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2018 l’année des espoirs pour le climat ?

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2018 sera-t-elle l’année des espoirs pour le climat ?

Le 12 décembre 2017 à Paris, Emmanuel Macron affirme lors du sommet One Planet « Ce que nous entamons aujourd’hui, c’est le temps de l’action car l’urgence est devenue permanente »… « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas »

On l’a vu la semaine dernière, ce sommet est resté très timide sur les annonces. Beaucoup de communication et peu d’initiatives concrètes. Les ONG de leur côté prennent leur part.

Début janvier 2017, Emmanuel Poilane affirmait ici même que l’année 2017 serait cruciale pour la planète… Et effectivement, cela a été l’année de tous les records en matière de réchauffement climatique.

« C’est aussi l’année de tous les records en termes d’évènements climatiques majeurs. C’est important de bien comprendre que, quand on parle de réchauffement de deux ou trois degrés, ce ne sont pas des températures constantes. On ne va pas avoir 30 degrés plutôt que 28 l’été. On va avoir des pics de chaleur, des évènements climatiques majeurs qui vont avoir des conséquences très importantes sur le modèle de société dans lequel on vit. Avec les ouragans sur les Caraïbes, les incendies, les inondations, on a vu les prémices de ce que peuvent être des évènements majeurs pour le climat et les conséquences économiques qui en découlent directement. »

A l’occasion de ce sommet One Planet, les ONG ont lancé un appel, « Pas un euro de plus pour les énergies du passé ». Concrètement, quelle était l’idée ?

« L’idée était de pouvoir se rassembler. On a fait un travail de rassemblement de l’ensemble des associations qui travaillent sur la lutte contre le changement climatique. On ne voulait pas que chacun fasse quelque chose de son côté. On voulait se dire, on le fait tous ensemble pour avoir un impact plus important. Dans les années qui viennent, il va falloir impacter plus fort. Quand on est rassemblés, on impacte plus fort. »

Comment cet appel a été entendu par les dirigeants des Etats, par les décideurs ?

« On sait que pour imaginer rester dans les deux degrés, il faut qu’on sorte des énergies fossiles très rapidement. Il faut qu’on arrête de rechercher des nouveaux gisements de pétrole, de gaz, de charbon. Ce n’est pas du tout ce qui se passe aujourd’hui. Et pourtant, tout le monde est d’accord pour dire que c’est quelque chose d’indispensable. Le choix des ONG est de dire, sortons rapidement de ces sujets-là, faisons-en sorte que les grands financiers arrêtent de mettre de l’argent là-dessus et parient sur l’avenir et sur les énergies renouvelables. De façon symbolique, sortons du charbon, l’énergie la moins utile, pas efficace et extrêmement polluante. On peut dire que l’on a remporté une première victoire même si on est un petit peu déçu que le président Macron appuie sur la sortie du charbon pour dire que le nucléaire est indispensable. Selon nous, l’argent qui est mis dans le nucléaire serait beaucoup plus intéressant à mettre dans les énergies renouvelables. Mais le signal donné de dire que toutes les centrales à charbon françaises seront fermées d’ici la fin de ce quinquennat, c’est un signal qui est tout à fait intéressant. Dans le même temps, il y a des annonces d’Axa et de la Banque mondiale qui sont très fortes. Pour les ONG, c’est un sujet qui est porté depuis plus de trois ans. Quand on a commencé à porter ce sujet-là, personne n’en parlait. Aujourd’hui, on a gagné la bataille de l’information pour faire en sorte que les Etats n’aient pas d’autres choix que de se positionner sur le sujet. »

Face aux atermoiements des Etats, la société civile et les associations sont en marche de bataille. Au mois de novembre, les ONG se sont retrouvées pour lancer une campagne de sensibilisation sur un Recours climat, lancé par l’association Notre affaire à tous. Quel est ce recours dont France Libertés est l’un des fers de lance ?

« L’idée est de faire une campagne sur cinq requêtes vers l’Etat, pour dire, on n’en fait pas suffisamment sur la lutte contre le changement climatique. C’est important d’acter certaines choses de façon forte. La première, c’est d’inscrire le climat dans la Constitution française. Cela ne semble rien, mais c’est indispensable si on veut avoir des lois de programmation qui prennent réellement en compte les urgences de la lutte contre le changement climatique. La deuxième, c’est de reconnaître le changement climatique comme un crime d’écocide. Il s’agit de rappeler que c’est l’action de l’homme qui fait que l’on est dans cette situation climat. C’est quelque chose qui doit être reconnue de façon forte par les Etats. Si la France, demain, reconnaît cela de façon officielle, elle met le pied dans un engrenage où l’on n’aura pas d’autre choix que de faire évoluer nos modes de fonctionnement pour être plus respectueux de la nature. »

5 requêtes pour le climat
© Notre affaire à tous

Pour les trois autres requêtes, il y a la possibilité pour tout citoyen de défendre le climat en justice, la réduction effective des émissions de CO2, l’idée de réguler les activités des multinationales et l’arrêt du financement des énergies fossiles. Alors au terme de ces requêtes, si elles ne sont pas entendues, quelle est l’étape d’après ?

« L’étape suivante, si l’Etat français ne répond pas à ces cinq requêtes, c’est d’organiser ce recours devant la justice française avec un grand nombre d’organisations associatives, sous le pilotage de Notre affaire à tous. Des citoyens lambda seront invités à signer ce recours pour qu’il soit porté, non pas seulement par des organisations mais bien par une partie de la population française. Si l’Etat français ne veut pas de lui-même porter ces requêtes, il faut que ce soit la justice française qui l’oblige à mettre en œuvre les politiques nécessaires pour avancer. Symboliquement, le fait que le Premier ministre se bagarre pour ne pas fermer sa centrale à charbon sur Le Havre, cela montre bien que les politiques sont probablement convaincus de la réalité du changement climatique, mais qu’ils ne sont pas encore convaincus de l’obligation que l’on a de mettre en œuvre toutes les politiques par cet angle de la lutte contre le changement climatique. Ce recours, c’est pouvoir dire à l’Etat français, vous n’avez pas d’autre choix que de corréler l’ensemble des politiques qui sont mises en œuvre sur la lutte contre le changement climatique. C’est la priorité numéro une de l’Humanité. C’est valable pour nous et pour l’ensemble des continents. C’est plus prégnant pour les petites nations qui sont sous le risque de l’élévation du niveau de la mer. Soyons, dès l’année qui commence, les acteurs exemplaires de la lutte contre le changement climatique. La justice est là pour le rappeler. »

Belle année à la planète et à France Libertés. Et belle année 2018 sur Frequenceterre.

Pour aller plus loin :

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=wmRMxIZgkeU]

 

Faisons disjoncter la pêche électrique !

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L’association BLOOM a formellement déposé plainte contre les Pays-Bas auprès de la Commission européenne pour avoir illégalement accordé des licences permettant à ses navires de pratiquer la « pêche électrique ». Qu’est ce que la pêche électrique ? Retour sur une explication et un sujet qui n’en finit pas, malheureusement, d’exciter la convoitise de la pêche industrielle, qui en fait l’argument « greenwashing » d’une pratique délétère.
http://www.longitude181.org
http://www.bloomassociation.org

Certains souvenirs de Judith Hermann (Albin Michel)

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ft150 3« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

9782226396310 jJudith Hermann est une écrivaine allemande, surtout réputée en tant que nouvelliste, ses œuvres sont même traduites dans de nombreuses langues, dont en français, comme Certains souvenirs qui vient d’être édité chez Albin Michel.

Dans cet ouvrage, pas moins de dix-sept récits : Charbon, Fétiche, Poèmes, Témoins, Avions en papier, Îles, Pollen de peuplier, Cerveau,

Lettre, Rêves, Retour, Mère, entre autres.

« Avec précision et légèreté, Judith Hermann trouve les mots pour exprimer l’insaisissable », explique l’éditeur.

L’avis à « Fréquence Terre » est le suivant :

« Des tranches de vie de la jeunesse à la vieillesse écrites de manière très délicate. On entre directement dans l’intimité des personnages, on suit des épisodes de leur parcours et on s’interroge sur leur avenir, voire sur leur passé. En conclusion : tout l’art subtil de susciter l’imaginaire chez le lecteur. »

Dans le fond, c’est bien ça un des buts de la littérature !

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L’homme-joie de Christian Bobin (Folio)

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ft150 341kvVeP6WmL. SX302 BO1204203200Invité de choix à La Grande Librairie (France 5), Christian Bobin creva le petit écran par des propos que l’on retrouve, entre autres, dans L’homme-joie (Folio) : Écrire, c’est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l’ouvrir.

Alors, on a écouté et lu :

Des cavaliers noirs partout. Un bruit d’épées au fond des âmes. Eh bien, ça n’a aucune importance. Je suis passé devant un étang. Il était couvert de lentilles d’eau – ça oui, c’était important. Nous massacrons toute la douceur de la vie et elle revient encore plus abondante.

La guerre n’a rien d’énigmatique – mais l’oiseau que j’ai vu s’enfuir dans le sous-bois volant entre les troncs serrés, m’a ébloui.

J’essaie de vous dire une chose si petite que je crains de la blesser en la disant.

N’ayez aucune crainte, Christian Bobin, vos paroles sont tellement vraies et précieuses qu’elles ne peuvent faire aucun mal. Sauf, peut-être à ceux que la conscience est aussi noire que les cavaliers-guerriers ! a-t-il été ajouté.

Profitons-en encore pour découvrir quatre citations, reflets d’une profonde sagesse :

Le miracle arrive quand s’éveille ce qui dormait sous nos yeux et les remplace par des yeux d’or. Ils s’ouvrent et d’un seul rayon brûlent les apparences de la vie comme celles de la mort. Enfin, on voit, enfin on sait même s’il est très difficile de dire ce que l’on sait, ce que l’on voit…

Quand ils voient un miracle la plupart des gens ferment les yeux.

 Il n’y a jamais eu d’autre énigme que celle du surgissement d’un humain dans sa voix, dans ses mots, dans l’incendie d’un silence.

 Le silence, ce cadeau des anges dont nous ne voulons plus, que nous ne cherchons plus à ouvrir.

 J’ai fait la course sur la terrasse avec une fourmi et j’ai été battu. Alors je me suis assis au soleil et j’ai pensé aux esclaves milliardaires de Wall Street.

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2017, une année sombre pour le climat

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Il y a deux ans, lors de la Cop21 qui s’est déroulée à Paris, 195 pays s’étaient engagés à limiter la hausse des températures mondiales à 2°C, d’ici 2100. Deux ans plus tard, les engagements pris par les Etats, s’ils sont respectés, nous porteraient, selon l’ONU, à un réchauffement de 3,2°C à la fin du siècle.

Cette année le président américain Donald Trump a tourné le dos à l’accord de Paris sur le climat pour se réfugier dans les énergies fossiles… Face à lui, le reste de la planète, et l’Europe notamment, tente de faire bonne figure.

Lors du One Planet Summit, le sommet climat organisé par la France à Paris le 12 décembre dernier, Emmanuel Macron a affirmé « On est en train de perdre la bataille ». Il y a vraiment le feu ?

« L’année qui se termine a été jalonnée de tout un tas d’évènements climatiques majeurs. On pense à la série d’ouragans sur l’Atlantique, avec pour la France la destruction de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy. Mais de façon plus impactante encore, on pense à tous les dégâts qu’il y a eu sur Houston, tous les incendies qu’il y a eu en Californie, une sécheresse comme rarement vu en France pendant tout l’été… Il y a tout un tas de phénomènes qui nous montrent que le changement climatique c’est maintenant et qu’effectivement, il y a le feu. En 2017, on est dans une année où le phénomène El Nino n’est pas présent. Donc on aurait dû avoir une année plus calme. Cela montre bien que les effets du changement climatique sont maintenant au-delà des évènements climatiques standards et qu’il y a bien ce dérèglement du climat qui est en train de se mettre en place. »

Ce sommet de Paris début décembre, est-ce le début de quelque chose ou un simple show qui ne sert qu’à de l’affichage, une opération de communication ?

 

« Sur un plan technique et sur la mise en œuvre des modalités de lutte contre le changement climatique, on peut dire que c’est un coup de communication. Le lieu pour prendre des décisions, pour avancer tous ensemble sur le changement climatique, c’est la COP. Malheureusement, on sort d’une COP23, organisée par les Fidji à Bonn, où il n’y a pas eu d’engagements des grands Etats. On a même eu quelque chose d’hallucinant, avec une conférence organisée par les Etats-Unis sur le charbon propre ! On est dans quelque chose qui ne tourne pas rond. Donc, ce sommet de Paris, c’est un coup de Com’. Si on peut parler d’un effet positif de ce sommet, c’est notamment la mobilisation des Américains autres que le gouvernement : les gouverneurs des grands Etats, des stars du cinéma américain, des grandes villes comme new York, tous très mobilisés. Ils disent, « ok on a un président qui veut sortir des accords de Paris, mais nous on va faire en sorte d’engager les Etats-Unis à la hauteur de ce qui était prévu et nécessaire pour lutter contre le changement climatique. » C’est un signal qui est intéressant. Mais sur le fond, cela ne change rien. Quand le président Macron dit que l’on ne va pas suffisamment vite et que l’on est en train de perdre la bataille, il a raison. Mais que fait la France au-delà de la communication ? »

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Il y a eu quelques annonces lors de ce sommet. La Banque mondiale a promis d’arrêter de financer l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz après 2019. Mais l’essentiel de ces annonces sont venues de fonds privés. Axa a par exemple annoncé un désengagement accéléré de l’industrie du charbon.  Mais où sont les engagements des Etats, leurs initiatives ?

« C’est exactement le problème. On ne voit pas encore les engagements forts des Etats, même si on sent que, par exemple, la Chine est en train de faire tout un tas de révolutions sur son territoire pour sortir du charbon. Ce n’est d’ailleurs pas sans conséquences. Il y a toute une région du nord de la Chine qui n’a plus droit de se chauffer au charbon mais qui n’est pas encore bénéficiaire des énergies alternatives. Mais au moins il y a des décisions fortes qui sont prises. En France, on est un peu dubitatif. Le président a dit qu’on allait fermer nos centrales à charbon sur le territoire français d’ici la fin de ce quinquennat. Mais on sait que le Premier ministre ne veut pas que sa centrale à charbon du Havre ferme. Dans le même temps, l’Agence française de développement finance encore des projets de centrales à charbon, notamment en Chine et au Sénégal. Ce que nous demandons, c’est que l’Agence française de développement soit exemplaire sur ce sujet-là. Si une agence qui fait des prêts pour le développement n’est pas capable elle-même d’être force de décision pour sortir du charbon, on ne s’en sortira pas. »

Cette annonce sur l’arrêt des explorations du charbon ne concerne que ce qui se passe en France. Cela n’empêche pas les entreprises d’aller faire leurs recherches ailleurs et d’émettre du CO2 sur d’autres territoires ?

« La France a un impact à l’international qui est important. Donc il faut que l’on soit exemplaire dans notre impact international. Mais, symboliquement, il faut d’abord que l’on soit exemplaire chez nous. Car aujourd’hui on n’est, ni exemplaire à l’international, ni exemplaire chez nous. C’est très bien de faire de la communication et dire que l’on est les leader du climat. Mais un jour ou l’autre, si on n’est pas exemplaire, cela va nous revenir dans la figure. A ce moment-là, toutes les positions prises par la France seront contre-productives. On dira, vous parlez, mais à l’arrivée, vous ne faites rien. Donc c’est très important que, dès cette année, on puisse commencer à enclencher des évolutions qui puissent permettre de sortir du charbon, la priorité absolue. Et il faut enclencher les transformations nécessaires, les investissements, indispensables sur les énergies renouvelables. »

Face aux atermoiements des Etats, la société civile et les ONG sont en marche de bataille. Au mois de novembre, elles se sont retrouvées pour lancer une campagne de sensibilisation sur le Recours climat. On en parle la semaine prochaine sur Frequenceterre.

Pour aller plus loin :

 

[youtube https://www.youtube.com/watch?v=tbbaC1J2few]

Dernier jour à Budapest de Sándor Márai (Albin Michel)

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ft150 2« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

« Dernier jour à Budapest, publié en Hongrie en 1940, réunit de manière singulière deux virtuoses  de la littérature hongroise du XXe siècle. Sándor Márai, l’auteur des Braises, rend hommage à son maître, Gyula Krúdy, dandy ténébreux et personnage légendaire de la bohème littéraire de Budapest, surnommé ici Sindbad, comme le héros de plusieurs de ses nouvelles.

9782226396402 jUn matin du mois de mai, Sindbad quitte son domicile d’Óbuda en promettant à sa femme de rapporter, avant la tombée de la nuit, les soixante pengös nécessaires à l’achat d’une robe pour leur petite fille. Mais à peine parti, ses bonnes intentions se dissipent. Cédant à la tentation d’une balade en calèche, il se laisse aller à une douce flânerie, revisitant le Budapest d’hier, au gré des lieux aimés : le bain turc, où « Orient et Occident fusionnaient dans les brumes de la chaleur », le café Chicago où il écrivait, les restaurants où il dînait…

Entre Histoire et fiction, Sándor Márai livre un récit envoûtant et nostalgique, à la beauté crépusculaire, où ses propres souvenirs d’avant-guerre se mêlent, avec une puissance évocatrice décuplée, à l’imaginaire de l’un des plus grands écrivains hongrois.

Une fidèle auditrice de Fréquence Terre, grande amatrice de romans, a lu pour notre chronique cet ouvrage :

  • Je trouve que l’écriture de Sándra Márai a quelque chose en commun avec celle de Stefan Zweig. Un grand talent pour décrire l’âme humaine.

Dès les premières pages, des propos concernant une femme de marin m’ont touchée par leur vérité et leur tendresse.

Je vous en cite deux ou trois pour illustrer mon ressentiment :

Elle avait apporté avec elle le parfum du foyer…

Elle avait apporté la paix sans parole…

Elle avait apporté l’humeur aimable des fêtes champêtres…

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Un steak à la place du missel !

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ft150 3Elle vit dans le tri des médocs. Par kilos elle en avale. Buffets, placards, de pleines étagères, à ras bord. Il n’y a guère que les plaques de rue, le nom des gens sur les plaques, pour l’éloigner de son pilulier.

si je sors OKElle, c’est Inès, la grand-mère nourricière, la dame de cœur du narrateur qui consigne tout dans un carnet. Et cela donne le roman Si je sors, je me perds de Jean-Claude Renard édité à l’Iconoclaste.

Inès me fait un peu penser à la vieille dame de Jean-Jacques Goldman qui nourrit les oiseaux sur son balcon dans La vie par procuration, sauf qu’elle a un petit-fils qui la questionne et qu’elle lui répond abondamment.

Il lui fait raconter son existence, passablement mouvementée, avant que tout ne bascule, dit-il. C’est-à-dire que sa grand-mère ne perde la mémoire à tout jamais.

T’arrête pas ! lui répète-t-il sans cesse. Et tant pis pour le désordre. On verra bien.

Inès, c’est son héroïne et il la ménage au point de lui lire les effets indésirables des notices de médicaments, mais il choisit les paragraphes pour ne pas la perturber. Elle n’est pas dupe et si elle pouvait encore lire, elle ne lirait pas la même que son petit-fils !

Alors, il lui reste à raconter ses histoires, d’autres qui s’ajoutent, qui vont, déboulent, repartent ailleurs, quelque part dans un coin de sa tête.

Et, durant 185 pages, l’auteur raconte l’émouvante histoire d’une mémoire en fuite. Un récit souvent primesautier, parfois touchant et interpellant.

Ainsi, quand, à la messe, elle trouve dans son sac à main son steak du repas de midi bien emballé à la place du missel, eh bien, elle ne fit ni une ni deux, elle rentra dare-dare à la maison et fit cuire le bout de viande pour le déguster.

Le ventre l’avait emporté sur le Saint-Esprit !

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Le baromètre du développement durable (rediffusion)

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© réseau Cohérence

S’engager pour le développement durable et évaluer les actions engagées, c’est l’objectif du Baromètre du développement durable. Cet outil a été créé en 2008 par le Réseau Cohérence qui regroupe une centaine d’associations, syndicats et entreprises engagés pour un développement véritablement durable et solidaire. Avec la mise en place de ce baromètre, le Réseau souhaite rendre visible et désirable tous les aspects possibles du développement durable en mettant autour du même table citoyens, associations et élus locaux. Julian Pondaven est le directeur du Réseau Cohérence.

« A partir d’un questionnaire, le baromètre du développement durable permet de rendre concrets les engagements à travers cette démarche de dialogue, d’échange et de participation. Elus et associations répondent conjointement au questionnaire au cours d’une réunion et voir ce qui fait ou pas sur la commune et voir ce qui doit être prioritaire. »

Réseau Cohérence

Le baromètre se compose d’une centaine de questions réparties sur les 4 piliers du développement durable : l’économie, les solidarités, l’environnement et la citoyenneté. Par ce questionnaire, le Réseau Cohérence insiste sur le fait qu’il ne peut y avoir de démarche de développement durable sans cette prise en compte des quatre piliers.

Sur la Bretagne, 179 communes se sont emparées des questionnaires. Et déjà des dynamiques se sont installées en faveur d’une meilleure prise en compte des piliers du développement durable dans la politique de la cité.

Le Baromètre est présent en Bretagne, en PACA, en Pays de Loire et en Essonne, relayé à chaque fois par une association locale. Avec des questionnaires prenant en compte les spécificités de chaque territoire. Mais toutes les régions de France peuvent s’approprier cet outil grâce à la Pépinière de Baromètre, qui permet d’accéder à un questionnaire adapté à toutes les communes de France.

Pour aller plus loin :

 

 

Jacques PERRIN, François SARANO, les complices de l’Océan…

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Le 27 juin 2017,  à Paris François SARANO recevait la croix de chevalier de la légion d’honneur. François SARANO, est plongeur, océanographe , et rappelons le , a été le  conseiller scientifique du commandant COUSTEAU pendant 13 ans , et est  également  reconnu du grand public pour son apparition dans le film Océans  de Jacques PERRIN, où il nage , sans cage , avec le grand requin blanc , épaule contre nageoire.

Et c’est Jacques PERRIN qui lui a remis cette légion d’honneur amplement mérité. L’occasion de donner la parole  et de rencontrer Jacques PERRIN à l’issue de cette remise, qui nous fait découvrir  François SARANO, et sa  passion toujours intacte  pour les sujets qui touchent à la sauvegarde des peuples des océans.

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Altruisme, société, environnement… entretiens avec Matthieu Ricard (France 2 et Éditions Jourdan)

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Matthieu Ricard interviewé par Aurélie Godefroy pour « Sagesses bouddhistes » (France 2)

Aurélie Godefroy, journaliste à  l’émission Présences bouddhistes sur France 2[1], a reçu Matthieu Ricard pour des entretiens passionnants avec, en toile de fond, l’ouvrage du moine et photographe  Un demi-siècle dans l’Himalaya publié aux Éditions de La Martinière.

Un superbe ouvrage dont voici la présentation :

Un demi siècle dans lHimalayaPendant un demi-siècle, Matthieu Ricard a photographié ses maîtres spirituels et le monde fascinant qui les entourent – l’intimité des monastères et la majesté des sommets himalayens du Népal, l’immensité des hauts plateaux tibétains et la nature sauvage du royaume du Bhoutan. Il a partagé la vie des moines, des paysans et des nomades et s’est consacré à plus de deux cents projets humanitaires. Cette somme photographique de 350 images, accompagnée de textes dans lesquels il retrace son parcours personnel, est un hommage éclatant à la sagesse, la compassion et à l’Himalaya. Un témoignage qui est aussi l’œuvre d’une vie.

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Aurélie Godefroy, journaliste à France 2.

C’est autour de toute cette oeuvre qu’Aurélie Godefroy articula ses deux émissions dans un dialogue, dont on ne peut que sortir enrichi.

Par ailleurs, dans son ouvrage Rencontres fraternelles avec Matthieu Ricard et le Dalaï-Lama publié aux Éditions Jourdan, Pierre Guelff, auteur et chroniqueur à Fréquence Terre, a principalement mis en évidence les éventuelles similitudes symboliques entre le Bouddhisme et la Franc-Maçonnerie, deux philosophies non dogmatiques, et il y aborde le thème, ô combien d’actualité, de la violence dans la société et des remèdes à y apporter.

Matthieu Ricard, dans un entretien exclusif, lui donna son avis plein de sagesse. Bien entendu, cet avis éclairé fait partie des chapitres de ce livre aux côtés de ceux du Dalaï-Lama, entre autres.

Voici des extraits significatifs des propos tenus par Matthieu Ricard à Pierre Guelff :

  • Feu mon père François Revel disait que le terme « humanisme » avait été mis à toutes les sauces. Il y a donc un humanisme restreint qui veut dire « nous sommes les champions de la création » et l’humanisme étendu qui est une dictature qui prône la suprématie totale de l’être humain et que tout le reste – 8 millions d’espèces ! – est à sa disposition. Alors, là, je n’y souscris pas du tout !

– Où puisez-vous votre force d’action ?

couv fm bouddhisme dernièreftSi je regarde mes quarante-cinq dernières années, j’ai passé cinq ans en solitaire dans des ermitages divers, au Darjiling (Inde), au Népal…, et je ne reste jamais plus d’une heure de plus qu’il ne faut dans une ville. Je suis une personne de la nature, de la campagne, de la montagne. Tout ce qui me convient, c’est d’être assis sur le balcon de mon ermitage face à l’Himalaya, de me promener dans une forêt, de passer du temps avec mes proches. Finalement, je me concentre au maximum dans des moments assez restreints et, alors, je suis prêt à travailler du matin au soir pour, justement, ne plus en entendre parler… (rires)

 – Quel regard d’ensemble jetez-vous sur la Société qui monte de plus en plus en violence, selon moi, comme le démontrent les attentats aux quatre coins du monde ?

– Je vous réponds que, non seulement la Société ne monte pas de plus en plus en violence, mais que cette dernière n’a cessé de diminuer depuis cinq siècles de façon spectaculaire et que c’est quand même curieux qu’on ne prenne pas acte de ce fait. En Europe, en 1350, vous aviez environ cent homicides par an pour 100 000 habitants. Cela a été étudié à Oxford et, aujourd’hui, c’est 0,6. Le risque que vous avez d’être tué aujourd’hui en Europe est cent fois moindre qu’il y a cinq siècles. La violence domestique, par exemple, selon une autre étude, a diminué de moitié vis-à-vis des enfants en vingt ans aux États-Unis, le nombre de victimes moyen par conflit dans le monde, selon deux banques de données (en Suède, à Uppsala, et aux USA) est passé de 30 000 en 1950 à 1 500 à ce jour. Certes, il y a Daesh, le Soudan, la guerre entre l’Irak et l’Iran…, mais prenez tous les conflits du monde réunis et divisez par le nombre de victimes… et la violence ne cesse de diminuer. C’est dû à l’essor de la démocratie, au libre-échange, au statut des femmes qui, quand même, s’améliore, à l’éducation…

Bien sûr, il y a toujours des événements tragiques, des tragédies, qui se déroulent quelque part dans le monde et, c’est certain, on les voit immédiatement. Cependant, il y a une distorsion de la réalité ! De la même façon qu’un jeune homme ou une jeune femme de 20 ans a vu 40 000 morts violentes à la télévision, cela ne correspond pas à la réalité.

– Forcément, car c’est davantage médiatisé qu’au Moyen Âge…

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Matthieu Ricard interviewé par Pierre Guelff (Fréquence Terre et Éditions Jourdan)

– Pas seulement ça, car nous sommes naturellement interpellés et l’évolution nous a équipés pour attirer notre attention sur-le-champ par des choses qui sont menaçantes, aberrantes, hors des normes et on oublie la banalité du Bien. C’est-à-dire que, la plupart du temps, la majorité des sept milliards d’êtres humains se comporte de façon décente les uns envers les autres. Et, quand il y a un certain nombre qui commet des actes barbares, évidemment que ça attire votre attention, à juste titre d’ailleurs, mais on oublie le « reste ».

– À savoir ?

– La plupart du temps, nous sommes des personnes qui se comportent raisonnablement, de manière bienveillante ou décente les uns par rapport aux autres.

– Si vous aviez un message à lancer à l’Homme, quel serait-il ?

– À l’homme et à la femme, à l’humanité !

– Je mets un H majuscule, bien entendu ! Votre message ?

– Ce serait que nous sommes déjà des supers coopérateurs et que rien ne fonctionnerait sans la coopération, mais que pour faire face aux défis des temps modernes, notamment la précarité au sein de la richesse, les inégalités qui vont croissantes, et, surtout, le grand défi du XXIe siècle, celui de l’environnement, celui de l’avenir des générations futures et de la biosphère, eh bien, il nous faut passer à un stade supérieur de coopération. Donc, vive la révolution altruiste ! C’est ça dont nous avons besoin.

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Photos « Sagesses bouddhistes » sur France 2 : prises d’écran.

[1] Streaming sur le site France.tv ou sur celui de l’Union Bouddhiste de France.