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Les aires marines dites « protégées » ne le sont pas assez !

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Les aires marines « protégées »  le sont-elles ? existent- ils des aires marines protégées vraiment protégées et des aires marines protégées non protégées ? A découvrir dans cette chronique qui récapitule l’état des lieux au niveau mondial et français , ainsi que les solutions pour parvenir à des critères de protection qui aient du sens, et qui ne soient pas mensongers.

D.KRUPKA

www.longitude181.org

Requins et Loups, frères d’effroi?

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Les grands prédateurs tels que le requin et le loup jouent un rôle crucial dans les écosystèmes marins et terrestres. Malheureusement, entre délit de sale gueule, mauvaise réputation historique, ils font face à de nombreuses menaces. Pourquoi protéger ces espèces emblématiques ? Pourquoi sont ils les mal-aimés de nos sociétés humaines? Quelles paramètres jouent sur cette propension a vouloir exterminer des espèces non humaines? Qu’est ce qui nous dérange vraiment ?  Des éléments de réponse à découvrir dans cette chronique.

www.longitude181.org

#69. Frédéric Tardieu, Sulubaai : l’aventure autre d’une île des Philippines

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Strorylific sur Fréquence Terre la Radio Nature

Frédéric Tardieu est une personnalité comme je les aime : sans limite. Inutile de lui dire que c’est impossible : vous risquez juste de l’intéresser.

Ayant eu « plusieurs vies » via ses passions et métiers, il a aterri sur une minuscule île des Philippines où il comptait bien être le roi de ce confetti. Jusqu’à ce que la réalité s’impose à lui : ce ne serait pas une retraite paradisiaque, ce serait une mission. Celle de faire revivre la biodiversité tellement malmenée dans cet endroit déforesté au-dessus de la surface, et aux récifs coralliens dynamités et empoisonnés en-dessous. Bref, pas vraiment la carte postale.

Comme retrousser ses manches est la spécialité de Frédéric (c’est plutôt avec le fait de les baisser qu’il a du mal), il avait trouvé un défi à sa taille, qui continue à l’inspirer chaque jour.

C’est cette merveilleuse histoire d’une vie au bout du monde, d’une personne comme nous, qui n’a d’exceptionnelle que sa volonté, sa bonté, sa générosité et les étoiles qu’il a dans les yeux quand il parle de sa fondation.

Bref, comme j’essaie de te le montrer à chaque épisode : cela pourrait être toi. Les grands destins ne viennent pas de personnes exceptionnelles, plus douées, plus chanceuses ou plus riches. Ils viennent d’un appel auquel on répond sans jamais rien lâcher.
Envie de voir ce que le commun des mortels peut accomplir ? C’est par ici. Et tu vas voir : ce genre de destin en inspire d’autres.

VOIR LE FILM BLUE QUEST PALAWAN avec FREDERIC TARDIEU et le rencontrer : direction le 25e Salon de la Plongée à Paris 11-14/01/24

Plus d’épisodes en mode plongée ? C’est par ici

AUTRES EPISODES cités pendant la conversation :

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(c) Frédéric Tardieu

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Chapitres :
00:00:00 – Début
00:05:14 – explication du nom Sulubaai
00:06:10 – l’étonnant parcours de F’rédéric Tardieu
00:06:20 – la question d’Amandine
00:08:31 – l’utopie
00:10:20 – faire le bilan et se demander à quoi on a servi
00:14:57 – la corruption
00:17:24 – état de l’ile à l’arrivée
00:22:14 – création de la fondation
00:23:56 – nettoyer et replanter
00:30:18 – le petit Mowgli
00:31:14 – la question de Valentine
00:32:26 – le corail des Philippines
00:51:44 – arrivée des bruits nocturnes dans l’enregistrement…
00:54:04 – les résultats aujourd’hui
00:54:30 – investissements privés : le club des 5
00:55:09 – le film The Blue Quest Palawan
00:59:59 – Laurent Ballesta
01:01:37 – limule et Alien
01:03:30 – les sponsors, les bénévoles
01:06:55 – Bike4Ocean
01:11:57 – l’objet indispensable (ou pas!)
01:14:08 – l’échec fondateur
01:14:20 – never give up
01:16:11 – sa recette pour ne jamais abandonner
01:18:42 – la surpêche
01:19:25 – la nature est notre meilleure alliée : les aires marines protégées
01:21:44 – débit de fuite késako
01:22:28 – le succès qu’il préfère
01:24:50 – conseil à toi plus jeune
01:28:17 – quelle personnalité historique ou non aimerais-tu rencontrer ?
01:29:09 – les ingrédients pr vivre ses rêves
01:30:42 – la citation qui l’inspire
01:32:45 – comment vous soutenir


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Utiliser son pouvoir de consommateur

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Dans les océans, la situation est alarmante. Une grande variété d’espèces marines étant menacées par la surpêche, le changement climatique, les espèces envahissantes, l’urbanisation du littoral et la pollution. La surpêche particulièrement menace les océans. Les stocks de poissons sont en régression constante et on estime à 80% les stocks de poissons qui sont en déclin ou qui n’ont plus la capacité de se renouveler.

Une des actions que nous pouvons faire est l’éco-consommation, c’est-à-dire le choix approprié des espèces de poissons que nous consommons. Comment choisir ces poissons et ces produits de la mer ?

Quelques conseils. Tout d’abord, évitons les poissons d’élevage. Les poissons d’élevage sont la plupart du temps carnivores et ils sont nourris à base de farine et d’huile de poissons sauvages pêchés de manière industrielle et qui conduisent à l’équation suivante. Pour 1 kg de poissons d’aquaculture, c’est 4 kg de poissons provenant des océans qui sont pêchés afin de les nourrir. C’est donc un levier extrêmement important pour la disparition des espèces et de la biodiversité marine. Deuxième conseil, achetez donc localement. Vous avez une chance plus élevée de soutenir les communautés de pêcheurs artisanaux. Cela vous permet de manger du poisson frais et d’éviter les produits transformés qui sont transportés sur de longues distances avec donc plus de carburant et qui sont préjudiciables à l’environnement. Préférez de loin les huîtres, les moules, les palourdes ou les poissons venant de la chaîne alimentaire la plus basse tels que les harengs ou les maquereaux  et qui ne sont pas concernés par les menaces pesant actuellement sur la biodiversité marine. Évitez les poissons de grand fond, empereurs, grenadiers, sabres, flétans, sébastes, lingues qui ont besoin de temps pour pouvoir se reproduire alors que leurs stocks sont au plus bas. Évitez de consommer les grands prédateurs qui concentrent dans leurs écailles cocktails de polluants que nous déversons dans les mers. Évitez les requins également, aujourd’hui menacés, détruits de manière massive et que nous consommons sous forme d’appellations de saumonettes. Évitez enfin les pêches irresponsables telles que le chalut de fond. Et enfin, fuyez les appellations marketing telles que bars sauvages ou poissons de source marine qui cherchent juste à troubler le consommateur. Enfin, sachez que de nombreuses espèces à croissance lente aujourd’hui sont menacées. Il en est ainsi du saumon, du thon, du cabillaud, du merlu, de la lotte, du bar, de l’empereur, du flétan, de l’aiglefin, du carrelet, de la sole, des raies, de l’espadon. Si vous êtes perdu, sachez qu’il existe de nombreux guides d’éco-consommation réalisés par les associations de protection de la mer qui vous permettront de faire les bons choix. Je vous renvoie à leur site web respectif pour trouver l’information nécessaire à un achat responsable.

N’oubliez pas enfin de choisir des poissons issus d’une pêche responsable. Évitez les poissons chalutés et privilégiez plutôt les poissons pêchés à la ligne. Alors ça y est, vous êtes prêts, vous avez compris ? Si je vous propose un bar de ligne, un bar d’aquaculture, un bar sauvage, un bar de chalut ou un bar de source marine, lequel choisissez-vous ? C’est le bar de ligne, car il est sauvage et issu d’une méthode de pêche responsable.

Bon appétit et à bientôt !

Bifurquons ! – Ep.5 – Changer de regard pour adopter une sobriété heureuse !

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5e opus de cette série, Bifurquons, qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politiques, écologiques, climatiques, sociales ou internationales. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas, mais que ce sont nos décisions, nos comportements, nos modèles d’existence, notre absence de prise en compte du vivant dont nous faisons partie qui sont les problèmes.

Et justement tous nos processus de décision à quoi mènent-ils aujourd’hui ? Surconsommation, gaspillage, déchets, problèmes de climat, destruction du vivant, de la biodiversité qui déjà nous montrent des catastrophes climatiques, des guerres de l’eau, des problèmes alimentaires et sanitaires. Et si dans cette addiction consumériste sans borne, on mettait un peu de sobriété ? Et pourquoi pas de sobriété heureuse, pour reprendre le concept préconisé par le très regretté Pierre Rabhi ? Mais qu’on ne se méprenne pas, je ne parle pas de sobriété heureuse, de bobo, partant la campagne se ressourcer, élevant des chèvres, consommant local et utilisant le vélo, ni la sobriété culpabilisante qui est prônée aux particuliers nécessaires et indispensables, mais qui ne résoudra au mieux, à notre niveau individuel, que moins d’un quart de nos problèmes, le reste étant en lien avec nos infrastructures, nos organisations sociétales, nos modes de fonctionnement capitalistes et égocentrés.

Alors non, la sobriété dont je parle, c’est celle d’une ambition plus grande, plus importante, de grande échelle, celle d’un plan Marshal de la sobriété heureuse dans toutes les strates de la société, de toutes les entreprises, grandes ou petites, dans tous les secteurs et toutes les fonctions. Le tout avec des investissements colloques sur la matière, c’est-à-dire les investissements déjà existants mais orientés sur des solutions qui prennent en compte le vivant. On en est loin, je sais, mais la sobriété, il faudra la prendre en compte et ne pas se contenter d’arrangements.

Car franchement, passer du SUV à la voiture électrique nous empêche de nous interroger sur les usages de la voiture et détourne des moyens pour l’utilisation des transports en commun. Passer du charbon au nucléaire ne nous fait pas consommer moins d’électricité. Construire des mégabassines ne questionne en rien les modèles agricoles intensifs et leur viabilité. Extraire en mode minier la totalité des poissons présents dans l’océan nous fait oublier nos justes besoins. Ces exemples-là, on peut les multiplier. Et c’est là que se trouve le changement de mentalité et de regard qu’il faut expérimenter. Il n’est pas temps de se poser la question « comment va-t-on faire pour s’adapter à la marge et ne rien changer à son mode de vie ? », mais la question est plutôt « à quoi faut-il s’adapter ? ». Quel changement de regard et donc de pratique dès lors que nous sommes dans un monde à ressources limitées ? S’adapter est d’ailleurs le verbe « menteur à la mode », utilisé par tous les politiques, maintenant que les crises écologiques et climatiques s’enchaînent, on nous propose d’ores et déjà de construire une trajectoire de réchauffement à 4 degrés par exemple. C’est très hypocrite, alors que rien n’est fait pour éviter ce cap, et surtout parce qu’adapter induit que l’on ne doit surtout rien changer à la marge du monde. Un fatalisme qui arrange ceux qui accumulent richesses et pouvoirs dans le monde d’aujourd’hui, qu’ils ne veulent surtout pas voir transformer. Ben pensez donc, les profits et les capitaux accumulés risqueraient de diminuer, et en plus on devrait s’inquiéter du bien commun de tous, et en plus de ceux qui vont nous succéder. Alors surtout ne changeons rien, vendons de l’adaptation, comme si un saut d’eau suffisait à maîtriser un incendie.

S’adapter, qu’on assimile en général à être intelligent, prend ici la forme d’un constat d’échec. Et autant le savoir, les cigales que nous sommes ne vont pas s’adapter, ce ne sera pas suffisant et elles n’en auront pas le loisir. Elles doivent devenir fourmis, et au plus tôt, pour être des fourmis heureuses. La seule croissance qui n’est mentionnée ni par les états, ni par la finance, ni par les grandes entreprises, est celle des douleurs, pour la majorité, au bénéfice très court terme de quelques-uns.

Et quel dirigeant a le cran de s’attaquer à la croissance économique, ô combien attendu, mais qui ne menace pas moins de dévaster nos civilisations à très court terme ? Eh bien aucun. Peut-être car personne ne leur demande. Adopter une sobriété heureuse, plutôt qu’adapter une addiction consumériste, voilà l’enjeu et le défi, qu’aucun dirigeant ne semble relever, mais que sans doute nous avons nous-mêmes du mal à réclamer.

Et pour sortir de l’impasse, des outils existent. Gestion des ressources comme bien commun, et non en bien privé, retour à une démocratie participative et concrètement, par exemple, arrêt de l’artificialisation des sols, des modes d’extraction miniers sur terre comme en mer, préservation d’espace pour le vivant, sans aucun prélèvement, décroissance drastique d’usage des ressources, réparation des habitats, gestion des impacts et j’en passe. Réfléchir à ce que nous faisons pour garder une habitabilité sur cette planète pour tous. Regarder le monde sous un autre angle, pour pouvoir y vivre et non y survivre.

Bifurquons !

Y’a du Boucan dans les océans !

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Si le sujet peut paraître de moindre importance, il n’en est pas moins réel et assourdissant.

Les fonds marins sont extrêmement bruyants. N’en déplaise au commandant Cousteau, le monde du silence n’est pas un havre de paix sonore. Le trafic maritime, les activités industrielles de prospection et de dragage, les activités militaires avec notamment la traque par sonar, mais également les parcs éoliens et l’ensemble des moteurs de toute taille et de toute puissance créent une pollution sonore qui a augmenté de plus de 20 décibels ces cinquante dernières années, avec une conséquence néfaste pour les espèces marines.

Ainsi, les cétacés en tout genre voient leurs systèmes de communication et d’écolocation totalement perturbés, car le son sous l’eau est ce que la lumière est à l’œil, un incroyable moyen de communication sur des distances importantes et un moyen d’apprécier un relief ou une présence non visible. Retirer les moyens de communication aux espèces, tels que les cétacés, c’est également perturber leur orientation et donc aussi leur nourriture potentielle, ainsi que leur capacité à se reproduire. Imaginez donc de manger et de faire l’amour sous des projecteurs aveuglants pendant des mois durant. C’est à devenir fou. Selon différentes études, de simples petits bateaux naviguant lentement réduisent la portée des sons émis par les dauphins ou les baleines de 30 à 60%. En clair, ces animaux se retrouvent dans une cacophonie acoustique qui les oblige à crier en permanence.

Vous me direz que la solution la plus simple est la fuite, notamment pour les espèces migratrices. Mais pour aller où ? Les habitats naturels bénéficient de conditions particulières de température, de nourriture, qui ne sont pas légion pour chaque espèce. On a vu que la disparition des glaces entraînait celle de l’ours blanc, faute d’autres endroits disponibles. Il en va de même avec les mammifères marins qui empruntent les mêmes routes maritimes que l’homme, toujours plus présents dans les océans. C’est le cas en Arctique, pour le beluga, le narval ou les phoques. Mais aussi en Atlantique, où on a vu des baleines s’échouer en masse dans les endroits où les militaires utilisent leurs sonars. Mais silence ! Secret défense ! Ajoutons le bruit des marteaux hydrauliques, afin d’enfoncer des pieux de soutien aux constructions diverses, plateformes pétrolières ou éoliennes, ou encore le bruit des bateaux de pose de câbles ou de travaux sous-marins.

Franchement, qui aimerait vivre près d’un marteau-piqueur ?

Pour les espèces à proximité, c’est simplement la mort qui les guette, par l’intense pression acoustique exercée. Alors que faire ? Beaucoup si on s’en donne un tant soit peu les moyens.

En effet, il est facile de diminuer le bruit des bateaux. Pour s’en convaincre, il suffit de voir un bon film de guerre sous-marine pour comprendre que les militaires maîtrisent depuis longtemps la réduction de leur signature acoustique. On aimerait tant que ces techniques soient appliquées au domaine civil et industriel. Et quid d’une législation renforçant la réduction sonore des bruits de moteurs ? Ce qui irait aussi en ligne droite avec le passage vers des technologies plus propres, moins gourmandes en énergie.

Cher auditeur, m’entends-tu encore… ?

Bifurquons ! – Ep.4 – Eduquer au vivant, former à sa protection !

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Bonjour,

quatrième opus de cette série Bifurquons qui vise à emprunter un nouveau chemin face aux multiples crises parallèles, qu’elles soient économiques, politiques, écologiques, climatiques, sociales, internationales. Nous avons pu observer que les solutions pratiques ne manquent pas, mais que ce sont nos décisions, nos comportements, nos modèles d’existence, nos processus de prise de conscience du vivant et de sa protection, vivant dont nous faisons partie, qui nous manquent.

Nos modes d’éducation et de formation ne les prennent pas en compte, car si lire, écrire et compter sont des fondamentaux indispensables pour toute génération pour décrypter le monde d’aujourd’hui, est-ce vraiment suffisant pour appréhender notre mode complexe et notamment à l’aune des défis majeurs qui nous sont posés ? Vivre, savoir vivre, savoir consommer en protégeant son environnement et sa santé, comprendre et être connecté au vivant sont des indispensables pour s’intégrer au monde, faire les choix et les actions en lien avec la préservation du vivant en étant conscient que l’on en fait partie. Car les décennies précédentes nous ont éloigné du vivant. Un exemple, nous nourrir nécessité des plantes. Notre logique productiviste nous a fait utiliser des pesticides en faisant fi de la qualité des eaux, des rivières et des océans et, arroseur arrosé, cette logique nous a créé des problèmes de santé, voire d’alimentation. Évitons ces désastres. Nous nous sommes déconnectés du vivant le laissant dans un décor, chose à côté de nous, oubliant les interactions que nous tissons avec lui en vivant, en respirant, en mangeant, en consommant, en générant des déchets. Nous avons oublié que nous en faisons partie en nous positionnant au-dessus de lui, nourrissant plus haut pour une chute plus vertigineuse.

Il est temps de modifier notre éducation et nos formations pour ajouter aux besoins fondamentaux d’écrire, lire ou compter, ce de comprendre le vivant, de s’y connecter, de le respecter et de savoir vivre et décider avec pour fondamental sa protection et la nôtre. Aujourd’hui, au-delà des initiatives des professeurs des écoles, pas de sciences du vivant structurées dans l’enseignement primaire, un peu de SVT au collège ou en secondaire, avant une disparition totale en fin de secondaire ou dans l’enseignement supérieur. Comment les jeunes d’aujourd’hui peuvent-ils être armés pour connaître et affronter les défis qui leur sont imposés ? À assurer production alimentaire pour leur santé et leur alimentation, à réaliser les productions nécessaires au quotidien, sans polluer, sans détruire, sans épuiser les ressources du vivant et sans aller au-delà des limites planétaires qui conduiront à notre extinction. En ayant hiérarchisé les savoirs maths, physique, langue, français, nous avons oublié de tisser les liens qui les unissent et ceux qui les lient au vivant.

Heureusement, des initiatives existent, celles des jeunes générations en premier lieu, des groupes d’étudiants, en plus des changements, interpellant les dirigeants d’établissements pour transformer à la fois la formation donnée et l’établissement qui le propose face aux enjeux écologiques. Avec des propositions claires, formation aux enjeux socio-écologiques avec un tronc commun d’une centaine d’heures en licence, de 200 heures en master, et mettre à jour toutes les disciplines pour les adapter au contexte de l’anthropocène et à ses dérives. En dernier lieu, refuser des emplois destructeurs. C’est bien aux établissements, éducation nationale et enseignement supérieur, de réformer leurs pratiques. Évite ! Ajoutons à cela que les enseignements en silos par matière ne permettent pas de lier les disciplines entre elles, de les connecter et de créer une richesse transdisciplinaire favorable aux vivants. Un exemple, le droit de l’environnement et l’économie devraient être abordés ensemble. De même, compter ou lire devrait s’accompagner immédiatement du décryptage des caractéristiques des objets de consommation.

Autre bonne nouvelle, les formations à la transition écologique sont dans l’air du temps. Fresques du climat ou de l’océan, réduction d’empreintes carbone sont désormais enseignées et constituent un socle d’initiation à la transition écologique. Les hauts fonctionnaires ont été formés et 5,7 millions d’agents de la fonction publique devraient être formés d’ici 2027. Les entreprises les intègrent dans leur politique RSE, de responsabilité sociale et environnementale, mais est-ce suffisant ? Comment fait-on vraiment bouger les lignes ?

Comment, dans le quotidien, transformer la formation en impact environnemental effectif ? Car là encore, entreprises ou fonction publique d’État, les pratiques ne doivent plus seulement avoir pour guide des indicateurs économiques, mais intégrer les conséquences environnementales le plus en amont possible, depuis la recherche-développement, la prospection, les mises en œuvre de processus industriels ou de services pour enclencher des ruptures dans les prises de décisions. La recherche ne peut désormais plus produire de la connaissance à tout prix sans évaluer ses impacts préalablement, c’est-à-dire considérer ceux qui sont néfastes pour notre planète. Il faut recréer des savoirs qui sont adaptés à un monde de ressources finies et des savoirs moins dépendants, d’applications gourmandes en technologies sophistiquées et surtout des savoirs plus imbriqués dans le débat public critique et délibératif. Réfléchir et mieux comprendre les relations entre tous les vivants, l’impact des inégalités, les alternatives low-tech, bref, redéfinir le croisement de nos savoirs dans un souci de moindre impact et d’anticipation de ce qui pourrait devenir un nouveau problème. C’est un changement dans la formation et l’éthique des chercheurs, dans le public ou le privé.

Pour le monde de l’entreprise, c’est carrément un plan Marshall de formation pour que chaque cadre ou employé considère non plus un processus simple lié à un seul indicateur, le plus souvent économique, mais aménager un ensemble plus complexe de limites à ne pas dépasser à résoudre avec des organisations ou des fonctions conjointes fonctionnant avec la même batterie d’objectifs et non en silo. En plus, en y ajoutant la protection du vivant comme indicateur premier.

Bref, une révolution dans les pensées, les décisions et les actes. Bifurquons.

L’hypocrisie affligeante de la France pour l’océan

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Dans la Revue Nature, la communauté scientifique a dénoncé l’hypocrisie de certains états autoproclamés champions de l’océan tout en sabotant des politiques visant à protéger les mers. Et la France en fait partie.

Et non, ce n’est pas moi qui le dit, mais c’est Raphaël Séguin, chercheur en écologie marine et vulgarisateur scientifique dans une tribune sur le média vert. Et je vais ici reprendre ses propres termes, avec son autorisation et sans les modifier tant ils sont justes.

Dans un récent éditorial publié dans Nature, la communauté scientifique épingle l’hypocrisie de certaines nations, dont la France qui s’autoproclame championne de la défense de l’océan tout en le détruisant. Une hypocrisie d’autant plus affligeante qu’elle se cache derrière de grandes annonces comme à Brest en 2022 lors du One Ocean Summit. Et ce 7 septembre, Olivier Véran, porte-parole du gouvernement, affirmait sur la matière de NAHAL de France Inter que la France n’avait rien à se reprocher en matière de protection de l’océan mettant en avant l’organisation de telles conférences. La réalité est tout autre. Lors de ce One Ocean Summit, Emmanuel Macron annonçait fièrement que la France protégeait plus de 30% de ses eaux territoriales. Rappelons que les aires marines protégées constituent l’un des outils les plus efficaces pour protéger les zones océaniques. Les plus strictes interdisent toute forme de pêche et permettent à la vie marine de se régénérer tandis que les aires dites « partielles » protègent la pêche artisanale tout en interdisant les méthodes de pêche industrielles. Sur le terrain, la politique française de protection de l’océan s’avère largement inefficace. En France, les aires marines protégées sont très inégalement réparties. 97% se situent dans les territoires d’outre-mer avec un maigre 3% en France métropolitaine où les pressions humaines sont pourtant plus importantes. Parmi ces aires marines protégées, seulement 1,6% sont sous protection stricte. En Méditerranée, ce chiffre descend à 0,1% et à 0,08% pour la zone de l’océan Atlantique et de la mer du Nord. La majorité des aires marines protégées en France ne confèrent ainsi pas ou très peu de protection. Il faut aussi préciser que la France utilise sa propre définition d’une protection stricte, une définition bien moins efficace que les standards internationaux définis par les scientifiques. Pour que ces aires marines protégées soient efficaces, la France devrait protéger chacun de ses bassins océaniques de façon égale, créer des aires marines protégées à protection stricte et allouer les moyens humains et financiers destinés à la gestion et à la surveillance de ces espaces. C’est loin d’être la direction que prend le gouvernement.

Dans l’éditorial de Nature, les auteurs citent l’opposition de la France à une mesure européenne visant à interdire le chalutage de fonds dans les aires marines protégées. Dans plus de la moitié des aires marines protégées européennes, le chalutage de fonds est plus élevé à l’intérieur qu’à l’extérieur de la zone protégée. Pourtant, le secrétaire d’état chargé de la mer, Hervé Berville, clamait en mars 2023 que la France est totalement, clairement et fermement opposée à l’interdiction des engins de fonds dans les aires marines protégées. Son discours teinté de fausses affirmations, à contre-courant de toute forme de réalité scientifique, a alimenté un climat explosif qui s’est soldé par la mise à feu des bureaux de l’Office français de la biodiversité à Brest. L’interdiction progressive du chalutage de fonds dans les aires marines protégées, pratique dont nombre de pêcheurs artisanaux dépendent encore, est une mesure indispensable pour espérer disposer de zones protégées et donc de populations de poissons en bonne santé pour maintenir une pêche raisonnée dans les décennies à venir.

L’hypocrisie française s’étend au-delà de nos frontières, puisque nos flottes de pêche aux côtés de l’Espagne remontent jusqu’à un tiers des thons dans l’océan indien, où une espèce en particulier, le thon albacore, est gravement surexploitée. Pour pêcher le thon, les flottes européennes utilisent surtout des dispositifs de concentration de poissons, structures flottantes de bois ou de plastique qui attirent les poissons. Cette méthode est loin d’être durable, puisqu’elle capture énormément de juvéniles, des poissons qui n’ont pas eu le temps de se reproduire, de nombreuses espèces non ciblées comme des thons et des requins, et représente une source importante de pollution marine. L’Europe s’oppose aujourd’hui à des mesures de conservation qui permettraient de lutter contre cette méthode de pêche. La France joue un rôle prédominant dans ce combat, puisqu’elle fait partie des États qui ont obtenu l’annulation d’une mesure qui visait à interdire les dispositifs concentrateurs de poissons 72 jours par an. Une mesure minimaliste, nécessaire et loin d’être suffisante, mais déjà de trop pour le gouvernement français et le lobby de la pêche thonière. Ces choix permettent l’accaparement des ressources marines par une poignée d’acteurs privés, aux dépens des pêcheries locales de l’océan Indien. Pourtant la France est déjà illustrée par sa capacité à mener de tels combats. En 1988, aux côtés de l’Australie, Paris s’est ainsi opposé à la convention de Wellington qui aurait permis l’exploitation minière de l’Antarctique. Notre pays est aussi le premier à s’être positionné en faveur d’une interdiction totale de l’exploitation minière des fonds marins, industrie émergente qui menace l’océan profond.

Espérons que la France se saisisse de l’organisation de la prochaine conférence des Nations unies sur l’océan qui se tiendra à Nice en juin 2025 pour aligner sa rhétorique sur des engagements concrets.

#65. Yannick Bestaven, navigateur, vainqueur du Vendée Globe

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Strorylific sur Fréquence Terre la Radio Nature

Derrière chaque victoire, il y a la partie non visible de l’iceberg. La ténacité, les années d’entraînement, des échecs à surmonter. La victoire de Yannick Bestaven au dernier Vendée Globe est une véritable histoire de résilience. Quand « le chien fou » ne lâche rien, cela donne une victoire qui donne leurs lettres de noblesse à l’audace et à l’entêtement.

Envie d’entendre de comment se construisent les plus grandes victoires ? Tu es au bon endroit, dans un épisode passion océan.

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film « Les Rêves ne meurent jamais » : il est possible d’organiser des projections, franchement ça en vaut la peine. Ecouter l’épisode de podcast sur le film : voir épisode 49 avec Sébastien Blémon et Laura Girard.
festival Into The Blue (Bruxelles) : les 23-24-25 novembre

(c)yannick bestaven

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Chapitres :

00:04:33 – la rencontre déterminante avec l’incroyable Yves Parlier
00:05:48 – le 1e bateau qu’il a fabriqué
00:06:49 – 1e souvenirs de navigation solitaire
00:09:25 – 2008 1e Vendée Globe – un départ avorté brutal
00:10:29 – 12 ans pour revenir
00:10:44 – Watt&Sea
00:12:56 – système anti-collision pour les cétacés
00:13:42 – ne jamais rien lâcher
00:16:53 – retour duVendée Globe
00:17:02 – Vendée Globe késako ?
00:17:31 – prépa et départ
00:20:41 – le top départ
00:22:06 – poteau noir
00:23:29 – antlantique sud
00:24:02 – « le manège enchanté » autour de l’Antarctique
00:28:02 – navigation et sommeil
00:29:34 – le sauvetage de Kevin Escoffier
00:33:40 – dépasser les autres… en dormant !
00:35:28 – le choix stratégique sur la fin
00:36:26 – l’arrivée et la victoire
00:39:31 – légion d’honneur & Marin de l’Année
00:42:12 – Question de Valentine
00:42:49 – Question d’Amandine
00:43:44 – les évolutions techniques
00:44:14 – l’échec qui construit
00:44:49 – le succès
00:45:42 – ne rien écouter
00:46:05 – les ingrédients pour vivre ses rêves
00:47:23 – l’histoire qui le fait rêver : Moitessier
00:48:01 – ses projets : Jacques Vabre et… Vendée Globe !


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Bifurquons ! – Ep.3 – Mettre en marche la démocratie écologique !

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Et si nous changions de trajectoire, éviter celle qui nous a emmenés dans le mur, celui des multiples crises parallèles, économique, politique, écologique, climatique, sociale, internationale. Examinons d’autres chemins. Dans cet épisode, nous abordons comment passer de la démocratie environnementale actuelle à une démocratie écologique effective.

 

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