qu’ils ont des biens », mais, on le devine aisément, cette justification ne suffit pas à calmer sa tristesse et sa révolte intérieure.

Heureusement, il y avait un cousin attentionné et, surtout, Yves, son ami depuis toujours : « C’est mon homme ! » clamait-elle amoureusement.

Ils mirent très longtemps à se déclarer une attirance réciproque. Ils trimèrent ensemble comme le faisaient leurs parents et grands-parents. Ils eurent des enfants à leur tour.

Arrivèrent-ils à les aider à conquérir le bonheur ?

« La fille du goémonier » de Colette Vlérick est un roman de terroir breton paru chez Pocket, mais, aussi, une longue description de ce métier qui, ici également, fit principalement le bonheur des patrons et de bourgeois nantis laissant dans la misère ceux qui, pourtant, leur apportaient l’opulence au péril de leur vie.

Des goémoniers pauvres, certes, mais fiers de leur travail qui, à l’instar de Madeleine, étaient habités par une immense solidarité.

Le temps passa, jusqu’à ce funeste mois d’août 1914, lorsque le tocsin sonna la mobilisation générale pour tous les hommes valides de 19 à 50 ans…

2012 : le vélo s’invite dans la campagne !

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2012 sera-t-elle l’année du vélo ? C’est en tous cas le vœu formulé par le Club des villes et territoires cyclables… Ce réseau d’acteurs de la mobilité durable rassemble plus de 1100 collectivités locales, communes, agglomérations, départements, ou régions, qui ont fait de l’usage du vélo et de sa promotion l’un des axes essentiels de leur politique locale.

Et en cette année électorale, le Club s’invite dans la campagne en lançant 10 propositions pour faire du vélo un outil concret et efficace au service du pouvoir d’achat et des politiques publiques de transport, d’aménagement du territoire, de santé et de citoyenneté…

La crise économique actuelle affecte largement les ménages qui vont devoir supporter de nouvelles hausses… Hausse de leur budget logement, mais aussi de leur budget transport. Autant de dépenses qui se feront pour beaucoup au détriment de postes pourtant vitaux, comme l’éducation, la santé, ou plus annexes mais nécessaires, comme la culture ou les loisirs.

Face à cette crise, le Club des villes et territoires cyclables a élaboré un remède au travers d’un Plan National Vélo qui s’articule en 10 mesures prioritaires pour faire du deux roues un outil de cohésion sociale, à travers d’une mobilité durable et équitable des territoires.

Ainsi, pour une plus grande cohésion de ces territoires, il conviendrait d’affecter 10% du budget des routes nationales et autoroutes pour l’aménagement d’itinéraires vélo. Les infrastructures pour les vélos ne nécessitent pas de budget important, mais le retard pris les concernant freine leur développement en particulier dans les zones périurbaines des grandes agglomérations.

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Les quais de Seine à Paris investis par les vélos / © dr

Pour une meilleure qualité de vie, le code de la rue, initié en 2006, doit être relancé. L’idée étant de rééquilibrer l’espace urbain et sa voirie en permettant la cohabitation harmonieuse des voitures, des deux roues et des piétons, par la mise en place notamment de « zones 30 », ou de doubles sens cyclables…

Parce que le vélo ne doit pas être considéré seul, mais comme un maillon de la chaîne des déplacements…

Le vélo doit aussi être perçu comme un outil de santé publique.

Une campagne de communication annuelle sur le thème « le vélo quotidien, c’est bon pour la santé » pourrait être lancée…

Le Club souligne que le bénéfice pour la santé d’une pratique régulière est considérable. En matière d’économie de santé, la pratique actuelle, autour de 3% de la population, représente déjà un gain de 5,6 milliards d’euros par an sur les dépenses de santé. Avec une pratique de 12 à 15% à l’horizon 2020, c’est 15,4 milliards d’euros d’économie qui pourrait être engrangés.

Les promoteurs de ce plan vélo misent également sur un vaste programme de développement du vélo auprès des salariés. Des exonérations fiscales pour les entreprises qui mettent des vélos à la disposition des salariés, par le biais d’un prêt gratuit ou avec option d’achat, serait un soutien au développement de l’industrie du vélo, tout en impliquant un bénéfice en termes de santé publique et d’empreinte écologique…

Cohésion sociale, territoriale, meilleure qualité de vie, le vélo se doit également d’être citoyen par l’incitation à un nouveau partage de l’espace public. Il permet de conjuguer liberté et égalité car il est à la fois individuel et collectif, particulier et public, autonome et connecté aux autres mobilités. Un thème du vélo citoyen qui serait l’objet d’une grande campagne de communication en faveur de son développement.

Les politiques locales en faveur des piétons et des cyclistes avancent en France. Mais le Club des villes et territoires cyclables ambitionne de porter le débat au niveau national afin de faire avancer rapidement et durablement la réflexion sur ces nouvelles mobilités pour des résultats concrets et pérennes. Pour le bien de tous, et de la planète.

Au coeur des forêts de Christian Signol (Albin Michel)

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PGF avril 2015 - Copie (3) copie« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

Un homme (de Corrèze, du Quercy…) qui parle aux arbres et qui, petit à petit, transmet ce langage à son fils, une moisson de seigle, une récolte de châtaignes, des crêpes de blé noir, des pins sylvestres, un parfum de résine, des combes et des sentes, des veillées, la cheminée ouverte…, tous les ingrédients du livre de « terroir » sont présents dans le dernier roman de Christian Signol « Au cœur des forêts » publié chez Albin Michel.

Certes, l’auteur préfère évoquer la « Grande Histoire », avec G et H majuscules, plutôt que le terme « terroir », quoi qu’il en soit, le lecteur est touché de plein fouet par l’histoire du jeune Bastien, que son père initie aux mystères de la forêt : « Regarde bien les arbres. Ils savent, comme nous, qu’ils doivent mourir un jour, mais ils ne pensent qu’à une chose : grandir, monter le plus haut possible, bien plus haut que nous ne grandirons jamais. »

Et puis, Bastien, septuagénaire, accueille sa petite-fille, Charlotte, gravement malade. Va-t-il pouvoir l’aider à guérir ? Va-t-il l’initier à son tour à la magie forestière ? À deux, résoudront-ils la disparition énigmatique de Justine, la sœur de Bastien, il y a une cinquantaine d’années ?

J’ai compté ! J’en étais à dix-sept ouvrages lus de Christian Signol et, sans grand risque de me tromper, je peux avancer qu’« Au cœur des forêts » me paraît l’un des plus sensibles, voire des plus puissants, par les messages symboliques qu’il distille avec tant d’humanité et de respect de la Nature.

Une Nature tellement malmenée par les hommes et les éléments ces derniers temps.

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Le Brasier de l’Imparfaite de Sonia Pelletier (Ed… du Pierregord)

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Littérature sans Frontières est une chronique de Pierre Guelff.

Avec « Le Brasier de l’Imparfaite » de Sonia Pelletier-Gautier, roman historique paru aux Editions du Pierregord, se termine la fantastique trilogie des « Dilemmes de l’Inquisiteur ».

J’ai déjà dit tout le mal que je pensais de la terrifiante Inquisition menée au Moyen Âge par l’Église catholique et tout le bien des romans de cette auteure.

Lors d’une rencontre au Salon du Livre de Colmar, Sonia Pelletier-Gautier m’avait présenté ce troisième tome : « Les interrogations de l’Inquisiteur sont-elles d’un seul temps et d’un seul lieu ? Pas sûr. Le poids de la responsabilité d’un verdict repose sur les épaules d’un seul homme. Cela a-t-il vraiment changé ? »

Un Inquisiteur qui, par parenthèses, envoya la jeune Christine, qu’il accusait d’hérésie alors qu’elle mordait à pleines dents dans une vie, disons, « légère », vers les autorités laïques qui, bien entendu, la menèrent au bûcher.

Dans ce troisième tome, l’auteure nous explique que l’Inquisiteur se tortura l’esprit, voire la conscience, avec des questionnements profonds sur son rôle. Soit. Pour ma part, je constate que l’Église, dont il défendait pourtant avec passion les dogmes et les décisions iniques, n’hésitait quand même pas à faire feu de tout bois, si j’ose m’exprimer de la sorte, en promulguant la taxe dite « Lettres de beurre » qui autorisait les fidèles de consommer de la graisse animale durant le Carême.

Ce même Inquisiteur qui, dans sa sentence à Christine annonçait de manière hypocrite que dans le but « de planter la sainte foi catholique dans les âmes des peuples et d’en arracher la perversion hérétique, nous avons employés des méthodes diverses, variées et adaptées… ». En termes moins hypocrites, Christine avait été torturée pour, soi-disant, avouer son hérésie.

D’ailleurs, quand des ecclésiastiques haut placés dans la hiérarchie admettaient que, je cite, « la femme jetée au brasier est elle-même feu, feu des démons vivant de l’air obscur, souffle chaud et diabolique », tout était dit !

Et puis, soudain, la fin de ce roman nous évoque l’engagement inattendu de l’Inquisiteur auprès des gens frappés par la peste : « Comme si sa vie en dépendait… »

Au juste, que cherchait-il auprès de ces centaines et centaines de mourants ?

Sœur Marguerite était certaine que Dieu garderait une « place de choix » dans l’au-delà à ce « serviteur irréprochable ». Et le lecteur ?

Mars 2012 : l’eau au cœoeur de 2 Forums à Marseille !

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2012, en France, sera un peu l’année de l’eau !

L’évènement majeur sera le [6ème Forum Mondial de l’eau>http://www.worldwaterforum6.org/fr/accueil/] qui se tiendra du 12 au 17 mars 2012 à Marseille.

Organisé notamment par le Conseil Mondial de l’Eau, cette nouvelle édition se veut le « Forum des solutions et des engagements ».

Avec plus de 180 pays représentés, 140 délégations ministérielles, 800 conférenciers et au moins 25000 participants attendus au chevet de l’eau, cette « grand messe » est présentée comme un rendez-vous privilégié de dialogues sur les défis de l’eau et de l’assainissement dans le monde.

Dialogues entre gouvernements, parlementaires et élus locaux ou régionaux… Dialogues aussi entre entreprises du secteur de l’eau et organisations non gouvernementales. Des échanges au cours desquels de véritables engagements devront être pris…

La France, par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’écologie, compte faire valoir plusieurs priorités lors de ce Forum.

Il s’agit d’abord d’accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous. Alors que 8 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants, meurent encore chaque année en raison de l’insalubrité de l’eau, il est plus que jamais urgent de rendre effectif cet accès par l’investissement dans des infrastructures durables, et par la protection des ressources…

La France entend aussi insister sur la nécessité d’une plus grande coopération transfrontalière, afin de protéger et partager les ressources en eau au sein des Nations et entre les Nations.

Et puis pour assurer des politiques de l’eau plus efficaces, la priorité est d’améliorer le cadre institutionnel de la gouvernance de l’eau pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

La résolution des Nations Unies de juillet 2010 sera dans tous les esprits et au cœur des débats de ce Forum Mondial de l’Eau de Marseille. L’ONU reconnait effectivement « le droit à une eau potable salubre et propre comme un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ».

Cette résolution sera aussi le moteur d’un autre rendez-vous tout aussi important et qui vient en contrepoint au Forum « officiel ».

C’est à Marseille également qu’aura lieu le Forum Alternatif Mondial de l’Eau, le FAME, du14 au 17 mars 2012. Organisé entre autres par ATTAC, et l’ACME, Association pour le Contrat Mondial de l’eau, en partenariat avec des citoyens de tous horizons et de nombreuses associations françaises et internationales, ce Forum parallèle s’appuie sur les mouvements de la société civile qui militent pour la préservation des ressources en eau et leur gestion citoyenne.

Pour les promoteurs du Forum, il s’agit d’intégrer les citoyens et les associations à la réflexion sur l’avenir de l’eau… des citoyens exclus du Forum Mondial officiel, largement dirigé par les multinationales de l’eau qui ont fait de la ressource une marchandise. Le [Conseil Mondial de l’Eau>http://www.worldwatercouncil.org/index.php?id=964], maitre d’œuvre du Forum, est en effet constitué de membres de Veolia ou de Suez, ainsi que d’organisations financières telle que la Banque Mondiale…

Pour les organisateurs du Forum Alternatif, le Forum mondial de l’eau, reste « une grande foire commerciale internationale, mise sur pied pour vendre les solutions des multinationales de l’eau et de leurs actionnaires. »

Les citoyens réunis au Forum Alternatif viendront ainsi témoigner de leurs luttes contre la marchandisation de l’eau, pour la préservation quantitative et qualitative des ressources, pour leur répartition équitable au profit du vivant et leur non accaparement de manière privative. Tous militent pour un réel accès de tous les humains à l’eau potable, contre la surconsommation d’eau, et pour la maîtrise citoyenne de la gestion de l’eau.

Le Forum Mondial de l’Eau et le Forum Alternatif Mondial de l’Eau : c’est au mois de mars 2012, à Marseille. Deux évènements dont nous reparleront sur Frequenceterre.