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Les coupures d’eau sont illégales

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© Coordination Eau Ile de France

Dans Monde Solidaire cette semaine nous nous arrêtons sur le droit à l’eau qui vient d’être conforté. Le Conseil Constitutionnel a finalement statué en faveur de l’interdiction totale des coupures d’eau pour impayé. Avec Emmanuel Poilane, directeur de la Fondation France Libertés.

Après plusieurs allée-retours législatifs et une question prioritaire de constitutionnalité déposée par la Saur, le jugement prononcé par le Conseil Constitutionnel inscrit définitivement cette interdiction des coupures d’eau dans la loi. C’est une victoire non négligeable pour les associations qui s’étaient emparées de la question et pour les populations les plus démunies.

« C’est une grande victoire ! C’est assez rare que des associations de la société civile puissent gagner devant le Conseil Constitutionnel. On est habitué à voir les grandes entreprises sortir les grands avocats pour faire avancer leurs ambitions. Pour une fois c’est le service public qui sort gagnant de cette décision, avec un appui non négligeable du gouvernement et du Premier Ministre sur le sujet. On est très heureux que cette décision puisse faire valoir que l’accès à l’eau dans les résidences principales est une obligation pour pouvoir vivre dignement. Maintenant, les entreprises n’ont plus d’autres recours que d’accepter la loi telle qu’elle est. »

© Conseil Constitutionnel
© Conseil Constitutionnel

Cette décision, qui est l’aboutissement de longs mois de combat devant les tribunaux pour faire plier les entreprises de l’eau, met finalement en lumière leur cupidité.

« Pour nous qui travaillons en confrontation avec ces entreprises depuis longtemps, nous étions toujours choqués qu’elles disent qu’elles étaient pour le droit à l’eau pour tous. L’avocat de la Saur devant le Conseil Constitutionnel a rappelé à trois reprises que le droit à l’eau en France n’existait pas ! Cela permet de montrer qui est qui. Aujourd’hui, les multinationales de l’eau mettent en œuvre le service public de l’eau pour leur profit et pas pour les usagers du service. Ce combat, au-delà de ce que cela représente pour les plus démunis désormais mieux protégés, montre que les multinationales ne sont pas là pour le service public de l’eau, mais pour mettre en œuvre leur contrat comme elles l’ont rappelé devant les tribunaux et devant le Conseil Constitutionnel. C’est une victoire qui montre que pour avoir un vrai service public de l’eau, il faut des élus engagés sur cette question là. »

L’obstination des entreprises de l’eau a permis d’affirmer que l’eau n’est pas une marchandise. Cela met en exergue cette question du droit à l’eau. À quelques mois de la proposition de loi qui sera débattue à l’Assemblée Nationale en novembre, c’est un atout non négligeable.

« Ce qui inquiétant, c’est que depuis la décision du Conseil Constitutionnel on a toujours des témoignages de coupures. Cela veut dire que les entreprises, notamment Véolia et la Saur, n’ont pas changé leurs pratiques, et n’ont pas communiqué en interne ou en externe pour que la décision du Conseil Constitutionnel soit appliquée. Cela veut dire qu’elles s’assoient sur la loi. D’autant plus que le service public de l’eau est mis en œuvre par des élus locaux. On en appelle donc à ces élus pour faire respecter la loi et pour qu’ils demandent à leurs délégataires d’arrêter de couper l’eau. C’est dans ce contexte que la proposition de loi que l’on porte avec une quarantaine d’associations et l’appui de cinq groupes parlementaires, arrive à l’Assemblée Nationale en novembre prochain. On espère que ce sera la sacralisation du droit à l’eau pour tous dans notre pays, avec le soutien des politiques et du gouvernement, pour faire en sorte que l’on accepte plus qu’il y ait deux millions de familles qui n’ont pas un accès à l’eau correct. Ce n’est pas acceptable en France au XXIème siècle. »

Il reste aux associations à rester vigilantes afin que les entreprises de l’eau appliquent réellement la loi. Elles lancent un appel aux distributeurs et aux pouvoirs publics pour protéger les plus démunis.

« On lance un appel public ! On a rencontré les distributeurs. Ils ne veulent rien savoir pour le moment. Il n’y a que Suez Environnement qui a déclaré avoir fait passer l’information en interne et qu’il n’y a plus de coupures d’eau chez eux. La FNCCR, Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies, a fait passer l’information dans tout son réseau d’élus que les coupures d’eau étaient interdites. Mais chez Véolia et à la Saur, les choses tardent. Mais on espère que ces communications seront faites afin que les usagers ne soient plus mis devant des pratiques illégales. »

  • Un guide est en ligne sur le site de France Libertés, avec un appel à témoignages où les usagers peuvent expliquer la situation qu’ils rencontrent afin d’obtenir l’aide nécessaire des associations.

Pour aller plus loin :

Le Conseil Constitutionnel confirme que les coupures d’eau sont illégales

La décision du Conseil Constitutionnel

Coupures d’eau : les entreprises de l’eau doivent respecter la loi

Que faire en cas de coupures d’eau ? Recueil de témoignages

[youtube]http://youtu.be/t-a74T2d-sA[/youtube]

 

 

 

Pietra viva de Léonor De Récondo (Points)

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« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.Part-Editions

Avril 1505. Michelangelo dont le « David » et la « Piéta » l’ont rendu célèbre, reçut une commande du pape : sculpter son tombeau.

L’artiste, passablement ébranlé par la mort du jeune moine Andrea, dont il admirait le corps, mit le cap sur Carrare afin de sélectionner personnellement la cinquantaine de blocs de marbre nécessaires pour accomplir son œuvre grandiose.

9782757838044Tel est le début du roman « Pietra viva » de Léonor De Récondo (Points), à la fois écrivaine et violoniste. Une artiste qui, à travers une quarantaine de courts chapitres, fait vivre le génie de Michelangelo. D’aucuns le disaient arrogant, orgueilleux et colérique, à vrai dire il était tourmenté.

Sa nourrice, pressentant un grand destin, lui avait recommandé : « Il faut oublier les autres et plonger en toi-même. » Alors, quand la tête la première, il plongea dans son magma intérieur, il s’aperçut que sa chair était faite de pierre vive. De pietra viva.Et, comme le mari de sa nourrice était tailleur de pierre dans une carrière, Michelangelo y passa de très nombreuses heures, prélude à des chefs-d’œuvre  que, ni le temps ni l’espace ne pourront faire oublier.

Et puis, il y avait la beauté miraculeuse de la Nature qui lui signifia que tout était possible, qu’en créant il deviendrait maître de lui-même et de sa force. Ce fut un petit enfant de carrier qui lui indiqua le chemin de cette délivrance…PGF avril 2015 - Copie (3) copie

Quand la nuit porte conseil (15 ) : Le Beau Vélo de RAVeL

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« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.

Depuis plus de quinze années, les étapes du « Beau Vélo de RAVeL », aussi belles que le « Boléro de Ravel » à la mélodie inoubliable, attirent des dizaines de milliers d’amoureux de la petite reine qui, par monts et par vaux, de villages pittoresques en cités prestigieuses, de chemins campagnards en routes provinciales, de châteaux en lieux sacrés, s’adonnent en peloton à plusieurs randonnées estivales en Francophonie belge. Une bonne occasion, aussi, de (re)découvrir des coins insolites, mystérieux, d’aller à l’écoute de légendes et d’anecdotes de terroir dans les Ardennes, de parcourir des itinéraires chargés d’Histoire du côté de Bastogne, ou, mythiques, de sport automobile à Francorchamps ou cycliste au Mont-de-l’Enclus, folkloriques à Stavelot, Ellezelles…

Démarche écologique et patrimoine se conjuguent donc à ces occasions et il n’est pas vain de rappeler les bienfaits de la pratique du vélo : c’est gratuit, cela ne pollue pas, ni bruit, ni fumée, pas de gaz à effet de serre, c’est excellent pour la condition physique à condition, bien entendu, de ne pas jouer au forçat de la route et d’avoir reçu le feu vert de la médecine. De plus, il n’y a pas de stationnement difficile, cela favorise la convivialité et privilégie les contacts familiaux, par exemple.

Le « vélo vert », comme certains appellent ce type de randonnée ou cyclotourisme, effectué dans l’esprit du « Beau Vélo de RAVEeL », est d’ailleurs en plein essor. Selon le Ministère français de l’Écologie, quelque trois millions de vélos seraient vendus annuellement dans l’Hexagone.

Il y en a donc pour tous les goûts et tous les âges : vélo-tourisme, vélo-routes, vélo-city… et je ne peux m’empêcher de citer Charles-Albert Cingria, écrivain et musicien qui sillonna toute la Suisse à vélo, et même au-delà, comme pour chercher ou enrichir et peaufiner ses œuvres : « La bicyclette fait de vous un heureux ; quelqu’un de libre et c’est insondable et exquis ce sentiment. »

11216299_10206542302379388_1646878001facebook fréquence terre_nC’est à l’instigation de la RTBF, avec le soutien de différents médias, dont Ciné-Télé Revue, et sur les antennes de « Fréquence Terre », que le vélo est ainsi mis en évidence et fêté durant treize semaines (du 27 juin au 20 septembre 2015)

Musique : « Birth in Blue » de Michaël Mathy

Sources : « France, Belgique, Ardennes Mystérieuses » de Pierre Guelff aux Éditions Jourdan.

Dis François, raconte-moi le requin blanc !

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Credit : Pascal KOBEH

Le grand requin blanc fascine et terrifie. Pourtant François SARANO l’a approché, épaule contre nageoire,  magnifiquement filmé dans le film OCEANS.  Comment peut-on avoir cette motivation profonde pour aller à la découverte de celui qui parait être le prédateur  sous-marin  le plus féroce? comment en arrive-t-on à réaliser cette rencontre ? à découvrir dans cette chronique.

Petit traité de l’abandon (2) d’Alexandre Jollien (Points)

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Part-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 Dans son essai « Petit traité de l’abandon » (Points), Alexandre Jollien, évoque le lourd handicap physique qui fait son quotidien et il préconise, avec beaucoup de sagesse, un « abandon à la vie sans baisser les bras ».

Pour lui, la détermination, c’est la persévérance. « Je continue coûte que coûte à avancer, je progresse, tel que je suis. Ce qui compte, c’est faire ce pas, juste celui-ci. Demain, on verra. Hier, c’est du passé. Un petit pas, aussi petit soit-il, dirige vers le mieux (…) Ce qui nous sauve, c’est de savoir que l’on ne peut pas guérir de ses blessures mais que l’on peut vivre avec, que l’on peut cohabiter avec elles sans qu’il y ait nécessairement de l’amertume. »

DSCF3310Il précise :

« Oser la non-lutte, c’est peut-être le summum du courage. D’où, l’abandon, la patience, le laisser-être… »

Il y a, aussi, ce constat exceptionnel :

« On peut mettre une ordure devant un miroir, il reste propre. Le miroir reflète la réalité sans la déformer. Sans rien ajouter, ni enlever. Quand un autre nous critique, c’est un gain plus qu’une perte. »

Et, enfin, cette conclusion :

« On peut faire n’importe quoi, mais on ne peut pas empêcher d’être aimé. On récolte ce que l’on sème. »

 

Quand la nuit porte conseil (14) : « Ça va pas trop mal ! »

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« Quand la nuit porte conseil » : citations, proverbes, paroles de vie, coutumes, légendes, croyances populaires du monde entier… proposés par Pierre Guelff.11056964_10206098411402391_210843509_n (2) - Copie copie2

L’« Agenda Plus », dont il a déjà été question sur « Fréquence Terre », a la très bonne habitude de consacrer deux de ses pages aux « Actualités positives ». Alors, dans le concert mondial morose que l’on connaît, quelques notes du style « Ça va pas trop mal ! », ou « Ça pourrait être pire ! » ou, encore, « Ça va bien ! », sont les bienvenues.

Au moment où la Tout Eiffel s’est mise au vert grâce à deux éoliennes qui alimentent la boutique du 1er étage, on apprend que tous les habitants de Bruxelles sont encouragés à manger végétarien une fois par semaine, le jeudi. Grâce à une campagne lancée auprès de restaurants, entreprises, écoles et hôpitaux, quelque 215 000 repas végétariens ont été consommés en un an.

Et puis, il y a le Pinatex conçu par un designer espagnol et qui consiste en un cuir végétal à base de fibres d’ananas. Ce textile peut facilement être teint et imprimé.

DSCF3405Enfin, en Inde, on salue le succès d’une marche vers la capitale New Delhi dont les manifestants luttent pour les droits à la terre. Marche non-violente dans l’esprit de Gandhi, le gouvernement a décidé de se pencher à nouveau sur la question : « C’est une réussite historique », souligne « Agenda Plus ». À « Fréquence Terre », on se réjouit aussi de toutes ces actualités positives.

Spéciale TTIP : Lobbying et démocratie en péril

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DSCF3231 facebookbiscopie - Copie copie - Copie« Littérature sans Frontières » et « Quand la nuit porte conseil » sont des chroniques de Pierre Guelff.

Le rôle majeur, voire prépondérant, du lobbying au sein des institutions européennes, de l’Administration américaine, de pouvoirs publics nationaux ou régionaux, tous ceux censés protéger et défendre l’intérêt général dans la Société, met réellement notre démocratie en péril. Pour rappel, le rôle du lobbyiste est d’influencer les politiques pour le compte d’intérêts particuliers.

Ainsi, plus de la moitié des experts de l’Agence de Sécurité Alimentaire présenteraient des conflits d’intérêt en raison de leurs liens avec l’industrie alimentaire. Monsanto rémunèrerait des hauts fonctionnaires de l’Agence de Protection des États-Unis, ainsi que plusieurs secrétaires d’État et des membres du Congrès. Au début de juin 2015, le patron belge du contrôle nucléaire a reconnu avoir distribué des enveloppes pour corrompre. Blu01À Bruxelles, il y aurait entre 20 000 et 30 000 lobbyistes, soit un lobbyiste pour deux fonctionnaires européens. La Commission européenne donne la place à des lobbies au sein même de ses groupes d’experts. Ainsi, sur les 74 membres du Comité de conseil sur les gaz de schiste, plus de 70% représentent ou ont des liens  financiers avec l’industrie des gaz de schiste.

Monsanto1Comment ne pas être inquiet quand on dit que « les multinationales n’aiment pas la démocratie économique car elle rogne leurs marges bénéficiaires ? »

Les lobbyistes sont donc à l’ouvrage sans relâche et ils ont eu une idée bien précise dans leur stratégie : « Et si les gouvernements autorisaient les multinationales à choisir les législations qu’elles préfèrent ? » Poser la question est y répondre et il est grand temps que la démocratie se ressaisisse, donc le peuple et ses élus, face au diktat des multinationales.

Musique : « Birth in Blue » de Michaël Mathy.

Photo : Siège de Monsanto Europe à Bruxelles.

POURSource : « POUR » (www.pour.press).

Illustration : BLU (« POUR »)

Grands barrages, changement climatique et droits des populations

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Cap sur l’Amazonie cette semaine. Avec la Fondation France Libertés, Monde Solidaire s’intéresse aux effets des grands barrages sur le climat et sur les droits des populations autochtones. Avec Elsa Olaizola, chargée de mission sur les migrations à France Libertés.

A quelques mois de la COP 21, France Libertés organise le mercredi 24 juin, en partenariat avec d’autres associations (Planète Amazone, Amazon Watch, International Rivers), des tables rondes en marge du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, afin d’alerter sur les violations commises contre les populations autochtones au cœur de l’Amazonie.

Ces grands barrages, présentés comme une énergie renouvelable bénéfique pour le Climat, participent pourtant au changement climatique.

« Les grands barrages sont souvent présentés par leurs promoteurs comme une énergie verte alors qu’ils accélèrent le changement climatique. La construction de grands barrages entrainent la construction de retenues d’eau sur des terres qui étaient soit cultivées, soit des forêts, et qui sont des espaces riches en matières organiques. Or, la construction de ces retenues entraine la décomposition de ces matières qui libèrent de grandes quantités de gaz à effet de serre, comme le méthane, qui est bien plus puissant que le CO2.

Ces constructions entrainent le bouleversement du fonctionnement des cours d’eau et des éco-systèmes dans des environnements qui ont souvent une biodiversité très importante. Et c’est donc à terme la disparition de nombreuses espèces végétales et animales. »

En plus des effets sur l’environnement, ces barrages sont subis par les populations locales comme une nouvelle « dictature » après avoir endurée celle des militaires. Leurs droits fondamentaux sont menacés.

« L’impact négatif des grands barrages sur l’environnement des populations autochtones, à travers la baisse de la qualité de l’eau dans laquelle ils pêchent, ou la submersion de terres fertiles sur lesquelles ils travaillent, signifie pour eux la perte de leur autonomie alimentaire et le changement de leur mode de vie traditionnelle.

La construction de ces grands barrages entraine le déplacement de force de ces populations ou la submersion de terres traditionnelles ou de terres qui étaient, pour elles, sacrées. On parle d’atteinte au droit car le droit international et certains droits nationaux comme au Brésil reconnaissent le droit des populations autochtones à être informés et consultés librement sur les grands projets qui les concernent. Ce droit n’est pas respecté. Ces populations n’ont donc pas le droit de choisir leur mode de vie et de développement. »

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© Raoni.com

Face aux violations de leurs droits, les populations s’organisent et tentent malgré tout de mobiliser l’opinion locale et l’opinion internationale.

« Au Brésil, les populations autochtones de l’Amazonie brésilienne s’organisent. Nous travaillons avec les Munduruku qui ont écrits un protocole sur la manière dont ils souhaitaient être consultés, conformément aux droits qui leur sont reconnus. Ce protocole a été remis au gouvernement brésilien qui tient un double discours. D’un coté il se dit à l’écoute de ces populations, mais de l’autre, il continue d’avancer sur la mise en œuvre de ces barrages sans aucune consultation des populations locales.

Plus généralement au Brésil, les peuples essaient de s’unir pour faire entendre leur voix à Brasilia. Ainsi, quatre peuples ont publiés un manifeste au Brésil dans lequel ils parlent d’un risque de génocide sur leurs terres. »

Ces figures emblématiques seront prochainement en Europe. Le mercredi 24 juin, France Libertés organise donc un évènement parallèle au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, à Genève. Quel en est le but et que va-t-il se dérouler ?

« Nous souhaitons porter le combat des populations autochtones à l’ONU pour que le gouvernement brésilien les entendent. Ce gouvernement viole ces obligations internationales, notamment la convention 169 de l’OIT, l’Organisation Internationale du Travail, sur la libre consultation.

Ce gouvernement, qui dit vouloir tirer un trait sur la dictature, notamment par la mise en place de commissions de vérité, utilise un mécanisme juridique de la dictature, qui s’appelle la suspension de sécurité, pour casser des décisions de justice qui demandent l’arrêt des grands barrages, illégaux au regard des droits brésiliens et internationaux. C’est pour cela que nous allons à l’ONU. 

Pour cet évènement parallèle de la session de juin du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU, nous avons invité un leader Munduruku qui se bat contre la construction de grands barrages sur ces terres, et un procureur fédéral brésilien qui a demandé à plusieurs reprises l’arrêt de ces constructions. Il a été suivi par les tribunaux, mais ces décisions de justice ont été cassées par le gouvernement fédéral. Il y aura des rencontres avec les rapporteurs spéciaux de l’ONU pour les inviter à venir au Brésil pour constater les violations qui ont lieu dans ce pays. »

Au-delà de ce qui se passera à l’ONU, les deux défenseurs de la cause amazonienne, de la cause brésilienne, passeront aussi par Paris.

« La France va accueillir la COP21, et le gouvernement dit qu’il souhaite un accord sur le climat à cette occasion. Or, deux entreprises françaises, EDF et Engie (ex GDF-Suez) sont impliqués dans la construction de grands barrages dans l’Amazonie brésilienne. Ces grands barrages ont un impact sur le réchauffement climatique, et l’Etat français est majoritaire dans ces deux entreprises. Il était donc important d’inviter ces deux défenseurs de la cause amazonienne à Paris.

Nous allons organiser différents évènements entre le 21 et le 29 juin. Il y aura une rencontre avec des parlementaires français, un évènement public afin d’alerter l’opinion nationale, et des rencontres avec des anthropologues et des juristes au Collège de France. »

Stop Barrages  Raoni

Pour aller plus loin :

 

[youtube]http://youtu.be/3LUO5uu4qBk[/youtube]

Les TOP 3 rencontres sous-marines extraordinaires faites en 40 ans !

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Credit Pascal KOBEH

Une  interview de François SARANO, océanographe, plongeur conseiller scientifique et chef de mission pendant 13 ans avec le commandant COUSTEAU , qui nous livre , avec ses talents de conteur, 3 rencontres sauvages sous-marines exceptionnelles effectuées lors de ses 40 années d’expériences ! Pour s’émerveiller …

Alyah d’Éliette Abécassis (Albin Michel)

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Part-Editions« Littérature sans Frontières » est une chronique de Pierre Guelff.

 

Esther Vidal, jeune mère de deux enfants, divorcée, explique :

« Quand j’étais enfant, j’allais à l’école publique. Puis j’ai fait des études de lettres et je suis devenue professeur de français, dans un collège, en banlieue. Je suis fière d’appartenir à ceux qui forgent l’esprit de mon pays, qui l’enseignent, le perpétuent, le transmettent. J’avais foi dans l’idéal français. »

Esther Vidal est le personnage principal du nouveau roman d’Éliette Abécassis, « Alyah », paru chez Albin Michel.

J’avais apprécié plusieurs ouvrages de cette auteure : « La Répudiée », « Mon père », « Un heureux événement ». Des histoires (à connotation autobiographique) bouleversantes, émouvantes, parfois dures et révoltantes, choquantes ou tendres et légères, écrites dans un style très agréable.

9782226318145mAvec « Alyah », ce sont la révolte, l’angoisse, l’incompréhension, la peur au quotidien, qui interpellent au plus haut point. Un roman, certes, mais il prend aux tripes quand il plonge le lecteur dans une actualité tragique qui a déjà fait la « une » des médias du monde entier à travers certains événements dramatiques. Une situation qui, semble-t-il, est loin d’être réglée.

Avec ce récit, on est au cœur d’une crise de civilisation qui glace d’effroi tout démocrate. L’Histoire repasserait-elle ses plats les plus horribles ou bien la sagesse finira-t-elle quand même par l’emporter ?

« Je suis habitée par un sentiment étrange qui pénètre en moi d’une façon insidieuse, jour après jour, heure après heure : la survie », clame la jeune mère de famille.

Esther Vidal va-t-elle tout plaquer : emploi, amis, connaissances, quartier à Paris, son pays, comme l’a fait l’une de ses amies ?